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« Minerais de Sang », La face cachée de vos portables

mars 21, 2016

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Le 15 mars,  l’Université Paris 13 accueillait Sabine Gagnier, d’Amnesty International France. Chargée de Plaidoyer sur la Responsabilité des Entreprises et les Droits Humains elle a animé une rencontre-débat intitulée « La Face cachée de vos portables, les Minerais de Sang ». 

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L’Antenne-Jeunes a tenu à aborder ce thème car si tout le monde a aujourd’hui un téléphone portable dans sa poche, peu savent que sa fabrication entraîne tant de violations des droits humains. En tant que consommateurs, nous avons tous une responsabilité dans ce système, et c’est pourquoi nous voulions informer les étudiants de Paris 13 du lien qui existe entre le portable et ce que l’on appelle les « minerais de sang », comme le cobalt, l’étain, le tantale, le tungstène et l’or.

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Lors de cette rencontre, Sabine Gagnier a expliqué  comment Amnesty International, dans ses recherches, a suivi toute la chaîne de production pour remonter jusqu’à l’extraction de minerais comme le cobalt, notamment en République Démocratique du Congo. Il s’avère que dans ces mines, de nombreux enfants (environ 40 000 selon l’UNICEF) sont présents et travaillent dans des conditions extrêmement dangereuses. Le commerce de l’étain ou de l’or participe également au financement de groupes armés dans la région.

 Après ce triste constat, Sabine nous a expliqué les moyens mis en œuvre par Amnesty International pour tenter de faire cesser ces violations des droits humains en responsabilisant les entreprises : actions de plaidoyer au niveau national et européen pour faire changer les lois concernant la responsabilité des entreprises (RSE), et bien sûr la mobilisation des citoyens à travers la signature de pétitions pour interpeller Samsung et Apple. En effet, la technique de dénonciation, (« Name and shame ») de géants du secteur, comme Samsung ou Apple peut s’avérer efficace !

Il était important d’orienter cette rencontre vers les moyens d’action, car les étudiants présents, que l’on sentait très indignés par ces injustices, voulaient savoir ce qu’ils pouvaient faire. Heureusement pour nous, Sabine ne nous a pas demandé de ne plus utiliser nos téléphones ni de boycotter les entreprises concernées, elle n’a pas non plus cherché à nous culpabiliser, mais elle nous a avant tout invités à agir, par exemple en signant et en faisant signer ces deux pétitions d’Amnesty :

http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Entreprises-et-droits-humains/Actions/Apple-ou-vient-le-cobalt-de-nos-telephones-17858

http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Entreprises-et-droits-humains/Actions/Samsung-ou-vient-le-cobalt-de-nos-telephones-17669

 Plus de 20 000 signatures ont déjà été récoltées !

 Cette rencontre-débat nous a permis de nous rendre compte que nous n’étions pas impuissants face à l’injustice. Plusieurs exemples ont été cités pour montrer que lorsque les consommateurs font une prise de conscience et le font savoir aux entreprises, c’est déjà une première victoire.

Un grand merci à Sabine pour sa disponibilité, la clarté de sa présentation et son appel très mobilisateur à passer à l’action !

Voici la vidéo de cette rencontre :

 

IMG_1027Léa Antoni

 

 

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« Votre regard est une arme » : message reçu à l’Université Paris 13 !

décembre 19, 2014

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« Votre regard est une arme, ne fermons pas les yeux sur les violations des droits humains ». Tel était le message que, durant les « 10 jours pour signer » Amnesty International France et tous ses militants ont fait passer auprès du grand public, sur le terrain comme sur la toile, à travers le site dédié http://www.10jourspoursigner.org/

P1060537Sur le campus de Paris 13 Villetaneuse, nous avons décidé de décliner ce même concept. C’est pourquoi nous avons proposé de prendre en photo – via une application smartphone – les yeux des étudiants et personnels. Chacun pouvait ainsi montrer symboliquement son soutien à des personnes dont les droits les plus fondamentaux sont bafoués à travers le monde.

P1060539Nous imprimions sur place ces photos et les accrochions au fur et à mesure sur une bâche aux couleurs d’Amnesty, formant ainsi une mosaïque de regards qui rappelait celle à laquelle chacun était invité à participer sur le site internet. En parallèle, nous informions les participants des diverses violations dont étaient victimes les personnes que nous défendions – répression de la liberté d’expression, emprisonnement arbitraire, torture, ou encore le refus d’une entreprise de prendre ses responsabilités après avoir provoqué une catastrophe – et nous leur expliquions en quoi consiste la mission d’Amnesty International.

De toute évidence, les gens prenaient plaisir à « donner leur regard » ! La mode des « selfies » y est sûrement pour quelque chose, mais plus notre bâche se remplissait des regards des gens, plus il apparaîssait clairement qu’il s’agissait bien d’un acte militant : notre message prenait forme et gagnait en force symbolique.

C’est aussi ce côté participatif qui nous a permis d’attirer plus facilement l’attention des étudiants et des personnels de Paris 13 passant devant notre stand. Ils étaient immédiatement interpellés par cette mosaïque de regards, et nous pouvions engager la conversation à partir de ce support : idéal pour faire passer ce message universel contre la tentation de fermer les yeux : « Votre regard est une arme ».

Le message a manifestement été reçu 5 sur 5 puisque nous avons pu recueillir en quelques heures 122 regards et 2756 signatures ! Pour découvrir cette action en images, voici notre album flickr et notre vidéo :
https://www.flickr.com/photos/cc75/sets/72157647404571073/

Marathon des signatures 2012 en images !

décembre 17, 2012

Vous n’allez pas le croire et pourtant c’est vrai ! Non seulement notre record est battu par rapport aux éditions précédentes, mais nous avons atteint un chiffre étonnant : 2012 signatures pour le Marathon des signatures 2012 à Paris 13 !!

2012 signatures réparties sur les 5 cas retenus pour défendre les droits humains : Chiou Ho-Shun, condamné à mort à Taïwan, la communauté de Bodo et son combat contre Shell au Nigéria, les familles Roms expulsées de force de la rue Coastei en Roumanie, Noxolo, militante lesbienne violée et assassinée en Afrique du Sud, et enfin Herbert et Albert, les prisonniers maintenus à l’isolement depuis 40 ans dans une prison aux USA. Et on peut vous dire que l’Antenne-Jeunes – avec le renfort de la promo Master ONG et Coopération Internationale – est allée les chercher, ces signatures ! Outre le stand, qui a attiré beaucoup de monde, ce qui a fait la différence aussi, c’est d’aller par équipe de 2 à la rencontre des étudiants tout autour du forum, à la cafet’, dans les couloirs, près de la bibliothèque, ou des locaux des autres assos, comme en témoigne cette galerie de photos…

Nous nous sommes échauffés au son du concert Africolor qui mettait une bonne ambiance dans le forum de la fac. Puis, au top de la préparation pour expliquer nos cas de violations des droits en quelques phrases, prêts à aller plus loin pour préciser la démarche du Marathon des signatures et d’Amnesty International, nous avons pu échanger en toute simplicité et dans la bonne humeur, et l’immense majorité des personnes abordées ont signé nos 5 pétitions. Ce n’est pas parce que l’on traite de sujets graves qu’il faut se prendre au sérieux ou déprimer les gens… Au contraire, le message était clair et positif : ces personnes que défend Amnesty International ont besoin du soutien de tous, chacun peut aider à faire une différence avec sa signature, les résultats des précédents Marathon le prouvent ! Amnesty, ça marche !

Dernière ligne droite pour le Traité sur le Commerce des Armes !

juin 11, 2012

Le 26 Mars 2012, Amnesty International a lancé sa campagne mondiale des 100 jours d’action pour un Traité sur le Commerce des Armes. Nous arrivons à la dernière ligne droite avant l’ouverture des négociations à l’ONU du 2 au 27 juillet.

Combien d’atrocités, d’actes de torture, d’homicides ou de crimes de guerre à travers le monde sont directement liés à ce commerce moins régulé que celui des bananes ou des jouets pour enfants !

C’est pourquoi dès octobre 2003, Amnesty International aux côtés d’Oxfam  et du Réseau d’action internationale contre les armes légères a décidé de lancer la campagne Contrôlez les armes, pour faire accepter l’idée d’un Traité. Voici une vidéo qui résume cette campagne :


Aujourd’hui un outil solide et efficace est à portée de main pour empêcher que le commerce des armes classiques contribue à de graves atteintes aux droits humains, et permettre d’interrompre les exportations dès que le risque de violation s’avère substantiel.

Mais pour cela, il faut maintenir une pression constante sur la communauté internationale et notamment sur les pays les plus gros exportateurs d’ames qui  – comble d’ironie – sont aussi les membres du Conseil de Sécurité… La France fait partie des pays leaders et des Etats clés sur le TCA aux côtés des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine, du Royaume-Uni et de l’Allemagne. Ces pays représentent à eux seuls plus de 80% des exportations mondiales d’armements.

Que faire ?  Sensibilisation, Diffusion, Pétitions et « tweetothon » (ou marathon de tweets) :

Commencez par diffuser largement cette série de visuels pour participer à notre campagne de sensibilisation :

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Il est essentiel de susciter une prise de conscience et une mobilisation massive des citoyens du monde entier, afin qu’ils envoient à leur gouvernement respectif ce même message : pas d’armes pour des atrocités ! Pour cela, on vous propose de signer et partager notre pétition adressée au gouvernement français peut être signée en ligne en cliquant sur ce lien : http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Armes-et-conflits-armes/Actions/Plus-d-armes-pour-des-atrocites-agissez-maintenant-4959 ou la pétition internationale en cliquant sur celui-ci  : http://www.amnesty.org/fr/campaigns/control-arms

D’autre part, un marathon mondial de tweets sera lancé ce 11 juin à 17h30, et il s’agira d’envoyer le plus de tweets possible à @francediplo avec ce types de messages :

@francediplo La France doit soutenir un #ArmsTreaty qui protège les droits humains et le droit international humanitaire

@francediplo La France doit rester un pays leader pour un #ArmsTreaty ambitieux et historique qui couvre toutes les armes classiques

@francediplo François Hollande doit respecter ses engagements de campagne pour l’adoption d’un #ArmsTreaty qui protège les populations

@francediplo En Juillet 2012 la France a l’opportunité de rassembler la communauté internationale autour d’un #ArmsTreaty fort

@francediplo La France membre permanent du Conseil de sécurité doit oeuvrer pour un #ArmsTreaty qui permette la paix et la sécurité

@francediplo La France 4ème exportateur d’armements doit être exemplaire en concourant à l’adoption d’un #ArmsTreaty fort

@francediplo La France inaugure le salon de l’armement Eurosatory elle doit s’engager pour un #ArmsTreaty transparent sur les ventes d’armes

Alors à vos claviers, à vos smartphones, et faites tourner si vous voulez obtenir le meilleur TCA possible !

Cécile Coudriou

Préparation du Marathon des signatures à Paris 13

décembre 3, 2011

Pour cette édition 2011 du Marathon des signatures, l’équipe de l’Antenne-Jeunes Amnesty de Paris 13 s’est enrichie de la présence des étudiants du Master ONG et coopération internationale. On s’est réunis pour décider quelles situations de violations des droits humains on allait mettre en lumière cette année, et aussi pour commencer à préparer notre matériel d’action, cartes, affiches, fiches de présentation des « personnes en danger » que l’on va défendre… Par ailleurs, on s’est réparti les rôles pour notre mise en scène le jour J, mais suspense… Voici quelques photos de cette réunion :

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Et voici une présentation rapide et une vidéo pour chacune des 5 situations retenues par notre Marathon :

CORÉE DU NORD : Les 50 000 prisonniers du camp Yodok

Emprisonnés sans aucune forme de justice, les 50 000 prisonniers du Camp Yodok sont torturés, maltraités et soumis au travail forcé dans des conditions extrêmes. Malgré les témoignages d’anciens prisonniers et des photos satellites comme preuves, le gouvernement nord-coréen nie l’existence de ce camp mais également de tous les autres camps de prisonniers politiques.

NIGÉRIA : Les habitants des berges de Port-Harcourt

Dans le cadre du programme de rénovation urbaine de la ville, des milliers de personnes se sont retrouvées sans toit ni solution de relogement ; des dizaines de milliers d’autres risquent le même sort. Les expulsions doivent cesser et les communautés doivent être consultées.

FÉDÉRATION DE RUSSIE : Natalia Estemirova

Éminente défenseure des droits humains en Tchétchénie, Natalia Estemirova enquêtait sur les violations des droits humains. Elle était également engagée dans la lutte contre la corruption et les restrictions grandissantes aux droits des femmes.
Travaillant notamment avec la journaliste Anna Politkovskaïa, elle a été assassinée en juillet 2009. Aucune enquête sérieuse n’a été ouverte pour retrouver ses assassins.

IRAN : Mohammad Sadiq Kabudvand

Arrêté le 1er juillet 2007, ce journaliste qui publiait des articles en faveur des droits économiques, sociaux et politiques de la minorité kurde iranienne, a été condamnée en mai 2008 à 10 ans de prison. Victime de mauvais traitements répétés, il souffre aujourd’hui de graves problèmes de santé chroniques.

MEXIQUE : Valentina Rosendo Cantú et Inés Fernández Ortega

Violées par des soldats en 2002, ces deux jeunes femmes autochtones Me’phaa de l’Etat de Guerrero, ont eu le courage de dénoncer ces agressions auprès des autorités. Confiée à la juridiction militaire, aucune enquête sérieuse n’a encore été menée, neuf ans après les faits. En août 2011, la Cour interaméricaine des Droits de l’Homme a ordonné à l’Etat mexicain d’enquêter. Leur combat se poursuit.

Combattre l’indifférence et la résignation (article de Cécile Coudriou)

décembre 6, 2010

Le premier combat d’Amnesty International c’est bien sûr de dénoncer et faire cesser les violations des droits humains dans le monde entier, mais ses militants sont aussi confrontés à deux ennemis non moins redoutables :  l’indifférence et la résignation.

Le Marathon des signatures est emblématique de ce double enjeu, car il se caractérise justement par un appel à l’action lancé à tous les citoyens du monde. Le message clé est que  chacun peut manifester par une signature sa solidarité internationale envers des personnes dont les droits sont bafoués ou menacés – parfois parce qu’elles ont voulu elles-mêmes défendre ces droits.

Comment ce message est-il perçu lorsque les militants d’Amnesty vont à la rencontre de la population pour proposer des pétitions à signer ? Beaucoup de citoyens acceptent sans hésiter d’ajouter leur signature, d’autres se retranchent derrière un mur d’indifférence. Mais la réaction la plus fréquente est sans doute la suivante : « En quoi ma signature va-t-elle changer quelque chose ? Cela ne servira à rien ! »

L’enjeu est de taille : en effet, même lorsqu’on est parvenu à provoquer l’indignation d’un citoyen en l’informant de terribles violations des droits fondamentaux, on n’a parcouru que la moitié du chemin, car il reste  à transformer cette indignation en action.

Pour cela, il faut convaincre que notre action fera une différence. Il faut expliquer encore et encore que le Marathon des signatures, et plus généralement l’action d’Amnesty International, contribue à rétablir les personnes dans leurs droits et à faire pression pour changer les politiques qui entraînent des violations.

Comment ?

1) par le nombre : certes, une signature seule ne change rien, mais ce sont des centaines de milliers de lettres et pétitions qui affluent du monde entier et submergent ceux qui croient pouvoir bafouer les droits fondamentaux de citoyens sans que les autres le sachent ou s’en soucient. Ce coup de projecteur sur des cas précis de violations est d’autant plus puissant qu’il provient du monde entier en un temps record.

2) par le soutien moral que cela apporte aux personnes victimes de ces violations.  Ces personnes sont  confrontées à l’injustice et  à l’impunité, parfois esseulées au fond de leur prison, ou encore discréditées par les pouvoirs en place. Tous les messages de solidarité que l’on peut leur lancer, chaque lettre, chaque témoignage de soutien apportent un peu de réconfort. Et même si malheureusement parfois les autorités refusent de les libérer, le fait de ne plus se sentir seul et oublié redonne espoir et courage.

3) par des résultats concrets : améliorations des conditions de détention, autorisation de visite d’un médecin ou de proches, arrêt de la torture, obtention d’une nouvelle audience, voire libération dans le meilleur des cas… Chaque année, des anciens détenus nous témoignent leur gratitude et consacrent une partie de leur temps après leur libération à partager leur expérience. Parfois, ils expriment le désir de rencontrer un militant avec lequel ils avaient noué des liens, comme en témoigne cette vidéo, qui raconte l’histoire de Igor, citoyen russe et sa rencontre avec un militant toulousain d’Amnesty :

Pour découvrir davantage de bonnes nouvelles et vous convaincre que VOS SIGNATURES ONT DU POUVOIR, lisez ceci  :

http://www.marathondessignatures.com/?q=libres-gr%C3%A2ce-%C3%A0-vous

Cas de violation des DESC en Inde : l’entreprise Vedanta

mars 3, 2010

Amnesty International se bat aussi aux côtés des populations dont les Droits Economiques, Sociaux et Culturels sont bafoués. Et dans ce combat, la cible n’est pas seulement les autorités d’un pays mais aussi parfois des acteurs économiques.

Ainsi par exemple, dans l’État d’Orissa, en Inde, la compagnie Vedanta, basée au Royaume-Uni, menace la santé de la population locale et son accès à l’eau. Amnesty International considère que le gouvernement indien doit immédiatement retirer l’autorisation accordée au vaste projet minier de cette compagnie tant que les droits humains ne seront pas respectés : droit à la la santé et à des moyens de subsistance, mais aussi au respect de son identité culturelle.

Regardez cette vidéo qui donne la parole à la communauté indigène menacée par le projet de Vedanta  :



COMMENT A TRAVAILLÉ AMNESTY INTERNATIONAL ?

Comme toujours, Amnesty International se caractérise par ce couplage recherche/action. Dans ce cas précis, le rapport d’Amnesty International s’appuie sur plus de 18 mois de recherche, trois missions ayant notamment été menées sur le terrain dans la région de Lanjigarh et les collines de Niyamgiri en août 2008, février-mars 2009 et septembre 2009. Au cours de ces missions, les chercheurs d’Amnesty International ont réalisé des entretiens en tête à tête et organisé des groupes de discussion avec des hommes et des femmes de différents groupes, notamment les dalitset les adivasismajhis kondhs, dans huit villages des environs de Lanjigarh. Ils ont également organisé des groupes de discussion avec des hommes et des femmes dongrias kondhs dans 19 hameaux des collines de Niyamgiri, à proximité du site où la mine est prévue. Amnesty International a également obtenu des copies de tous les rapports du Comité de contrôle de la pollution de l’État d’Orissa établis entre juin 2006 (avant que la raffinerie ne commence ses essais opérationnels) et août 2009, qui sont analysés en détail dans le rapport d’Amnesty International. Le Comité de contrôle de la pollution a répertorié de nombreux cas où la société n’a pas mis en place des mesures satisfaisantes de contrôle de la pollution, et des cas récurrents de pollution de l’air et de l’eau causée par la raffinerie. Les chercheurs d’Amnesty International se sont également entretenus avec des groupes de la société civile basés à Delhi et dans l’Orissa. Ils ont rencontré divers responsables gouvernementaux, dont des représentants de l’administration du district et des membres du Comité de contrôle de la pollution de l’État d’Orissa.

LE RAPPORT :

Il apparaît clairement que les populations ont reçu des informations très insuffisantes ou trompeuses sur les répercussions que pourraient avoir les projets d’extension d’une raffinerie d’alumine et d’ouverture d’une mine de bauxite envisagés par des filiales de la compagnie Vedanta.

Aujourd’hui les gens vivent aux pieds d’une énorme raffinerie et de ses déchets ; ils respirent l’air pollué et ont peur de boire l’eau de la rivière, qui est l’une des principales sources d’eau de la région.
Malgré cela, Vedanta propose d’extraire de la bauxite des collines voisines de Niyamgiri.
Cette nouvelle mine menacerait l’existence même des Dongrias Kondhs, communauté indigène protégée.

Aucune évaluation indépendante et impartiale de l’impact que risque d’avoir le projet d’extension de la raffinerie et d’exploitation de la mine sur les droits humains et l’environnement n’a pas été entreprise.
Le gouvernement indien viole ainsi l’obligation, aux terme du droit international, de respecter, de protéger et de mettre en œuvre les droits humains, tels que les droits à l’eau et à la santé, ainsi que de protéger les droits des populations autochtones sur les terres et territoires qu’ils occupent traditionnellement.
«Nous habitons ici depuis des générations, comment le gouvernement peut-il simplement dire que cette terre est à eux et décider d’autoriser l’exploitation de la mine sans nous consulter ?»

AGISSEZ ! Signez la pétition adressée au Ministre de l’environnement et des forêts pour demander l’arrêt de ce projet :

http://www.amnesty.fr/index.php/agir/campagnes/exigeons_la_dignite/actions/inde_arreter_les_projets_de_mine_et_raffinerie_tant_que_les_droits_humains

_ne_sont_pas_respectes/petition_au_ministre_indien_de_l_environnement

Une femme du village de Kendugudha vivant à l?ombre de la raffinerie et de ses déchets

Une femme du village de Kendugudha vivant à l’ombre de la raffinerie et de ses déchets
© AI

Si vous voulez en savoir plus, lisez LE RAPPORT  « India: Don’t mine us out of existence: Bauxite mine and refinery devastate lives in India »
Index Number: ASA 20/001/2010 –  9 February 2010
(EN ANGLAIS)

Campagne Russie, c’est parti !

février 6, 2010

Russie et droits humains

C’EST PARTI ! Amnesty International France compte profiter de l’attention médiatique accordée à l’Année croisée France Russie 2010 pour « imposer »  au programme officiel la question des droits humains en Russie et pour sensibiliser l’opinion publique française afin d’exercer des pressions sur les autorités du pays.

Découvrez la vidéo de lancement de la campagne :

PREMIER AXE DE LA CAMPAGNE : DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS ET DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION :

Les défenseurs des droits humains et les personnes qui tentent d’obtenir justice auprès de la Cour Européenne des droits de l’Homme sont harcelés, plusieurs ont été torturés et tués.

Une loi très contraignante adoptée par la Douma, en décembre 2005, sur les activités des ONG travaillant sur le sol russe a été signée par le président Poutine. Cette loi prévoit la création d’une nouvelle agence chargée de l’enregistrement de ces organisations et de surveiller étroitement leur financement et leurs activités. Elle sera directement responsable devant le gouvernement et pourra décider si les ONG contrôlées sont une menace pour «la souveraineté de la Russie, l’indépendance, l’intégrité territoriale, l’unité et l’originalité nationale, l’héritage culturel ou les intérêts nationaux». Des termes suffisamment flous pour prêter à toutes les interprétations !

Quant aux défenseurs qui travaillent pour la résolution du conflit en Tchétchénie, pour que les violences ne restent pas impunies il leur est tout simplement dangereux de parler. Des associations de parents de victimes se sont créées au fur et à mesure que les exactions se multipliaient, comme l’association ingouche de Magomed Moutsolgov « Mashr », elles sont régulièrement menacées.

Ceux qui dénoncent la situation dramatique de la Tchétchénie, ceux qui mènent des enquêtes sur les violations des droits humains et ceux qui ont porté ou tenté de porter plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme ont été ou sont de plus en plus menacés ou victimes de violations.

DEUXIÈME AXE : RACISME ET DISCRIMINATION

Pendant ces dernières années, de nombreux groupes racistes se sont développés et agissent dans un climat d’impunité généralisée. Des membres de minorités ethniques ou nationales ainsi que des demandeurs d’asile et des étudiants étrangers sont la cible d’agressions et de meurtres. Les responsables, quand ils sont jugés, sont accusés d’hooliganisme, c’est-à-dire de « violation flagrante de l’ordre public exprimant un irrespect manifeste de la société accompagné de l’utilisation d’armes ou d’objets utilisés comme armes » d’après le Code pénal. Le caractère raciste de ces agressions n’est que très rarement reconnu.

Selon l’ONG russe spécialisée dans la recherche sur le nationalisme et la xénophobie SOVA durant les 8 premiers mois de 2009 au moins 44 personnes sont mortes et 246 ont été blessées dans des attaques racistes.

TROISIÈME AXE : LE CAUCASE NORD ET LE CONFLIT TCHÉTCHÈNE

Le conflit en Tchétchénie continue à donner lieu à un grand nombre de « disparitions », d’homicides, d’actes de torture et de mauvais traitement.

Ces crimes sont souvent commis lors d’opérations ciblées menées par les forces fédérales russes, et surtout par les « kadyrovtsy », les milices de Ramzan Kadyrov, le Président pro-russe de Tchétchénie.

Durant les deux guerres la Tchétchénie a particulièrement souffert des rafles de villages entiers dans des proportions effrayantes, les personnes raffles subissaient des tortures et généralement disparaissaient. Aujourd’hui les rafles massives n’ont plus lieu mais les disparitions continuent.

Un des drames aujourd’hui c’est que les disparitions sont de plus en plus ciblées donc plus discrètes, que les victimes témoignent de moins en moins par peur des représailles, qu’elles sont le fait le plus souvent des milices tchétchènes et qu’elles ont lieu maintenant dans beaucoup de régions du Caucase, en particulier en Ingouchie et au Daghestan.

L’impunité est quasi générale.

En revanche, la Cours Européenne des droits de l’homme a reconnu la Russie responsable de graves atteintes aux droits humains en Tchétchénie, d’ exécutions, d’actes de torture, de disparitions forcées ainsi que de ne pas avoir enquêté de façon appropriée sur ces crimes. Elle a, par ailleurs, confirmé le caractère systématique des violations des droits humains perpétrées en Tchétchénie.

QUATRIÈME AXE DE CAMPAGNE : TORTURE ET MAUVAIS TRAITEMENT

La pratique de la torture et des autres formes de mauvais traitements est extrêmement répandue en Russie, elle est utilisée de manière routinière au sein des postes de police, des centres de détention officiels et non-officiels, des colonies pénitentiaires ou de l’armée. Les « aveux » obtenus par la force ont beau être illégaux, il est fréquent qu’ils soient reconnus comme éléments de preuve par le juge. Dans les centres de détention du Caucase du Nord, le recours à des actes de torture et aux mauvais traitements est systématique et l’impunité générale. Les centres de détention secrets restent nombreux.

PREMIÈRE ACTION PROPOSÉE PAR AMNESTY INTERNATIONAL :

Amnesty International lance, dans le cadre de sa campagne pour le respect des droits humains en Russie, une pétition générale durant toute l’année France-Russie 2010.

Notre but est de récolter 100000 signatures que nous enverrons aux autorités russes via son ambassade à Paris en fin d’année.

Nous comptons sur votre participation massive afin d’atteindre ce chiffre.

Nous demandons au Président Medvedev de garantir le respect de l’état de droit et d’assurer la protection de la société civile.

Nous lui demandons aussi que son gouvernement prenne des mesures concrètes pour appliquer les traités internationaux que la Russie a signés.

SIGNEZ DIRECTEMENT EN LIGNE ET FAITES SIGNER AU PLUS GRAND NOMBRE !

http://www.amnesty.fr/index.php/agir/actions_en_cours/federation_de_russie/actions_sur_la_russie/appel_au_president_russe_sur_la_situation_des_droits_humains_en_russie/petition_au_president_medvedev

Pour en savoir plus, lisez cet ouvrage :

Droits humains en Russie : Résister pour l’état de droit
Amnesty International
Avec la participation de Galia Ackermann, Marie Jégo, Natalie Nougayrède, Alexandre Vinnikov
Editions AUTREMENT – Collection Frontières (Format : 150 x 230 Pages : 128 pages)
Prix : 10 €, en libraire ou à commander directement en ligne :

http://www.boutique.amnesty.fr/droits-humains-en-russie-resister-pour-l-etat-de-droit.html

POURQUOI ÉCRIRE ?

décembre 5, 2009

Certes, les actions de lettres n’apportent pas à chaque fois le résultat escompté, mais elles ont un impact positif plus souvent qu’on ne le pense. Elles aident à aboutir à des améliorations concrètes – une libération, l’amélioration des conditions de détention, la commutation d’une peine de mort, des mesures de protection suite à de nombreuses menaces, l’ouverture d’une enquête, etc.

Dans presque chaque cas, les lettres du monde entier qui parviennent aux personnes concernées et à leur famille leur apportent un grand soutien moral.

QUELQUES EXEMPLES EMBLÉMATIQUES DE L’EFFICACITÉ DE L’ACTION D’AMNESTY INTERNATIONAL :

DÉBUT 2009 GAZA – Des enfants souffrant de problèmes cardiaques ont pu être opérés Soheb Wael Alqasas, Sami Atwa Abu Ishaq, Ahmed Talat Abu Omar, Mohammed Ashraf Abu Ajwah et 11 autres enfants ont reçu la permission de voyager de Gaza jusqu’à l’hôpital Makassad dans Jerusalem Est pour recevoir un traitement par des spécialistes des maladies cardiaques qui ont pu les opérer.

IRAN – HANA HABDI

Kurde iranienne, Hana Abdi a été arrêtée en octobre 2007 et condamnée à 5  ans, réduits à 18 mois en appel, pour son appartenance à deux organisations  menant une campagne pour l’égalité des droits des femmes en  Iran. Considérée comme une prisonnière d’opinion, elle a été  libérée le 26 février 2009 suite à une forte mobilisation internationale.

SEPTEMBRE 2009 BRÉSIL –  JOSÉ LUIS DA SILVA

Petit paysan et défenseur des droits fonciers, son épouse Severina dos Santos Silva et leur famille ont reçu des menaces de mort. Cette famille a été visée en raison de sa lutte pour les droits fonciers, à l’origine d’un litige de longue date avec un propriétaire terrien local. Elle a pu bénéficier d’une protection adéquate suite à l’ouverture d’une enquête sur les menaces dont ils ont fait l’objet.

TUNISIE – 68 PERSONNES LIBÉRÉES
Ces personnes étaient incarcérées en lien avec le mouvement populaire de contestation qui s’est déroulé en 2008 dans la région de Gafsa, riche en phosphate. Ils ont passé plus d’un an derrière les barreaux. Il s’agit pour beaucoup de prisonniers d’opinion, détenus uniquement pour avoir exercé sans violence leurs droits à la liberté d’expression et de réunion. Ils ont été libérés à la faveur d’une grâce accordée par le président Ben Ali le 4 novembre 2009 pour marquer le 22e anniversaire de son accession au pouvoir. Ont notamment été libérés les dirigeants syndicalistes Adnane Hajji, Bechir Laabidi, Adel Jayar et Tayeb Ben Othman, qui comptaient parmi les 38 personnes condamnées en appel à des peines d’emprisonnement allant jusqu’à huit ans, en février 2009, au terme de procès contraires aux règles d’équité les plus élémentaires.