Posts Tagged ‘USA’

Retour sur le débat « Liberté d’expression, ici et ailleurs »

mars 13, 2015

10974216_10204675095770149_3350255540249502081_o(1)En proposant ce thème « liberté d’expression, ici et ailleurs », le groupe d’étudiants « Amnesty à Paris 13 » savait bien que ce serait l’occasion de se confronter à des points de désaccords, à des ressentis différents, notamment suite aux événements des 7, 8 et 9 Janvier à Paris. L’objectif était clairement de laisser la parole totalement libre tout en apportant l’éclairage d’Amnesty International. C’est pourquoi nous avions décidé d’organiser le débat en alternant des courtes présentations par les membres de l’Antenne-Jeunes avec des temps d’échanges sur chacun des aspects abordés – garanties juridiques de ce droit à la liberté d’expression, limites inscrites dans le droit, dérives de la lutte contre le terrorisme, et focus sur plusieurs pays différents.

Une trentaine d’étudiants et personnels avaient répondu présents, et si l’on pouvait regretter de ne pas avoir attiré davantage de monde, il faut dire aussi que cela a sans doute contribué à ce que ce soit un vrai moment de partage – et on ne parle pas que des boissons et gâteaux offerts ! – , un véritable débat, avec beaucoup d’échanges, parfois vifs. Chacun a pu parler de sa propre conception de la liberté d’expression, de ses opinions et sentiments personnels sur ce qui se passait en France mais aussi au-delà de nos frontières.

10959941_10204675095730148_2815102137944358602_o

En tant que militante d’Amnesty International, j’ai été ravie de constater que ressortait de ce débat un sentiment partagé par tous ou presque, celui d’être citoyen du monde et donc solidaire des victimes de violations de ce droit à la liberté d’expression dans le reste du monde. On a eu l’occasion d’évoquer diverses situations : celle de Raif Badawi en Arabie Saoudite, condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour avoir « insulté l’Islam » dans son blog, puis celle d’un journaliste gambien enlevé, torturé et toujours porté disparu, après avoir critiqué son gouvernement. Nous avons également discuté de la censure sur Internet en Chine et Russie et enfin des USA avec le cas de Snowden et des lanceurs d’alerte… Un débat riche en échanges et informations, où l’on sentait parfois vibrer un sentiment d’indignation. Pour nous, cette sensibilisation est déjà un premier pas dans la lutte contre la violation des droits humains à travers le monde .

Bien sûr, des désaccords ont émergé et parfois subsisté sur la conception même de la liberté d’expression : certains ont opposé à l’aspect universel des droits humains une forme de relativisme culturel, ou en tout cas ont défendu l’idée d’un droit adapté à chaque pays et donc à sa culture. D’autres ont émis l’opinion que dans certains cas, notamment lorsqu’il s’agit de religion, le respect s’imposait au détriment d’une liberté absolue de parole. Le débat a également permis de constater à quel point il y avait deux poids deux mesures dans le traitement donné à certaines violations des droits selon qu’elles touchent la France ou d’autres pays. Quoi qu’il en soit, il était important pour nous que les gens s’expriment en toute liberté, qu’ils n’aient pas l’impression qu’on veuille leur dicter une vision du monde.

Notre but premier était de préciser l’éclairage que peuvent apporter la Déclaration universelle des droits de l’homme et le droit international, afin que les participants au débat puissent enrichir leur réflexion sur cette base. Par ailleurs, nous souhaitions vraiment ne pas rester uniquement centré sur la France, mais plutôt ouvrir sur le reste du monde, avec des informations qui permettraient d’élargir le champ de vision, de remettre ainsi en question certaines certitudes. En cela, on peut donc dire que notre objectif a été atteint !

10620523_10204119781887649_3690751924243507913_nLéa Antoni, responsable de l’Antenne-Jeunes Amnesty à Paris 13

Publicités

Marathon des signatures 2012 en images !

décembre 17, 2012

Vous n’allez pas le croire et pourtant c’est vrai ! Non seulement notre record est battu par rapport aux éditions précédentes, mais nous avons atteint un chiffre étonnant : 2012 signatures pour le Marathon des signatures 2012 à Paris 13 !!

2012 signatures réparties sur les 5 cas retenus pour défendre les droits humains : Chiou Ho-Shun, condamné à mort à Taïwan, la communauté de Bodo et son combat contre Shell au Nigéria, les familles Roms expulsées de force de la rue Coastei en Roumanie, Noxolo, militante lesbienne violée et assassinée en Afrique du Sud, et enfin Herbert et Albert, les prisonniers maintenus à l’isolement depuis 40 ans dans une prison aux USA. Et on peut vous dire que l’Antenne-Jeunes – avec le renfort de la promo Master ONG et Coopération Internationale – est allée les chercher, ces signatures ! Outre le stand, qui a attiré beaucoup de monde, ce qui a fait la différence aussi, c’est d’aller par équipe de 2 à la rencontre des étudiants tout autour du forum, à la cafet’, dans les couloirs, près de la bibliothèque, ou des locaux des autres assos, comme en témoigne cette galerie de photos…

Nous nous sommes échauffés au son du concert Africolor qui mettait une bonne ambiance dans le forum de la fac. Puis, au top de la préparation pour expliquer nos cas de violations des droits en quelques phrases, prêts à aller plus loin pour préciser la démarche du Marathon des signatures et d’Amnesty International, nous avons pu échanger en toute simplicité et dans la bonne humeur, et l’immense majorité des personnes abordées ont signé nos 5 pétitions. Ce n’est pas parce que l’on traite de sujets graves qu’il faut se prendre au sérieux ou déprimer les gens… Au contraire, le message était clair et positif : ces personnes que défend Amnesty International ont besoin du soutien de tous, chacun peut aider à faire une différence avec sa signature, les résultats des précédents Marathon le prouvent ! Amnesty, ça marche !

Programme du Marathon des signatures 2012 à Paris 13 !

décembre 3, 2012

AfficheMarathonP13Le jeudi 6 décembre, de midi à 14h au forum de Villetaneuse, l’Antenne-Jeunes Amnesty International de Paris 13 commencera en fanfare son Marathon des signatures, en marge d’un concert Africolor.  C’est en effet au son distinctif  du « Marching Band » haïtien Follow Jah de Pétion-villeau – ses bambous, cornets, tambour et caisse claire, augmenté de multiples percussions – que les jeunes militants lanceront leur appel à faire un geste simple mais efficace : signer des pétitions pour faire pression sur les responsables de violations des droits humains à travers le monde, et apporter son soutien à des personnes dont la vie est menacée ou pour qui Amnesty International demande justice.

L’Antenne-Jeunes tiendra également un stand le mardi 11 et mercredi 12 décembre, toujours au forum et à l’heure du déjeuner, et espère bien battre ainsi son record de signatures de l’édition 2011 !

Qui sont ces personnes que nous allons appeler à défendre ?

Chiou Ho-shunÀ TAÏWAN, il s’agit de Chiou Ho-Chun,  accusé avec 10 autres personnes d’un double meurtre mais seul à avoir été condamné à mort. Depuis, il clame son innocence et dénonce les violences qu’il a subies ainsi que l’absence d’avocat durant ses interrogatoires et la première phase de son procès. Chiou Ho-shun peut être exécuté à tout moment. Amnesty International exhorte les autorités à instaurer un moratoire sur les exécutions, et à permettre à Chiou d’avoir un nouveau procès conforme aux normes internationales.

Cluj-Napoca: Dallas & Coastei Street communitiesEn ROUMANIE, ce sont des familles Roms expulsées de la rue Coastei, sans aucune consultation. 40 familles ont été relogées dans des préfabriqués en banlieue de la ville, près d’une décharge publique. Les autres n’ont reçu aucune autre offre de relogement. Ils squattent dans des abris de fortune entre une décharge publique et une déchetterie de produits chimiques. Amnesty International soutient le combat des anciens habitants de la rue Coastei qui souhaitent être relogés dans des conditions décentes, comme prévu par la loi.

NoxoloNogwaza-AfriqueduSudEn AFRIQUE DU SUD, c’est Noxolo Nogwaza, une jeune lesbienne et activiste LGBTI de 24 ans, violée et assassinée alors qu’elle rentrait chez elle après une fête avec des amis. L’indifférence dont fait preuve la police dans cette enquête est révélatrice du climat de haine envers les personnes LGBTI dans le pays. Amnesty International réclame une véritable enquête et dénonce l’impunité totale dans laquelle de tels crime sont commis.

Angola 2Aux ÉTATS-UNIS, c’est Albert Woodfox et Herman Wallace, détenus à l’isolement depuis 40 ans. Anciens membres des Black Panthers, emprisonnés initialement pour cambriolage, ils ont été condamnés à perpétuité pour le meurtre d’un gardien de prison qu’ils ont toujours nié. Amnesty International demande l’arrêt de leur détention prolongée à l’isolement, qu’elle considère comme un traitement cruel, inhumain et dégradant.

Au NIGÉRIA, ce sont les habitants de la communauté de Bodo, dans le Delta du Niger, dont la vie a été détruite par la pollution pétrolière occasionnée par Shell. L’entreprise refuse de reconnaître ses responsabilités, et Amnesty International soutient les habitiants de Bodo dans leur demande du nettoyage de la région et des compensations que la loi imposerait.

RencontreNigeriaP13C’est par une rencontre-débat avec un repésentant de cette communauté que l’Antenne-Jeunes clôturera l’édition 2012 de son Marathon des signatures à Paris 13 : Christian Lekoya Kpandei est en effet  invité à venir témoigner  de son combat contre Shell. Il expliquera les conséquences des dégâts causés par cette entreprise sur la vie de sa communauté, et la lutte menée à leurs côtés par Amnesty International et une ONG locale pour obtenir justice.

Happy end pour Chen Guangcheng ?

juin 3, 2012

En avril dernier, cette histoire a fait le tour de la planète et a provoqué une grave crise diplomatique entre les Etats-Unis et la Chine : un dissident chinois s’était réfugié à l’ambassade des Etats-Unis pendant six jours, après une incroyable évasion de son domicile devenu une prison. Cet homme, c’est Chen Guancheng, un avocat aveugle autodidacte et défenseur des droits humains.

Le calvaire de Chen et sa famille :

Depuis septembre 2010, Chen Guancheng et sa famille étaient retenus en résidence surveillée sans jugement ni inculpation et victimes de traitements épouvantables. « Je suis sorti d’une petite prison pour aller dans une plus grande », disait-il. En effet, il avait auparavant purgé quatre ans de prison pour avoir dénoncé la pratique des avortements et des stérilisations forcés dans le comté de Linyi, une ville de la province du Shandong, et demandé réparation en justice pour les victimes.

Un imbroglio diplomatique sino-américain :

Après l’appel à l’aide de Chen Guancheng aux autorités américaines, les pressions de la part de Washington ont été nécessaires pour le sortir d’une situation extrêmement préoccupante. Mais le happy end annoncé un peu vite s’est aussitôt dérobé : malgré les promesses des autorités chinoises de lui rendre sa liberté, et de le laisser s’installer dans une autre province, les pressions se sont multipliées contre sa famille et ses proches. C’est pourquoi, alors que Chen déclarait dans un premier temps vouloir rester en Chine et poursuivre de l’intérieur son combat pour la justice, un coup de théâtre s’est produit : lorsque, conduit par l’ambassadeur des Etats-Unis en personne dans un hôpital de Pékin, il retrouve sa famille, mais perd sa protection diplomatique. Soudain, il semble pris de panique et demande finalement  à quitter son pays pour les Etats-Unis.

Il avait reçu une proposition de bourse d’études pour étudier à New York, il finit par obtenir un passeport pour lui et sa famille, et, le samedi 19 mai, il est conduit directement à l’aéroport international de Pékin pour embarquer à bord d’un vol pour les Etats-Unis.

Happy end  ou déception ?

C’est bien sûr un soulagement pour les amis de Chen Guangcheng, mais d’un autre côté, c’est décevant pour la cause des droits de l’homme en Chine. Loin de l’annonce initiale qui aurait constitué un véritable tournant, laisser libre un homme qui avait défié les autorités locales par son action, puis nationales en se réfugiant à l’ambassade américaine, cet épilogue rappelle malheureusement d’autres histoires de dissidents contraints à l’exil : c’est aussi un « happy end » pour Pékin,  rassuré de s’être « ôté une épine du pied » en le laissant quitter le pays, et espérant bien qu’il sera vite oublié et son combat pour la cause des droits humains avec lui. D’autant que Pékin mettra tout en oeuvre pour le faire disparaître, grâce à la censure informatique. Son nom sera tout simplement effacé d’Internet.

Nouveau départ aux USA :

Jeudi dernier à New York, Chen Guangcheng a fait sa première grande apparition publique, et il s’est montré résolument optimiste : « le changement démocratique en Chine est lent mais irréversible » a-t-il déclaré, et il a également répété qu’il ne souhaitait pas l’asile politique aux Etats-Unis et avait l’intention de rentrer un jour dans son pays, après une période de repos.

Solidarité et soutien d’Amnesty International : Lunettes noires pour Chan Guangcheng  !

Même si l’on ne peut pas dire que cette histoire a eu la meilleure issue possible pour la cause des droits humains, l’Antenne-Jeunes de Paris 13 a été très touchée par le courage exemplaire de cet homme. Nous avons échangé  sur l’action de plaidoyer menée par Amnesty International, à la fois auprès des USA et de la Chine. (pour en savoir plus, voici 2 liens vers des communiqués de presse d’AI:  http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Protegeons-les-personnes/Defenseurs-des-Droits-Humains/Actualites/Chine-les-pressions-americaines-sont-essentielles-pour-Cheng-Guancheng-5338 http://www.amnesty.fr/Presse/Communiques-de-presse/La-Chine-doit-garantir-la-securite-de-Chen-Guangcheng-5301)  et c’est avec un grand plaisir que nous avons participé à cet appel à la solidarité lancé par l’ONG : il s’agissait tout simplement de prendre des photos avec des lunettes noires comme celles de Chen, un message de soutien, et surtout de faire en sorte que cet appel soit relayé le plus largement possible.Des dizaines de militants chinois et du monde entier s’étaient déjà mobilisés : http://ichenguangcheng.blogspot.co.uk/

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Camille Hervé et Cécile Coudriou

Retour sur la projection-débat « Torture Made in USA » à Paris 13

mars 14, 2012


Après plusieurs semaines de préparation, l’AJ de Paris 13 a eu le plaisir d’accueillir, lundi soir, une vingtaine d’étudiants et membres du personnel autour de la projection-débat « Torture made in USA », dans le cadre de la campagne d’Amnesty International « Pas de sécurité sans droits humains ».

Le documentaire de Marie-Monique Robin retrace l’engrenage qui a conduit les États-Unis, depuis le 11 septembre 2001, à progressivement légaliser les actes de torture dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. Dès le début, les vidéos amateurs des deux tours en train de s’effondrer posent le décor d’une époque où les sentiments d’horreur et de peur panique seront omniprésents dans le pays. Quelques jours plus tard, dans l’émotion, Dick Cheney tient à la télévision des propos qui paraîtront prophétiques : « Nous devons libérer de toute contrainte les services de renseignement pour qu’ils puissent conduire à leur mission. ». Par « contrainte », entendez ici les Conventions de Genève de 1949…

D’anciennes personnalités haut placées telles que l’ancien conseiller de Condoleeza Rice à la Maison Blanche, témoignent de décisions et de mémos internes à l’administration américaine, qui ont successivement repoussé les limites de la définition légale de la torture dans le but d’obtenir des informations des prisonniers présumés terroristes. Il était important de noter les résistances internes à ces décisions : Colin Powell, alors à la tête du Département d’État, s’était élevé contre. Il a alors été écarté de toutes décisions concernant ce sujet.

Le documentaire revient aussi sur le scandale d’Abou Ghraib qui a profondément choqué et mobilisé l’opinion publique, et pose la question de la responsabilité et de l’impunité. Seuls les militaires présents en Irak, considérés comme des « brebis galeuses », ont été sanctionnés. Pas une fois l’administration du « grand frère » Guantanamo n’a été inquiétée, alors que les preuves de traitements inhumains et dégradants dans le camp se sont accumulées. Impunité totale également, autour des restitutions de prisonniers, des présumés terroristes enlevés et envoyés en détention secrète sur des « sites noirs »

Le film a montré son efficacité en sensibilisant les étudiants à cette question et en provoquant des discussions riches en réflexion : comment la torture a été justifiée, mise en œuvre, et même encadrée par l’administration.  Nous avons également échangé sur les conséquences, notamment les conséquences psychologiques de la torture, non seulement sur les victimes mais aussi sur les bourreaux eux-mêmes.  Le débat a aussi permis de prolonger la remise en cause de l’argument de l’utilité de la torture  et d’évoquer les autres moyens légaux et plus efficaces pour obtenir des informations, comme l’infiltration.

Une étudiante s’est dite « déçue » par la politique américaine et l’impunité dont jouissent les responsables : comme en conclut le film, cette légalisation de la torture par les États-Unis, ces dérives dans la guerre contre le terrorisme, au mépris de toute convention internationale telle que la Convention contre la Torture, ne feront qu’encourager d’autres pays à en faire autant et restera comme « une tâche sur le drapeau ». Comment une démocratie peut-elle être crédible lorsqu’elle dénonce des violations des droits humains à travers le monde alors qu’elle en commet par ailleurs dès qu’elle se sent menacée ?

Beaucoup de questions, et beaucoup d’échanges, à l’issue de cette projection, et nous remercions vivement les étudiants, membres du personnel du campus et membres de l’AJ qui y ont participé !

Camille Hervé

Opération choc sur Guantanamo à Paris 13 !

mars 12, 2012

Des prisonniers en liberté sur le campus ? Avec des tracts pour une séance de ciné ?!

En ce début du mois de mars, vous avez peut-être croisé, dans les couloirs du campus, des silhouettes  portant les combinaisons orange des prisonniers américains… Pas de panique, aucun tueur sanguinaire en liberté dans l’UFR… Seulement les jeunes de l’AJ du campus qui font parler de la projection-débat de ce lundi soir ! Le thème ? La « torture made in USA ».

Bon, on ne vous cache pas que, la semaine dernière, quand Cécile nous a annoncé à la fin d’une de nos réunions d’un-jeudi-sur-deux qu’elle avait réussi à dégoter des costumes pour rendre plus visible notre action sur Guantanamo, on s’est regardés genre « aie, on va s’afficher, là… ». Mais finalement, une fois la première appréhension passée, se balader en combi fluo dans la fac en distribuant des tracts et en discutant avec les gens, ça a quelque chose de surréaliste pas désagréable… surtout quand on croise nos potes, les profs, et même le président Salzmann, qui a posé pour une photo avec nous ! Et puis c’est quand même plus sympa et plus original que les annonces en amphi non ? C’est pas parce qu’on travaille sur des tragédies qu’on peut pas le faire dans un minimum de bonne humeur, pas vrai ?

Au final, plein de monde venait nous voir, prenait volontiers un tract, et même parfois proposait de rejoindre l’AJ pour organiser à leur tour des sorties, concerts, projections,… en rapport avec la défense des droits humains.

Bref, après quelques photos pour immortaliser tout ça, direction la salle C105, réservée pour l’occasion, histoire de préparer les micros et le vidéoprojecteur pour la séance de ce soir.

(article de Jordael Grimaldi)

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Projection-Débat « Torture Made in USA » à l’Université Paris 13

mars 8, 2012

Pour illustrer la campagne d’Amnesty International « Pas de sécurité sans Droits Humains », et participer activement à la sensibilisation du grand public aux dérives de la lutte contre le terrorisme, l’Antenne-Jeunes de Paris 13 a décidé de proposer sur le campus de Villetaneuse une projection du film « TORTURE MADE IN USA » suivie d’un débat, le lundi 12 Mars à 17h.(salle C 105, UFR Communication)

Le film est un documentaire d’investigation de Marie-Monique Robin (diffusé sur ARTE en juin 2011) qui s’appuie sur des archives inédites d’auditions parlementaires ainsi que des interviews exclusives de grands témoins, tels que :
– le Général Ricardo Sanchez, ancien chef des forces de la coalition en Irak,
– Michel Scheuer, concepteur du programme des détentions secrètes de la CIA,
– Matthew Waxman, ancien conseiller de Condoleeza Rice à la Maison Blanche,
– Larry Wilkerson, ancien chef de cabinet de Colin Powell

Il montre que, dès septembre 2001, le vice-président Dick Cheney a piloté un programme secret, destiné à légaliser la torture en violation des lois américaines et internationales. On y découvre aussi que pour se protéger d’éventuelles poursuites judiciaires, l’administration Bush a fait appel à des juristes pour trouver les arguments juridiques nécessaires permettant l’usage de la torture.

Ce film décortique «la machine » qui a conduit la « plus grande démocratie du monde » à légitimer et utiliser massivement et systématiquement la torture à Guantanamo et en Irak notamment. Il montre également que ce programme de torture a généré des résistances au sein du département d’Etat, mais aussi chez les chefs militaires, attachés aux conventions de Genève.

L’objectif de l’Antenne-Jeunes à travers cette projection-débat est double : d’une part informer sur la situation particulière des prisonniers à Guantanamo, les mesures prises au plus haut niveau du gouvernement Bush et les violations de droits fondamentaux qui s’en sont suivies. Pour préparer cette partie du débat, nous avons pu bénéficier du document « Questions-réponses » préparé par Amnesty International (Merci à Nathalie Berger, responsable de la coordiantion USA d’AIF, et à Hélène Desodt responsable de la campagne « Pas de sécurité sans Droits humains » !). D’autre part, nous avons pensé que ce film, au-delà de l’aspect informatif sur les violaions du droit international et des droits humains, serait un excellent outil pour amener le public à élargir sa réflexion sur le thème plus global de la torture, de la façon dont on la définit, et du risque pour bien des citoyens de faire insidieusement bouger les lignes, notamment dans des contextes spécifiques où une population se sent menacée.

Nous espérons que vous serez nombreux à avoir envie de venir partager ce moment de réflexion et d’échanges, rendez-vous donc lundi 12 à 17h en Salle C 105 !

GUANTANAMO, quelques rappels avant notre prochaine action

février 25, 2012

A l’occasion des 10 ans du centre Guantanamo, et de la sortie du rapport d’Amnesty International intitulé « Guantánamo: A Decade of Damage to Human Rights », l’Antenne-Jeunes de Paris 13 a choisi pour sa prochaine action de mettre en lumière les dérives de la lutte contre le terrorisme.

Tout d’abord, un rappel des faits et de la position d’Amnesty International :

Ce centre de détention, établi quatre mois après les attentats du 11 septembre sur une base navale américaine à Cuba, est devenu un symbole de torture et de mauvais traitements.

Malgré la promesse faite par le président Barack Obama de fermer le centre de détention de Guantánamo avant le 22 janvier 2010, 171 hommes y étaient toujours incarcérés à la mi-décembre 2011. Au moins 12 prisonniers transférés à Guantánamo le 11 janvier 2002 y sont toujours détenus. L’un d’entre eux purge une peine de réclusion à perpétuité après avoir été déclaré coupable par une commission militaire en 2008. Les 11 autres n’ont toujours pas été inculpés.

Le gouvernement de Barack Obama – en fait de larges sections des trois branches du gouvernement fédéral – ont adopté le cadre de la « guerre » mondiale mis en place sous le gouvernement de George W. Bush. Le gouvernement a ainsi affirmé en janvier 2010 qu’une cinquantaine de détenus de Guantánamo ne pouvaient être ni inculpés ni libérés, mais devaient être maintenus en détention militaire pour une durée indéterminée, sans inculpation ni jugement, au titre de l’interprétation unilatérale que font les États-Unis des lois de la guerre.

Parmi les prisonniers qui y sont toujours incarcérés, certains ont été victimes aux mains des États-Unis d’actes de torture et de disparitions forcées avant d’être transférés à Guantánamo. L’obligation de rendre des comptes n’a pas ou presque été mise en œuvre pour ces crimes relevant du droit international commis dans le cadre d’un programme de détentions secrètes ayant reçu l’aval du président.  Le gouvernement américain a systématiquement bloqué les démarches d’anciens détenus visant à obtenir des réparations pour ces violations des droits humains.

En 10 ans, seul un des 779 détenus incarcérés à la base a été transféré aux États-Unis pour être jugé devant un tribunal fédéral de droit commun. D’autres ont comparu devant des commissions militaires dans le cadre de procès iniques. Le gouvernement a aujourd’hui l’intention de requérir la peine de mort contre six détenus jugés dans ces conditions.

Le gouvernement de Barack Obama fait porter la responsabilité de son incapacité à fermer Guantánamo sur le Congrès, qui n’a pas veillé, il est vrai, à ce que les États-Unis respectent les principes internationaux relatifs aux droits humains dans ce contexte.

Aux termes du droit international, ni le droit national ni la politique ne peuvent être invoqués pour justifier le fait de ne pas honorer les obligations inscrites dans les traités. Une branche du gouvernement ne saurait faire porter le chapeau à une autre pour les manquements d’un pays envers les droits humains. Le droit international exige de trouver des solutions, pas des excuses.

Pour conclure ce rappel, voici une vidéo de l’action organisée par Amnesty International France pour réclamer la fermeture de Guantanamo :

TROY DAVIS A ÉTÉ EXÉCUTÉ : honte à la justice américaine (Cécile Coudriou)

septembre 22, 2011

Hier soir, la barbarie est sortie victorieuse aux Etats-Unis. En dépit de toute logique et de toute humanité, Troy Davis a été exécuté par injection Le 21 septembre 2011,à 23h08 locales (5h08 jeudi, à Paris), au pénitencier de Jackson, en Géorgie.

Juste avant son exécution, Troy Davis a répété qu’il n’était pour rien dans la mort du policier blanc pour laquelle il a été condamné en 1991.  Il a regardé la famille de la victime dans les yeux et a déclaré : « Ce n’est pas moi qui ai pris la vie de votre père, votre fils ou votre frère, je n’avais pas d’arme ». « A ceux qui s’apprêtent à m’ôter la vie, que Dieu ait pitié de vous et vous bénisse », a-t-il ajouté.

C’est une honte pour la justice américaine, qui a failli à son devoir de prendre en compte les énormes doutes qui pesaient pourtant sur la culpabilité de Troy Davis. Lors du procès, neuf témoins l’avaient désigné comme l’auteur du coup de feu mais l’arme du crime n’avait jamais été retrouvée et aucune empreinte digitale ou ADN n’avait été relevée. Depuis, sept témoins s’étaient rétractés, certains d’entre eux affirmant avoir été incités par la police à  accuser Troy Davis. Un témoin sous serment avait même désigné un autre suspect, Sylvester Coles, comme le véritable coupable affirmant que ce dernier le lui avait confié à trois reprises.

Malgré les multiples mobilisations et les nombreuses manifestations de soutien de personalités, jusqu’à celle du Pape ou de l’ancien président Jimmy Carter, l’exécution n’a cette fois pu  être empêchée. Le président Barak Obama avait fait savoir mercredi soir qu’il se refusait à intervenir. Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a indiqué qu’il n’appartenait pas au président  » de peser sur des affaires spécifiques comme celle-ci, qui est une procédure d’Etat fédéré ».

Initialement prévue à 19 heures locales,  l’exécution a été retardée de plus de quatre heures, car les avocats de Troy Davis ont tout tenté jusqu’au bout, réclamant une suspension de l’exécution en assurant avoir de nouvelles preuves » exonérant son client. La requête déposée mercredi matin par Me Brian Kammer citait notamment « un faux témoignage » du médecin légiste qui a autopsié le corps du policier décédé. Mais cette requête a été rejetée successivement en première instance puis par la Cour suprême de Géorgie et enfin par la Cour suprême des Etats-Unis. La veille, le comité des grâces de Géorgie avait rejeté un précédent recours, ouvrant la voie à l’exécution. Troy Davis s’était ensuite adressé par écrit à ses partisans depuis le couloir de la mort où il se trouvait depuis 20 ans, affirmant que « le combat pour la justice » ne s’arrêterait pas avec lui.

Après plus de quatre heures, durant lesquelles Troy Davis est resté dans une insoutenable attente de l’injection, la Cour suprême des Etats-Unis a finalement rendu sa décision et autorisé la mise à mort. La mort a été constatée une quinzaine de minutes après le début de l’exécution. Les centaines de manifestants présents à l’extérieur de la prison ont accueilli la nouvelle dans un profond abattement après avoir espéré jusqu’à la dernière minute un geste de la plus haute juridiction du pays.

Le monde entier est témoin du fait que justice n’a pas été rendue. L’un des avocats a même déclaré que cette exécution n’était autre qu’un « lynchage légalisé ». Avant de mourir, Troy Davis a lancé un message à tous ceux qui l’ont soutenu : gardez la foi, ce combat n’a pas commencé avec moi, et ce mouvement ne doit pas s’arrêter avec moi ». Troy est mort mais il restera à tout jamais dans le coeur de tous les militants d’Amnesty international et de tous ceux qui ont tenté de le sauver pendant des années comme un homme qui s’est battu jusqu’au bout sans haine, et qui doit inspirer à des milliers de citoyens à travers le monde un combat sans relâche contre cette infâme barbarie qu’est la peine de mort.

Troy Davis, le cauchemar continue… mais la mobilisation aussi !

avril 1, 2011

Voici le communiqué de presse d’Amnesty suite à l’annonce de la décision de la Cour Suprême des États-Unis :

Paris, le 28 mars 2011 – Amnesty International France est consternée par la décision de la Cour Suprême des Etats-Unis de rejeter l’appel de Troy Davis. Cette décision ouvre la voie à l’exécution prochaine d’un possible innocent.

« Le système judiciaire américain montre ainsi que cela ne lui pose pas de problème d’autoriser l’exécution de quelqu’un alors qu’il y a tellement de doutes concernant sa culpabilité, déclare Geneviève Garrigos, Présidente d’Amnesty International France. Aujourd’hui, aucune personne ne peut objectivement soutenir avec certitude que Troy Davis est coupable à partir des éléments désormais disponibles dans cette affaire ».

Les audiences en recherche de preuve des 22 et 23 juin 2010 auxquelles Amnesty International France avait assisté, n’ont fait que renforcer les doutes concernant la culpabilité de Troy Davis.

Le juge Moore présidant les audiences, le reconnaissait lui-même implicitement en concluant que le « dossier d’accusation contre Troy Davis n’était pas en béton ». Il a malgré tout refusé de conclure à son innocence.

Mais il faut poursuivre plus que jamais la mobilisation militante : vous pouvez signer la pétition en ligne accessible par le lien ci-dessous :

http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Peine-de-mort/Actions/Nexecutez-pas-Troy-Davis-001182