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« Amnesty à Paris 13  » n’oublie pas les réfugiés de Syrie

mars 21, 2015

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4 ans déjà que la guerre ravage la Syrie, faisant plus de 200 000 morts, et obligeant plus de 11 millions de personnes – soit la moitié de la population ! – à fuir les violences. 380 000 personnes ont été jugées particulièrement vulnérables par le Haut-commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), faisant de leur réinstallation dans d’autres pays d’ici fin 2016 une priorité .

Il y a en effet urgence ! Parmi  ces personnes les plus vulnérables, certaines ont été victimes de torture de la part du régime en place ou des groupes armés combattants. Elles ont été blessées et traumatisées lors d’attaques de leur ville, de leur village, de leur maison. Elles ont dû fuir parce que leurs opinions, leur religion, leur liberté d’expression étaient bafouées ou les condamnaient à la mort. D’autres, parmi lesquelles des femmes isolées avec ou sans enfant, sont gravement malades ou handicapés.

Ali Ferzat cartoonFace à une crise d’une telle ampleur, la réponse du monde est honteuse : seulement 80 000 places d’accueil ont été proposées par eux et seules 7000 personnes ont effectivement pu atteindre leur pays de destination. La France, qui a pourtant ratifié la convention de Genève de 1951 qui protège les réfugiés, n’en a  accueilli que 500 depuis le début du conflit, et a annoncé l’accueil de 500 autres personnes vulnérables, mais cela reste bien trop peu, notamment comparé à l’Allemagne, qui va accueillir 30 000 réfugiés syriens au titre de la réinstallation.

syrie_0Il faut bien se rendre compte que 4 millions de personnes ont dû quitter la Syrie et 95 % d’entre eux se sont réfugiés dans les pays voisins – 1,2 million au Liban, où 1 habitant sur 4 est aujoud’hui un réfugié syrien ; 1,6 million en Turquie ; le reste en Jordanie,  Egypte et Irak. Comment ces pays pourraient-ils faire face seuls à un tel afflux ? La responsabilité d’une telle crise ne peut être que partagée. Nous ne pouvons pas faire comme si ce drame n’existait pas.

Amnesty International a donc lancé la campagne « Accueil des réfugiés de Syrie » afin que les pays les plus riches se montrent davantage solidaires et offrent aux réfugiés les plus vulnérables une opportunité unique de reconstruire leur vie grâce aux programmes de réinstallation et d’admission humanitaire. En France, la campagne a ciblé plus particulièrement François Hollande, appelant à la mobilisation de tous les citoyens pour adresser ce message au président de la République : la France peut et doit faire plus !

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L’Antenne-Jeunes « Amnesty à Paris 13  » a répondu à cet appel à la mobilisation et a souhaité relayer cette campagne auprès des étudiants et personnels de l’université, en proposant 2 actions  au stand qu’elle a tenu mercredi 18 mars à l’heure du déjeuner :

– Signer une pétition adressée au président de la République, pétition que l’on peut par ailleurs signer en ligne sur le site d’Amnesty International au lien suivant : http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Refugies-et-migrants/Actions/La-France-doit-accueillir-plus-de-refugies-de-Syrie-14461

– Se laisser prendre en photo avec un panneau de sa ville pour dire que celle-ci pouvait accueillir des réfugiés de Syrie. En voici quelques exemples :

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Les étudiants et personnels ont montré leur solidarité avec une grande spontanéité – certains ont d’ailleurs déclaré qu’il leur paraissait encore plus naturel d’apporter leur soutien parce qu’ils étaient eux-mêmes réfugiés ou enfants de réfugiés. Quasiment toutes les personnes que nous avons abordées se sont arrêtées au stand pour signer, et nous avons recueilli 210 signatures et près d’une vingtaine de photos. Un grand merci à tous !

Cécile Coudriou

« 10 jours pour signer » à l’Université Paris 13 : 6 situations de violations des droits humains

décembre 13, 2014

10365905_733313680080283_78041657012050801_nPour l’édition 2014 de lla mobilisation mondiale d’Amnesty International, « 10 jours pour signer », les étudiants de l’Université Paris 13 ont choisi de mettre en lumière 6 des 12 situations emblématiques de violations de droits humains à travers le monde. Pour les quatre premières il s’agissait de violation de la liberté d’expression et de faits de torture dans divers pays : Chine, Gambie, Émirats Arabes Unis et Syrie. La 5ème concernait un prisonnier de la tristement célèbre prison de Guantanamo. Enfin, la dernière illustrait la question de la responsabilité des entreprises en matière de droits humains, avec le 30ème anniversaire de la catastrophe de Bhopal en Inde.

Voici le résumé de chacune de ces situations de violations dénoncées par Amnesty international et pour lesquelles elle appelle tous les citoyens du monde entier à ouvrir les yeux et agir.

imagesEn Chine, Liu Ping :  a été arrêtée en avril 2013 après avoir organisé une manifestation dénonçant la corruption. Membre du Mouvement des nouveaux citoyens (MNC), elle militait pour plus de transparence gouvernementale. Cette mère de famille a été condamnée à une peine de six ans et demi de prison. Torturée pendant sa détention, elle n’a pas accès aux soins médicaux dont elle a besoin. Amnesty International la considère come une prisonière d’opinion et réclame sa libération imédiate et inconditionnelle.

safe_image-3Émirats rabes Unis, Mohammed al-Roken : il purge une peine de dix ans de prison à Dubaï. Cet éminent juriste figure parmi les 69 personnes condamnées, en juillet 2013, à des peines allant de sept à quinze ans au terme d’un procès politique. Mohammed al-Roken était harcelé depuis plusieurs années en raison de son engagement public pour les droits humains.

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Juwan Abd Rahman Khaled est un militant des droits des Kurdes en Syrie. Il a été arrêté le 3 septembre 2012, au cours d’une descente dans son quartier de la banlieue de Damas. Les forces de sécurité n’ont fourni aucun motif pour son arrestation, aucune information sur l’endroit où elles l’emmenaient, ni pour combien de temps. Depuis, sa famille tente de savoir où il se trouve. Détenu au secret, il risque de subir tortures et mauvais traitements.

safe_image-2En Gambie, il est très dangereux de s’exprimer.
Le 11 juillet 2006, Ebrima Manneh, jeune reporter de 28 ans, est arrêté sur son lieu de travail par des policiers en civil. Pour certains, son arrestation fait suite à un différend avec son rédacteur en chef, proche allié du président Yahya Jammeh. D’autres avancent qu’il a été arrêté pour avoir fourni à un journaliste étranger des informations jugées préjudiciables pour l’image du pays, avant le sommet de l’Union africaine à Banjul en juillet 2006. D’autres enfin expliquent qu’il aurait tenté de publier un article critique du gouvernement.
Depuis son arrestation, sa famille n’a aucune nouvelle de lui.

safe_image-1Shaker Aamer, résident britannique, est détenu depuis février 2002 à Guantánamo, sans inculpation ni procès. Son état de santé psychique et physique se dégrade de jour en jour suite aux tortures et mauvais traitements qu’il a subis. Il a été déclaré par deux fois « libérable » par les administrations Bush et Obama. Les demandes réitérées de rapatriement par le gouvernement britannique n’ont jamais abouti. Shaker Aamer est décrit par les autorités américaines comme un détenu « non conciliant », hostile à l’encontre des gardiens. Ses actes de protestation sur la base de Guantanamo semblent avoir attisé l’animosité des gardes et de l’administration pénitentiaire. Il est en effet un des organisateurs des grèves de la faim contre les conditions de détention. Les autorités ont d’ailleurs imposé à ces détenus une nutrition forcée, par sonde nasale, deux fois par jour, attachés sur une chaise de contrainte.

Pour Amnesty International, tous les détenus doivent être libérés immédiatement ou bénéficier d’un procès équitable dans les plus brefs délais.

images-2Inde : Dans la nuit du 2 décembre 1984, une fuite de gaz toxique se produit dans une usine américaine de pesticides, à Bhopal. Près de 10 000 personnes trouveront la mort dans les heures qui suivent. Ce bilan est aujourd’hui de 22 000 morts et plus de 570 000 personnes ont continué d’être exposées à de fortes concentrations de gaz toxiques Le site n’a toujours pas été nettoyé et aucune véritable enquête n’a été menée sur les causes de la fuite et ses conséquences. Les survivants attendent que justice leur soit rendue.

Les responsabilités des gouvernements et des entreprises 

Au moment de la catastrophe, l’usine de Bhopal était détenue par une filiale indienne d’Union Carbide Corporation (UCC), une multinationale basée aux Etats-Unis. En 2001, UCC a été rachetée par l’entreprise américaine Dow Chemical. Depuis ce rachat, Dow soutient qu’elle est une entité distincte d’UCC et qu’elle ne peut donc être tenue pour responsable de la catastrophe de Bhopal. Elle n’a toujours pas contraint sa filiale à se soumettre aux poursuites judiciaires en cours devant un tribunal à Bhopal. Seuls des dirigeants indiens d’UCC ont été condamnés en Inde, et encore, 26 ans après les faits.

Communiqué de presse sur le Congrès 2012 d’Amnesty France à Reims

juillet 2, 2012

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« S’informer, s’indigner et agir », 3 maîtres-mots pour Geneviève Garrigos réélue présidente d’Amnesty International France
[25/06/2012]

Geneviève Garrigos a été réélue présidente lors du congrès d’Amnesty International France (AIF) qui vient de s’achever hier à Reims après 2 jours et demi de rencontres, de débats et de mobilisation sur les enjeux de promotion et de défense des droits humains.

A ses côtés, Cécile Coudriou et Alain Korenblitt élus vice-présidents, Arnaud Gèze, trésorier et Xavier Guillauma, trésorier adjoint, et enfin Camille Blanc, Mathilde Chevalier, Jean-Louis Jego et Erick Roumy complètent le Bureau Exécutif, l’instance dirigeante d’AIF.Image

« A travers les débats ardents qui ont animé le congrès 2012, l’indignation est revenue comme un leitmotiv, explique Geneviève Garrigos. Une indignation qui, des peuples d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient aux manifestants européens, asiatiques ou américains, a donné une impulsion sans précédent pour changer le cours des événements. Cette capacité d’agir, née de l’indignation, est un appel que lance Amnesty International à tous celles et ceux qui veulent combattre les injustices à rejoindre son mouvement ! ».

Geneviève Garrigos a également rappelé que ce sentiment d’indignation a été aussi ressenti fortement en France autour des récentes élections face aux discours xénophobes et de haine, qui montrent l’absolue nécessité de lutter contre les stéréotypes et les discriminations envers les minorités.

Le congrès a rassemblé du 22 au 24 juin 2012 au Palais des congrès de Reims les adhérents issus des 380 structures militantes à travers la France pour définir la ligne de conduite du mouvement, son mode de fonctionnement et son engagement. Temps d’échange et de débat incontournable pour les militants, la rencontre a bénéficié cette année de la présence d’invités institutionnels, universitaires et témoins qui ont apporté analyses pertinentes et récits poignants.

Retour sur les temps forts du congrès

Non à l’impunité en Russie !
Parmi les temps forts du congrès, un hommage a été rendu à Anna Politkovskaïa par la ville de Reims et Amnesty International France. En centre ville, le kiosque à musique du Parc de la Patte d’Oie, a été baptisé vendredi dernier du nom de la journaliste russe assassinée et Galina Ackerman, journaliste qui traduisait ses écrits, a tenu une conférence sur les droits humains en Russie dimanche. Alors que Vladimir Poutine avait déclaré que le rôle d’Anna Politkovskaia était insignifiant en Russie, cet hommage montre que le courage de cette militante comme ceux qui poursuivent la lutte pour la liberté d’expression et contre l’impunité est bien tenace.Image

Syrie : un régime condamné à disparaître
Egalement, le témoignage de Florence Gozlan, réfugiée syrienne, qui a perdu de nombreux membres de sa famille sous la répression, a été particulièrement marquant lors de la table ronde sur les rebellions au Maghreb et Moyen-Orient. Son récit bouleversant a été mis en perspective par les experts en géopolitique présents lors de la rencontre. Tous se sont accordés pour dire qu’une des priorités majeures était de faire pression sur la Russie pour qu’elle arrête de soutenir le régime actuel.

Encadrer les ventes d’armes, c’est maintenant !
Autre temps fort de ces journées, la marche en faveur d’un traité international fort sur le commerce des armes. Plus de 600 militants d’Amnesty International France ont manifesté samedi soir jusqu’au cœur de Reims et sont allés à la rencontre des Rémois. Pour les militants d’Amnesty International France, mobilisés depuis 2003 pour qu’un tel texte voie le jour, la Conférence qui se tient en juillet à New York pour négocier ce traité est une première victoire !

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Retour en vidéo sur le Printemps des droits humains des Antennes-Jeunes de Paris et Ile-de France

avril 19, 2012

« La liberté au bout des ondes » : Rencontre avec Shahinaz Abdel Salam, blogueuse et activiste egyptienne

avril 8, 2012

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Préparatifs

Midi, au forum du campus de Villetaneuse, en ce jeudi 5 avril 2012. Quelques membres de l’Antenne-Jeunes Amnesty de l’Université Paris 13 s’affairent à installer le stand : ils commencent par déplier une grande banderole en hommage au cri de liberté lancé à travers tout le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, puis affichent quelques photos des révolutions arabes, entourées d’un ruban jaune sur lequel on peut lire le message de ce Printemps des Droits Humains pour tous les jeunes d’Amnesty International : « Pas de liberté sans expression ! ». Puis deux tables sont installées, l’une pour proposer des informations et deux pétitions (pour soutenir la liberté d’expression en Tunisie et en Egypte respectivement), l’autre avec sono, pour accueillir et interviewer Shahinaz Abdel Salam, blogueuse et activiste egyptienne de 33 ans. Elle est aussi l’auteure du livre Egypte, les débuts de la liberté, publié chez Michel Lafont en octobre 2011, qui retrace son engagement dans le combat pour la défense des droits de la femme en Egypte et met aussi en relief son implication dans la révolte qui a conduit au départ d’Hosni Moubarak, le 11 février 2011.

La jeune femme, ingénieure en télécommunications, vit depuis plusieurs années en France, et a très gentiment accepté l’invitation de la section française d’Amnesty à participer à divers événements organisés par les Antennes-Jeunes pour le Printemps des Droits Humains. Celle de Paris 13 a opté pour une rencontre ouverte sous le forum, lieu de passage le plus fréquenté à l’heure de déjeuner. La volonté est de toucher le plus grand nombre, mais c’est aussi un pari risqué, car beaucoup d’étudiants ou membres du personnel ne font justement que passer…

À l’arrivée de Shahinaz, on sent encore un peu de nervosité dans l’Antenne-Jeunes, car seulement une douzaine de personnes sont venues exprès pour l’occasion, prévenues par les affiches ou les annonces par mails, et dans le grand espace qu’est le forum, cela paraît peu ! Shahinaz au contraire, est tout de suite très à l’aise, et entame une discussion en arabe avec une étudiante qui parle parfaitement l’égyptien !

Pendant ce temps, plusieurs annonces sont faites au micro, à la fois pour inviter à signer les pétitions au stand et pour venir échanger avec Shahinaz, et ça marche, car finalement, 110 signatures auront été récoltées pour chaque pétition (sans oublier le rôle de l’ « équipe mobile » autour du stand !) et sans doute une cinquantaine de personnes qui auront assisté à cette rencontre.

Génération Internet

Interrogée par Tambadian et Camille, Shahinaz Abdel Salam raconte qu’elle a commencé son activité de blogueuse en 2005, dans une Égypte où la jeunesse a peu de place pour s’exprimer. Internet est alors leur moyen d’expression de prédilection pour essayer de changer les choses. Shahinaz milite aussi dans le mouvement Kefaya (« Ça suffit »), et son activité de blogueuse prend de plus en plus d’ampleur. Dans un État où « les policiers gouvernent », les manifestations sont strictement limitées et contrôlées. Shahinaz témoigne de manifestations où « on était des dizaines, entourés par des centaines de policiers avec des armes ».

Sur son blog, elle poste régulièrement des photos et des vidéos des manifestations. « On était la première génération à utiliser Internet et le blog pour s’exprimer, parler sur ce régime », raconte-elle. Le mouvement des blogueurs s’intensifient en 2006 et de plus en plus de jeunes Égyptiens commencent à utiliser ce média pour manifester la liberté d’expression à laquelle ils n’ont pas droit dans leur pays. Les autres médias, notamment les télévisions étrangères, commencent à s’intéresser au mouvement. Aujourd’hui, les réseaux sociaux comme Facebook et Twittter, plus pratiques, sont davantage utilisés pour mobiliser et informer. « Parfois, en une phrase, on dit tout ! », selon Shahinaz.

Au cœur de la révolution

Kefaya lance le premier appel à la mobilisation le 6 avril 2008, notamment via Facebook. « Ce jour-là, la police égyptienne était vraiment perdue », grâce à l’organisation décentralisée du mouvement d’internautes. Les jours fériés sont consacrés à la mobilisation. En 2011, « la Tunisie nous a donné l’espoir, c’est pour ça qu’on a continué jusqu’au bout et qu’on s’est débarrassé de Moubarak ». Cependant, au cœur du mouvement, sur la place Tahrir, les militaires sont déjà présents. Elle explique avoir été méfiante, même si elle espérait qu’ils allaient soutenir la révolution. « On s’est trompé, il ne fallait pas croire aux militaires ».

Un combat pour les femmes

Son combat pour les droits des femmes est tout aussi important et elle appelle les femmes égyptiennes à l’autonomie et à l’indépendance par rapport aux hommes. Elle souhaite plus de place pour la parole des femmes dans la politique et replace le contexte par rapport à la charia. « Les principes de la charia, c’est l’égalité, la liberté, la fraternité », tordant le cou aux idées préconçues de l’Occident sur la charia. « Le problème, c’est l’interprétation qu’ils font ». Les lois égyptiennes ont été « des interprétations très extrémistes pour les femmes », et elle dénonce également la pratique barbare qu’est l’excision, un problème majeur en Égypte pour les femmes. Malgré tout, elle croit en l’islam pour améliorer la société.

L’Égypte aujourd’hui

Pour Shahinaz, le mouvement n’a pas encore abouti. « La révolution continue, c’est pas fini, parce qu’aujourd’hui on a toujours le Conseil militaire, l’état d’urgence, et aussi les islamistes ». Elle critique vivement les islamistes, qui ont abusé du pouvoir religieux pour obtenir des voix. Elle dénonce également les massacres commis par les militaires, qui ont tués des civils et des manifestants : « beaucoup de jeunes ont perdu la vie sans raison ». Le mouvement lutte activement contre les militaires, qui ont retourné la révolution et ont fait passer les blogueurs pour des traîtres, accusés d’avoir été « formés par les États-Unis pour renverser le régime ». Elle répond que « c’est du n’importe quoi », et s’insurge au passage contre les récentes allégations de Tariq Ramadan destinées à discréditer les blogueurs. Dans son côté, elle n’est allée aux États-Unis qu’après l’élection d’Obama et ne se fait guère d’illusions sur l’intérêt qu’avaient les américains à voir Moubarak quitter le pouvoir.

Que d’échanges !

Grâce au naturel et à la fraîcheur de Shahinaz, l’événement a trouvé un écho immédiat au cœur du forum pour notre plus grand plaisir. En effet, les questions se sont ensuite succédées, notamment sur l’avenir de l’engagement de Shahinaz, les risques éventuels à retourner en Egypte, ses contacts avec des blogueurs tunisiens et syriens. On s’est également interrogé sur la volonté des blogueurs de s’engager en politique, et Shahinaz a rappelé sa volonté d’indépendance dans la critique du pouvoir. Enfin, elle a été questionnée sur l’avenir de l’Égypte et sa souveraineté, par rapport aux autres puissances étrangères. Nous tenions beaucoup à ce que tout le monde puisse prendre la parole, et que cette rencontre soit l’occasion d’échanges spontanés, nous n’avons pas été déçus, et Shahinaz était manifestement tout aussi ravie !

Avec Shahinaz et des participants, nous avons achevé cet hommage aux Printemps arabe avec un autre geste de solidarité  : une pétition-photo avec le message « Arrêtez le bain de sang en Syrie », à mettre sur le site http://www.eyesonsyria.org/ (rubrique « Activism Stories »).

Un immense merci à Shahinaz Abdel Salam, qui sera également présente le vendredi 13 avril à partir de 19h30 lors de la soirée organisée par les Antennes Jeunes d’Ile-de-France, « Egypte, Tunisie, Syrie : Pas de liberté sans expression ! », sur la Péniche Alternat à Paris (quai de Berçy, métro Bercy), pour une table ronde sur le rôle des réseaux sociaux dans les révolutions arabes.

Camille Hervé et Cécile Coudriou