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Retour sur le débat « Liberté d’expression, ici et ailleurs »

mars 13, 2015

10974216_10204675095770149_3350255540249502081_o(1)En proposant ce thème « liberté d’expression, ici et ailleurs », le groupe d’étudiants « Amnesty à Paris 13 » savait bien que ce serait l’occasion de se confronter à des points de désaccords, à des ressentis différents, notamment suite aux événements des 7, 8 et 9 Janvier à Paris. L’objectif était clairement de laisser la parole totalement libre tout en apportant l’éclairage d’Amnesty International. C’est pourquoi nous avions décidé d’organiser le débat en alternant des courtes présentations par les membres de l’Antenne-Jeunes avec des temps d’échanges sur chacun des aspects abordés – garanties juridiques de ce droit à la liberté d’expression, limites inscrites dans le droit, dérives de la lutte contre le terrorisme, et focus sur plusieurs pays différents.

Une trentaine d’étudiants et personnels avaient répondu présents, et si l’on pouvait regretter de ne pas avoir attiré davantage de monde, il faut dire aussi que cela a sans doute contribué à ce que ce soit un vrai moment de partage – et on ne parle pas que des boissons et gâteaux offerts ! – , un véritable débat, avec beaucoup d’échanges, parfois vifs. Chacun a pu parler de sa propre conception de la liberté d’expression, de ses opinions et sentiments personnels sur ce qui se passait en France mais aussi au-delà de nos frontières.

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En tant que militante d’Amnesty International, j’ai été ravie de constater que ressortait de ce débat un sentiment partagé par tous ou presque, celui d’être citoyen du monde et donc solidaire des victimes de violations de ce droit à la liberté d’expression dans le reste du monde. On a eu l’occasion d’évoquer diverses situations : celle de Raif Badawi en Arabie Saoudite, condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour avoir « insulté l’Islam » dans son blog, puis celle d’un journaliste gambien enlevé, torturé et toujours porté disparu, après avoir critiqué son gouvernement. Nous avons également discuté de la censure sur Internet en Chine et Russie et enfin des USA avec le cas de Snowden et des lanceurs d’alerte… Un débat riche en échanges et informations, où l’on sentait parfois vibrer un sentiment d’indignation. Pour nous, cette sensibilisation est déjà un premier pas dans la lutte contre la violation des droits humains à travers le monde .

Bien sûr, des désaccords ont émergé et parfois subsisté sur la conception même de la liberté d’expression : certains ont opposé à l’aspect universel des droits humains une forme de relativisme culturel, ou en tout cas ont défendu l’idée d’un droit adapté à chaque pays et donc à sa culture. D’autres ont émis l’opinion que dans certains cas, notamment lorsqu’il s’agit de religion, le respect s’imposait au détriment d’une liberté absolue de parole. Le débat a également permis de constater à quel point il y avait deux poids deux mesures dans le traitement donné à certaines violations des droits selon qu’elles touchent la France ou d’autres pays. Quoi qu’il en soit, il était important pour nous que les gens s’expriment en toute liberté, qu’ils n’aient pas l’impression qu’on veuille leur dicter une vision du monde.

Notre but premier était de préciser l’éclairage que peuvent apporter la Déclaration universelle des droits de l’homme et le droit international, afin que les participants au débat puissent enrichir leur réflexion sur cette base. Par ailleurs, nous souhaitions vraiment ne pas rester uniquement centré sur la France, mais plutôt ouvrir sur le reste du monde, avec des informations qui permettraient d’élargir le champ de vision, de remettre ainsi en question certaines certitudes. En cela, on peut donc dire que notre objectif a été atteint !

10620523_10204119781887649_3690751924243507913_nLéa Antoni, responsable de l’Antenne-Jeunes Amnesty à Paris 13

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6 bonnes raisons de se mobiliser le 10 décembre

décembre 5, 2013

6 pays, 6 violations des droits humains, 6 bonnes raisons de se mobiliser avec les étudiants de Paris 13 le 10 décembre, dans le cadre des « 10 jours pour signer ». Ils vivent au Vietnam, en Tunisie, en Russie, au Mexique, au Nigéria ou dans les Territoires Occupés Palestiniens, et leurs droits sont bafoués, . Découvrez l’histoire des personnes que nous défendrons avec Amnesty International, et venez signer le 10 décembre au Forum de l’université Paris 13 !

Communiqué de presse sur le Congrès 2012 d’Amnesty France à Reims

juillet 2, 2012

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« S’informer, s’indigner et agir », 3 maîtres-mots pour Geneviève Garrigos réélue présidente d’Amnesty International France
[25/06/2012]

Geneviève Garrigos a été réélue présidente lors du congrès d’Amnesty International France (AIF) qui vient de s’achever hier à Reims après 2 jours et demi de rencontres, de débats et de mobilisation sur les enjeux de promotion et de défense des droits humains.

A ses côtés, Cécile Coudriou et Alain Korenblitt élus vice-présidents, Arnaud Gèze, trésorier et Xavier Guillauma, trésorier adjoint, et enfin Camille Blanc, Mathilde Chevalier, Jean-Louis Jego et Erick Roumy complètent le Bureau Exécutif, l’instance dirigeante d’AIF.Image

« A travers les débats ardents qui ont animé le congrès 2012, l’indignation est revenue comme un leitmotiv, explique Geneviève Garrigos. Une indignation qui, des peuples d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient aux manifestants européens, asiatiques ou américains, a donné une impulsion sans précédent pour changer le cours des événements. Cette capacité d’agir, née de l’indignation, est un appel que lance Amnesty International à tous celles et ceux qui veulent combattre les injustices à rejoindre son mouvement ! ».

Geneviève Garrigos a également rappelé que ce sentiment d’indignation a été aussi ressenti fortement en France autour des récentes élections face aux discours xénophobes et de haine, qui montrent l’absolue nécessité de lutter contre les stéréotypes et les discriminations envers les minorités.

Le congrès a rassemblé du 22 au 24 juin 2012 au Palais des congrès de Reims les adhérents issus des 380 structures militantes à travers la France pour définir la ligne de conduite du mouvement, son mode de fonctionnement et son engagement. Temps d’échange et de débat incontournable pour les militants, la rencontre a bénéficié cette année de la présence d’invités institutionnels, universitaires et témoins qui ont apporté analyses pertinentes et récits poignants.

Retour sur les temps forts du congrès

Non à l’impunité en Russie !
Parmi les temps forts du congrès, un hommage a été rendu à Anna Politkovskaïa par la ville de Reims et Amnesty International France. En centre ville, le kiosque à musique du Parc de la Patte d’Oie, a été baptisé vendredi dernier du nom de la journaliste russe assassinée et Galina Ackerman, journaliste qui traduisait ses écrits, a tenu une conférence sur les droits humains en Russie dimanche. Alors que Vladimir Poutine avait déclaré que le rôle d’Anna Politkovskaia était insignifiant en Russie, cet hommage montre que le courage de cette militante comme ceux qui poursuivent la lutte pour la liberté d’expression et contre l’impunité est bien tenace.Image

Syrie : un régime condamné à disparaître
Egalement, le témoignage de Florence Gozlan, réfugiée syrienne, qui a perdu de nombreux membres de sa famille sous la répression, a été particulièrement marquant lors de la table ronde sur les rebellions au Maghreb et Moyen-Orient. Son récit bouleversant a été mis en perspective par les experts en géopolitique présents lors de la rencontre. Tous se sont accordés pour dire qu’une des priorités majeures était de faire pression sur la Russie pour qu’elle arrête de soutenir le régime actuel.

Encadrer les ventes d’armes, c’est maintenant !
Autre temps fort de ces journées, la marche en faveur d’un traité international fort sur le commerce des armes. Plus de 600 militants d’Amnesty International France ont manifesté samedi soir jusqu’au cœur de Reims et sont allés à la rencontre des Rémois. Pour les militants d’Amnesty International France, mobilisés depuis 2003 pour qu’un tel texte voie le jour, la Conférence qui se tient en juillet à New York pour négocier ce traité est une première victoire !

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Marathon des signatures 2011, en 3 étapes à Paris 13

décembre 19, 2011

Quoi de neuf dans l’édition 2011 du Marathon des signatures, l’un des nos rendez-vous annuels avec Amnesty International à Paris 13  ?  3 étapes au lieu de 2 cette année, et un autre type de renfort pour les membres de l’Antenne-Jeunes : les étudiants du Master Coopération Internationale et ONG de l’UFR Droit, tout aussi motivés pour contribuer sur le fond que sur la mise en scène…

Mais commençons par notre PREMIÈRE ÉTAPE, le lancement dès le 3 décembre, du Marathon en ligne sur le site, dédié « marathondessignatures.com ».

Pour cela, les membres de l’Antenne-Jeunes ont largement distribué partout sur le campus la « cart’com »  invitant à signer sur le site. Ils ont également décoré la salle informatique de l’UFR Communication aux couleurs du Marathon, pour faire découvrir le site sur place, tout en annonçant les deux étapes suivantes…

Difficile de mesurer l’impact de cette opération, même si on sait qu’elle aura forcément contribué à la visibilité du Marathon des signatures : combien auront signé sur le site, combien auront au moins appris l’existence du Marathon, combien enfin auront tout simplement découvert l’action d’Amnesty international et auront eu envie de venir suivre les autre étapes grâce à la première ?

DEUXIÈME ÉTAPE, L’ÉVÉNEMENT MARATHON DES SIGNATURES LUI-MÊME :

Quelle équipe ce 8 décembre,  pour la « course aux signatures » au forum de Paris 13 !… Certains restent au stand pour y donner des infos ou commenter l’expo, d’autres se déploient dans le forum et aux alentours pour aller vers les gens, les faire signer mais aussi les inviter à venir assister à notre petite mise en scène…

À midi trente, puis de nouveau à 13h,  nous interprétons la saynette que nous avons préparée avec soin. Le dispositif est à la fois très simple et  très symbolique d’Amnesty International : sur une scène décorée de nos célèbres bougies et de lanternes portant l’effigie des 5 cas que nous avions retenus,  5 personnes sont enfermées dans un périmètre délimité par un ruban jaune comme sur une scène de crime. Pour mieux incarner ces « personnes en danger », ils portent un masque blanc et tiennent devant eux un panneau avec le visage de leur « personnage ». À l’extérieur de cette zone, se tiennent des « marathoniens » d’Amnesty avec leur dossard jaune.  Après une brève introduction à la raison d’être d’Amnesty International, le texte alterne extraits de la Déclaration universelle des droits de l’homme correspondant à la violation du droit subie par l’une des « personnes en danger », la présentation de son cas par cette personne elle-même, et enfin, un appel à l’action lancé par l’un des militants. À la fin de la scène, le ruban est coupé et les prisonniers sont ainsi libérés.

TROISIÈME ÉTAPE : autour du thème « RUSSIE ET DROITS HUMAINS », rencontre avec une jeune femme tchétchène (dont le nom est tû ici à sa demande) venue nous parler de son activité militante au sein de l’ONG « Mémorial » pour combattre les terribles violations que subit son peuple : atteintes à la liberté d’expression, harcèlement,  enlèvement, torture et assassinat des défenseurs des droits.

À l’heure de la pause déjeuner (et malheureusement en pleine période d’examens un 13 décembre…) c’est tout de même un peu plus d’une trentaine de personnes, étudiants et membres du personnel, qui vient l’écouter mais aussi lui poser des questions en toute simplicité. Ce format plus intime – une rencontre plutôt qu’une conférence – a finalement fair ressortir l’intensité d’un tel moment : se retrouver face à une personne dont le combat pour les droits humains représente tellement plus de risques que pour nous, et qui pourtant fait preuve de tant de détermination et de calme est toujours une sacrée leçon d’humilité et une source d’inspiration irremplaçable.

LE MARATHON SE CLÔT sur des impressions très fortes, de beaux souvenirs qui auront soudé l’équipe, et puis surtout, des résultats très concrets : 1757 signatures récoltées sur pétition papier (Mexique : 453 ; Corée du Nord : 390 ; Nigéria : 309 : Russie : 306 ; Iran : 299), et quelques nouveaux contacts pour étoffer notre équipe de l’Antenne-Jeunes. Un grand merci à tous les Marathoniens, et en attendant de découvrir le vidéo-clip de notre événenemt, voici un lien vers le diaporama flickr de toutes nos photos souvenirs.

http://www.flickr.com/photos/cc75/sets/72157628355117387/show/

Préparation du Marathon des signatures à Paris 13

décembre 3, 2011

Pour cette édition 2011 du Marathon des signatures, l’équipe de l’Antenne-Jeunes Amnesty de Paris 13 s’est enrichie de la présence des étudiants du Master ONG et coopération internationale. On s’est réunis pour décider quelles situations de violations des droits humains on allait mettre en lumière cette année, et aussi pour commencer à préparer notre matériel d’action, cartes, affiches, fiches de présentation des « personnes en danger » que l’on va défendre… Par ailleurs, on s’est réparti les rôles pour notre mise en scène le jour J, mais suspense… Voici quelques photos de cette réunion :

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Et voici une présentation rapide et une vidéo pour chacune des 5 situations retenues par notre Marathon :

CORÉE DU NORD : Les 50 000 prisonniers du camp Yodok

Emprisonnés sans aucune forme de justice, les 50 000 prisonniers du Camp Yodok sont torturés, maltraités et soumis au travail forcé dans des conditions extrêmes. Malgré les témoignages d’anciens prisonniers et des photos satellites comme preuves, le gouvernement nord-coréen nie l’existence de ce camp mais également de tous les autres camps de prisonniers politiques.

NIGÉRIA : Les habitants des berges de Port-Harcourt

Dans le cadre du programme de rénovation urbaine de la ville, des milliers de personnes se sont retrouvées sans toit ni solution de relogement ; des dizaines de milliers d’autres risquent le même sort. Les expulsions doivent cesser et les communautés doivent être consultées.

FÉDÉRATION DE RUSSIE : Natalia Estemirova

Éminente défenseure des droits humains en Tchétchénie, Natalia Estemirova enquêtait sur les violations des droits humains. Elle était également engagée dans la lutte contre la corruption et les restrictions grandissantes aux droits des femmes.
Travaillant notamment avec la journaliste Anna Politkovskaïa, elle a été assassinée en juillet 2009. Aucune enquête sérieuse n’a été ouverte pour retrouver ses assassins.

IRAN : Mohammad Sadiq Kabudvand

Arrêté le 1er juillet 2007, ce journaliste qui publiait des articles en faveur des droits économiques, sociaux et politiques de la minorité kurde iranienne, a été condamnée en mai 2008 à 10 ans de prison. Victime de mauvais traitements répétés, il souffre aujourd’hui de graves problèmes de santé chroniques.

MEXIQUE : Valentina Rosendo Cantú et Inés Fernández Ortega

Violées par des soldats en 2002, ces deux jeunes femmes autochtones Me’phaa de l’Etat de Guerrero, ont eu le courage de dénoncer ces agressions auprès des autorités. Confiée à la juridiction militaire, aucune enquête sérieuse n’a encore été menée, neuf ans après les faits. En août 2011, la Cour interaméricaine des Droits de l’Homme a ordonné à l’Etat mexicain d’enquêter. Leur combat se poursuit.

Une campagne de com’ d’un nouveau genre…(article de Cécile Coudriou)

mars 16, 2010

Mylène chute sur les marches de l’Élysée, et tous les paparazzi se marrent… La vidéo est immédiatement mise sur UTube et des milliers de gens peuvent la voir.

Puis, ces images sont détournées par Amnesty International pour servir la cause des droits humains. La vidéo sort de la catégorie « vidéo gag » pour illustrer les violations terribles des droits humains qui se produisent en Russie, et dont personne n’ose parler alors qu’une année entière est consacrée aux échanges culturels entre la France et ce pays.

Alors, certes, Mylène Farmer ne sera pas forcément ravie que plus de gens encore voient cette chute en boucle, et que ses fans russes, nombreux paraît-il, se sentent trahis. Mais il n’empêche que grâce à cette vidéo et au buzz qu’elle provoque, les médias – et notamment la télévision, qui s’intéresse trop rarement aux droits humains – vont enfin relayer la campagne d’Amnesty International, et même mentionner la pétition dont on espère qu’elle recueillera 100 000 signatures dans l’année.

C’est sûr, c’est une campagne d’un nouveau genre, plus « choc » que ce que l’on a l’habitude de voir à Amnesty. Mais, au lieu de s’offusquer du détournement d’images à l’insu d’une star de la chanson,  ne vaut-il pas mieux s’alarmer et s’indigner  des dérives de la real politik, et dénoncer les hypocrisies de ces célébrations culturelles qui laissent dans l’ombre les emprisonnements arbitraires, la torture des opposants, la disparition de journalistes,  et l’impunité ?…

Regardez cette vidéo et faites vous votre propre opinion :

SIGNEZ DIRECTEMENT EN LIGNE ET FAITES SIGNER AU PLUS GRAND NOMBRE !

http://www.amnesty.fr/index.php/agir/actions_en_cours/federation_de_russie/actions_sur_la_russie/appel_au_president_russe_sur_la_situation_des_droits_humains_en_russie/petition_au_president_medvedev

Campagne Russie, c’est parti !

février 6, 2010

Russie et droits humains

C’EST PARTI ! Amnesty International France compte profiter de l’attention médiatique accordée à l’Année croisée France Russie 2010 pour « imposer »  au programme officiel la question des droits humains en Russie et pour sensibiliser l’opinion publique française afin d’exercer des pressions sur les autorités du pays.

Découvrez la vidéo de lancement de la campagne :

PREMIER AXE DE LA CAMPAGNE : DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS ET DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION :

Les défenseurs des droits humains et les personnes qui tentent d’obtenir justice auprès de la Cour Européenne des droits de l’Homme sont harcelés, plusieurs ont été torturés et tués.

Une loi très contraignante adoptée par la Douma, en décembre 2005, sur les activités des ONG travaillant sur le sol russe a été signée par le président Poutine. Cette loi prévoit la création d’une nouvelle agence chargée de l’enregistrement de ces organisations et de surveiller étroitement leur financement et leurs activités. Elle sera directement responsable devant le gouvernement et pourra décider si les ONG contrôlées sont une menace pour «la souveraineté de la Russie, l’indépendance, l’intégrité territoriale, l’unité et l’originalité nationale, l’héritage culturel ou les intérêts nationaux». Des termes suffisamment flous pour prêter à toutes les interprétations !

Quant aux défenseurs qui travaillent pour la résolution du conflit en Tchétchénie, pour que les violences ne restent pas impunies il leur est tout simplement dangereux de parler. Des associations de parents de victimes se sont créées au fur et à mesure que les exactions se multipliaient, comme l’association ingouche de Magomed Moutsolgov « Mashr », elles sont régulièrement menacées.

Ceux qui dénoncent la situation dramatique de la Tchétchénie, ceux qui mènent des enquêtes sur les violations des droits humains et ceux qui ont porté ou tenté de porter plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme ont été ou sont de plus en plus menacés ou victimes de violations.

DEUXIÈME AXE : RACISME ET DISCRIMINATION

Pendant ces dernières années, de nombreux groupes racistes se sont développés et agissent dans un climat d’impunité généralisée. Des membres de minorités ethniques ou nationales ainsi que des demandeurs d’asile et des étudiants étrangers sont la cible d’agressions et de meurtres. Les responsables, quand ils sont jugés, sont accusés d’hooliganisme, c’est-à-dire de « violation flagrante de l’ordre public exprimant un irrespect manifeste de la société accompagné de l’utilisation d’armes ou d’objets utilisés comme armes » d’après le Code pénal. Le caractère raciste de ces agressions n’est que très rarement reconnu.

Selon l’ONG russe spécialisée dans la recherche sur le nationalisme et la xénophobie SOVA durant les 8 premiers mois de 2009 au moins 44 personnes sont mortes et 246 ont été blessées dans des attaques racistes.

TROISIÈME AXE : LE CAUCASE NORD ET LE CONFLIT TCHÉTCHÈNE

Le conflit en Tchétchénie continue à donner lieu à un grand nombre de « disparitions », d’homicides, d’actes de torture et de mauvais traitement.

Ces crimes sont souvent commis lors d’opérations ciblées menées par les forces fédérales russes, et surtout par les « kadyrovtsy », les milices de Ramzan Kadyrov, le Président pro-russe de Tchétchénie.

Durant les deux guerres la Tchétchénie a particulièrement souffert des rafles de villages entiers dans des proportions effrayantes, les personnes raffles subissaient des tortures et généralement disparaissaient. Aujourd’hui les rafles massives n’ont plus lieu mais les disparitions continuent.

Un des drames aujourd’hui c’est que les disparitions sont de plus en plus ciblées donc plus discrètes, que les victimes témoignent de moins en moins par peur des représailles, qu’elles sont le fait le plus souvent des milices tchétchènes et qu’elles ont lieu maintenant dans beaucoup de régions du Caucase, en particulier en Ingouchie et au Daghestan.

L’impunité est quasi générale.

En revanche, la Cours Européenne des droits de l’homme a reconnu la Russie responsable de graves atteintes aux droits humains en Tchétchénie, d’ exécutions, d’actes de torture, de disparitions forcées ainsi que de ne pas avoir enquêté de façon appropriée sur ces crimes. Elle a, par ailleurs, confirmé le caractère systématique des violations des droits humains perpétrées en Tchétchénie.

QUATRIÈME AXE DE CAMPAGNE : TORTURE ET MAUVAIS TRAITEMENT

La pratique de la torture et des autres formes de mauvais traitements est extrêmement répandue en Russie, elle est utilisée de manière routinière au sein des postes de police, des centres de détention officiels et non-officiels, des colonies pénitentiaires ou de l’armée. Les « aveux » obtenus par la force ont beau être illégaux, il est fréquent qu’ils soient reconnus comme éléments de preuve par le juge. Dans les centres de détention du Caucase du Nord, le recours à des actes de torture et aux mauvais traitements est systématique et l’impunité générale. Les centres de détention secrets restent nombreux.

PREMIÈRE ACTION PROPOSÉE PAR AMNESTY INTERNATIONAL :

Amnesty International lance, dans le cadre de sa campagne pour le respect des droits humains en Russie, une pétition générale durant toute l’année France-Russie 2010.

Notre but est de récolter 100000 signatures que nous enverrons aux autorités russes via son ambassade à Paris en fin d’année.

Nous comptons sur votre participation massive afin d’atteindre ce chiffre.

Nous demandons au Président Medvedev de garantir le respect de l’état de droit et d’assurer la protection de la société civile.

Nous lui demandons aussi que son gouvernement prenne des mesures concrètes pour appliquer les traités internationaux que la Russie a signés.

SIGNEZ DIRECTEMENT EN LIGNE ET FAITES SIGNER AU PLUS GRAND NOMBRE !

http://www.amnesty.fr/index.php/agir/actions_en_cours/federation_de_russie/actions_sur_la_russie/appel_au_president_russe_sur_la_situation_des_droits_humains_en_russie/petition_au_president_medvedev

Pour en savoir plus, lisez cet ouvrage :

Droits humains en Russie : Résister pour l’état de droit
Amnesty International
Avec la participation de Galia Ackermann, Marie Jégo, Natalie Nougayrède, Alexandre Vinnikov
Editions AUTREMENT – Collection Frontières (Format : 150 x 230 Pages : 128 pages)
Prix : 10 €, en libraire ou à commander directement en ligne :

http://www.boutique.amnesty.fr/droits-humains-en-russie-resister-pour-l-etat-de-droit.html