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La « Lucha » à l’honneur à l’Université Paris 13 !

mars 1, 2020

Le 13 février 2020, l’Antenne-Jeunes de l’Université Sorbonne-Paris-Nord (ex Paris 13) proposait la projection du film “Congo Lucha”, réalisé par la documentariste Marlène Rabaud, suivie d’une discussion, animée par Cécile Coudriou, présidente d’Amnesty International France, entre les membres de l’Antenne-Jeunes et les personnes qui avaient répondu à cette invitation. Une trentaines de personnes – étudiants, enseignants, personnels de l’université mais aussi des curieux venus de l’extérieur – ont assisté à la projection-débat.

Pour réaliser ce film,  Marlène Rabaud a suivi pendant deux ans les jeunes congolais de Goma, en République Démocratique du Congo (RDC), qui ont fondé ou rejoint le mouvement de La Lucha. Ils se sont d’abord mobilisés en faveur de la justice sociale puis contre les tentatives du président Kabila de se maintenir au pouvoir en retardant l’organisation d’élection démocratique. Ce documentaire montre comment le mouvement la Lucha s’est construit avec ses échecs et ses succès. Il témoigne d’événements majeurs pour la RDC et des violences que subissent les jeunes qui luttent pacifiquement pour la démocratie. “Congo Lucha” rend un hommage particulier à Luc Nkulula, une figure charismatique et emblématique de la Lucha, qui a tragiquement perdu la vie à l‘âge de 33 ans dans un incendie certainement d’origine criminelle : les circonstances sont en effet plus que troubles dans la mesure où les accès à sa maison étaient barricadés et qu’il a seulement eu le temps de confier des document sensibles à sa soeur par les barreaux d’une fenêtre.  

On observe l’évolution de La Lucha, lancée en 2012 par des jeunes congolais d’abord désireux de se battre pour les plus pauvres, les “sans-droits”, puis, face aux pressions des autorités dont ils sont victimes, de faire respecter la constitution de leur pays. Ils exigent pacifiquement une véritable démocratie et des élections libres pour élire un nouveau gouvernement. Le mouvement s’est constitué en petits groupes locaux sans leader et sans pouvoir centralisé. Le gouvernement du président Kabila a régulièrement fait pression sur les membres de la Lucha pour qu’ils abandonnent leur lutte, jusqu’à emprisonner arbitrairement certains membres, notamment lorsque des rapprochements avec d’autres mouvements de la jeunesse africaine ont commencé à inquiéter davantage les autorités. 

Amnesty International soutient le mouvement Lucha, entre autres en aidant ses membres à gagner en visibilité médiatique et facilitant l’obtention de rendez-vous de plaidoyer pour que les décideurs de différents pays fasse pression sur les dirigeants congolais. L’Antenne-Jeunes souhaite aussi apporter son soutien à la Lucha et aux jeunes citoyens engagés dans le monde en contribuant à donner à leur lutte une visibilité dans notre université. 

Tous les participants ont été manifestement très émus par ce film et notamment le destin de Luc. Certaines personnes étaient elles-mêmes originaires de RDC et ont pu partager l’expérience qu’elles avaient elles-mêmes vécue dans leur pays avant d’arriver en France. Au-delà de la découverte de la situation spécifique de la RDC, et du rôle qu’Amnesty International pouvait jouer pour soutenir la Lucha, l’échange très spontané qui a suivi la projection a permis à tous d’exprimer ce que l’engagement de ces jeunes suscitait en eux, en quoi c’était une leçon de courage, et une source d’inspiration notamment en raison du modèle de lutte non-violente proposé. 

Thomas Wattellier, membre de l’Antenne-Jeunes d’Amnesty à Paris 13

« Minerais de Sang », La face cachée de vos portables

mars 21, 2016

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Le 15 mars,  l’Université Paris 13 accueillait Sabine Gagnier, d’Amnesty International France. Chargée de Plaidoyer sur la Responsabilité des Entreprises et les Droits Humains elle a animé une rencontre-débat intitulée « La Face cachée de vos portables, les Minerais de Sang ». 

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L’Antenne-Jeunes a tenu à aborder ce thème car si tout le monde a aujourd’hui un téléphone portable dans sa poche, peu savent que sa fabrication entraîne tant de violations des droits humains. En tant que consommateurs, nous avons tous une responsabilité dans ce système, et c’est pourquoi nous voulions informer les étudiants de Paris 13 du lien qui existe entre le portable et ce que l’on appelle les « minerais de sang », comme le cobalt, l’étain, le tantale, le tungstène et l’or.

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Lors de cette rencontre, Sabine Gagnier a expliqué  comment Amnesty International, dans ses recherches, a suivi toute la chaîne de production pour remonter jusqu’à l’extraction de minerais comme le cobalt, notamment en République Démocratique du Congo. Il s’avère que dans ces mines, de nombreux enfants (environ 40 000 selon l’UNICEF) sont présents et travaillent dans des conditions extrêmement dangereuses. Le commerce de l’étain ou de l’or participe également au financement de groupes armés dans la région.

 Après ce triste constat, Sabine nous a expliqué les moyens mis en œuvre par Amnesty International pour tenter de faire cesser ces violations des droits humains en responsabilisant les entreprises : actions de plaidoyer au niveau national et européen pour faire changer les lois concernant la responsabilité des entreprises (RSE), et bien sûr la mobilisation des citoyens à travers la signature de pétitions pour interpeller Samsung et Apple. En effet, la technique de dénonciation, (« Name and shame ») de géants du secteur, comme Samsung ou Apple peut s’avérer efficace !

Il était important d’orienter cette rencontre vers les moyens d’action, car les étudiants présents, que l’on sentait très indignés par ces injustices, voulaient savoir ce qu’ils pouvaient faire. Heureusement pour nous, Sabine ne nous a pas demandé de ne plus utiliser nos téléphones ni de boycotter les entreprises concernées, elle n’a pas non plus cherché à nous culpabiliser, mais elle nous a avant tout invités à agir, par exemple en signant et en faisant signer ces deux pétitions d’Amnesty :

http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Entreprises-et-droits-humains/Actions/Apple-ou-vient-le-cobalt-de-nos-telephones-17858

http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Entreprises-et-droits-humains/Actions/Samsung-ou-vient-le-cobalt-de-nos-telephones-17669

 Plus de 20 000 signatures ont déjà été récoltées !

 Cette rencontre-débat nous a permis de nous rendre compte que nous n’étions pas impuissants face à l’injustice. Plusieurs exemples ont été cités pour montrer que lorsque les consommateurs font une prise de conscience et le font savoir aux entreprises, c’est déjà une première victoire.

Un grand merci à Sabine pour sa disponibilité, la clarté de sa présentation et son appel très mobilisateur à passer à l’action !

Voici la vidéo de cette rencontre :

 

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Rencontre-débat Amnesty : droits humains et entreprises

mars 9, 2016

Affiche Minerais de Sang P13Vous êtes-vous déjà demandé comment était fabriqué cet objet si omniprésent dans notre vie quotidienne, le téléphone  portable ? D’où viennent ses composants, et notamment les minerais nécessaires à leur fabrication, comme le cobalt ? Et surtout, à quel prix pour les droits humains ces minerais sont-ils extraits ?

Une expression revient souvent, celle des « minerais de sang », soulignant à quel point leur extraction est entâchée de violations graves des droits humains dans différents pays du monde et notamment des pays qui regorgent de richesses mais dans lesquels la pauvreté est endémique.

Ce mardi 15 Mars à midi, à l’Université Paris 13 Villetaneuse, Sabine Gagnier, responsable du programme « Acteurs économiques et droits humains » au siège d’Amnesty International France, viendra nous dévoiler la face cachée de nos téléphones portables. Elle nous exposera  la situation en République Démocratique du Congo, les conditions terribles dans lesquelles des adultes mais aussi des enfants travaillent dans des mines de cobalt, de la nécessité absolue de mettre les entreprises face à leurs responsabilités en matière de droits humains.

Les consommateurs aussi doivent ouvrir les yeux : Nous avons la chance de bénéficier des avantages des nouvelles technologies, mais nous devons aussi nous préoccuper de la manière dont elles sont fabriquées. Comment pourrions-nous faire pression sur ces entreprises, pouvons-nous également – dans nos pays riches – faire changer les lois qui régissent les responsabilités des entreprises ? Comment Amnesty International et la mobilisation citoyenne peuvent-elles faire une différence ?

Sabine Gagnier vous proposera des réponses à toutes ces questions mardi 15 Mars entre 12 et 13h en salle C 105 de l’UFR Communication de l’université Paris 13. Venez nombreux débattre avec nous !

Cécile Coudriou