Posts Tagged ‘Printemps des Droits Humains’

Un bateau-pétition géant Place Beauveau pour dire « SOS Europe ! »

juin 6, 2014

2014-06-03T075238Z_1007180001_LYNXMPEA5209S_RTROPTP_3_OFRTP-FRANCE-MIGRANTS-AMNESTY Le 3 juin, Amnesty International France était devant la Place Beauveau pour y déposer un bateau géant en origami  sur lequel on pouvait lire « SOS Europe ! 3500 morts, Protégez les migrants avant de protéger les frontières ».

À deux jours d’un Conseil européen consacré aux politiques migratoires, l’ONG a également remis au ministère de l’Intérieur 3 500 petits bateaux-pétitions recueillis auprès du public, comme un symbole fort des 3 500 personnes migrantes ou réfugiées qui ont perdu la vie en cherchant à fuir la misère et les conflits et en tentant de rejoindre l’Europe par la mer.

« Les naufrages et les morts quasi quotidiens ont montré l’inefficacité  d’une politique principalement centrée sur la dissuasion et le contrôle, forçant ces personnes à trouver des voies d’accès encore plus dangereuses. Lors du prochain Conseil européen,  la France doit défendre des mesures concrètes pour secourir et protéger les migrants et les réfugiés en Méditerranée et en mer Egée », a déclaré Cécile Coudriou, Vice-présidente d’Amnesty International France,  : ( http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Personnes-deracinees/Migrations-et-droits-humains/Actualites/La-France-doit-faire-changer-de-cap-la-politique-europeenne-11830 )

Les recommandations d’Amnesty International auprès du ministère ont été soutenues par de nombreuses personnes à travers l’opération « Printemps des droits humains »: durant quelques semaines, toutes les Antennes-Jeunes d’Amnesty International France se sont mobilisées sur la campagne « SOS Europe » pour sensibiliser le public aux conséquences tragiques des politiques migratoires et interpeller le ministère de l’Intérieur sur sa position lors de la réunion du Conseil de l’Union Européenne les 5 et 6 Juin. Les  jeunes ont largement dépassé l’objectif fixé de 3 500 , puisqu’is ont finalement collecté plus de 6000 bateaux-pétitions auprès du public.

Découvrez en images cette remise de pétitions, et merci à tous pour votre mobilisation !

http://videos.tf1.fr/infos/2014/amnesty-international-appelle-la-france-a-clarifier-sa-position-8429487.html

Vidéo de la rencontre « Expulsions forcées au Brésil »

mai 22, 2013

Pour clôturer le Printemps des Droits Humains 2013, l’Antenne-Jeunes de Paris 13 a co-organisé avec l’Antenne-Jeunes Internationale de Paris une rencontre sur le thème des expulsions forcées au Brésil à l’IHEAL, Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine.

En ouverture, nous avons projeté un documentaire réalisé par l’association Witness, « People before Profit ». Il dénonce les expulsions forcées qui détruisent les vies de familles et de communautés aux quatre coins du monde, mais montre également la mobilisation qui s’organise pour faire valoir leurs droits et retourver leur dignité.

Puis un débat centré sur le Brésil a été ouvert par Yves Prigent, responsable du programme Lutter contre la pauvreté à Amnesty International France, et s’est poursuivi avec Gisela Piro Do Rio, professeur à l’Institut des Hautes Études d’Amérique Latine et spécialiste du Brésil, et Camila Bessa, brésilienne venue témoigner.

Voici la vidéo de cette rencontre, pour tous ceux qui n’ont pas pas pu y assister. Merci encore à nos invités !

Une mobilisation originale ! Les sportifs de Paris 13 avec Amnesty

avril 28, 2013

Décidément, ce Printemps des Droits Humains est marqué par la nouveauté, à la fois dans les formes d’actions militantes proposées et les personnes à qui elles s’adressent.

Des maisons pour le Brésil:

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Sur le campus de Paris 13 comme partout en France, les Antennes-Jeunes ont d’abord demandé au grand public de manifester son soutien aux victimes d’expulsions forcées au Brésil, non pas à travers la traditionnelle pétition, mais d’une manière plus originale et créative : symboliser le droit universel au logement en fabriquant des origamis en forme de maison, personnalisées avec dessins et couleurs sur lesquelles on inscrivait ce message en portugais.  Toutes les maisons recueillies seront par la suite envoyées au Brésil car l’objectif est d’accompagner d’un soutien moral aux personnes qui se battent dans leur pays contre le risque d’expulsion le travail de plaidoyer que fait Amnesty International auprès des autorités. https://amnestyparis13.wordpress.com/2013/04/21/retours-croises-et-en-images-sur-une-action-originale-pdh-a-paris-13/

Les sportifs avec Amnesty :

L’autre originalité de la campagne réside dans la façon dont Amnesty international met en lumière le lien qui existe entre certaines de ces expulsions forcées et l’organisation d’événements sportifs tels que la Coupe du Monde de Football et les Jeux Olympiques de Rio. Loin d’appeler au boycott de ces compétitions ou de les condamner dans l’absolu, Amnesty fait appel aux sportifs eux-mêmes pour souligner que de telles manifestations peuvent et doivent s’accompagner du respect des droits humains, que ces expulsions ne sont pas une fatalité et ne correspondent pas aux valeurs qu’ils portent.

Tous aux gymnase !

P1040030À Paris 13, les représentants de l’Antenne-Jeunes d’Amnesty sont donc partis à a chasse aux images au Gymnase Jackson Richardson.  Après un mail envoyé au directeur du Service des Sports et à la Directrice de Communication de l’université, pour avoir leur accord, il ne restait plus qu’à aller à la rencontre des étudiants inscrits dans diverses disciplines sportives pour leur proposer de participer à cette campagne.

La première réaction de surprise passée – cette action est décidément inhabituelle et il faut quelques explications pour que la démarche soit comprise – la plupart des jeunes accepte de poser pour la bonne cause, avec leur dossard « Expulsions forcées, STOP ! ». Leurs photos feront donc partie d’un album qui sera bientôt en ligne sur le site amnesty.fr mais en attendant, découvrez les dans l’album ci-dessous et bravo aux sportifs de l’Université Paris 13 pour leur soutien !

Retours croisés et en images sur une action originale (PDH à Paris 13)

avril 21, 2013

P1030930Laura : « Après avoir délaissé Amnesty pendant quelques mois, me voilà de retour au sein de l’Antenne -Jeunes et dès ma première réunion, on m’informe qu’une action aura lieu le mardi suivant, car c’est le Printemps des Droits Humains!
Et c’est reparti! Me retrouver dans ce mouvement, au coeur de l’action, savoir que j’agis pour une bonne cause, m’a donné une énergie folle et plein de motivation!
De plus, même si j’avais déjà participé à plusieurs actions, celle-ci était différente car elle ne consistait pas à faire signer des pétitions mais, dans un esprit plus créatif, à créer des origamis en forme de maison sur laquelle on inscrivait un message de soutien aux personnes qui, au Brésil, subissent les expulsions forcées à cause de la future Coupe du Monde de Football et des Jeux Olympiques prévus à Rio. »

P1030932Camille : « Le beau temps était au rendez-vous, ce mardi. Idéal pour un stand un peu particulier avec son activité d’origami proposée à ceux qui passaient dans le forum. Le fait d’avoir une activité plus ludique et créative, et de pouvoir personnaliser sa maison, son message avec des dessins au crayon de couleur a permis d’impliquer encore davantage les personnes qui venaient vers nous.

Le thème du Printemps des Droits Humains, « Stop aux expulsions forcées », était facile à porter auprès du public. Beaucoup n’en avaient pas entendu parler et cela était d’autant plus facile de les convaincre de faire l’action que nous parlions de pays étrangers. Nous l’avions constaté lors du Marathon des signatures en décembre dernier, lorsqu’on abordait la question des populations Roms en France, également touchées en masse par les expulsions forcées, le sujet risquait de devenir beaucoup plus polémique, et les échanges étaient plus difficiles.

Contrairement au Marathon des signatures, cette action nous a permis de consacrer plus de temps à discuster avec ceux qui venaient au stand. Plusieurs personnes ayant laissé leurs adresses e-mails, on espère qu’elles s’engageront dans l’AJ l’année prochaine ! »

P1030948Léa : « Un petit peu inquiète dans un premier temps que cette action soit moins efficace si elle semblait à certains un peu puérile, j’ai été agréablement surprise par la  réceptivité des étudiants à la campagne. En effet, à part 2 ou 3 personnes qui ne concevaient pas bien la portée de l’action, tous ont pris plaisir à  y participer et mettait du cœur dans la réalisation de leur maison. L’action a donc à mon avis permis d’instaurer une bonne humeur et une atmosphère plus détendue, ce qui, à mon avis, a beaucoup facilité le travail de sensibilisation sur le thème des expulsions forcées.

Ce qui m’a particulièrement plu dans cette action ç’a été ce contact avec les gens. J’ai beaucoup apprécié d’avoir le temps de leur parler, de pouvoir bien expliquer la situation de ces personnes expulsées pendant qu’ils prenaient la peine de personnaliser leurs messages. Ca été vraiment un beau moment d’échange et de communication. »

Cécile : Merci aussi à Isabelle, notre « médiatrice artistique » hors pair, sans qui  cette action n’aurait pas été aussi réussie ! Elle a su, dans la joie et la bonne humeur, l’air de rien, amener les participants à prendre plaisir à exprimer leur créativité à travers ce geste de solidarité. Nous avons recueilli 52 origami-maisons et autant de contacts. Et ce n’est que le début ! L’Antenne-Jeunes poursuit son Printemps des Droits Humains en allant sensibiliser les sportifs de Paris 13 à cette question des explusions forcées liées aux grands événements sportifs. La suite au prochain épisode… En attendant, découvrez en images cette action originale, créative et conviviale ! (cliquez sur les photos, elles apparaîtront en plus grand format)

Printemps des Droits Humains 2013 à Paris 13 !

avril 15, 2013

578257_491245164268106_1062346266_nEt voilà, le printemps est de retour, et  c’est aussi l’occasion de lancer notre opération  « Printemps des droits humains », reprise comme chaque année par toutes les Antennes-Jeunes de France.

Pour l’édition 2013, un autre volet de la campagne mondiale « Exigeons la dignité », déjà relayée à Paris 13, a été retenu : Stop aux expulsions forcées dans les bidonvilles, avec un coup de projecteur sur le Cambodge, le Brésil et le Nigéria.

Difficile à croire, mais pourtant tristement vrai, plus d’un milliard de personnes vivent dans des quartiers informels ou des bidonvilles aujourd’hui, pour des raisons multiples : exode rural, conflits, catastrophes naturelles, changements climatiques ou spéculation foncière…

Ces populations sont extrêmement fragilisées car la question de l’habitat n’est que l’une d’une série de violations des droits fondamentaux : accès à l’eau et à des installations sanitaires, à la sécurité, à l’éducation… Lorsqu’elles ne sont pas victimes d’intimidations et de menaces parce qu’elles osent se révolter contre leur condition, ces personnes vivant dans des bidonvilles ont de toute façon beaucoup de difficultés à avoir accès à la protection de leurs droits par la justice.

De nombreux gouvernements font fi des normes internationales et n’hésitent pas à procéder à des expulsions massives pour détruire des quartiers entiers. Leur objectif ? Pouvoir mener à bien des projets d’urbanisme tels que des chantiers « d’embellissement », ou des grands projets d’aménagement liés par exemple à l’accueil de compétitions sportives ou autres événements : après les Jeux olympiques de Pékin (2008), c’est la Coupe du monde de football au Brésil (2014), et les Jeux olympiques de Rio (2016) qui vont malheureusement s’accompagner d’expulsions forcées massives.

Comment définit-on une expulsion forcée ? Les critères sont clairs : contrainte et absence de concertation, de protection juridique ou d’indemnisation. Il faut également rappeler que ce genre d’expulsion est considéré comme illégal au regard des normes internationales établies par les Nations Unies.

Pour interpeller le grand public, sensibiliser au fait qu’un toit est un droit, que chacun a le droit de vivre dans la dignité et le respect de ses droits fondamentaux, nous organiserons une opération sur le campus de Paris 13 le 16 avril 2013 entre 12h et 14h :

523499_497081210351168_723903368_n– stand d’information et appel à la solidarité sous une forme créative, à travers la fabrication d’origami en forme de maison, sur laquelle on pourra inscrire ce message en portugais : »Nós apoiamos sua luta contra as remoções forçadas » (« Nous soutenons votre lutte contre les expulsions  ») et ensuite écrire ou dessiner ce que l’on souhaite ajouter.

– diffusion de spots sur la campagne « Stop aux expulsions », et découverte sur ordinateur du site http://respectmyrights.org/housing, pour mieux comprendre ce qu’est la réalité d’une expulsion.

– proposition d’une pétition-photo à tous les sportifs, avec sur leur dossard le logo de la campagne, pour appeler le Brésil à ne pas procéder à des expulsions massives sous prétexte que deux événements sportifs majeurs vont se dérouler dans le pays.

Alors on vous attend nombreux au forum de Villetaneuse ! Pour vous montrer à quel point notre mobilisation et notre solidarité sont importantes pour ces populations, voici l’une des vidéos de la campagne :

Retour en vidéo sur le Printemps des droits humains des Antennes-Jeunes de Paris et Ile-de France

avril 19, 2012

Vidéo du Printemps des Droits Humains à Paris 13

avril 10, 2012

Voici une vidéo du Printemps des Droits Humains  d' »Amnesty à Paris 13″, c’est du « fait-maison » mais cela permet d’immortaliser notre rencontre avec la blogueuse egyptienne Shahinaz Abdel Salam.

Encore merci à elle d’être venue partager avec nous son expérience du Printemps arabe en Egypte !

« La liberté au bout des ondes » : Rencontre avec Shahinaz Abdel Salam, blogueuse et activiste egyptienne

avril 8, 2012

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Préparatifs

Midi, au forum du campus de Villetaneuse, en ce jeudi 5 avril 2012. Quelques membres de l’Antenne-Jeunes Amnesty de l’Université Paris 13 s’affairent à installer le stand : ils commencent par déplier une grande banderole en hommage au cri de liberté lancé à travers tout le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, puis affichent quelques photos des révolutions arabes, entourées d’un ruban jaune sur lequel on peut lire le message de ce Printemps des Droits Humains pour tous les jeunes d’Amnesty International : « Pas de liberté sans expression ! ». Puis deux tables sont installées, l’une pour proposer des informations et deux pétitions (pour soutenir la liberté d’expression en Tunisie et en Egypte respectivement), l’autre avec sono, pour accueillir et interviewer Shahinaz Abdel Salam, blogueuse et activiste egyptienne de 33 ans. Elle est aussi l’auteure du livre Egypte, les débuts de la liberté, publié chez Michel Lafont en octobre 2011, qui retrace son engagement dans le combat pour la défense des droits de la femme en Egypte et met aussi en relief son implication dans la révolte qui a conduit au départ d’Hosni Moubarak, le 11 février 2011.

La jeune femme, ingénieure en télécommunications, vit depuis plusieurs années en France, et a très gentiment accepté l’invitation de la section française d’Amnesty à participer à divers événements organisés par les Antennes-Jeunes pour le Printemps des Droits Humains. Celle de Paris 13 a opté pour une rencontre ouverte sous le forum, lieu de passage le plus fréquenté à l’heure de déjeuner. La volonté est de toucher le plus grand nombre, mais c’est aussi un pari risqué, car beaucoup d’étudiants ou membres du personnel ne font justement que passer…

À l’arrivée de Shahinaz, on sent encore un peu de nervosité dans l’Antenne-Jeunes, car seulement une douzaine de personnes sont venues exprès pour l’occasion, prévenues par les affiches ou les annonces par mails, et dans le grand espace qu’est le forum, cela paraît peu ! Shahinaz au contraire, est tout de suite très à l’aise, et entame une discussion en arabe avec une étudiante qui parle parfaitement l’égyptien !

Pendant ce temps, plusieurs annonces sont faites au micro, à la fois pour inviter à signer les pétitions au stand et pour venir échanger avec Shahinaz, et ça marche, car finalement, 110 signatures auront été récoltées pour chaque pétition (sans oublier le rôle de l’ « équipe mobile » autour du stand !) et sans doute une cinquantaine de personnes qui auront assisté à cette rencontre.

Génération Internet

Interrogée par Tambadian et Camille, Shahinaz Abdel Salam raconte qu’elle a commencé son activité de blogueuse en 2005, dans une Égypte où la jeunesse a peu de place pour s’exprimer. Internet est alors leur moyen d’expression de prédilection pour essayer de changer les choses. Shahinaz milite aussi dans le mouvement Kefaya (« Ça suffit »), et son activité de blogueuse prend de plus en plus d’ampleur. Dans un État où « les policiers gouvernent », les manifestations sont strictement limitées et contrôlées. Shahinaz témoigne de manifestations où « on était des dizaines, entourés par des centaines de policiers avec des armes ».

Sur son blog, elle poste régulièrement des photos et des vidéos des manifestations. « On était la première génération à utiliser Internet et le blog pour s’exprimer, parler sur ce régime », raconte-elle. Le mouvement des blogueurs s’intensifient en 2006 et de plus en plus de jeunes Égyptiens commencent à utiliser ce média pour manifester la liberté d’expression à laquelle ils n’ont pas droit dans leur pays. Les autres médias, notamment les télévisions étrangères, commencent à s’intéresser au mouvement. Aujourd’hui, les réseaux sociaux comme Facebook et Twittter, plus pratiques, sont davantage utilisés pour mobiliser et informer. « Parfois, en une phrase, on dit tout ! », selon Shahinaz.

Au cœur de la révolution

Kefaya lance le premier appel à la mobilisation le 6 avril 2008, notamment via Facebook. « Ce jour-là, la police égyptienne était vraiment perdue », grâce à l’organisation décentralisée du mouvement d’internautes. Les jours fériés sont consacrés à la mobilisation. En 2011, « la Tunisie nous a donné l’espoir, c’est pour ça qu’on a continué jusqu’au bout et qu’on s’est débarrassé de Moubarak ». Cependant, au cœur du mouvement, sur la place Tahrir, les militaires sont déjà présents. Elle explique avoir été méfiante, même si elle espérait qu’ils allaient soutenir la révolution. « On s’est trompé, il ne fallait pas croire aux militaires ».

Un combat pour les femmes

Son combat pour les droits des femmes est tout aussi important et elle appelle les femmes égyptiennes à l’autonomie et à l’indépendance par rapport aux hommes. Elle souhaite plus de place pour la parole des femmes dans la politique et replace le contexte par rapport à la charia. « Les principes de la charia, c’est l’égalité, la liberté, la fraternité », tordant le cou aux idées préconçues de l’Occident sur la charia. « Le problème, c’est l’interprétation qu’ils font ». Les lois égyptiennes ont été « des interprétations très extrémistes pour les femmes », et elle dénonce également la pratique barbare qu’est l’excision, un problème majeur en Égypte pour les femmes. Malgré tout, elle croit en l’islam pour améliorer la société.

L’Égypte aujourd’hui

Pour Shahinaz, le mouvement n’a pas encore abouti. « La révolution continue, c’est pas fini, parce qu’aujourd’hui on a toujours le Conseil militaire, l’état d’urgence, et aussi les islamistes ». Elle critique vivement les islamistes, qui ont abusé du pouvoir religieux pour obtenir des voix. Elle dénonce également les massacres commis par les militaires, qui ont tués des civils et des manifestants : « beaucoup de jeunes ont perdu la vie sans raison ». Le mouvement lutte activement contre les militaires, qui ont retourné la révolution et ont fait passer les blogueurs pour des traîtres, accusés d’avoir été « formés par les États-Unis pour renverser le régime ». Elle répond que « c’est du n’importe quoi », et s’insurge au passage contre les récentes allégations de Tariq Ramadan destinées à discréditer les blogueurs. Dans son côté, elle n’est allée aux États-Unis qu’après l’élection d’Obama et ne se fait guère d’illusions sur l’intérêt qu’avaient les américains à voir Moubarak quitter le pouvoir.

Que d’échanges !

Grâce au naturel et à la fraîcheur de Shahinaz, l’événement a trouvé un écho immédiat au cœur du forum pour notre plus grand plaisir. En effet, les questions se sont ensuite succédées, notamment sur l’avenir de l’engagement de Shahinaz, les risques éventuels à retourner en Egypte, ses contacts avec des blogueurs tunisiens et syriens. On s’est également interrogé sur la volonté des blogueurs de s’engager en politique, et Shahinaz a rappelé sa volonté d’indépendance dans la critique du pouvoir. Enfin, elle a été questionnée sur l’avenir de l’Égypte et sa souveraineté, par rapport aux autres puissances étrangères. Nous tenions beaucoup à ce que tout le monde puisse prendre la parole, et que cette rencontre soit l’occasion d’échanges spontanés, nous n’avons pas été déçus, et Shahinaz était manifestement tout aussi ravie !

Avec Shahinaz et des participants, nous avons achevé cet hommage aux Printemps arabe avec un autre geste de solidarité  : une pétition-photo avec le message « Arrêtez le bain de sang en Syrie », à mettre sur le site http://www.eyesonsyria.org/ (rubrique « Activism Stories »).

Un immense merci à Shahinaz Abdel Salam, qui sera également présente le vendredi 13 avril à partir de 19h30 lors de la soirée organisée par les Antennes Jeunes d’Ile-de-France, « Egypte, Tunisie, Syrie : Pas de liberté sans expression ! », sur la Péniche Alternat à Paris (quai de Berçy, métro Bercy), pour une table ronde sur le rôle des réseaux sociaux dans les révolutions arabes.

Camille Hervé et Cécile Coudriou

C’est le Printemps des Droits Humains à Paris 13 !

avril 2, 2012

Pour l’édition 2012 du Printemps des droits humains d’Amnesty International, l’Antenne-Jeunes de Paris 13 organisera une rencontre avec Shahinaz Abdel Salam, blogueuse et activiste égyptienne, le jeudi 5 avril de 12h à 14h au forum du campus de Villetaneuse, pour parler du rôle de la jeunesse et de la cyber-dissidence dans les soulèvements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Ce sera une occasion exceptionnelle – pour tous les étudiants et personnels de Paris 13, mais aussi pour toute personne extérieure qui le désire  –  d’échanger lors de cette rencontre-débat avec une pionnière du mouvement de protestation en Égypte qui a contribué à la chute d’Hosni Moubarak.

L’Antenne-Jeunes de Paris 13 demandera à tous de participer à son action, en proposant à son stand d’informations deux pétitions d’Amnesty International, « Tunisie : Halte au harcèlement des journalistes » et « Egypte : Halte au harcèlement des manifestants ».

Amnesty International a dédié cette année son Printemps des droits humains à la défense de la liberté d’expression et rend un hommage particulier à cette jeunesse qui a été en première ligne de toutes les manifestations à travers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, pour exiger le respect de la dignité humaine.

Les soulèvements populaires ont commencé en décembre 2010 en Tunisie, et se sont propagés à une vitesse incroyable à travers toute la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, notamment en Égypte, en Libye, à Bahreïn, au Yémen, en Irak, en Syrie et même en Arabie saoudite. Partout ces soulèvements ont porté les mêmes exigences de changements : respect des droits humains – fin de la répression et liberté d’expression – de meilleures conditions de vie, et enfin, une place dans la construction de l’avenir de leur pays. Tout au long de ces événements, les outils numériques et Internet ont joué un rôle important en permettant aux jeunes d’exprimer leurs pensées et leurs opinions, communiquer les uns avec les autres et exprimer leur soif de changement.

Amnesty International s’engage en faveur du droit à la liberté d’expression pour les blogueurs, manifestants et journalistes et exprime son soutien en faveur des peuples d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. L’organisation exhorte tous les dirigeants de cette région du monde à respecter les droits humains, notamment le droit à la libre manifestation pacifique et au libre accès à Internet et aux moyens d’information et de communication dans le cadre de la législation internationale. Elle s’élève également contre les sanglants actes de torture menés dans le cadre de la répression violente des manifestations par les gouvernements et réclame l’obligation de rendre des comptes.

Sources : Compléments d’informations AI « Soulèvements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la jeunesse et les réseaux sociaux » et « Amnesty International et la liberté d’expression, le cas de l’Egypte et de la Tunisie ».

En savoir plus sur Shahinaz Abdel Salam : http://www.franceinter.fr/personne-shahinaz-abdel-salam

et en savoir plus sur la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord via la page Facebook : https://www.facebook.com/pages/Avec-Amnesty-pour-les-droits-dans-la-r%C3%A9gion-Moyen-Orientet-
Afrique-du-Nord/

ou le rapport d’Amnesty International, à télécharger ici : http://www.amnesty.fr/Documents/Une-annee-de-rebellion-la-situation-des-droits-humains-au-Moyen-Orient-et-en-Afrique-du-Nord

Camille Hervé et Cécile Coudriou

Concert Hip Hop pour (((Exiger la Dignité))) (article de Cécile Coudriou)

avril 21, 2010

On peut dire qu’on a fini en beauté ce temps fort qu’est le Printemps des Droits Humains pour tous les jeunes d’Amnesty ! Après une série d’événements et d’actions organisés dans diverses universités, on a pu déguster un cocktail d’enfer au Point Éphémère le 15 Avril, avec le concert de clôture  organisé  par l’association Hip Hop Citoyens au profit d’Amnesty International : Savant mélange de musique Hip Hop, Rap et Soul, d’ambiance de fête, et une bonne dose de militantisme, bien sûr… Premier ingrédient du succès, cette superbe affiche !

2ème ingrédient, avant le jour J du 15 Avril, promotion de l’événement sur Radio Générations (88.2), avec plusieurs émissions, accueillant les artistes qui avaient répondu à l’appel de Hip Hop Citoyens, mais aussi deux jeunes membres d’Amnesty International, Léa, responsable de l’Antenne-Jeunes de Sciences Po et Pauline, qui a sillonné le Burkina Faso à bord de la Caravane d’Amnesty  pendant cette campagne contre la mortalité maternelle. Voici un petit extrait de l’une de ces interviews, ici avec le groupe Milk Coffee & Sugar :

Au programme donc, 6 groupes ou artistes en solo pour un concert qui a attiré plus de 300 spectateurs, et nous a en plus permis de donner un sacré coup de projecteur  sur  Amnesty International, non seulement à ce public-là mais aussi à tous ceux qui fréquentaient le bar-resto du Point Éphémère, plein à craquer !

Dès la fin de l’après-midi, les jeunes militants, aidés par Rémi, responsable du service Jeunes, avaient installé un stand près de l’entrée, et ils sont aussi allés à la rencontre du public, vêtus de leurs dossards jaunes Amnesty et « armés » de pétitions et stylos : comme dans tous les événements précédents sur les campus, l’heure était à  la campagne mondiale (((Exigeons la Dignité))) et à la lutte contre la mortalité maternelle au Burkina Faso : grâce à ces jeunes, on a vu grandir notre pile de cartes-pétitions à envoyer au ministre de la santé burkinabé, et s’allonger notre liste de signatures pour notre nouvelle pétition, adressée au président du Burkina Faso cette fois.

20h30, place aux artistes et à Siaka, le « MC », qui n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler l’importance de notre combat et notre slogan « Vos signatures ont du pouvoir »… Des spots d’Amnesty ont également été diffusés pendant les intermèdes entre deux groupes, pour illustrer nos combats pour les droits humains. (Merci au stagiaire Vincent, pour la compilation de clips qu’il avait préparée 8) )

Voici  un diaporama  des temps forts de cette soirée, dans lequel, malheureusement, tous les artistes n’apparaissent pas, car la batterie de l’appareil photo a rendu l’âme avant la fin… Mais on y découvre quand même Rony, puis Milk Coffee & Sugar, suivis de Siaka le MC, et enfin Vicelow.  Avant les images du concert, on peut aussi voir celles de la rencontre et du repas avec les artistes, et des échanges entre les jeunes militants et le public.

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Avec le son, c’est mieux, n’est-ce pas ? Alors, pour avoir une idée de l’ambiance pendant ce concert, une petite vidéo du groupe Milk Coffee & Sugar :

BRAVO ! Oui, vraiment un cocktail d’enfer, dégusté avec bonheur, et ce n’est certainement pas la dernière fois qu’on vous le proposera… MERCI les artistes, MERCI Hip Hop Citoyens, et bien sûr MERCI à tous les militants et au public !