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Retour en vidéo sur le Printemps des droits humains des Antennes-Jeunes de Paris et Ile-de France

avril 19, 2012

Vidéo du Printemps des Droits Humains à Paris 13

avril 10, 2012

Voici une vidéo du Printemps des Droits Humains  d' »Amnesty à Paris 13″, c’est du « fait-maison » mais cela permet d’immortaliser notre rencontre avec la blogueuse egyptienne Shahinaz Abdel Salam.

Encore merci à elle d’être venue partager avec nous son expérience du Printemps arabe en Egypte !

« La liberté au bout des ondes » : Rencontre avec Shahinaz Abdel Salam, blogueuse et activiste egyptienne

avril 8, 2012

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Préparatifs

Midi, au forum du campus de Villetaneuse, en ce jeudi 5 avril 2012. Quelques membres de l’Antenne-Jeunes Amnesty de l’Université Paris 13 s’affairent à installer le stand : ils commencent par déplier une grande banderole en hommage au cri de liberté lancé à travers tout le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, puis affichent quelques photos des révolutions arabes, entourées d’un ruban jaune sur lequel on peut lire le message de ce Printemps des Droits Humains pour tous les jeunes d’Amnesty International : « Pas de liberté sans expression ! ». Puis deux tables sont installées, l’une pour proposer des informations et deux pétitions (pour soutenir la liberté d’expression en Tunisie et en Egypte respectivement), l’autre avec sono, pour accueillir et interviewer Shahinaz Abdel Salam, blogueuse et activiste egyptienne de 33 ans. Elle est aussi l’auteure du livre Egypte, les débuts de la liberté, publié chez Michel Lafont en octobre 2011, qui retrace son engagement dans le combat pour la défense des droits de la femme en Egypte et met aussi en relief son implication dans la révolte qui a conduit au départ d’Hosni Moubarak, le 11 février 2011.

La jeune femme, ingénieure en télécommunications, vit depuis plusieurs années en France, et a très gentiment accepté l’invitation de la section française d’Amnesty à participer à divers événements organisés par les Antennes-Jeunes pour le Printemps des Droits Humains. Celle de Paris 13 a opté pour une rencontre ouverte sous le forum, lieu de passage le plus fréquenté à l’heure de déjeuner. La volonté est de toucher le plus grand nombre, mais c’est aussi un pari risqué, car beaucoup d’étudiants ou membres du personnel ne font justement que passer…

À l’arrivée de Shahinaz, on sent encore un peu de nervosité dans l’Antenne-Jeunes, car seulement une douzaine de personnes sont venues exprès pour l’occasion, prévenues par les affiches ou les annonces par mails, et dans le grand espace qu’est le forum, cela paraît peu ! Shahinaz au contraire, est tout de suite très à l’aise, et entame une discussion en arabe avec une étudiante qui parle parfaitement l’égyptien !

Pendant ce temps, plusieurs annonces sont faites au micro, à la fois pour inviter à signer les pétitions au stand et pour venir échanger avec Shahinaz, et ça marche, car finalement, 110 signatures auront été récoltées pour chaque pétition (sans oublier le rôle de l’ « équipe mobile » autour du stand !) et sans doute une cinquantaine de personnes qui auront assisté à cette rencontre.

Génération Internet

Interrogée par Tambadian et Camille, Shahinaz Abdel Salam raconte qu’elle a commencé son activité de blogueuse en 2005, dans une Égypte où la jeunesse a peu de place pour s’exprimer. Internet est alors leur moyen d’expression de prédilection pour essayer de changer les choses. Shahinaz milite aussi dans le mouvement Kefaya (« Ça suffit »), et son activité de blogueuse prend de plus en plus d’ampleur. Dans un État où « les policiers gouvernent », les manifestations sont strictement limitées et contrôlées. Shahinaz témoigne de manifestations où « on était des dizaines, entourés par des centaines de policiers avec des armes ».

Sur son blog, elle poste régulièrement des photos et des vidéos des manifestations. « On était la première génération à utiliser Internet et le blog pour s’exprimer, parler sur ce régime », raconte-elle. Le mouvement des blogueurs s’intensifient en 2006 et de plus en plus de jeunes Égyptiens commencent à utiliser ce média pour manifester la liberté d’expression à laquelle ils n’ont pas droit dans leur pays. Les autres médias, notamment les télévisions étrangères, commencent à s’intéresser au mouvement. Aujourd’hui, les réseaux sociaux comme Facebook et Twittter, plus pratiques, sont davantage utilisés pour mobiliser et informer. « Parfois, en une phrase, on dit tout ! », selon Shahinaz.

Au cœur de la révolution

Kefaya lance le premier appel à la mobilisation le 6 avril 2008, notamment via Facebook. « Ce jour-là, la police égyptienne était vraiment perdue », grâce à l’organisation décentralisée du mouvement d’internautes. Les jours fériés sont consacrés à la mobilisation. En 2011, « la Tunisie nous a donné l’espoir, c’est pour ça qu’on a continué jusqu’au bout et qu’on s’est débarrassé de Moubarak ». Cependant, au cœur du mouvement, sur la place Tahrir, les militaires sont déjà présents. Elle explique avoir été méfiante, même si elle espérait qu’ils allaient soutenir la révolution. « On s’est trompé, il ne fallait pas croire aux militaires ».

Un combat pour les femmes

Son combat pour les droits des femmes est tout aussi important et elle appelle les femmes égyptiennes à l’autonomie et à l’indépendance par rapport aux hommes. Elle souhaite plus de place pour la parole des femmes dans la politique et replace le contexte par rapport à la charia. « Les principes de la charia, c’est l’égalité, la liberté, la fraternité », tordant le cou aux idées préconçues de l’Occident sur la charia. « Le problème, c’est l’interprétation qu’ils font ». Les lois égyptiennes ont été « des interprétations très extrémistes pour les femmes », et elle dénonce également la pratique barbare qu’est l’excision, un problème majeur en Égypte pour les femmes. Malgré tout, elle croit en l’islam pour améliorer la société.

L’Égypte aujourd’hui

Pour Shahinaz, le mouvement n’a pas encore abouti. « La révolution continue, c’est pas fini, parce qu’aujourd’hui on a toujours le Conseil militaire, l’état d’urgence, et aussi les islamistes ». Elle critique vivement les islamistes, qui ont abusé du pouvoir religieux pour obtenir des voix. Elle dénonce également les massacres commis par les militaires, qui ont tués des civils et des manifestants : « beaucoup de jeunes ont perdu la vie sans raison ». Le mouvement lutte activement contre les militaires, qui ont retourné la révolution et ont fait passer les blogueurs pour des traîtres, accusés d’avoir été « formés par les États-Unis pour renverser le régime ». Elle répond que « c’est du n’importe quoi », et s’insurge au passage contre les récentes allégations de Tariq Ramadan destinées à discréditer les blogueurs. Dans son côté, elle n’est allée aux États-Unis qu’après l’élection d’Obama et ne se fait guère d’illusions sur l’intérêt qu’avaient les américains à voir Moubarak quitter le pouvoir.

Que d’échanges !

Grâce au naturel et à la fraîcheur de Shahinaz, l’événement a trouvé un écho immédiat au cœur du forum pour notre plus grand plaisir. En effet, les questions se sont ensuite succédées, notamment sur l’avenir de l’engagement de Shahinaz, les risques éventuels à retourner en Egypte, ses contacts avec des blogueurs tunisiens et syriens. On s’est également interrogé sur la volonté des blogueurs de s’engager en politique, et Shahinaz a rappelé sa volonté d’indépendance dans la critique du pouvoir. Enfin, elle a été questionnée sur l’avenir de l’Égypte et sa souveraineté, par rapport aux autres puissances étrangères. Nous tenions beaucoup à ce que tout le monde puisse prendre la parole, et que cette rencontre soit l’occasion d’échanges spontanés, nous n’avons pas été déçus, et Shahinaz était manifestement tout aussi ravie !

Avec Shahinaz et des participants, nous avons achevé cet hommage aux Printemps arabe avec un autre geste de solidarité  : une pétition-photo avec le message « Arrêtez le bain de sang en Syrie », à mettre sur le site http://www.eyesonsyria.org/ (rubrique « Activism Stories »).

Un immense merci à Shahinaz Abdel Salam, qui sera également présente le vendredi 13 avril à partir de 19h30 lors de la soirée organisée par les Antennes Jeunes d’Ile-de-France, « Egypte, Tunisie, Syrie : Pas de liberté sans expression ! », sur la Péniche Alternat à Paris (quai de Berçy, métro Bercy), pour une table ronde sur le rôle des réseaux sociaux dans les révolutions arabes.

Camille Hervé et Cécile Coudriou

C’est le Printemps des Droits Humains à Paris 13 !

avril 2, 2012

Pour l’édition 2012 du Printemps des droits humains d’Amnesty International, l’Antenne-Jeunes de Paris 13 organisera une rencontre avec Shahinaz Abdel Salam, blogueuse et activiste égyptienne, le jeudi 5 avril de 12h à 14h au forum du campus de Villetaneuse, pour parler du rôle de la jeunesse et de la cyber-dissidence dans les soulèvements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Ce sera une occasion exceptionnelle – pour tous les étudiants et personnels de Paris 13, mais aussi pour toute personne extérieure qui le désire  –  d’échanger lors de cette rencontre-débat avec une pionnière du mouvement de protestation en Égypte qui a contribué à la chute d’Hosni Moubarak.

L’Antenne-Jeunes de Paris 13 demandera à tous de participer à son action, en proposant à son stand d’informations deux pétitions d’Amnesty International, « Tunisie : Halte au harcèlement des journalistes » et « Egypte : Halte au harcèlement des manifestants ».

Amnesty International a dédié cette année son Printemps des droits humains à la défense de la liberté d’expression et rend un hommage particulier à cette jeunesse qui a été en première ligne de toutes les manifestations à travers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, pour exiger le respect de la dignité humaine.

Les soulèvements populaires ont commencé en décembre 2010 en Tunisie, et se sont propagés à une vitesse incroyable à travers toute la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, notamment en Égypte, en Libye, à Bahreïn, au Yémen, en Irak, en Syrie et même en Arabie saoudite. Partout ces soulèvements ont porté les mêmes exigences de changements : respect des droits humains – fin de la répression et liberté d’expression – de meilleures conditions de vie, et enfin, une place dans la construction de l’avenir de leur pays. Tout au long de ces événements, les outils numériques et Internet ont joué un rôle important en permettant aux jeunes d’exprimer leurs pensées et leurs opinions, communiquer les uns avec les autres et exprimer leur soif de changement.

Amnesty International s’engage en faveur du droit à la liberté d’expression pour les blogueurs, manifestants et journalistes et exprime son soutien en faveur des peuples d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. L’organisation exhorte tous les dirigeants de cette région du monde à respecter les droits humains, notamment le droit à la libre manifestation pacifique et au libre accès à Internet et aux moyens d’information et de communication dans le cadre de la législation internationale. Elle s’élève également contre les sanglants actes de torture menés dans le cadre de la répression violente des manifestations par les gouvernements et réclame l’obligation de rendre des comptes.

Sources : Compléments d’informations AI « Soulèvements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la jeunesse et les réseaux sociaux » et « Amnesty International et la liberté d’expression, le cas de l’Egypte et de la Tunisie ».

En savoir plus sur Shahinaz Abdel Salam : http://www.franceinter.fr/personne-shahinaz-abdel-salam

et en savoir plus sur la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord via la page Facebook : https://www.facebook.com/pages/Avec-Amnesty-pour-les-droits-dans-la-r%C3%A9gion-Moyen-Orientet-
Afrique-du-Nord/

ou le rapport d’Amnesty International, à télécharger ici : http://www.amnesty.fr/Documents/Une-annee-de-rebellion-la-situation-des-droits-humains-au-Moyen-Orient-et-en-Afrique-du-Nord

Camille Hervé et Cécile Coudriou