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Paris 13 fait du bruit pour les droits des femmes !

mars 29, 2020

Le 8 mars 2020, journée internationale des droits des femmes, nous étions nombreux à rejoindre le cortège d’Amnesty International à la grande marche qui allait de la Place d’Italie à République. Quelques jours après, l’Antenne-Jeunes de Paris 13 a voulu continuer à montrer sa solidarité aux femmes qui luttent pour leurs droits à travers le monde, et faire entendre leurs voix sur le campus de Villetaneuse.

Nous avons donc organisé une action sur le forum de l’université, où nous avons proposé aux étudiants et au personnel de venir s’informer et agir, entre autres en signant nos pétitions :

Qui a tué Marielle Franco ? Le 14 mars 2018, la conseillère de Rio de Janeiro et défenseure des droits humains Marielle Franco ainsi que son chauffeur Anderson Gomes ont été abattus par balle. La jeune femme noire, ouvertement bisexuelle, était connue pour avoir dénoncé des violations des droits humains, notamment celles subies par les jeunes noirs vivants dans les favelas, les femmes et la communauté LGBT. Cela fait plus de deux ans que Marielle et son chauffeur ont été assassinés et les autorités brésiliennes n’ont toujours pas fourni de réponses acceptables à leurs familles. Nous demandons au gouverneur de l’état de Rio de respecter la procédure légale, de nommer une équipe d’experts indépendants chargés de superviser l’enquête, et de garantir la sécurité des témoins des familles. 

Libération immédiate pour Yasaman Aryani : Le 8 mars 2019, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Yasaman Aryani a retiré son voile et distribué des fleurs aux femmes dans le métro à Téhéran. Suite à la diffusion virale en mars 2019 d’une vidéo montrant cet acte de défiance poétique, les autorités iraniennes l’ont arrêtée. Elle a été condamnée à 16 ans de prison en août 2019. La mobilisation de milliers de personnes dans le monde a permis à Yasaman de ne plus être en isolement et sous le contrôle des Gardiens de la révolution, connus pour leur recours à la torture. Sa peine de prison et celle de sa mère ont aussi été réduites à 9 ans et 7 mois. Cependant, nous demandons aux autorités iraniennes la libération immédiate de Yasaman, de sa mère, et de toutes les défenseures des droits des femmes en Iran. 

Stop à la répression des voix critiques en Arabie Saoudite : Depuis mai 2018, l’Arabie saoudite intensifie la répression contre les voix critiques dans le royaume. Les femmes défenseures qui militent depuis des années pour l’égalité des droits sont en première ligne.

Loujain al-Hathloul, Iman al-Nafjan et Aziza al-Yousef, ainsi que 19 autres défenseurs des droits humains ont été arrêtés en mai 2018 parce qu’elles militent depuis plusieurs années pour que les femmes aient le droit de conduire et pour qu’il soit mis fin au système répressif de tutelle masculine. Certaines ont subi des actes de torture et des sévices sexuels. Fin mars 2019, Iman al Nafjan et Aziza al Youssef et Ruqayyaa al Mhareb ont obtenu une libération provisoire, mais les charges contre elles n’ont pas été abandonnées. Loujain al Hathloul est, elle, toujours derrière les barreaux. Nous demandons au roi d’Arabie saoudite, Salman bin Abdul Aziz Al Saud, de libérer immédiatement et sans condition toutes celles et tous ceux qui ont été emprisonnés pour avoir protesté de manière pacifique et d’abandonner toutes les charges retenues contre ces personnes.

En plus des pétitions classiques, nous avons proposés aux personnes intéressées d’exprimer leur solidarité avec ces militantes de différentes manières. Elles pouvaient écrire des messages de soutien à Yasaman et à Loujain sur des cartes postales qu’elles pouvaient décorer et colorier. Ces cartes seront ensuite transmises à leurs familles. 

Nous leur avons aussi suggéré des pétitions-photos, un format de mobilisation moins classique. L’idée est de se prendre en photo tenant un panneau demandant la libération de Loujain El Hathloul, avec le hashtag #FreeLoujain, et qui serait ensuite diffusé et partagé sur les réseaux sociaux. Si certaines personnes se sont montrées réservées à l’idée d’apparaître sur internet, d’autres se sont prises au jeu et ont accepté d’afficher leur soutien ouvertement.

Merci à tous ceux et celles qui ont participé à cette action !

Anis Harbi, responsable de l’Antenne-Jeunes de Paris 13, Université Sorbonne Paris Nord

« Let’s be Brave » à Paris 13

juin 30, 2019

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Pour notre dernier événement de cette année universitaire, nous avons voulu mettre en avant la campagne Brave d’Amnesty International. Brave est une campagne mondiale de mobilisation pour la défense des défenseurs des droits humains. L’un des temps forts de cette campagne était les dix jours pour signer, pour lequel nous nous étions déjà mobilisés à la fin du premier semestre. Le 8 avril, nous avons donc choisi de mettre en lumière les autres combats de cette campagne, que ce soit le droit des femmes militantes en Arabie Saoudite, la situation de Nasrin Satoudeh en Iran, ou la protection des défenseurs des droits des migrants en France.

 

Peu de temps avant le décret autorisant les femmes à conduire en Arabie Saoudite, plusieurs militantes pour les droits des femmes ont été emprisonnées à tort par le régime. Trois d’entre elles ont été libérées le 28 mars, mais de manière provisoire et plusieurs autres femmes sont encore emprisonnée. La lutte doit encore continuer pour elles. Nous avons donc fait signer des pétitions demandant leur libération aux autorités. Notre action était facilement visible grâce aux panneaux grandeur nature représentant les silhouettes de 3 de ces défenseures, notamment deux qui ont été libérées (Iman al-Nafjan et Aziza al-Yousef) et une encore en prison (Loujain El-Hathloul). Ainsi, ou pouvait démontrer par l’exemple que nos mobilisations obtenaient des résultats, bien qu’il reste encore beaucoup à faire.

Brave2

 

Nous avons également fait signer des pétitions demandant aux autorités françaises la protection des défenseures des droits des personnes exilées, qui font l’objet de pressions de plus en plus importantes en raison de leurs actions pacifiques et désintéressées. Cette pétition a été accompagné du témoignage audio de Loan Torondel, diffusé sur le forum. Ce militant de 22 ans a été poursuivi en justice pour avoir posté une vidéo dénonçant la violence policière contre les migrants.

 

Enfin, nous tenions à alerter l’opinion sur le cas de Nasrin Satoudeh, une militante iranienne condamnée à 148 coups de fouet et 38 ans de prison pour son combat pour la libération des femmes. Nous avons demandé aux personnes intéressées de signer notre lettre adressée aux autorités iraniennes demandant sa libération.

L’événement a été animé par de la musique, des débats, et des ateliers interactifs comme le stand de tatouages Brave et le jeu Memory de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Nos pétitions ont obtenu plus de 160 signatures, et une quinzaine de personnes ont ajouté leur nom à la lettre de soutien à Nasrin. Malgré une affluence moins importante que d’habitude sur le forum de Villetaneuse (dû notamment à la période de fin d’année), ce fut un évènement riche en action et en discussions. Une belle manière de clôturer cette année.

Anis Harbi

Journée mondiale contre la peine de mort

octobre 10, 2012

Ce 10 Octobre 2012, c’est la 10e édition de la journée mondiale pour l’abolition de la peine de mort, alors, quel est le bilan de ce combat ? Cette vidéo vous permettra de voir les avancées mais aussi le chemin qui reste à parcourir :

Des progrès donc !

Grâce notamment à la campagne menée par une coalition mondiale, 17 nouveaux États ont décidé d’abolir la peine de mort pour tous les crimes depuis la 1ère Journée mondiale contre la peine de mort, en 2003, ce qui porte à 140 le nombre total d’États l’ayant abolie en droit ou en pratique – plus de 70 % des pays du globe.

Le combat continue pour Amnesty International et ses partenaires de la Coalition contre la peine de mort !

Avec ses partenaires de la Coalition mondiale contre la peine de mort, Amnesty International continuera de promouvoir l’adoption de législations nationales abolissant la peine de mort, de favoriser la ratification du Deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qui vise à abolir la peine de mort, de soutenir les normes internationales appelant à l’abolition ou à restreindre le recours à la peine de mort et de soutenir, fin 2012, l’adoption de la quatrième résolution de l’Assemblée générale des Nations unies appelant à un moratoire sur les exécutions, en vue d’abolir la peine de mort.

Exemple d’une cible à convaincre, l’IRAN, signez la pétition !

http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Peine-de-mort/Actions/Iran-stoppez-l-addiction-la-peine-de-mort-4359

Pour conclure, quelques événements à venir dans la région :

Pièce de théâtre, « Petit séjour au Texas » mise en scène par Michel Parent,

Du 9 au 13 octobre au Lavoir Moderne Parisien.

Le 11 octobre, Amnesty International France animera un débat à la suite de la représentation.

Inauguration d’une rue « Mumia Abu-Jamal » à Bobigny

Samedi 13 octobre en présence de Jamal Hart (fils de Mumia) et de Johanna Fernandez (porte-parle de Mumia)

Pièce de théâtre « La dernière scène »

Vendredi 19 octobre à 20h30, à Canal 93 (Bobigny)

Dialogue imaginaire entre Mumia Abu-Jamal et Martin Luther King conçu et mise en scène par Alain Foix.

Préparation du Marathon des signatures à Paris 13

décembre 3, 2011

Pour cette édition 2011 du Marathon des signatures, l’équipe de l’Antenne-Jeunes Amnesty de Paris 13 s’est enrichie de la présence des étudiants du Master ONG et coopération internationale. On s’est réunis pour décider quelles situations de violations des droits humains on allait mettre en lumière cette année, et aussi pour commencer à préparer notre matériel d’action, cartes, affiches, fiches de présentation des « personnes en danger » que l’on va défendre… Par ailleurs, on s’est réparti les rôles pour notre mise en scène le jour J, mais suspense… Voici quelques photos de cette réunion :

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Et voici une présentation rapide et une vidéo pour chacune des 5 situations retenues par notre Marathon :

CORÉE DU NORD : Les 50 000 prisonniers du camp Yodok

Emprisonnés sans aucune forme de justice, les 50 000 prisonniers du Camp Yodok sont torturés, maltraités et soumis au travail forcé dans des conditions extrêmes. Malgré les témoignages d’anciens prisonniers et des photos satellites comme preuves, le gouvernement nord-coréen nie l’existence de ce camp mais également de tous les autres camps de prisonniers politiques.

NIGÉRIA : Les habitants des berges de Port-Harcourt

Dans le cadre du programme de rénovation urbaine de la ville, des milliers de personnes se sont retrouvées sans toit ni solution de relogement ; des dizaines de milliers d’autres risquent le même sort. Les expulsions doivent cesser et les communautés doivent être consultées.

FÉDÉRATION DE RUSSIE : Natalia Estemirova

Éminente défenseure des droits humains en Tchétchénie, Natalia Estemirova enquêtait sur les violations des droits humains. Elle était également engagée dans la lutte contre la corruption et les restrictions grandissantes aux droits des femmes.
Travaillant notamment avec la journaliste Anna Politkovskaïa, elle a été assassinée en juillet 2009. Aucune enquête sérieuse n’a été ouverte pour retrouver ses assassins.

IRAN : Mohammad Sadiq Kabudvand

Arrêté le 1er juillet 2007, ce journaliste qui publiait des articles en faveur des droits économiques, sociaux et politiques de la minorité kurde iranienne, a été condamnée en mai 2008 à 10 ans de prison. Victime de mauvais traitements répétés, il souffre aujourd’hui de graves problèmes de santé chroniques.

MEXIQUE : Valentina Rosendo Cantú et Inés Fernández Ortega

Violées par des soldats en 2002, ces deux jeunes femmes autochtones Me’phaa de l’Etat de Guerrero, ont eu le courage de dénoncer ces agressions auprès des autorités. Confiée à la juridiction militaire, aucune enquête sérieuse n’a encore été menée, neuf ans après les faits. En août 2011, la Cour interaméricaine des Droits de l’Homme a ordonné à l’Etat mexicain d’enquêter. Leur combat se poursuit.

Un film à voir : Les Chats Persans

janvier 21, 2010

Ne ratez pas « Les Chats Persans »,  film choc qui fait exploser tous les clichés que l’on peut avoir sur l’Iran ! Le réalisateur, Bahman Ghobadi, nous fait découvrir son pays sous l’angle de sa jeunesse et au son de sa musique, si riche, créative et moderne. Cette jeunesse, qui n’en peut plus de la censure et du carcan religieux, ne survit que par la débrouille et cette flamme de résistance et de persévérance que rien ne semble pouvoir éteindre ; la musique de ces jeunes leur ressemble, plongeant dans les racines de la tradition iranienne sans craindre de s’ouvrir sur l’influence de l’occident, c’est une musique qui crie ou parfois murmure leur soif de liberté d’expression.

« Les Chats Persans » est également un film surprenant par son mélange des genres : mi-film, mi-documentaire, tourné « à l’arrache », caméra à l’épaule, sans acteurs professionnels, sans même vraiment prendre le temps de peaufiner un récit. Tour à tour burlesque ou sérieuse, drôle et émouvante, mais aussi tragique et politique, cette histoire nous laisse un peu sonnés. La bande son est une merveille, les personnages très attachants et on aimerait tant pouvoir les aider à accomplir leur rêve, si simple et accessible pour nous en occident : tout simplement partager la musique que l’on aime lors d’un concert…

Découvrons en images ce film, d’abord sélectionné dans la section « Un certain Regard » au festival de Cannes 2009, puis sorti en salles à Noël, et soutenu par Amnesty International :

L’HISTOIRE : A leur sortie de prison, Negar et Ashkan, deux jeunes musiciens iraniens, décident de monter un groupe underground. lassés de ne pas pouvoir s’exprimer librement dans leur pays, ils tentent par ailleurs de se procurer clandestinement des papiers pour rejoindre l’Europe.

Ils font la rencontre de Hamed, qui les accompagne dans leurs démarches, et parcourent avec lui Téhéran à la rencontre d’autres musiciens, essayant de les convaincre de quitter le pays avec eux et de monter un grand concert clandestin pour financer leur fuite.A présent donnons la parole au réalisateur.

POURQUOI AMNESTY INTERNATIONAL SOUTIENT CE FILM : (extrait du site amnesty.fr)

Liberté d’expression : Après ce film très fort, vous pouvez vous demander quel est le rapport avec Amnesty International, qui n’a pas l’habitude de présenter des films sur la musique. Le rapport est cependant direct : Amnesty international défend la liberté d’expression, l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme déclare « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions… » : cela concerne clairement les journalistes dont les journaux sont fermés ou qui sont empêchés de travailler, ou les restrictions d’accès à Internet, mais également la liberté d’expression artistique.

Les conditions de réalisation de ce film illustrent de manière très vivante la situation des droits de l’homme en Iran : voyons le réalisateur du film d’abord Bahman Ghobadi. Il est né dans la région kurde d’Iran. Il a beaucoup filmé dans cette région, et pour cela a été accusé par les autorités iraniennes d’être un séparatiste kurde, ce dont il se défend disant simplement qu’il voulait filmer dans des paysages de campagne. Il avait travaillé sur un projet de film pendant deux ans, mais n’avait pas obtenu l’autorisation pour son film. Il ne pouvait le réaliser sans autorisation, car le matériel cinématographique 35mm appartient à l’Etat qui le loue et pour cela il faut une autorisation des autorités iraniennes. Il était alors très déprimé et il raconte que c’est sa fiancée Roxana Saberi qui lui a conseillé de filmer ce qu’il vivait et comme alors il enregistrait clandestinement des chansons, il a rencontré alors des groupes de musique underground et les deux acteurs Ashkan et Nedar. Il a alors décidé de tourner avec une petite caméra en 3 semaines un film. Mais il a été arrêté deux fois par la police pendant le tournage et s’en est tiré un peu comme on voit dans le film en faisant des cadeaux de ses DVD aux policiers.

Le titre Les chats persans vient du fait qu’il est interdit de sortir avec un chien ou un chat. Pourtant les Iraniens aiment les chats persans que Bahman Ghobadi compare aux protagonistes de son film, sans liberté et obligés de se cacher pour jouer.

Roxana Saberi est co-scénariste de ce film et elle est bien connue d’Amnesty : elle avait été arrêtée le 31 janvier 2009 et a été considérée comme prisonnière d’opinion jusqu’à sa libération. Elle avait d’abord été accusée d’avoir acheté une bouteille de vin, puis des fonctionnaires iraniens ont ensuite dit que c’était pour « collecte illégale d’information » et que son cas était examiné par un tribunal révolutionnaire (qui ne traitent en principe que des affaires en relation avec la sécurité nationale). Dans la première action urgente à son sujet datant de mars 2009, Amnesty disait craindre que son arrestation ne soit liée à sa nationalité américaine.

Roxana est née aux Etats-Unis d’un père d’origine iranienne et d’une mère d’origine japonaise. Elle a été reporter pour la National Public Radio (NPR) – radio publique américaine qui diffuse des nouvelles et des émissions culturelles, pour la BBC et pour Fox News. Elle vivait depuis six ans en Iran où elle travaillait comme journaliste tout en faisant un master d’études iraniennes et de relations internationales. Elle avait pu joindre ses proches par deux fois en leur disant qu’elle n’était pas torturée mais que la prison était très dure et en leur demandant de ne pas faire d’interview sur son cas. Elle a finalement été libérée le 11 mai 2009 après avoir été accusée d’avoir continué sers activités de journaliste après que sa carte de presse ait été annulée. Elle avait été condamnée à huit ans de prison puis en appel à deux avec sursis avec interdiction d’exercer son métier de journaliste. Les autorités iraniennes ne veulent pas que l’on sache ce qui se passe en Iran, ni dans les prisons, le travail d’Amnesty international est au contraire de rendre ces informations publiques.

Avant l’élection du 12 juin déjà les journalistes, les universitaires, les défenseurs des droits humains et d’autres personnes qui, selon les autorités iraniennes, entretiennent des liens avec des pays étrangers ou qui ont participé à des activités visant à promouvoir la société civile en Iran étaient particulièrement visés, Les minorités étaient particulièrement menacées : Kurdes, arabes, azéris, balutch. Vous avez pu voir que Bahman Ghobadi est accusé de séparatisme kurde parce qu’il filme au Kurdistan.

La peine de mort est un fléau en Iran : c’est le deuxième pays pour le nombre d’exécutions dans le monde après la Chine Amnesty lutte systématiquement contre la peine de mort en général et particulièrement contre celle qui concerne les mineurs délinquants.

Depuis l’élection du président Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin 2009, la contestation de la légalité de cette élection a entraîné une violente répression. Amnesty International a publié le 12 décembre 2009 un rapport intitulé Election contested, repression compounded (Contestation des élections, aggravation de la répression) sur la répression des manifestations depuis les élections : il s’accompagne d’un communiqué de presse affirmant que La situation des droits humains est la pire qu’ait connue le pays depuis vingt ans. Il y a eu plus de 4 000 arrestations arbitraires (la plupart ont été libérés, mais 200 environ restent en détention), des dizaines de morts dans la rue ou en détention, beaucoup de torture et de mauvais traitements, en particulier ce qui est nouveau des viols d’hommes.

Amnesty demande :
· que les membres des milices et les représentants de l’Etat responsables de ces agissements rendent compte de leurs actes dans les meilleurs délais. Nous demandons au Guide suprême qu’il ordonne au Gouvernement d’autoriser la venue de deux experts des NU spécialisés dans les droits humains pour contribuer à la tenue d’une enquête (sur torture et arrestations arbitraires). En effet les investigations annoncées jusqu’à présent par les autorités iraniennes semblent plutôt avoir pour objectif de dissimuler les violations des DH que de faire éclater la vérité.

· de protéger toute personne arrêtée ou placée en détention contre la torture et les mauvais traitements, libérer les prisonniers d’opinion, remettre en liberté les personnes condamnées au terme de procès iniques, notamment de « procès pour l’exemple » qui n’étaient qu’une parodie de justice, ou réexaminer leurs dossiers. Il faut commuer toutes les condamnations à mort et juger les personnes qui n’ont pas encore comparu en justice dans le cadre de procès équitables. Nous espérons avec notre campagne contribuer à améliorer cette situation.

ENTRETIEN AVEC LE RÉALISATEUR, BHAMAN GHOBADI :

(Extrait du site : http://www.leschatspersans-lefilm.com/)

Comment est né ce film ?
Il y a deux-trois ans, j’ai voulu tourner un film intitulé 60 Seconds About Us. J’ai essayé d’obtenir les autorisations pendant trois ans et quand on me les a refusées, j’ai été très affecté moralement, si bien que j’ai voulu quitter l’Iran. Un de mes amis m’a alors conseillé d’enregistrer un album parce qu’il savait que j’étais très mélomane. Pour enregistrer l’album, il me fallait aussi une autorisation que je n’ai pas obtenue. Du coup, grâce à mes amis, je suis allé enregistrer cet album dans un studio de musique clandestin : on me voit d’ailleurs au tout début du film en train d’enregistrer mon disque. C’est à cette occasion que j’ai découvert des groupes de jeunes qui faisaient du rock dans la clandestinité : ils m’ont impressionné et je me suis demandé comment ils arrivaient à être aussi créatifs sans aucun moyen, ni autorisation. Leur courage et leur impertinence m’ont influencé et je me suis dit que je devais avoir le même courage de tourner un film clandestinement.

Comment s’est passée l’écriture du scénario ?
Quelques semaines avant le début du tournage, j’ai interviewé les groupes de jeunes musiciens qu’on voit dans le film. C’est là que j’ai rencontré Ashkan et Negar, les deux comédiens du film, et que j’ai pu, peu à peu, entrer dans leur vie et leur univers. À partir de leurs réponses, nous avons construit le scénario qui s’est exclusivement nourri de la vie de ces jeunes gens. Nous n’avons rien transformé. Toutes les scènes que l’on voit dans le film s’inspirent de leur réalité. Le cinéma iranien évite le plus souvent de fustiger ouvertement le régime et votre film semble être une exception à la règle.

Était-ce votre intention dès le départ ?
Absolument. Quand j’ai vu dans quelles conditions terribles ces jeunes musiciens travaillaient, sans moyen ni soutien, cela m’a beaucoup touché et j’ai compris pourquoi ils voulaient quitter le pays. Je me suis alors demandé pourquoi des jeunes aussi talentueux en étaient réduits à fuir l’Iran pour créer – pourquoi nous devions fuir – et c’est pour dénoncer cette situation terrible que j’ai voulu faire ce film.

Comment avez-vous réussi à échapper à la surveillance du régime ?
J’étais surveillé de toute façon, mais nous avons tourné en seulement 17 jours en travaillant aussi la nuit. Il y avait beaucoup de stress et d’inquiétude, mais cela a servi le film. Je suis heureux que ce sentiment d’angoisse se ressente dans le film. Quoi qu’il en soit, Negar et Ashkan devaient partir deux semaines après le début du tournage : il fallait à tout prix qu’on tourne le film en quinze jours. D’ailleurs, le soir même du dernier jour de tournage, ils ont pris l’avion pour l’Angleterre ! Pendant le tournage, la police nous a arrêtés à deux reprises, ce qui nous a fait perdre deux jours de tournage. Mais grâce à des cadeaux – comme des DVD de mes films précédents –, ils nous ont relâchés. Nous étions obligés de mentir. Nous leur disions par exemple que nous faisions un film sur la drogue.

Mais vous avez tourné dans la clandestinité.
Je savais que je n’obtiendrais pas d’autorisation. J’avais donc le choix soit de renoncer à mon film une fois encore, soit de le tourner quand même en sachant que je n’avais plus rien à perdre. Les repérages puis le tournage ont été faits sur deux ou trois motocyclettes et nous avons commencé à tourner sans réelle préparation. Les scènes devaient être tournées rapidement et dans l’urgence pour que la police ne puisse pas nous repérer. Pour d’autres scènes encore, comme celles avec les policiers, j’avais malgré tout besoin d’autorisations et j’en ai donc empruntées à des amis réalisateurs. Je leur ai même demandé de venir avec moi sur le tournage pour les quatre jours où ces autorisations étaient nécessaires. C’est comme cela qu’on a pu faire tourner des policiers : officiellement, il ne s’agissait pas de mon film, mais de celui de tel ou tel ami cinéaste. Et pour la scène de l’arrestation de David, nous avons dû transformer une voiture ordinaire en voiture de police, acheter des uniformes de policiers et les faire tailler sur mesure pour les comédiens.

Les groupes de musique qu’on voit dans le film ont-ils dû quitter le pays ?
Certains d’entre eux ont quitté le pays, mais pas définitivement. En fait, ils sont partis à l’étranger pour que leur créativité ne soit plus étouffée. Moi-même, je ne suis pas parti définitivement. Je reviendrai un jour car l’Iran reste mon pays avant tout.

Pourquoi n’avez-vous pas tourné un documentaire ?
Je suis resté fidèle à la réalité pour que le spectateur puisse entrer pleinement dans mon film. Il existe des tas de documentaires sur la musique iranienne que personne ne connaît ! Je ne suis pas Michael Moore et si j’avais réalisé un documentaire, personne ne l’aurait vu. Il fallait donc que je passe par la fiction, d’autant plus que les jeunes que j’ai rencontrés m’ont raconté des histoires dignes d’authentiques fictions. Quoi qu’il en soit, le style du film est directement influencé par la musique.

La diversité des genres de musique que l’on entend dans le film est extraordinaire.
J’avais déjà vu des films musicaux qui, en général, sont tournés dans les studios d’enregistrement des artistes. Les réalisateurs n’essaient pas de montrer d’autres images et de s’intéresser à d’autres genres que ceux qu’ils connaissent. Je tenais à trouver l’équivalent en images des paroles des chansons du film. Je ne voulais pas parler que d’un seul groupe, et je souhaitais montrer que des groupes extrêmement différents, de genres musicaux différents, existent en Iran.

Pourquoi avoir donné ce titre à votre film ?
Nous n’avons ni le droit de sortir avec un chat, ni avec un chien. Par contre, dans nos maisons, nous avons des chats, chers à nos yeux. Je les compare aux jeunes protagonistes de mon film, sans liberté, et obligés de se cacher pour jouer de la musique : alors que les chats persans sont les plus chers au monde, ils ne valent rien en Iran. De même, les jeunes musiciens du film ont une vraie valeur aux yeux de l’étranger, mais sont considérés comme des moins que rien dans leur propre pays. D’ailleurs, j’adore les animaux et c’est pour cela que je les utilise souvent dans mes films, mais en cherchant à leur donner un sens. Ils apparaissent aussi dans les titres de mes films. Ces derniers sont comme les noms de mes enfants : ils doivent être uniques et ne pas se perdre dans la masse de films produits chaque année dans le monde.

Malgré la tension, l’humour est souvent palpable.
J’utilise l’humour pour que la souffrance ne soit pas continue et ne devienne pas trop oppressante pour le spectateur. En fait, je cherche à exprimer ma douleur tout en suscitant le sourire. Il y a une expression en persan qui dit que l’on peut «couper la tête de quelqu’un avec une boule de coton.» En faisant sourire le spectateur, on peut réussir à le toucher. Pour autant, quand il sort du film, je ne voudrais pas que le public ne retienne que l’humour, mais qu’il se sente concerné par les personnages. Et pour qu’il s’attache à mes personnages, il faut qu’il ait perçu plusieurs facettes de leur vie.
Nous autres Iraniens sommes confrontés à des tas de problèmes, mais nous passons notre temps à rire, danser, écouter de la musique et raconter des blagues… Malheureusement, le pouvoir nous a confisqué les occasions de nous amuser. Depuis la révolution islamique, on a fermé tous les clubs et les bars où les jeunes aimaient se retrouver. Comment les jeunes peuvent-ils s’exprimer et dépenser leur énergie ? À croire que le régime a oublié que la population est majoritairement composée de moins de 30 ans !

La musique est donc un moyen de canaliser cette énergie dont vous parlez ?
La musique qu’on entend dans le film est d’ailleurs pleine d’énergie ! Et pourtant, au fond de cette musique, il y a une grande douleur et c’est en cela qu’elle se différencie des musiques occidentales. Les jeunes cherchent à exorciser leur souffrance à travers la musique. Et la meilleure manière de se libérer de cette souffrance, c’est de posséder un instrument de musique et d’en jouer chez soi – puisque ces jeunes n’ont ni le droit de jouer hors de chez eux, ni d’enregistrer des albums. Les jeunes Iraniens sont tellement désespérés que plusieurs d’entre eux finissent dans la drogue ou par se suicider.

Comment avez-vous choisi les interprètes ?
Quand j’ai rencontré les groupes avant le tournage, j’ai surtout été frappé par l’histoire de Negar et Ashkan qui jouent leurs propres rôles. Quant au personnage de Nader, il existe énormément de gens comme lui qui sont prêts à se sacrifier pour la créativité des autres. Il n’y a pas eu de casting au sens classique du terme : beaucoup des jeunes que j’ai rencontrés avaient peur de participer au film, et j’ai donc tourné avec ceux qui souhaitaient travailler avec moi. C’est pour cela que le film ressemble à un documentaire puisque tout le monde joue son propre rôle. Même Nader, sans doute le personnage qui se rapproche le plus de la fiction, faisait de la contrebande de DVD. Aujourd’hui, il est devenu chanteur au sein du groupe Darkoub. De même, le personnage du faussaire s’inspire des très nombreux faussaires que l’on rencontre en Iran. Comment avez-vous travaillé avec ces jeunes qui n’avaient pas d’expérience ? Je ne leur ai pas demandé de jouer car ils ont interprété leur propre histoire. Je considère que je n’ai contribué au film qu’à hauteur de 25%. Grâce à ma caméra, j’ai voulu faire connaître l’art de ces jeunes en Iran et hors du pays.

La situation des artistes a-t-elle évolué depuis les dernières élections ?
Ils continuent à travailler. Les jeunes du film n’ont rien fait qui mette leur vie en danger. Le gouvernement iranien sait où ils se trouvent et peut donc les localiser s’il le souhaite…

Selon vous, le film est-il annonciateur des manifestations qui ont eu lieu lors des élections ?
Cela fait deux ou trois ans que je me sentais comme les jeunes du film : j’en avais tellement assez que je voulais quitter le pays et que je voulais crier ma colère ! J’ai vu ces jeunes crier leur colère et, depuis les manifestations, j’ai compris que toute la société en a ras-le-bol et pas seulement les artistes. Même si ce sont avant tout les jeunes qui n’en peuvent plus. Le film évoque donc une réalité qui dépasse le seul milieu artistique. J’ai compris a posteriori que cela avait valu la peine de prendre autant de risques et que ce film était nécessaire.

Pensez-vous que l’exil aura des conséquences sur votre travail ?
Je retournerai un jour en Iran pour y travailler parce que c’est mon pays. Mais là-bas, ma créativité était en train de s’étioler et il fallait donc que je quitte le pays pour ne pas étouffer. Moi qui ne connais rien en dehors de l’Iran, j’ai beaucoup de mal à rester fidèle à moi-même. J’insiste sur le fait que je ne suis pas parti volontairement : tout comme moi, les jeunes du film ont été contraints de quitter le pays ! J’entends pas mal de gens, y compris des amis à moi, me dire que maintenant que j’ai quitté l’Iran, je vais perdre mon âme car je ne pourrai pas tourner de films ailleurs. J’ai deux projets qui ne pourront pas se monter en Iran et je suis condamné à les mener à bien puisque si je n’y arrive pas, cela signifiera que je me suis vraiment fourvoyé.

Comment envisagez-vous l’avenir ?
La musique m’a ouvert des portes. Je veux aujourd’hui prendre des cours de peinture car je souhaite me renouveler. Je souhaiterais à l’avenir expérimenter de nouvelles formes. Bien sûr, je reste un cinéaste avant tout, mais je voudrais intégrer la musique et la peinture dans mes films.

POURQUOI ÉCRIRE ?

décembre 5, 2009

Certes, les actions de lettres n’apportent pas à chaque fois le résultat escompté, mais elles ont un impact positif plus souvent qu’on ne le pense. Elles aident à aboutir à des améliorations concrètes – une libération, l’amélioration des conditions de détention, la commutation d’une peine de mort, des mesures de protection suite à de nombreuses menaces, l’ouverture d’une enquête, etc.

Dans presque chaque cas, les lettres du monde entier qui parviennent aux personnes concernées et à leur famille leur apportent un grand soutien moral.

QUELQUES EXEMPLES EMBLÉMATIQUES DE L’EFFICACITÉ DE L’ACTION D’AMNESTY INTERNATIONAL :

DÉBUT 2009 GAZA – Des enfants souffrant de problèmes cardiaques ont pu être opérés Soheb Wael Alqasas, Sami Atwa Abu Ishaq, Ahmed Talat Abu Omar, Mohammed Ashraf Abu Ajwah et 11 autres enfants ont reçu la permission de voyager de Gaza jusqu’à l’hôpital Makassad dans Jerusalem Est pour recevoir un traitement par des spécialistes des maladies cardiaques qui ont pu les opérer.

IRAN – HANA HABDI

Kurde iranienne, Hana Abdi a été arrêtée en octobre 2007 et condamnée à 5  ans, réduits à 18 mois en appel, pour son appartenance à deux organisations  menant une campagne pour l’égalité des droits des femmes en  Iran. Considérée comme une prisonnière d’opinion, elle a été  libérée le 26 février 2009 suite à une forte mobilisation internationale.

SEPTEMBRE 2009 BRÉSIL –  JOSÉ LUIS DA SILVA

Petit paysan et défenseur des droits fonciers, son épouse Severina dos Santos Silva et leur famille ont reçu des menaces de mort. Cette famille a été visée en raison de sa lutte pour les droits fonciers, à l’origine d’un litige de longue date avec un propriétaire terrien local. Elle a pu bénéficier d’une protection adéquate suite à l’ouverture d’une enquête sur les menaces dont ils ont fait l’objet.

TUNISIE – 68 PERSONNES LIBÉRÉES
Ces personnes étaient incarcérées en lien avec le mouvement populaire de contestation qui s’est déroulé en 2008 dans la région de Gafsa, riche en phosphate. Ils ont passé plus d’un an derrière les barreaux. Il s’agit pour beaucoup de prisonniers d’opinion, détenus uniquement pour avoir exercé sans violence leurs droits à la liberté d’expression et de réunion. Ils ont été libérés à la faveur d’une grâce accordée par le président Ben Ali le 4 novembre 2009 pour marquer le 22e anniversaire de son accession au pouvoir. Ont notamment été libérés les dirigeants syndicalistes Adnane Hajji, Bechir Laabidi, Adel Jayar et Tayeb Ben Othman, qui comptaient parmi les 38 personnes condamnées en appel à des peines d’emprisonnement allant jusqu’à huit ans, en février 2009, au terme de procès contraires aux règles d’équité les plus élémentaires.