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30 ans après la catastrophe de Bhopal, le combat continue avec Amnesty International

décembre 20, 2014

images-2Dans le cadre de la mobilisation « 10 Jours pour Signer », l’Antenne-Jeunes d’Amnesty à Paris 13 a organisé le 12 décembre une rencontre-débat pour pouvoir approfondir les échanges avec le public sur l’une des situations mises en lumière dans cette édition 2014 : la catastrophe de Bhopal, en Inde et la question de la responsabilité des entreprises en matière de droits humains.

Nous avons invité une jeune salariée d’Amnesty International France, Muriel Treibich, actuellement en charge de ces questions, à venir rencontrer les étudiants et personnels de l’Université Paris 13 pour nous parler de la situation des habitants de Bhopal, qui subissent toujours les conséquences de la catastrophe, à savoir les effets des gaz toxiques, la pollution de l’eau, et qui, 30 ans après, continuent de se mobiliser car les victimes n’ont toujours pas été dédommagées comme elles devraient l’être et le site n’a toujours pas été décontaminé.

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Muriel Treibich a expliqué par quels mécanismes des multinationales qui violent les droits humains comme Dow Chemical à Bhopal arrivent encore à fuir si facilement leurs responsabilités. Mais elle a aussi montré comment des ONG comme Amnesty International peuvent aider les victimes qui se battent localement à obtenir justice : relayer et amplifier le message des activistes locaux pour augmenter la pression sur les entreprises, soutenir ou lancer elles-mêmes des actions en justice, et également mener une action de plaidoyer auprès d’instances nationales ou internationales pour faire avancer le droit en matière de responsabilité juridique des multinationales. Sans oublier, bien sûr, que toutes ces actions se trouvent renforcées par le nombre de militants et de citoyens qui font pression sur les gouvernements et les sociétés à travers la signature de pétitions.

Alors, comme le dit le slogan de la campagne d’Amnesty France contre les violations commises par les multinationales : « Faites pas l’autruche » ! En effet, la première étape est toujours d’ouvrir les yeux et de s’informer, ce que vous pourrez faire en visionnant cette vidéo de l’intervention de Muriel  :

Léa Antoni et Cécile Coudriou

« 10 jours pour signer » à l’Université Paris 13 : 6 situations de violations des droits humains

décembre 13, 2014

10365905_733313680080283_78041657012050801_nPour l’édition 2014 de lla mobilisation mondiale d’Amnesty International, « 10 jours pour signer », les étudiants de l’Université Paris 13 ont choisi de mettre en lumière 6 des 12 situations emblématiques de violations de droits humains à travers le monde. Pour les quatre premières il s’agissait de violation de la liberté d’expression et de faits de torture dans divers pays : Chine, Gambie, Émirats Arabes Unis et Syrie. La 5ème concernait un prisonnier de la tristement célèbre prison de Guantanamo. Enfin, la dernière illustrait la question de la responsabilité des entreprises en matière de droits humains, avec le 30ème anniversaire de la catastrophe de Bhopal en Inde.

Voici le résumé de chacune de ces situations de violations dénoncées par Amnesty international et pour lesquelles elle appelle tous les citoyens du monde entier à ouvrir les yeux et agir.

imagesEn Chine, Liu Ping :  a été arrêtée en avril 2013 après avoir organisé une manifestation dénonçant la corruption. Membre du Mouvement des nouveaux citoyens (MNC), elle militait pour plus de transparence gouvernementale. Cette mère de famille a été condamnée à une peine de six ans et demi de prison. Torturée pendant sa détention, elle n’a pas accès aux soins médicaux dont elle a besoin. Amnesty International la considère come une prisonière d’opinion et réclame sa libération imédiate et inconditionnelle.

safe_image-3Émirats rabes Unis, Mohammed al-Roken : il purge une peine de dix ans de prison à Dubaï. Cet éminent juriste figure parmi les 69 personnes condamnées, en juillet 2013, à des peines allant de sept à quinze ans au terme d’un procès politique. Mohammed al-Roken était harcelé depuis plusieurs années en raison de son engagement public pour les droits humains.

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Juwan Abd Rahman Khaled est un militant des droits des Kurdes en Syrie. Il a été arrêté le 3 septembre 2012, au cours d’une descente dans son quartier de la banlieue de Damas. Les forces de sécurité n’ont fourni aucun motif pour son arrestation, aucune information sur l’endroit où elles l’emmenaient, ni pour combien de temps. Depuis, sa famille tente de savoir où il se trouve. Détenu au secret, il risque de subir tortures et mauvais traitements.

safe_image-2En Gambie, il est très dangereux de s’exprimer.
Le 11 juillet 2006, Ebrima Manneh, jeune reporter de 28 ans, est arrêté sur son lieu de travail par des policiers en civil. Pour certains, son arrestation fait suite à un différend avec son rédacteur en chef, proche allié du président Yahya Jammeh. D’autres avancent qu’il a été arrêté pour avoir fourni à un journaliste étranger des informations jugées préjudiciables pour l’image du pays, avant le sommet de l’Union africaine à Banjul en juillet 2006. D’autres enfin expliquent qu’il aurait tenté de publier un article critique du gouvernement.
Depuis son arrestation, sa famille n’a aucune nouvelle de lui.

safe_image-1Shaker Aamer, résident britannique, est détenu depuis février 2002 à Guantánamo, sans inculpation ni procès. Son état de santé psychique et physique se dégrade de jour en jour suite aux tortures et mauvais traitements qu’il a subis. Il a été déclaré par deux fois « libérable » par les administrations Bush et Obama. Les demandes réitérées de rapatriement par le gouvernement britannique n’ont jamais abouti. Shaker Aamer est décrit par les autorités américaines comme un détenu « non conciliant », hostile à l’encontre des gardiens. Ses actes de protestation sur la base de Guantanamo semblent avoir attisé l’animosité des gardes et de l’administration pénitentiaire. Il est en effet un des organisateurs des grèves de la faim contre les conditions de détention. Les autorités ont d’ailleurs imposé à ces détenus une nutrition forcée, par sonde nasale, deux fois par jour, attachés sur une chaise de contrainte.

Pour Amnesty International, tous les détenus doivent être libérés immédiatement ou bénéficier d’un procès équitable dans les plus brefs délais.

images-2Inde : Dans la nuit du 2 décembre 1984, une fuite de gaz toxique se produit dans une usine américaine de pesticides, à Bhopal. Près de 10 000 personnes trouveront la mort dans les heures qui suivent. Ce bilan est aujourd’hui de 22 000 morts et plus de 570 000 personnes ont continué d’être exposées à de fortes concentrations de gaz toxiques Le site n’a toujours pas été nettoyé et aucune véritable enquête n’a été menée sur les causes de la fuite et ses conséquences. Les survivants attendent que justice leur soit rendue.

Les responsabilités des gouvernements et des entreprises 

Au moment de la catastrophe, l’usine de Bhopal était détenue par une filiale indienne d’Union Carbide Corporation (UCC), une multinationale basée aux Etats-Unis. En 2001, UCC a été rachetée par l’entreprise américaine Dow Chemical. Depuis ce rachat, Dow soutient qu’elle est une entité distincte d’UCC et qu’elle ne peut donc être tenue pour responsable de la catastrophe de Bhopal. Elle n’a toujours pas contraint sa filiale à se soumettre aux poursuites judiciaires en cours devant un tribunal à Bhopal. Seuls des dirigeants indiens d’UCC ont été condamnés en Inde, et encore, 26 ans après les faits.

Cas de violation des DESC en Inde : l’entreprise Vedanta

mars 3, 2010

Amnesty International se bat aussi aux côtés des populations dont les Droits Economiques, Sociaux et Culturels sont bafoués. Et dans ce combat, la cible n’est pas seulement les autorités d’un pays mais aussi parfois des acteurs économiques.

Ainsi par exemple, dans l’État d’Orissa, en Inde, la compagnie Vedanta, basée au Royaume-Uni, menace la santé de la population locale et son accès à l’eau. Amnesty International considère que le gouvernement indien doit immédiatement retirer l’autorisation accordée au vaste projet minier de cette compagnie tant que les droits humains ne seront pas respectés : droit à la la santé et à des moyens de subsistance, mais aussi au respect de son identité culturelle.

Regardez cette vidéo qui donne la parole à la communauté indigène menacée par le projet de Vedanta  :



COMMENT A TRAVAILLÉ AMNESTY INTERNATIONAL ?

Comme toujours, Amnesty International se caractérise par ce couplage recherche/action. Dans ce cas précis, le rapport d’Amnesty International s’appuie sur plus de 18 mois de recherche, trois missions ayant notamment été menées sur le terrain dans la région de Lanjigarh et les collines de Niyamgiri en août 2008, février-mars 2009 et septembre 2009. Au cours de ces missions, les chercheurs d’Amnesty International ont réalisé des entretiens en tête à tête et organisé des groupes de discussion avec des hommes et des femmes de différents groupes, notamment les dalitset les adivasismajhis kondhs, dans huit villages des environs de Lanjigarh. Ils ont également organisé des groupes de discussion avec des hommes et des femmes dongrias kondhs dans 19 hameaux des collines de Niyamgiri, à proximité du site où la mine est prévue. Amnesty International a également obtenu des copies de tous les rapports du Comité de contrôle de la pollution de l’État d’Orissa établis entre juin 2006 (avant que la raffinerie ne commence ses essais opérationnels) et août 2009, qui sont analysés en détail dans le rapport d’Amnesty International. Le Comité de contrôle de la pollution a répertorié de nombreux cas où la société n’a pas mis en place des mesures satisfaisantes de contrôle de la pollution, et des cas récurrents de pollution de l’air et de l’eau causée par la raffinerie. Les chercheurs d’Amnesty International se sont également entretenus avec des groupes de la société civile basés à Delhi et dans l’Orissa. Ils ont rencontré divers responsables gouvernementaux, dont des représentants de l’administration du district et des membres du Comité de contrôle de la pollution de l’État d’Orissa.

LE RAPPORT :

Il apparaît clairement que les populations ont reçu des informations très insuffisantes ou trompeuses sur les répercussions que pourraient avoir les projets d’extension d’une raffinerie d’alumine et d’ouverture d’une mine de bauxite envisagés par des filiales de la compagnie Vedanta.

Aujourd’hui les gens vivent aux pieds d’une énorme raffinerie et de ses déchets ; ils respirent l’air pollué et ont peur de boire l’eau de la rivière, qui est l’une des principales sources d’eau de la région.
Malgré cela, Vedanta propose d’extraire de la bauxite des collines voisines de Niyamgiri.
Cette nouvelle mine menacerait l’existence même des Dongrias Kondhs, communauté indigène protégée.

Aucune évaluation indépendante et impartiale de l’impact que risque d’avoir le projet d’extension de la raffinerie et d’exploitation de la mine sur les droits humains et l’environnement n’a pas été entreprise.
Le gouvernement indien viole ainsi l’obligation, aux terme du droit international, de respecter, de protéger et de mettre en œuvre les droits humains, tels que les droits à l’eau et à la santé, ainsi que de protéger les droits des populations autochtones sur les terres et territoires qu’ils occupent traditionnellement.
«Nous habitons ici depuis des générations, comment le gouvernement peut-il simplement dire que cette terre est à eux et décider d’autoriser l’exploitation de la mine sans nous consulter ?»

AGISSEZ ! Signez la pétition adressée au Ministre de l’environnement et des forêts pour demander l’arrêt de ce projet :

http://www.amnesty.fr/index.php/agir/campagnes/exigeons_la_dignite/actions/inde_arreter_les_projets_de_mine_et_raffinerie_tant_que_les_droits_humains

_ne_sont_pas_respectes/petition_au_ministre_indien_de_l_environnement

Une femme du village de Kendugudha vivant à l?ombre de la raffinerie et de ses déchets

Une femme du village de Kendugudha vivant à l’ombre de la raffinerie et de ses déchets
© AI

Si vous voulez en savoir plus, lisez LE RAPPORT  « India: Don’t mine us out of existence: Bauxite mine and refinery devastate lives in India »
Index Number: ASA 20/001/2010 –  9 February 2010
(EN ANGLAIS)