Posts Tagged ‘impunité’

Résultats de la campagne « France, Destination Impunité » d’Amnesty à Paris 13

novembre 26, 2015

Après la conférence « Pas de Paix sans Justice » il était important  de mobiliser sur le terrain le public de l’Université Paris 13 sur cette campagne contre l’impunité : le 12 novembre, les membres de l’Antenne-Jeunes ont donc silloné le forum du campus de Villetaneuse à la rencontre des étudiants, afin de les informer sur une réalité méconnue, les failles de la législation française qui empêchent de poursuivre les auteurs des pires crimes internationaux, si d’aventure ils venaient séjourner en France.

Le second défi était d’amener le public à signer notre pétition. C’est là que nous avons pu mesurer l’importance de notre préparation, car il fallait être capable, en quelques minutes, de les sensibiliser suffisamment, de trouver les mots pour les convaincre de la nécessité de changer la loi, et d’appliquer vraiment le principe de « compétence universelle » pour assurer une justice internationale.

Beaucoup d’échanges, quelques confrontations avec des étudiants plus sceptiques, voire critiques de la Cour Pénale Internationale, mais dans l’ensemble, les personnes étaient tout d’abord étonnées et choquées d’apprendre l’inadéquation de notre système pour poursuivre ces criminels, et du coup désireuses d’apporter leur contribution au changement.

Bilan, 280 signatures ont été récoltées, et cerise sur la gâteau, une personne de plus a rejoint notre équipe  sur le champ !

Découvrez en images cette action :

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Campagne « France, Destination impunité », comment ça se prépare avec Amnesty à Paris 13 ?

novembre 8, 2015

Lors de sa conférence « Pas de Paix sans Justice » le 12 Octobre dernier à Paris 13, Aymeric Elluin n’avait pas manqué d’évoquer la France, notre belle patrie des droits de l’homme, pourtant destination de vacances idéale pour les pires ciminels au monde, auteurs de génocide, crimes de guerre ou crime contre l’humanité. Cet incroyable paradoxe allait être dénoncé dans une nouvelle campagne d’Amnesty International, intitulée « France, destination impunité » et lancée le 21 octobre. 

IMG_7492Message reçu par notre groupe « Amnesty à Paris 13 » – groupe bien étoffé depuis l’arrivée d’étudiants en Master 2 Coopération internationale et ONG ! Nous avons donc choisi de relayer cette campagne et programmé une réunion de préparation à notre première « opération signatures », dont la date avait été fixée au jeudi 12 novembre entre 12h et 14h30. Pour lancer la discussion, quoi de mieux que cette vidéo, à la fois drôle, décapante et très pédagogique ?

Cette vidéo, ainsi que le matériel d’action qui l’accompagne, nous ont inspiré des échanges nourris sur la meilleure façon d’aborder le public avec un thème relativement compliqué : comment le rendre accessible en quelques minutes, sachant que lorsque nous aborderons les étudiants ou membres du personnel pendant la pause déjeuner au forum, on ne pourra pas leur prendre trop de temps… Jusqu’où aller dans la vulgarisation, tout en respectant la nécessité d’être précis et exacts dans nos informations ? Quels exemples trouver pour rendre plus concrète cette situation, aussi aberrante soit-elle ? Sans doute Bachar el Assad, ou Omar Al Bashir, ou encore Kim Jong-un (même si pour l’instant, ils ne sont jamais venus faire un séjour en France)… Et puis, par où commencer, comment « accrocher » ? Le plus simple semble être d’utiliser le fait qu’il s’agit de la France et que l’on s’adresse à des citoyens français, et de privilégier l’angle de la contradiction flagrante entre l’idée de patrie des droits de l’homme et une telle impunité pour les auteurs de crimes les plus horribles qui soient.

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IMG_7490Nous avons déployé, d’abord tous ensemble, l’argumentaire pour convaincre le public du bien-fondé d’une telle campagne : l’explication des failles dans la législation française, qui empêchent la compétence universelle de s’exercer et bloquent donc les poursuites de ces « crapules » (pour reprendre la terminologie de la vidéo) qui décideraient de passer leurs vacances chez nous ;  puis, nous nous sommes appropriés le texte de la pétition adressée à Manuel Valls, dans laquelle Amnesty International demande 2 choses :  premièrement de faire inscrire à l’assemblée nationale une loi qui pourrait déjà combler 3 de ces failles, la loi proposée par le sénateur Jean-Pierre Sueur et déjà votée au Sénat en 2013 ; et deuxièmement, que cette loi soit amendée pour remettre en cause le « monopole du Parquet », qui empêche les victimes de crimes internationaux de porter plainte elles-mêmes.

Une fois que nous nous sommes sentis plus en confiance, nous avons commencé à pratiquer des jeux de rôles, non seulement sur cette thématique particulière, mais aussi sur comment convaincre quelqu’un de signer une pétition en général. Malgré la gravité du sujet, ceci a été l’occasion de mettre une sacrée bonne ambiance dans le groupe et de bien rire aussi, comme en témoignent ces photos.

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Rendez-vous au forum du campus Villetaneuse ce jeudi 12 novembre à partir de midi, et faisons en sorte de ne revenir avec aucune feuille de pétition vide ! 🙂

IMG_7510Cécile Coudriou

Conférence « Pas de Paix sans Justice » avec « Amnesty à Paris 13 »

octobre 23, 2015

affiche-Le Lundi 12 Octobre se tenait, à l’université Paris 13 Villetaneuse, une conférence sur le thème de la Justice Internationale. Cet événement était organisé par l’Antenne-jeunes d’Amnesty International à Paris 13 et l’association des étudiants en Science Politique, spécialité « Études stratégiques », « Les Petits Stratèges » (http://www.petits-strateges.org/), dans le cadre des initiatives pour la paix et la non-violence du Conseil départemental de Seine Saint-Denis à l’occasion de la journée mondiale pour la paix.

Le titre, « Pas de Paix sans Justice », indiquait l’angle choisi pour cette conférence : le système de justice internationale comme facteur de paix, l’importance de  la lutte contre l’impunité, pour que soient jugés et punis les auteurs présumés des crimes les plus graves, crimes de guerre, crime contre l’humanité, génocide. Pour nous en parler, l’université de Paris 13 a accueilli Aymeric Elluin, chargé de campagne « Armes et Impunité » à Amnesty International France, ainsi qu’Alina Miron, maître de conférences en Droit International et avocate à la Cour Internationale de Justice.

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Nos deux intervenants ont souligné en quoi la lutte contre l’impunité était une condition indispensable au rétablissement d’une paix durable et solide. En effet, comment un peuple peut-il se reconstruire si les responsables des pires crimes sont toujours en liberté ? Nous avons évoqué par exemple le cas de l’Indonésie où les victimes côtoient tous les jours leurs anciens agresseurs et par conséquent continuent d’avoir peur de s’exprimer.

Nous avons vu également, à travers plusieurs exemples africains tels que la Côte d’Ivoire, le Rwanda, ou encore le Tchad avec le procès d’Issène Habré, à quel point le système de Justice Internationale était encore perfectible. C’est une construction au long cours, faite d’avancées, d’espoirs mais aussi de déceptions, et à chaque étape, depuis la mise en place de la Cour Pénale Internationale, en passant par les Tribunaux spéciaux internationaux et jusqu’à la création d’une juridiction panafricaine et ses CAE (Chambres africaines extraordinaires), des ONG telles qu’Amnesty International peuvent jouer un rôle pour contribuer à apporter des améliorations et rendre cette justice réellement efficace.

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Une bonne quarantaine d’étudiants ont assisté à cette conférence et ont participé activement au débat qui s’en est suivi. Des interrogations ont été soulevées, comme par exemple sur les risques d’instrumentalisation de la Cour Pénale Internationale ou sur le financement des Chambres Africaines Extraordinaires. D’autres questions ont été posées à nos deux intervenants sur le concept de « compétence universelle », le risque du « 2 poids, 2 mesures » entre l’Afrique et le reste du monde. Enfin, le débat a aussi porté sur le cas de la France qui laisse des criminels de guerre se promener librement sur son territoire sans que rien ne soit fait pour les arrêter. Comment est-ce possible ? À cause des 4 « verrous » qui bloquent le mécanisme de « compétence universelle » grâce auqiel on devrait pouvoir poursuivre ces criminels où qu’ils se trouvent. Ce sont ces verrous que la proposition de loi dite « Sueur », du nom du Sénateur Jean-Pierre Sueur, vise à faire sauter. Seulement voilà, cette loi n’est toujours pas inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale après avoir été adoptée au Sénat il y a deux ans déjà, et c’est d’ailleurs là tout l’enjeu de la campagne de rentrée d’Amnesty International France, « France, destination l’impunité » à laquelle participera très prochainement l’Antenne-jeunes d’Amnesty International à Paris 13.

Rendez-vous début novembre pour cette prochaine mobilisation ! En attendant, découvrez la vidéo de cette conférence et d’une partie du débat :

Léa Antoni et Cécile Coudriou

Pour Noxolo, contre l’homophobie et l’impunité ! (Cécile Coudriou)

avril 24, 2013

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En ce lendemain d’une grande victoire pour l’égalité des droits en France, le vote solennel à l’Assemblée Nationale sur le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe, il faut aussi garder les yeux ouverts sur le reste du monde, et avoir à coeur d’exprimer une solidarité internationale envers des victimes d’homophobie, lesbophobie ou transphobie..

Ainsi, en Afrique du Sud, pourtant l’un des rares pays d’Afrique où l’homosexualité est légale, et le premier sur ce continent à avoir autorisé le mariage civil entre personnes de même sexe (en 2006), l’homophobie continue de faire des ravages, dans une impunité des plus choquantes.

C’est pourquoi Amnesty International France et les « Lesbiennes of Color » vous invitent à rendre hommage à Noxolo Nogwaza et à montrer votre soutien aux militantes lesbiennes sud-africaines qui luttent contre la violence des préjugés, l’indifférence et l’inaction de la police et de la justice.

Nous vous donnons rendez-vous à la Fontaine des Innocents (près des Halles à Paris) ce Mercredi 24 avril à 18 h, pour dire « Non à la lesbophobie ! Non à l’impunité ! »

2 ans déjà que cette jeune militante lesbienne sud-africaine de 24 ans, sortant d’une soirée chez des amis dans un township où elle vivait à l’est de Johannesburg, a été sauvagement battue, victime d’un viol dit correctif, et poignardée avant d’être jetée dans un fossé.

156759_South_Africa_LGBTI_rights_activist_with_rainbow_flagPourquoi un tel déchaînement de violence ? D’après les informations d’Amnesty International, Noxolo a été visée en raison de son orientation sexuelle et de son militantisme en faveur des des droits des personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexuées). Membre du Comité d’organisation de la marche des fiertés d’Ekurhuleni (EPOC), elle menait des actions éducatives et de sensibilisation, et cherchait à donner aux personnes LGBTI des moyens d’agir pour lutter contre les crimes de haine, le harcèlement et l’injustice. Elle était bien consciente des risques qu’elle prenait à vivre son homosexualité au grand jour à travers son activisme, mais elle ne voulait pas laisser ce climat d’homophobie et d’impunité l’empêcher d’être ce qu’elle était et de défendre ce en quoi elle croyait.

Depuis qu’elle a été tuée en avril 2011,  on ne peut pas dire que la police ait fait preuve de beacoup de zèle, ni même d’initiative… L’enquête n’a pas avancé et aucun responsable présumé n’a été traduit en justice. Cette indifférence ne fait qu’aggraver le climat d’homophobie déjà tellement présent dans la société et elle conduit aussi souvent les personnes LGBTI à hésiter à déposer plainte en cas d’agressions. Parfois, ce qui les attend est même pire que de l’indifférence: mépris, moqueries… une double peine, en somme. Depuis 2007, au moins dix cas de viols de lesbiennes suivis de meurtre ont été signalés dans des townships situés dans diverses parties du pays.

C’est pourquoi l’impunité de tels actes homophobes, lesbophobes ou transphobes doit être combattue avec la plus grande force, de l’intérieur du pays mais aussi grâce à une pression internationale. Nous devons montrer avec Amnesty International un soutien sans faille aux personnes, comme les « Lesbians of Color », qui ont le courage de défendre leurs droits dans un tel climat de haine et d’insécurité. Rendre hommage à Noxolo, c’est bien sûr dénoncer le viol et le meurtre dont elle a été victime à cause de l’homophobie, mais c’est aussi lancer un appel à la justice et la police sud-africaines pour exiger une condamnation publique de cette homophobie ainsi qu’une enquête digne de ce nom pour retrouver les coupables et les juger.

Alors, on compte sur vous pour participer nombreux à ce rassemblement en hommage à Noxolo ce soir à 18h à la Fontaine des Innocents !

Retour sur la projection-débat « Torture Made in USA » à Paris 13

mars 14, 2012


Après plusieurs semaines de préparation, l’AJ de Paris 13 a eu le plaisir d’accueillir, lundi soir, une vingtaine d’étudiants et membres du personnel autour de la projection-débat « Torture made in USA », dans le cadre de la campagne d’Amnesty International « Pas de sécurité sans droits humains ».

Le documentaire de Marie-Monique Robin retrace l’engrenage qui a conduit les États-Unis, depuis le 11 septembre 2001, à progressivement légaliser les actes de torture dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. Dès le début, les vidéos amateurs des deux tours en train de s’effondrer posent le décor d’une époque où les sentiments d’horreur et de peur panique seront omniprésents dans le pays. Quelques jours plus tard, dans l’émotion, Dick Cheney tient à la télévision des propos qui paraîtront prophétiques : « Nous devons libérer de toute contrainte les services de renseignement pour qu’ils puissent conduire à leur mission. ». Par « contrainte », entendez ici les Conventions de Genève de 1949…

D’anciennes personnalités haut placées telles que l’ancien conseiller de Condoleeza Rice à la Maison Blanche, témoignent de décisions et de mémos internes à l’administration américaine, qui ont successivement repoussé les limites de la définition légale de la torture dans le but d’obtenir des informations des prisonniers présumés terroristes. Il était important de noter les résistances internes à ces décisions : Colin Powell, alors à la tête du Département d’État, s’était élevé contre. Il a alors été écarté de toutes décisions concernant ce sujet.

Le documentaire revient aussi sur le scandale d’Abou Ghraib qui a profondément choqué et mobilisé l’opinion publique, et pose la question de la responsabilité et de l’impunité. Seuls les militaires présents en Irak, considérés comme des « brebis galeuses », ont été sanctionnés. Pas une fois l’administration du « grand frère » Guantanamo n’a été inquiétée, alors que les preuves de traitements inhumains et dégradants dans le camp se sont accumulées. Impunité totale également, autour des restitutions de prisonniers, des présumés terroristes enlevés et envoyés en détention secrète sur des « sites noirs »

Le film a montré son efficacité en sensibilisant les étudiants à cette question et en provoquant des discussions riches en réflexion : comment la torture a été justifiée, mise en œuvre, et même encadrée par l’administration.  Nous avons également échangé sur les conséquences, notamment les conséquences psychologiques de la torture, non seulement sur les victimes mais aussi sur les bourreaux eux-mêmes.  Le débat a aussi permis de prolonger la remise en cause de l’argument de l’utilité de la torture  et d’évoquer les autres moyens légaux et plus efficaces pour obtenir des informations, comme l’infiltration.

Une étudiante s’est dite « déçue » par la politique américaine et l’impunité dont jouissent les responsables : comme en conclut le film, cette légalisation de la torture par les États-Unis, ces dérives dans la guerre contre le terrorisme, au mépris de toute convention internationale telle que la Convention contre la Torture, ne feront qu’encourager d’autres pays à en faire autant et restera comme « une tâche sur le drapeau ». Comment une démocratie peut-elle être crédible lorsqu’elle dénonce des violations des droits humains à travers le monde alors qu’elle en commet par ailleurs dès qu’elle se sent menacée ?

Beaucoup de questions, et beaucoup d’échanges, à l’issue de cette projection, et nous remercions vivement les étudiants, membres du personnel du campus et membres de l’AJ qui y ont participé !

Camille Hervé

Campagne Russie, c’est parti !

février 6, 2010

Russie et droits humains

C’EST PARTI ! Amnesty International France compte profiter de l’attention médiatique accordée à l’Année croisée France Russie 2010 pour « imposer »  au programme officiel la question des droits humains en Russie et pour sensibiliser l’opinion publique française afin d’exercer des pressions sur les autorités du pays.

Découvrez la vidéo de lancement de la campagne :

PREMIER AXE DE LA CAMPAGNE : DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS ET DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION :

Les défenseurs des droits humains et les personnes qui tentent d’obtenir justice auprès de la Cour Européenne des droits de l’Homme sont harcelés, plusieurs ont été torturés et tués.

Une loi très contraignante adoptée par la Douma, en décembre 2005, sur les activités des ONG travaillant sur le sol russe a été signée par le président Poutine. Cette loi prévoit la création d’une nouvelle agence chargée de l’enregistrement de ces organisations et de surveiller étroitement leur financement et leurs activités. Elle sera directement responsable devant le gouvernement et pourra décider si les ONG contrôlées sont une menace pour «la souveraineté de la Russie, l’indépendance, l’intégrité territoriale, l’unité et l’originalité nationale, l’héritage culturel ou les intérêts nationaux». Des termes suffisamment flous pour prêter à toutes les interprétations !

Quant aux défenseurs qui travaillent pour la résolution du conflit en Tchétchénie, pour que les violences ne restent pas impunies il leur est tout simplement dangereux de parler. Des associations de parents de victimes se sont créées au fur et à mesure que les exactions se multipliaient, comme l’association ingouche de Magomed Moutsolgov « Mashr », elles sont régulièrement menacées.

Ceux qui dénoncent la situation dramatique de la Tchétchénie, ceux qui mènent des enquêtes sur les violations des droits humains et ceux qui ont porté ou tenté de porter plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme ont été ou sont de plus en plus menacés ou victimes de violations.

DEUXIÈME AXE : RACISME ET DISCRIMINATION

Pendant ces dernières années, de nombreux groupes racistes se sont développés et agissent dans un climat d’impunité généralisée. Des membres de minorités ethniques ou nationales ainsi que des demandeurs d’asile et des étudiants étrangers sont la cible d’agressions et de meurtres. Les responsables, quand ils sont jugés, sont accusés d’hooliganisme, c’est-à-dire de « violation flagrante de l’ordre public exprimant un irrespect manifeste de la société accompagné de l’utilisation d’armes ou d’objets utilisés comme armes » d’après le Code pénal. Le caractère raciste de ces agressions n’est que très rarement reconnu.

Selon l’ONG russe spécialisée dans la recherche sur le nationalisme et la xénophobie SOVA durant les 8 premiers mois de 2009 au moins 44 personnes sont mortes et 246 ont été blessées dans des attaques racistes.

TROISIÈME AXE : LE CAUCASE NORD ET LE CONFLIT TCHÉTCHÈNE

Le conflit en Tchétchénie continue à donner lieu à un grand nombre de « disparitions », d’homicides, d’actes de torture et de mauvais traitement.

Ces crimes sont souvent commis lors d’opérations ciblées menées par les forces fédérales russes, et surtout par les « kadyrovtsy », les milices de Ramzan Kadyrov, le Président pro-russe de Tchétchénie.

Durant les deux guerres la Tchétchénie a particulièrement souffert des rafles de villages entiers dans des proportions effrayantes, les personnes raffles subissaient des tortures et généralement disparaissaient. Aujourd’hui les rafles massives n’ont plus lieu mais les disparitions continuent.

Un des drames aujourd’hui c’est que les disparitions sont de plus en plus ciblées donc plus discrètes, que les victimes témoignent de moins en moins par peur des représailles, qu’elles sont le fait le plus souvent des milices tchétchènes et qu’elles ont lieu maintenant dans beaucoup de régions du Caucase, en particulier en Ingouchie et au Daghestan.

L’impunité est quasi générale.

En revanche, la Cours Européenne des droits de l’homme a reconnu la Russie responsable de graves atteintes aux droits humains en Tchétchénie, d’ exécutions, d’actes de torture, de disparitions forcées ainsi que de ne pas avoir enquêté de façon appropriée sur ces crimes. Elle a, par ailleurs, confirmé le caractère systématique des violations des droits humains perpétrées en Tchétchénie.

QUATRIÈME AXE DE CAMPAGNE : TORTURE ET MAUVAIS TRAITEMENT

La pratique de la torture et des autres formes de mauvais traitements est extrêmement répandue en Russie, elle est utilisée de manière routinière au sein des postes de police, des centres de détention officiels et non-officiels, des colonies pénitentiaires ou de l’armée. Les « aveux » obtenus par la force ont beau être illégaux, il est fréquent qu’ils soient reconnus comme éléments de preuve par le juge. Dans les centres de détention du Caucase du Nord, le recours à des actes de torture et aux mauvais traitements est systématique et l’impunité générale. Les centres de détention secrets restent nombreux.

PREMIÈRE ACTION PROPOSÉE PAR AMNESTY INTERNATIONAL :

Amnesty International lance, dans le cadre de sa campagne pour le respect des droits humains en Russie, une pétition générale durant toute l’année France-Russie 2010.

Notre but est de récolter 100000 signatures que nous enverrons aux autorités russes via son ambassade à Paris en fin d’année.

Nous comptons sur votre participation massive afin d’atteindre ce chiffre.

Nous demandons au Président Medvedev de garantir le respect de l’état de droit et d’assurer la protection de la société civile.

Nous lui demandons aussi que son gouvernement prenne des mesures concrètes pour appliquer les traités internationaux que la Russie a signés.

SIGNEZ DIRECTEMENT EN LIGNE ET FAITES SIGNER AU PLUS GRAND NOMBRE !

http://www.amnesty.fr/index.php/agir/actions_en_cours/federation_de_russie/actions_sur_la_russie/appel_au_president_russe_sur_la_situation_des_droits_humains_en_russie/petition_au_president_medvedev

Pour en savoir plus, lisez cet ouvrage :

Droits humains en Russie : Résister pour l’état de droit
Amnesty International
Avec la participation de Galia Ackermann, Marie Jégo, Natalie Nougayrède, Alexandre Vinnikov
Editions AUTREMENT – Collection Frontières (Format : 150 x 230 Pages : 128 pages)
Prix : 10 €, en libraire ou à commander directement en ligne :

http://www.boutique.amnesty.fr/droits-humains-en-russie-resister-pour-l-etat-de-droit.html