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Amnesty à Paris 13 contre la peine de mort

novembre 23, 2017

Novembre est un mois de mobilisation mondiale contre la peine de mort, notamment avec l’opération « Villes pour la vie, Villes contre la peine de mort », à laquelle Amnesty International s’associe toujours (http://www.worldcoalition.org/fr/cities.html). En ce Jeudi 16 Novembre, c’était donc une belle occasion pour « Amnesty à Paris 13 » de lancer sa première action de l’année au forum du campus de Villetaneuse pour sensibiliser le grand public à la question de l’abolition : au programme, une exposition très pédagogique sur ce thème, un stand où documentation et pétitions étaient proposées au public, et une action en « binômes mobiles », des membres de l’Antenne-Jeunes qui, arborant les dossards jaunes d’Amnesty International, allaient à la rencontre des étudiants sur le forum et autour pour obtenir des signatures.

La première pétition concernait le Bénin et le sort de 14 personnes toujours dans le couloir de la mort et détenues dans des conditions déplorables, alors qu’un arrêt de la Cour constitutionnelle a été rendu en 2016 pour abolir dans les faits ce châtiment. Amnesty International demande donc une commutation en peine d’emprisonnement.

La seconde pétition demandait justice pour Ammar al Baluchi, un pakistanais enlevé et torturé parce que suspecté d’avoir participé à l’organisation des attentats du 11 Septembre. Emprisonné à Guantanamo depuis 2006, jugé par une commission militaire, il risque aujourd’hui la peine capitale. Nous demandons qu’il soit traduit en justice devant une cour civile et que la possibilité d’une condamnation à mort soit écartée.

L’exposition était là pour rappeler quelques faits concernant la peine de mort – quels modes d’exécution, pour quels crimes et délits ? – mais aussi pour exposer les principaux arguments en faveur de son abolition : la peine de mort viole l’un des droits fondamentaux – le droit à la vie – elle est inutile, injuste, arbitraire, elle tue des innocents. C’est un facteur de violence et un acte de vengeance, pas de justice. Il était important de rappeler tout cela car c’est encore un sujet qui divise et fait débat, même en France. D’ailleurs, la position d’Amnesty sur la peine de mort est l’un des rares cas où l’ONG va plus loin que la Déclaration universelle des droits de l’homme puisque seul le droit à la vie y est inscrit, sans mention explicite à l’interdiction de la peine de mort.

Nous n’avons pas commencé avec le sujet le plus facile, mais ce n’est pas sans préparation que nous nous sommes lancés dans cette action. C’est l’aboutissement de deux réunions, une première où nous avons fait un exercice de jeux de rôles autour de la signature de pétitions, et une deuxième où nous avons visionné cette vidéo intitulée « Voir pour comprendre… la peine de mort » qui nous a aidés a affuter nos arguments.

Une fois sur le terrain, nous avons donc eu moins de mal à convaincre les passants d’ajouter leur signature. Les personnes interpellées se montraient disponibles, à l’écoute de nos arguments, et nos demandes recevaient le plus souvent des réponses favorables. Quelques uns sont restés malgré tout convaincus que certains crimes les plus atroces méritent ce châtiment, ou qu’il fallait la maintenir, même sans l’appliquer, pour dissuader. Nous avons partagé notre conviction que cela ne résoudrait rien et qui sait, après ce premier échange, peut-être ces personnes poursuivront-elles  leur cheminement vers la même conclusion ?

La pétition concernant Ammar al Baluchi s’est avérée un peu plus difficile à faire signer, en raison du lien avec le terrorisme et les attentats du 11 septembre 2001, qui ont profondément marqué les esprits. On pouvait effectivement sentir une réticence chez certains à l’évocation de ce cas, comme une peur de défendre un terroriste. Mais le fait de pointer du doigt les actes de torture, les conditions de son emprisonnement, et l’absence d’un procès équitable en cour civile les rendaient déjà plus sensibles à notre plaidoyer. Il était aussi utile de préciser qu’Amnesty ne demande pas la libération de cet individu, mais simplement qu’il bénéficie d’un procès civil pour que la lumière soit faite sur son cas, et que la justice soit appliquée dans le respect des normes internationales.

On peut dire que cette opération fut un succès, car au bout de seulement une heure et demie, nous avions déjà recueilli près de 240 signatures. Ce nombre tout à fait honorable ira s’ajouter à celles que l’on pourra recueillir lors de la vente de calendriers Amnesty au restaurant du personnel la semaine prochaine, et surtout à des dizaines de milliers d’autres en France et ailleurs dans le monde, afin de faire résonner notre message encore plus fort, et de continuer à mettre en lumière ces cas de non-respect des droits humains.

N’hésitez surtout pas à rejoindre Amnesty International à Paris 13, nous continuons de nous retrouver tous les jeudis, de 13 heures à 14 heures en G102, pour agir au niveau local, au plus près des étudiants et personnels. Notre prochaine opération s’intitulera « 10 Jours Pour Signer », venez la découvrir et participer à son organisation !

Anis Harbi et Cécile Coudriou

« 10 jours pour signer » à l’Université Paris 13 : 6 situations de violations des droits humains

décembre 13, 2014

10365905_733313680080283_78041657012050801_nPour l’édition 2014 de lla mobilisation mondiale d’Amnesty International, « 10 jours pour signer », les étudiants de l’Université Paris 13 ont choisi de mettre en lumière 6 des 12 situations emblématiques de violations de droits humains à travers le monde. Pour les quatre premières il s’agissait de violation de la liberté d’expression et de faits de torture dans divers pays : Chine, Gambie, Émirats Arabes Unis et Syrie. La 5ème concernait un prisonnier de la tristement célèbre prison de Guantanamo. Enfin, la dernière illustrait la question de la responsabilité des entreprises en matière de droits humains, avec le 30ème anniversaire de la catastrophe de Bhopal en Inde.

Voici le résumé de chacune de ces situations de violations dénoncées par Amnesty international et pour lesquelles elle appelle tous les citoyens du monde entier à ouvrir les yeux et agir.

imagesEn Chine, Liu Ping :  a été arrêtée en avril 2013 après avoir organisé une manifestation dénonçant la corruption. Membre du Mouvement des nouveaux citoyens (MNC), elle militait pour plus de transparence gouvernementale. Cette mère de famille a été condamnée à une peine de six ans et demi de prison. Torturée pendant sa détention, elle n’a pas accès aux soins médicaux dont elle a besoin. Amnesty International la considère come une prisonière d’opinion et réclame sa libération imédiate et inconditionnelle.

safe_image-3Émirats rabes Unis, Mohammed al-Roken : il purge une peine de dix ans de prison à Dubaï. Cet éminent juriste figure parmi les 69 personnes condamnées, en juillet 2013, à des peines allant de sept à quinze ans au terme d’un procès politique. Mohammed al-Roken était harcelé depuis plusieurs années en raison de son engagement public pour les droits humains.

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Juwan Abd Rahman Khaled est un militant des droits des Kurdes en Syrie. Il a été arrêté le 3 septembre 2012, au cours d’une descente dans son quartier de la banlieue de Damas. Les forces de sécurité n’ont fourni aucun motif pour son arrestation, aucune information sur l’endroit où elles l’emmenaient, ni pour combien de temps. Depuis, sa famille tente de savoir où il se trouve. Détenu au secret, il risque de subir tortures et mauvais traitements.

safe_image-2En Gambie, il est très dangereux de s’exprimer.
Le 11 juillet 2006, Ebrima Manneh, jeune reporter de 28 ans, est arrêté sur son lieu de travail par des policiers en civil. Pour certains, son arrestation fait suite à un différend avec son rédacteur en chef, proche allié du président Yahya Jammeh. D’autres avancent qu’il a été arrêté pour avoir fourni à un journaliste étranger des informations jugées préjudiciables pour l’image du pays, avant le sommet de l’Union africaine à Banjul en juillet 2006. D’autres enfin expliquent qu’il aurait tenté de publier un article critique du gouvernement.
Depuis son arrestation, sa famille n’a aucune nouvelle de lui.

safe_image-1Shaker Aamer, résident britannique, est détenu depuis février 2002 à Guantánamo, sans inculpation ni procès. Son état de santé psychique et physique se dégrade de jour en jour suite aux tortures et mauvais traitements qu’il a subis. Il a été déclaré par deux fois « libérable » par les administrations Bush et Obama. Les demandes réitérées de rapatriement par le gouvernement britannique n’ont jamais abouti. Shaker Aamer est décrit par les autorités américaines comme un détenu « non conciliant », hostile à l’encontre des gardiens. Ses actes de protestation sur la base de Guantanamo semblent avoir attisé l’animosité des gardes et de l’administration pénitentiaire. Il est en effet un des organisateurs des grèves de la faim contre les conditions de détention. Les autorités ont d’ailleurs imposé à ces détenus une nutrition forcée, par sonde nasale, deux fois par jour, attachés sur une chaise de contrainte.

Pour Amnesty International, tous les détenus doivent être libérés immédiatement ou bénéficier d’un procès équitable dans les plus brefs délais.

images-2Inde : Dans la nuit du 2 décembre 1984, une fuite de gaz toxique se produit dans une usine américaine de pesticides, à Bhopal. Près de 10 000 personnes trouveront la mort dans les heures qui suivent. Ce bilan est aujourd’hui de 22 000 morts et plus de 570 000 personnes ont continué d’être exposées à de fortes concentrations de gaz toxiques Le site n’a toujours pas été nettoyé et aucune véritable enquête n’a été menée sur les causes de la fuite et ses conséquences. Les survivants attendent que justice leur soit rendue.

Les responsabilités des gouvernements et des entreprises 

Au moment de la catastrophe, l’usine de Bhopal était détenue par une filiale indienne d’Union Carbide Corporation (UCC), une multinationale basée aux Etats-Unis. En 2001, UCC a été rachetée par l’entreprise américaine Dow Chemical. Depuis ce rachat, Dow soutient qu’elle est une entité distincte d’UCC et qu’elle ne peut donc être tenue pour responsable de la catastrophe de Bhopal. Elle n’a toujours pas contraint sa filiale à se soumettre aux poursuites judiciaires en cours devant un tribunal à Bhopal. Seuls des dirigeants indiens d’UCC ont été condamnés en Inde, et encore, 26 ans après les faits.

Retour sur la projection-débat « Torture Made in USA » à Paris 13

mars 14, 2012


Après plusieurs semaines de préparation, l’AJ de Paris 13 a eu le plaisir d’accueillir, lundi soir, une vingtaine d’étudiants et membres du personnel autour de la projection-débat « Torture made in USA », dans le cadre de la campagne d’Amnesty International « Pas de sécurité sans droits humains ».

Le documentaire de Marie-Monique Robin retrace l’engrenage qui a conduit les États-Unis, depuis le 11 septembre 2001, à progressivement légaliser les actes de torture dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. Dès le début, les vidéos amateurs des deux tours en train de s’effondrer posent le décor d’une époque où les sentiments d’horreur et de peur panique seront omniprésents dans le pays. Quelques jours plus tard, dans l’émotion, Dick Cheney tient à la télévision des propos qui paraîtront prophétiques : « Nous devons libérer de toute contrainte les services de renseignement pour qu’ils puissent conduire à leur mission. ». Par « contrainte », entendez ici les Conventions de Genève de 1949…

D’anciennes personnalités haut placées telles que l’ancien conseiller de Condoleeza Rice à la Maison Blanche, témoignent de décisions et de mémos internes à l’administration américaine, qui ont successivement repoussé les limites de la définition légale de la torture dans le but d’obtenir des informations des prisonniers présumés terroristes. Il était important de noter les résistances internes à ces décisions : Colin Powell, alors à la tête du Département d’État, s’était élevé contre. Il a alors été écarté de toutes décisions concernant ce sujet.

Le documentaire revient aussi sur le scandale d’Abou Ghraib qui a profondément choqué et mobilisé l’opinion publique, et pose la question de la responsabilité et de l’impunité. Seuls les militaires présents en Irak, considérés comme des « brebis galeuses », ont été sanctionnés. Pas une fois l’administration du « grand frère » Guantanamo n’a été inquiétée, alors que les preuves de traitements inhumains et dégradants dans le camp se sont accumulées. Impunité totale également, autour des restitutions de prisonniers, des présumés terroristes enlevés et envoyés en détention secrète sur des « sites noirs »

Le film a montré son efficacité en sensibilisant les étudiants à cette question et en provoquant des discussions riches en réflexion : comment la torture a été justifiée, mise en œuvre, et même encadrée par l’administration.  Nous avons également échangé sur les conséquences, notamment les conséquences psychologiques de la torture, non seulement sur les victimes mais aussi sur les bourreaux eux-mêmes.  Le débat a aussi permis de prolonger la remise en cause de l’argument de l’utilité de la torture  et d’évoquer les autres moyens légaux et plus efficaces pour obtenir des informations, comme l’infiltration.

Une étudiante s’est dite « déçue » par la politique américaine et l’impunité dont jouissent les responsables : comme en conclut le film, cette légalisation de la torture par les États-Unis, ces dérives dans la guerre contre le terrorisme, au mépris de toute convention internationale telle que la Convention contre la Torture, ne feront qu’encourager d’autres pays à en faire autant et restera comme « une tâche sur le drapeau ». Comment une démocratie peut-elle être crédible lorsqu’elle dénonce des violations des droits humains à travers le monde alors qu’elle en commet par ailleurs dès qu’elle se sent menacée ?

Beaucoup de questions, et beaucoup d’échanges, à l’issue de cette projection, et nous remercions vivement les étudiants, membres du personnel du campus et membres de l’AJ qui y ont participé !

Camille Hervé

Opération choc sur Guantanamo à Paris 13 !

mars 12, 2012

Des prisonniers en liberté sur le campus ? Avec des tracts pour une séance de ciné ?!

En ce début du mois de mars, vous avez peut-être croisé, dans les couloirs du campus, des silhouettes  portant les combinaisons orange des prisonniers américains… Pas de panique, aucun tueur sanguinaire en liberté dans l’UFR… Seulement les jeunes de l’AJ du campus qui font parler de la projection-débat de ce lundi soir ! Le thème ? La « torture made in USA ».

Bon, on ne vous cache pas que, la semaine dernière, quand Cécile nous a annoncé à la fin d’une de nos réunions d’un-jeudi-sur-deux qu’elle avait réussi à dégoter des costumes pour rendre plus visible notre action sur Guantanamo, on s’est regardés genre « aie, on va s’afficher, là… ». Mais finalement, une fois la première appréhension passée, se balader en combi fluo dans la fac en distribuant des tracts et en discutant avec les gens, ça a quelque chose de surréaliste pas désagréable… surtout quand on croise nos potes, les profs, et même le président Salzmann, qui a posé pour une photo avec nous ! Et puis c’est quand même plus sympa et plus original que les annonces en amphi non ? C’est pas parce qu’on travaille sur des tragédies qu’on peut pas le faire dans un minimum de bonne humeur, pas vrai ?

Au final, plein de monde venait nous voir, prenait volontiers un tract, et même parfois proposait de rejoindre l’AJ pour organiser à leur tour des sorties, concerts, projections,… en rapport avec la défense des droits humains.

Bref, après quelques photos pour immortaliser tout ça, direction la salle C105, réservée pour l’occasion, histoire de préparer les micros et le vidéoprojecteur pour la séance de ce soir.

(article de Jordael Grimaldi)

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Projection-Débat « Torture Made in USA » à l’Université Paris 13

mars 8, 2012

Pour illustrer la campagne d’Amnesty International « Pas de sécurité sans Droits Humains », et participer activement à la sensibilisation du grand public aux dérives de la lutte contre le terrorisme, l’Antenne-Jeunes de Paris 13 a décidé de proposer sur le campus de Villetaneuse une projection du film « TORTURE MADE IN USA » suivie d’un débat, le lundi 12 Mars à 17h.(salle C 105, UFR Communication)

Le film est un documentaire d’investigation de Marie-Monique Robin (diffusé sur ARTE en juin 2011) qui s’appuie sur des archives inédites d’auditions parlementaires ainsi que des interviews exclusives de grands témoins, tels que :
– le Général Ricardo Sanchez, ancien chef des forces de la coalition en Irak,
– Michel Scheuer, concepteur du programme des détentions secrètes de la CIA,
– Matthew Waxman, ancien conseiller de Condoleeza Rice à la Maison Blanche,
– Larry Wilkerson, ancien chef de cabinet de Colin Powell

Il montre que, dès septembre 2001, le vice-président Dick Cheney a piloté un programme secret, destiné à légaliser la torture en violation des lois américaines et internationales. On y découvre aussi que pour se protéger d’éventuelles poursuites judiciaires, l’administration Bush a fait appel à des juristes pour trouver les arguments juridiques nécessaires permettant l’usage de la torture.

Ce film décortique «la machine » qui a conduit la « plus grande démocratie du monde » à légitimer et utiliser massivement et systématiquement la torture à Guantanamo et en Irak notamment. Il montre également que ce programme de torture a généré des résistances au sein du département d’Etat, mais aussi chez les chefs militaires, attachés aux conventions de Genève.

L’objectif de l’Antenne-Jeunes à travers cette projection-débat est double : d’une part informer sur la situation particulière des prisonniers à Guantanamo, les mesures prises au plus haut niveau du gouvernement Bush et les violations de droits fondamentaux qui s’en sont suivies. Pour préparer cette partie du débat, nous avons pu bénéficier du document « Questions-réponses » préparé par Amnesty International (Merci à Nathalie Berger, responsable de la coordiantion USA d’AIF, et à Hélène Desodt responsable de la campagne « Pas de sécurité sans Droits humains » !). D’autre part, nous avons pensé que ce film, au-delà de l’aspect informatif sur les violaions du droit international et des droits humains, serait un excellent outil pour amener le public à élargir sa réflexion sur le thème plus global de la torture, de la façon dont on la définit, et du risque pour bien des citoyens de faire insidieusement bouger les lignes, notamment dans des contextes spécifiques où une population se sent menacée.

Nous espérons que vous serez nombreux à avoir envie de venir partager ce moment de réflexion et d’échanges, rendez-vous donc lundi 12 à 17h en Salle C 105 !

Les messages clés d’Amnesty International concernant Guantanamo

février 26, 2012

Le début de l’année 2012 est marqué par les 10 ans de l’ouverture du centre de détention de Guantanamo, qui n’est que la partie émergée d’un iceberg de violations des droits humains commises par les Etats-Unis, avec l’appui de pays tiers dont les pays européens, au nom de la « guerre contre le terrorisme ».

Voici les messages clés d’Amnesty International, que l’Antenne-Jeunes de Paris 13 va s’efforcer de faire passer auprès des étudiants et personnels de l’université :
– Guantanamo symbolise une décennie de violations des droits humains
– Le président des États-Unis Barack Obama et son gouvernement ont la possibilité de remédier aux atteintes portées aux droits humains résultant des pratiques autorisées et justifiées par l’ancien président et son administration, mais, à ce jour, seules quelques timides avancées ont été constatées.

Amnesty International demande donc au gouvernement américain:

– L’abandon des commissions militaires au profit de procès équitables devant les cours de justice fédérales, sans requérir la peine de mort
– La libération immédiate, y compris sur le territoire américain, des détenus que l’administration n’entend pas poursuivre.
– L’abandon de la détention illimitée des 48 détenus déclarés non jugeables et non libérables par l’administration Obama.
– L’accès aux mêmes droits que ceux de Guantanamo pour les détenus de Bagram
– L’abandon du concept de guerre globale contre le terrorisme, réaffirmé par le gouvernement et validé par une large part du Congrès et de la Cour Suprême
– La mise en place une commission d’enquête indépendante sur tous les aspects des pratiques d’interrogatoires et de détentions, depuis le 11 septembre 2001, et sur les actes commis par ceux agissant pour ou au nom des Etats-Unis en particulier sur la
torture et les disparitions forcées
– Le respect des obligations des Etats-Unis au regard du droit international en traduisant en justice tous les auteurs de violations passées et en s’assurant que toutes les victimes aient accès à des réparations.

Amnesty International demande également :
– A tous les pays ayant ratifiée la Convention contre la Torture, d’arrêter et de poursuivre ou d’extrader toute personne ayant joué un rôle dans des actes de torture si elle se présente sur leur territoire y compris l’ancien président G.W. Bush
– Aux pays européens de diligenter des enquêtes impartiales, indépendantes et exhaustives sur leur rôle dans les opérations réalisées par la CIA sur leur territoire et de traduire en justice les auteurs des violations passées..

Il faut également rappeler que depuis près de 40 ans, Amnesty International oeuvre à l’abolition de la torture et des mauvais traitements partout dans le monde, et a joué également un rôle important dans l’élaboration et l’adoption des normes juridiques nationales et internationales interdisant la torture et les mauvais traitements.

Amnesty International continue à dénoncer dans sa campagne intitulée : « Pas de sécurité sans droits humains » les gouvernements qui violent les droits humains au nom de la sécurité nationale et de la lutte contre le terrorisme. Elle exige que les responsables répondent de leurs actes. Cette campagne est aussi menée en faveur des droits des victimes, tant de violations commises par des États que d’attaques menées par des groupes armés.

GUANTANAMO, quelques rappels avant notre prochaine action

février 25, 2012

A l’occasion des 10 ans du centre Guantanamo, et de la sortie du rapport d’Amnesty International intitulé « Guantánamo: A Decade of Damage to Human Rights », l’Antenne-Jeunes de Paris 13 a choisi pour sa prochaine action de mettre en lumière les dérives de la lutte contre le terrorisme.

Tout d’abord, un rappel des faits et de la position d’Amnesty International :

Ce centre de détention, établi quatre mois après les attentats du 11 septembre sur une base navale américaine à Cuba, est devenu un symbole de torture et de mauvais traitements.

Malgré la promesse faite par le président Barack Obama de fermer le centre de détention de Guantánamo avant le 22 janvier 2010, 171 hommes y étaient toujours incarcérés à la mi-décembre 2011. Au moins 12 prisonniers transférés à Guantánamo le 11 janvier 2002 y sont toujours détenus. L’un d’entre eux purge une peine de réclusion à perpétuité après avoir été déclaré coupable par une commission militaire en 2008. Les 11 autres n’ont toujours pas été inculpés.

Le gouvernement de Barack Obama – en fait de larges sections des trois branches du gouvernement fédéral – ont adopté le cadre de la « guerre » mondiale mis en place sous le gouvernement de George W. Bush. Le gouvernement a ainsi affirmé en janvier 2010 qu’une cinquantaine de détenus de Guantánamo ne pouvaient être ni inculpés ni libérés, mais devaient être maintenus en détention militaire pour une durée indéterminée, sans inculpation ni jugement, au titre de l’interprétation unilatérale que font les États-Unis des lois de la guerre.

Parmi les prisonniers qui y sont toujours incarcérés, certains ont été victimes aux mains des États-Unis d’actes de torture et de disparitions forcées avant d’être transférés à Guantánamo. L’obligation de rendre des comptes n’a pas ou presque été mise en œuvre pour ces crimes relevant du droit international commis dans le cadre d’un programme de détentions secrètes ayant reçu l’aval du président.  Le gouvernement américain a systématiquement bloqué les démarches d’anciens détenus visant à obtenir des réparations pour ces violations des droits humains.

En 10 ans, seul un des 779 détenus incarcérés à la base a été transféré aux États-Unis pour être jugé devant un tribunal fédéral de droit commun. D’autres ont comparu devant des commissions militaires dans le cadre de procès iniques. Le gouvernement a aujourd’hui l’intention de requérir la peine de mort contre six détenus jugés dans ces conditions.

Le gouvernement de Barack Obama fait porter la responsabilité de son incapacité à fermer Guantánamo sur le Congrès, qui n’a pas veillé, il est vrai, à ce que les États-Unis respectent les principes internationaux relatifs aux droits humains dans ce contexte.

Aux termes du droit international, ni le droit national ni la politique ne peuvent être invoqués pour justifier le fait de ne pas honorer les obligations inscrites dans les traités. Une branche du gouvernement ne saurait faire porter le chapeau à une autre pour les manquements d’un pays envers les droits humains. Le droit international exige de trouver des solutions, pas des excuses.

Pour conclure ce rappel, voici une vidéo de l’action organisée par Amnesty International France pour réclamer la fermeture de Guantanamo :