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 » Amnesty à Paris13  » contre la peine de mort

mars 14, 2014

Les préparatifs s’intensifient car la date de notre prochaine action approche à grands pas : Le 21 mars « Amnesty à Paris 13 » se mobilise contre la peine de mort :

Tout d’abord, entre midi et 14 heures au forum de Villetaneuse un « happening »  mettra en scène le combat d’Amnesty International contre la peine de mort mais chut, on n’en dit pas plus pour préserver l’effet de surprise… Notre objectif est d’interpeller les étudiants et personnels de l’université, de provoquer l’échange juste après la scène dont les personnes auront été témoins.

Au-delà de ce premier échange – qui sera filmé pour ceux qui accepteront de prêter leur image – l’idée est de les inviter à aller plus loin, en prenant le temps de regarder l’exposition qui sera installée au forum et en participant à la projection-débat sur le documentaire « Une Peine Infinie »  qui commencera à 14h en C 102 (UFR Communication) :

En 1985, Sean Sellers âgé de 16 ans, était condamné à la peine de mort pour avoir assassiné sa mère, son beau-père et un commerçant.  13 ans plus tard, malgré les nombreuses protestations internationales et le fait qu’il ait été déclaré mentalement déficient, il est exécuté en Oklahoma. Dix ans après, le réalisateur David André a retrouvé tous les protagonistes de l’affaire et offre un éclairage inédit sur la peine de mort aux Etats-Unis (particulièrement sur les familles de victimes).

Affiche Peine de mort

Alors, quelle que soit votre opinion actuelle sur ce thème de la peine de mort, n’hésitez pas à venir débattre avec nous, et venez découvrir les actions qu’Amnesty International mène pour l’abolition de la peine de mort.

Voici le lien vers l’événement que nous avons créé sur Facebook :

https://www.facebook.com/events/673201866050040/?ref_dashboard_filter=upcoming

Et voici une première vidéo dans laquelle chacun explique « Pourquoi je suis contre la peine de mort » :

« La Parade », ou le rire contre l’homophobie (Tribune de Cécile Coudriou)

janvier 17, 2013

La haine de l’autre, la haine de tous les autres, la haine indifférente de toutes les différences… Avec « La Parade », Srdjan Dragojevic nous plonge, une fois de plus, dans la réalité contemporaine de l’ex-Yougoslavie, une triste réalité. Cécile Coudriou, vice-présidente d’Amnesty International France, a accepté d’évoquer pour JOL Press ce film et l’engagement d’Amnesty International contre toutes les homophobies et tous les nationalismes.

cecile_coudriou_tribune_la_parade

C’est en quelque sorte en « avant-avant-première » que j’ai eu l’occasion de découvrir le film « La Parade », dans le cadre du festival Cinéma et Droits humains à Paris, organisé par les militants d’Amnesty International en novembre dernier. Coup de projecteur sur toutes sortes d’injustices et de violations des droits fondamentaux à travers le monde, le festival est placé sous le signe de l’indignation et de l’engagement. Inutile de dire que l’on ne s’attend pas particulièrement à rire…

Caricature, dérision, burlesque, les armes redoutables de Srdjan Dragojevic

Et pourtant, un soir, changement d’ambiance avec La Parade ! Dès les premières minutes du film, une salle hilare, vibrant et réagissant à chacune des péripéties d’une improbable rencontre : celle d’un groupe LGBTI* serbe, bien déterminé à braver l’homophobie et à organiser une Gay Pride (« Parada ») à Belgrade, avec des individus plus que patibulaires, dont l’esprit est encore bien englué dans le conflit d’ex-Yougoslavie, mais qui seront amenés à assurer la sécurité de la marche.

La caricature, la dérision et le ressort burlesque s’avèrent des armes de dénonciation redoutables pour le réalisateur Srdjan Dragojevic. Sa « Parada » ne prêche pas que les convaincus et peut entraîner un large public à faire bouger les lignes : si même des gangsters à ce point pétris de préjugés peuvent être ébranlés dans leurs convictions homophobes, il y a de l’espoir ! Pour autant, le film sait s’écarter de la comédie et n’occulte en rien les ravages de l’homophobie dans cette région du monde et notamment les violences qui accompagnent encore aujourd’hui les « Marches des fiertés ».

La violence homophobe en Europe centrale et orientale

Cette violence homophobe évoquée dans le film m’a rappelé celle que j’ai personnellement vécue lorsque j’ai participé à la Bratislava Pride en Slovaquie. J’étais membre de l’une des délégations qu’Amnesty International envoie chaque année pour soutenir les marches dites « à risques ». Ces marches, exposées à des violences de la part de mouvements radicaux homophobes, lesbophobes ou transphobes, à des actes d’agressions et d’intimidations, nécessitent un dispositif de sécurité particulier qui n’est pas toujours pris en compte par les gouvernements… Dans les pays d’Europe centrale et orientale, il y a parfois plus d’opposants à une marche que de manifestants ! En Ukraine, Russie ou en Moldavie, par exemple, les « Marches des fiertés » ne peuvent pas avoir lieu parce que les autorités du pays les ont interdites sous prétexte que les risques de violences sont trop importants.

Ce soutien sur le terrain accompagne notre travail de plaidoyer auprès des institutions et les pétitions que nous appelons tous les citoyens à signer, pour lutter contre les discriminations homophobes et défendre la liberté d’expression et de réunion.

Face aux hordes de néo-nazis nationalistes

Je ne suis pas près d’oublier le millier de manifestants à Bratislava faisant face à des hordes de néo-nazis nationalistes, heureusement cette fois tenues à l’écart par des policiers deux fois plus nombreux qu’eux et accompagnés de chiens ; pas près d’oublier non plus l’obligation de respecter des consignes de sécurité très strictes et de cacher tout drapeau ou badge arc-en-ciel dès la fin d’un parcours totalement balisé, pour éviter une agression… Comme m’ont semblé loin les « Marches des fiertés », certes revendicatives mais malgré tout festives, de Paris ou d’Amsterdam !

Alors oui, vous allez rire avec La Parade, rire beaucoup même, mais sachez que vous serez également émus par ces héros ordinaires qui doivent risquer jusqu’à leur vie simplement pour réclamer le respect de la différence.

Et peut-être penserez-vous à eux lors de la prochaine Gay Pride dans votre ville, ou encore lorsque vous serez témoin d’actes d’homophobie en France… La vigilance est toujours de mise, ici et ailleurs, et la route est encore longue vers une véritable égalité des droits des LGBTI. La Parade est un film nécessaire, à voir d’urgence.

*LGBTI : Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Transgenres ou Intersexuées

(publié le 15/1/2013)

Retour sur la projection-débat « Torture Made in USA » à Paris 13

mars 14, 2012


Après plusieurs semaines de préparation, l’AJ de Paris 13 a eu le plaisir d’accueillir, lundi soir, une vingtaine d’étudiants et membres du personnel autour de la projection-débat « Torture made in USA », dans le cadre de la campagne d’Amnesty International « Pas de sécurité sans droits humains ».

Le documentaire de Marie-Monique Robin retrace l’engrenage qui a conduit les États-Unis, depuis le 11 septembre 2001, à progressivement légaliser les actes de torture dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. Dès le début, les vidéos amateurs des deux tours en train de s’effondrer posent le décor d’une époque où les sentiments d’horreur et de peur panique seront omniprésents dans le pays. Quelques jours plus tard, dans l’émotion, Dick Cheney tient à la télévision des propos qui paraîtront prophétiques : « Nous devons libérer de toute contrainte les services de renseignement pour qu’ils puissent conduire à leur mission. ». Par « contrainte », entendez ici les Conventions de Genève de 1949…

D’anciennes personnalités haut placées telles que l’ancien conseiller de Condoleeza Rice à la Maison Blanche, témoignent de décisions et de mémos internes à l’administration américaine, qui ont successivement repoussé les limites de la définition légale de la torture dans le but d’obtenir des informations des prisonniers présumés terroristes. Il était important de noter les résistances internes à ces décisions : Colin Powell, alors à la tête du Département d’État, s’était élevé contre. Il a alors été écarté de toutes décisions concernant ce sujet.

Le documentaire revient aussi sur le scandale d’Abou Ghraib qui a profondément choqué et mobilisé l’opinion publique, et pose la question de la responsabilité et de l’impunité. Seuls les militaires présents en Irak, considérés comme des « brebis galeuses », ont été sanctionnés. Pas une fois l’administration du « grand frère » Guantanamo n’a été inquiétée, alors que les preuves de traitements inhumains et dégradants dans le camp se sont accumulées. Impunité totale également, autour des restitutions de prisonniers, des présumés terroristes enlevés et envoyés en détention secrète sur des « sites noirs »

Le film a montré son efficacité en sensibilisant les étudiants à cette question et en provoquant des discussions riches en réflexion : comment la torture a été justifiée, mise en œuvre, et même encadrée par l’administration.  Nous avons également échangé sur les conséquences, notamment les conséquences psychologiques de la torture, non seulement sur les victimes mais aussi sur les bourreaux eux-mêmes.  Le débat a aussi permis de prolonger la remise en cause de l’argument de l’utilité de la torture  et d’évoquer les autres moyens légaux et plus efficaces pour obtenir des informations, comme l’infiltration.

Une étudiante s’est dite « déçue » par la politique américaine et l’impunité dont jouissent les responsables : comme en conclut le film, cette légalisation de la torture par les États-Unis, ces dérives dans la guerre contre le terrorisme, au mépris de toute convention internationale telle que la Convention contre la Torture, ne feront qu’encourager d’autres pays à en faire autant et restera comme « une tâche sur le drapeau ». Comment une démocratie peut-elle être crédible lorsqu’elle dénonce des violations des droits humains à travers le monde alors qu’elle en commet par ailleurs dès qu’elle se sent menacée ?

Beaucoup de questions, et beaucoup d’échanges, à l’issue de cette projection, et nous remercions vivement les étudiants, membres du personnel du campus et membres de l’AJ qui y ont participé !

Camille Hervé

Projection-Débat « Torture Made in USA » à l’Université Paris 13

mars 8, 2012

Pour illustrer la campagne d’Amnesty International « Pas de sécurité sans Droits Humains », et participer activement à la sensibilisation du grand public aux dérives de la lutte contre le terrorisme, l’Antenne-Jeunes de Paris 13 a décidé de proposer sur le campus de Villetaneuse une projection du film « TORTURE MADE IN USA » suivie d’un débat, le lundi 12 Mars à 17h.(salle C 105, UFR Communication)

Le film est un documentaire d’investigation de Marie-Monique Robin (diffusé sur ARTE en juin 2011) qui s’appuie sur des archives inédites d’auditions parlementaires ainsi que des interviews exclusives de grands témoins, tels que :
– le Général Ricardo Sanchez, ancien chef des forces de la coalition en Irak,
– Michel Scheuer, concepteur du programme des détentions secrètes de la CIA,
– Matthew Waxman, ancien conseiller de Condoleeza Rice à la Maison Blanche,
– Larry Wilkerson, ancien chef de cabinet de Colin Powell

Il montre que, dès septembre 2001, le vice-président Dick Cheney a piloté un programme secret, destiné à légaliser la torture en violation des lois américaines et internationales. On y découvre aussi que pour se protéger d’éventuelles poursuites judiciaires, l’administration Bush a fait appel à des juristes pour trouver les arguments juridiques nécessaires permettant l’usage de la torture.

Ce film décortique «la machine » qui a conduit la « plus grande démocratie du monde » à légitimer et utiliser massivement et systématiquement la torture à Guantanamo et en Irak notamment. Il montre également que ce programme de torture a généré des résistances au sein du département d’Etat, mais aussi chez les chefs militaires, attachés aux conventions de Genève.

L’objectif de l’Antenne-Jeunes à travers cette projection-débat est double : d’une part informer sur la situation particulière des prisonniers à Guantanamo, les mesures prises au plus haut niveau du gouvernement Bush et les violations de droits fondamentaux qui s’en sont suivies. Pour préparer cette partie du débat, nous avons pu bénéficier du document « Questions-réponses » préparé par Amnesty International (Merci à Nathalie Berger, responsable de la coordiantion USA d’AIF, et à Hélène Desodt responsable de la campagne « Pas de sécurité sans Droits humains » !). D’autre part, nous avons pensé que ce film, au-delà de l’aspect informatif sur les violaions du droit international et des droits humains, serait un excellent outil pour amener le public à élargir sa réflexion sur le thème plus global de la torture, de la façon dont on la définit, et du risque pour bien des citoyens de faire insidieusement bouger les lignes, notamment dans des contextes spécifiques où une population se sent menacée.

Nous espérons que vous serez nombreux à avoir envie de venir partager ce moment de réflexion et d’échanges, rendez-vous donc lundi 12 à 17h en Salle C 105 !