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Entretien avec Cécile Coudriou au siège d’Amnesty International

janvier 6, 2012

Le 2 décembre 2011, Cécile Coudriou, membre du Bureau Éxécutif d’Amnesty International France et enseignante à l’Université Paris 13 a répondu aux questions d’un étudiant de l’école de journalisme de Genève.

Cet entretien permet de découvrir « Amnesty International, un mouvement militant au service des droits humains », en 6 questions :

1) Pourquoi Amnesty International défend-elle les droits de l’homme ? Cela ne relève-t-il pas des prérogatives gouvernementales ?

2) Quelle est l’optique de la nouvelle campagne « Dignité » ?

3) Comment Amnesty International parvient-elle à se positionner par rapport à la « pensée unique » ?

4) Quels sont les moyens d’intervention d’Amnesty International ?

5) Quel est l’impact d’Amnesty International ?

6) Comment la communication d’Amnesty International est-elle assurée ?

Participation de l’AJ Paris 13 au festival étudiant (UNEF) pour l’égalité des droits, avril 2011

avril 30, 2011

L’Antenne-Jeunes d’Amnesty Paris 13 ne pouvait pas rater cette occasion ! Le syndicat UNEF organisait un festival étudiant pour l’égalité des droits sur divers campus universitaires, et sur celui de Villetaneuse, nous avons été conviés à participer à un village associatif sur le forum, le mardi 26 avril entre 10h et 16h.

Nous avons décidé de préparer un stand qui permettrait de découvrir notre mouvement à travers l’un de nos combats contre les discriminations, celles dont sont victimes les Roms en France et dans le reste de l’Europe. Grâce au concours de la commission Discriminations du siège d’Amnesty, nous avons pu réunir tout le matériel nécessaire : d’une part, nous avons pu exposer les photos de Jean-François Joly – qui faisaient déjà partie de l’expo Dignité – images poignantes du sort réservé aux Roms en Macédoine. Ces images s’accompagnaient des légendes préparées par Amnesty dans le cadre de la campagne Dignité, ainsi que des posters expliquant le champ d’action et les principes fondamentaux de notre mouvement.

D’autre part, notre stand, habillé comme toujours aux couleurs d’Amnesty (jaune jaune jaune… et noir !…), proposait un dépliant expliquant sous quel angle Amnesty International agit contre les discriminations, une circulaire sur les Roms en Europe et une pétition papier pour demander la ratification par la France du PIDESC (voir article sur la campagne Dignité, https://amnestyparis13.wordpress.com/2011/04/06/campagne-exigeons-la-dignite-a-paris-13/).

Enfin, nous avons proposé aux visiteurs de visionner sur notre ordinateur des spots vidéos et un diaporama sur la situation des Roms en France, puis de signer en ligne sur le site amnesty.fr (http://www.amnesty.fr/) la pétition adressée à Claude Guéant pour faire cesser les violations des droits humains dont sont victimes les Roms en France. Il est d’ailleurs toujours temps de la signer en cliquant sur ce lien :

http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Discriminations/Discriminations/Actions/Roms-en-France-1556

Comme à chaque fois, cette action a aussi été l’occasion de diffuser le magazine des jeunes d’Amnesty  » AJ ! », et le dépliant « Rejoins-nous », pour faire découvrir ce que font les Antennes Jeunes et donner envie de nous rejoindre. Une dizaine de contacts ont été pris, reste à savoir si ces personnes auront juste envie d’être informés ou de s’engager un peu plus dans l’action…

Il serait très exagéré de dire que ce village associatif a été pris d’assaut par une foule d’étudiants, on sentait bien l’effet rentrée des vacances de printemps sur le campus de Villetaneuse, mais à défaut de quantité, on ne peut qu’être très satisfait des échanges de qualité que nous avons eus avec toutes les personnes qui se sont arrêtées au stand. Leur intérêt était sans doute plus profond et cela a vraiment permis de prendre davantage le temps d’expliquer les spécificités de notre mouvement et de ses actions, voire parfois de dissiper des malentendus.

Deux exemples : certains semblaient agréablement surpris qu’Amnesty International soit un mouvement de militants sur le terrain, et pas seulement d’experts écrivant des rapports ! D’autres ignoraient le choix de travailler avant tout sur les autres pays – selon le principe de solidarité internationale – mais aussi sur son propre pays, et avec un thème comme celui des Roms abordé à Villetaneuse, on aurait sans doute mal compris qu’Amnesty ne parle que de la Macédoine ou de la Slovaquie, mais pas de ce qui se passe à deux pas de notre campus…

En conclusion, même si cet événement ne nous a pas permis de toucher un aussi grand nombre d’étudiants ou personnels que la conférence-débat « Exigeons la Dignité », cela a contribué à renforcer la présence et la visibilité de notre Antenne-Jeunes, à approfondir les liens et les échanges à travers cette sensibilisation sur la lutte contre les discriminations.

Le chemin qui conduit de cette sensibilisation à l’engagement dans l’action est parfois long et tortueux – qui sait ? Certains vont peut-être rejoindre l’Antenne-Jeunes et préparer avec nous les prochaines actions, d’autres viendront juste y assister, d’autres encore iront dorénavant visiter ce blog et signer sur le site d’Amnesty, ou alors ils n’en auront pas envie mais seront au moins déjà mieux informés. On ne peut jamais le savoir, mais quoi qu’il en soit, ce qui compte pour nous c’est de jalonner ce chemin mystérieux avec toujours la même conviction et la même disponibilité !

Le tout en images !

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Pour en savoir plus sur les Roms en France, cliquez ici :

http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Discriminations/Discriminations/Presentation/Les-Roms-en-France

et sur les Roms en Europe :

http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Discriminations/Discriminations/Presentation/Les-Roms-en-Europe

Campagne « Exigeons la Dignité » à Paris 13 :

avril 6, 2011

Le projet : Depuis la fin de l’année dernière il était prévu que l’action à Paris 13 pour le Printemps des Droits Humains 2011 (PDH pour les intimes…) soit consacrée à l’organisation d’un double événement autour de la campagne « Exigeons la Dignité » : d’une part, dans le cadre d’un nouveau cycle de conférences ouvertes proposé par le Service Formation d’Amnesty France,  l’Antenne-jeunes de Paris 13  s’était portée volontaire pour participer à cette action de sensibilisation du grand public : une conférence-débat serait donc animée par le responsable de la campagne « Dignité », Yves Prigent, le jeudi 24 mars entre midi et deux, dans un amphi du campus.

D’autre part une exposition de photographies intitulée « Dignité » voyageait depuis déjà plusieurs mois à travers la France, version itinérante du magnifique projet du collectif « l’Oeil Public ». Les cinq photographes de ce collectif ont accepté de partir en reportage pour Amnesty chacun dans une région différente du monde. L’objectif était de témoigner de la façon dont les violations des droits humains aggravent et perpétuent la pauvreté, mais aussi de donner un visage à tous ceux qui ne demandent que le respect auquel tout être humain a droit. Cette expo ne pouvait pas ne pas faire étape à Paris 13, et le café-expo fut donc réservé pour la période du 21 au 30 mars.

Les préparatifs :

Dès le 15 mars, l’Antenne-Jeunes de Paris 13 lance une campagne de com’ pour assurer une visibilité maximale à notre double événement. Les murs de Paris 13 se couvrent de notre affiche, des distributions de tracts sont organisées à divers endroits stratégiques du campus. Pour compléter ces outils papier, un affichage numérique sur l’écran du forum, le message avec visuel sur les sites internet et intranet de l’université, et enfin un message d’invitation envoyé par mail à l’ensemble des étudiants et des personnels.

Négociations ! Malgré toute cette campagne de com’ et sa gamme d’outils, il ne s’agissait pas de pêcher par excès d’optimisme pour autant ! On connaît tous la difficulté d’attirer un public à une conférence à l’heure du déjeuner, lorsque la semaine entière est déjà consacrée à des cours, il fallait donc accompagner cette campagne de prise de contacts plus personnalisés pour tenter d’engager des gens à participer à notre événement. C’est pourquoi Cécile Coudriou a également démarché auprès de ses collègues, notamment ceux qui étaient déjà sensibles à la cause et susceptibles d’inciter  leurs étudiants à assister à la conférence, voire de les y accompagner.

Visites guidées :

Elle a également proposé des visites guidées de l’exposition à des étudiants et des membres du personnel, ce qui a permis de répondre plus précisément à des questions concernant la démarche d’Amnesty International et celle des photographes. Il faut dire que cette expo est un formidable support pour faire comprendre l’élargissement de notre mission à l’ensemble des droits énoncés dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, et notre combat contre différentes violations de droits fondamentaux comme celui à la santé, au logement, à l’éducation ou encore à celui de vivre dans un environnement sain.

L’exposition se divise en 5 sections :

– Egypte, les oubliés du Caire (Philippe Brouault)

– Inde : la guerre des terres dans l’état de l’Orissa (Johann Rousselot)

– Macédoine : la discrimination des Roms (Jean-François Joly)

-Mexique : violences dans la Montana (Guillaume Herbaut)

– Nigéria : les délogés de Lagos (Michael Zumstein)

La conférence-débat :


Tout d’abord elle fut un succès au-delà de nos espérances en termes de public : presque 100 personnes se sont déplacées ! D’autre part, elle n’a jamais aussi bien porté son nom : en effet,  on sait que le défi est de ne pas faire apparaître cet événement comme « un cours magistral de plus », et Yves Prigent a su relever ce défi en privilégiant véritablement l’échange et l’interactivité. Sachant que le public ne serait pas forcément très averti, nous avions prévu le déroulé suivant avant la conférence elle-même : on a commencé par plonger dans le noir l’amphi pour diffuser le spot « Projection », (réalisé pour les 50 ans d’Amnesty) histoire de mettre l’auditoire dans l’ambiance, car c’est un spot particulièrement intense ; puis l’Antenne-Jeunes est montée à la tribune. Charlotte (déjà sur scène pour introduire le Marathon des signatures en décembre 2010) était chargée de résumer en quelques minutes ce qu’est Amnesty, son logo, sa mission;  enfin, Soucithra a expliqué en quoi consiste une Antenne-Jeunes avant de laisser la parole à Yves. Celui-ci a fait une présentation suffisamment synthétique de la campagne « Dignité » et de ses enjeux  pour laisser au public près de 3/4 d’heure pour poser des questions . Fort heureusement, car elles ont littéralement fusé, permettant d’aborder toute sortes de sujets : la dignité bien sûr, mais aussi les moyens de pression sur les états, les entreprises, les institutions telles que le FMI, l’importance de l’indépendance financière, le militantisme de terrain caractéristique d’Amnesty et bien d’autres encore…

Pendant la conférence, on a distribué des brochures présentant la campagne et des exemplaires de la DUDH (déclaration universelle des droits de l’Homme). On a également fait circuler deux documents : l’un pour recueillir les coordonnées des personnes souhaitant à l’avenir être informées de nos actions et éventuellement y participer, ainsi que la pétition « Donnez aux droits force de loi » : l’objectif est de demander au président Sarkozy de faire en sorte que la France ratifie le Protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC). Ce protocole crée un nouveau mécanisme international donnant aux personnes lésées qui n’ont pas pu obtenir un recours au niveau national la possibilité d’obtenir justice au niveau international (via les Nations unies). Mais il doit être ratifié par les gouvernements pour devenir contraignant d’un point de vue légal.

Résultats concrets de notre opération, au-delà de l’objectif premier de sensibilisation : nous avons recueilli 82 signatures pour la pétition PIDESC et les cordonnées de 18 personnes. Le public n’est pas reparti les mains vides non plus, car l’événement s’est conclu par une distribution de « goodies », bracelets Dignité, stylos 50e et de calendriers 2010 invendus.

Voici pour conclure un diaporama qui vous fera découvrir en images à la fois les préparatifs, les visites de l’expo et la conférence-débat, et vous convaincra de ne pas rater un tel événement la prochaine fois !…

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Que sont les DESC, droits économiques, sociaux et culturels ?

février 28, 2010

Il y a soixante ans, la Déclaration universelle des droits de l’homme proclamait qu’un large éventail de droits humains s’appliquait à tous les êtres humains, sans exception. Ils comprennent non seulement la liberté d’expression, le droit de ne pas subir des tortures et des mauvais traitements, mais également les droits à l’éducation, à un logement adéquat, ainsi que d’autres droits économiques, sociaux et culturels.

Les droits économiques, sociaux et culturels forment un vaste ensemble de droits garantis par le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et par d’autres traités régionaux et internationaux légalement contraignants. Pratiquement chaque pays du monde est partie à un traité contraignant qui garantit ces droits. Ces derniers comprennent :

  • les droits du travail, notamment des conditions d’emploi équitables, la protection contre le travail forcé ou obligatoire, ainsi que la possibilité de se syndiquer ou de former des syndicats ;
  • le droit à l’éducation, et notamment à une éducation primaire gratuite et obligatoire. L’éducation doit en outre être suffisamment disponible, accessible, acceptable et adaptée aux personnes concernées ;
  • les droits culturels des minorités et des peuples autochtones ;
  • le droit à la santé, qui est le droit au meilleur état de santé physique et mentale possible, et qui implique que l’individu dispose de conditions de vie saines et ait accès à des soins de santé satisfaisants ;
  • le droit à un logement adéquat, y compris la sécurité légale de l’occupation et la protection contre les expulsions forcées ; le logement doit en outre être abordable, habitable, correctement situé et acceptable ;
  • le droit à une nourriture suffisante, qui signifie notamment ne plus souffrir de la faim et avoir accès ou pouvoir accéder à une alimentation adéquate d’un point de vue quantitatif et qualitatif ;
  • le droit à l’eau, qui couvre, entre autres, la possibilité d’accéder (physiquement et économiquement) à une eau salubre en quantité suffisante, ainsi qu’à des dispositifs d’assainissement adéquats.

Qui est responsable ?

Les États – les gouvernements nationaux – assument la principale responsabilité en matière de réalisation des droits humains. Les gouvernements doivent respecter les droits des populations – ils ne doivent pas les enfreindre. Ils doivent protéger les droits des population – en veillant à ce que d’autres personnes ou entités ne bafouent pas ces droits. Finalement, ils doivent réaliser ces droits, c’est-à-dire en faire une réalité dans la pratique.

Les ressources à la disposition des différents gouvernements sont très variables. Le droit international admet que la pleine réalisation des droits économiques, sociaux et culturels ne puisse être obtenue que progressivement, avec le temps. Toutefois, les gouvernements ont pour obligation immédiate de respecter et de protéger ces droits, ainsi que de garantir l’absence de toute discrimination. L’insuffisance de ressources n’est pas une excuse.

Même si les gouvernements peuvent avoir besoin de temps pour faire des droits économiques, sociaux et culturels une réalité, cela ne signifie pas qu’ils ne doivent pas agir. Ils doivent prendre des mesures en vue de la concrétisation de ces droits. Ils doivent s’acquitter en priorité de leurs « obligations fondamentales minimales », c’est–à-dire satisfaire l’essentiel de chacun de ces droits. Ainsi, pour ce qui touche au droit à l’éducation, une obligation fondamentale vise la mise en place d’une éducation primaire gratuite.

Les gouvernements ne doivent exercer aucune discrimination, que ce soit dans la législation, la politique ou la pratique. Ils doivent également donner la priorité aux catégories de population les plus vulnérables lorsqu’ils allouent des ressources.

Par ailleurs, quand ils agissent en-dehors de leurs frontières, les États ont pour obligation de respecter, protéger et réaliser les droits économiques, sociaux et culturels. Ces obligations s’étendent aux actions qu’ils entreprennent par le biais d’organisations intergouvernementales comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).

Comme l’indique la Déclaration universelle des droits de l’homme, « tous les organes de la société » ont des responsabilités en matière de droits humains. À l’échelle mondiale, les entreprises ont un rôle toujours plus important en matière de réalisation ou, au contraire, de déni des droits humains. Amnesty International s’est engagée à souligner la responsabilité des entreprises dont les actions portent atteinte à ces droits.

Malgré les garanties internationales concernant ces droits, on constate les faits suivants :

  • Dans le monde, 923 millions de personnes souffrent chroniquement de la faim. La faim résulte souvent de violations des droits humains, ainsi qu’Amnesty International l’a montré pour la Corée du Nord, le Zimbabwe et d’autres pays. La crise alimentaire mondiale actuelle, qui a été entretenue par diverses violations des droits humains, a plongé 75 autres millions de personnes dans un état de malnutrition chronique.
  • Plus d’un milliard de personnes vivent dans des bidonvilles ou des abris de fortune. Un citadin sur trois vit dans des logements inadéquats n’ayant que peu ou pas d’installations essentielles. La situation de ces personnes est aggravée par des vagues mondiales d’expulsions forcées.
  • Toutes les minutes, une femme meurt à cause de difficultés survenues pendant la grossesse. Pour chaque femme qui meurt ainsi, une vingtaine d’autres souffrent de graves problèmes liés à la maternité.
  • Plus de 100 millions d’enfants (plus de la moitié sont des filles) n’ont pas accès à l’éducation primaire.

UNE PREMIÈRE BONNE NOUVELLE POUR LE BURKINA FASO

février 28, 2010

Le président du Burkina Faso s’engage, lors d’une rencontre avec Amnesty, à lever les obstacles financiers à la santé maternelle

Le président Compaoré (au centre) avec la délégation d’Amnesty International. © Amnesty International

12 February 2010

Le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, s’est engagé à lever tous les obstacles financiers aux soins obstétricaux d’urgence et à l’accès à la planification familiale dans le cadre de la stratégie de lutte nationale contre la mortalité maternelle.

Le président Compaoré a fait part de cet engagement lors d’une rencontre avec une délégation d’Amnesty International dirigée par le secrétaire général par intérim de l’organisation, Claudio Cordone. Cette rencontre fait suite à la publication d’un rapport d’Amnesty International qui met en lumière les obstacles rencontrés par les femmes au Burkina Faso qui cherchent à bénéficier de soins de santé adéquats durant leur grossesse et leur accouchement.

« La levée des barrières financières aux soins obstétricaux d’urgence, liée à l’amélioration de la qualité des soins et à un meilleur accès à la planification familiale réduira de manière importante le nombre de décès de femmes enceintes et les complications liées à la grossesse, a déclaré Claudio Cordone. Toute femme a droit à la vie et à la santé. Les décès maternels sont évitables et aucune femme ne devrait mourir alors qu’elle cherche à donner la vie.

Le gouvernement du Burkina Faso a fait d’importants efforts afin d’améliorer la santé maternelle au cours de la dernière décennie et Amnesty International salue l’esprit d’ouverture et d’engagement constructifs de la part du gouvernement tout au long de son travail sur cette question. Les coûts liés à la grossesse et à l’accouchement ont été réduits de manière significative mais ils demeurent un obstacle pour beaucoup de femmes dans le pays.

Les femmes enceintes au Burkina Faso continuent de risquer leur vie en raison de longues distances à parcourir avant de pouvoir avoir accès à des services de santé adéquats, à cause de pratiques de corruption auxquelles se livrent certains membres du personnel médical et parce que des mécanismes efficaces permettant une réelle surveillance et obligation de rendre des comptes font défaut. Ainsi, plus de 2 000 femmes enceintes continuent de mourir chaque année.

« Afin de lutter contre la mortalité maternelle, il faut, en fin de compte, combattre les diverses formes de discrimination à l’encontre des femmes qui les empêchent de prendre des décisions en matière de planification familiale et d’accès aux services de santé, a déclaré Claudio Cordone. Amnesty International va continuer à travailler avec les organisations de la société civile, les associations médicales et les responsables gouvernementaux afin de lutter contre ces discriminations et la pauvreté qui alimente ce phénomène.

La délégation d’Amnesty International s’est également entretenue avec la Première Dame, Chantal Compaoré, le président de l’Assemblée nationale, Roch Marc Christian Kaboré, le Premier ministre, Tertius Zongo, le ministre de la Santé, Seydou Bouda et la ministre de la Promotion des droits humains, Salamata Sawadogo.

Au cours de ces réunions, le secrétaire général par intérim, Claudio Cordone, a fait part aux autorités des conclusions et des recommandations d’un projet lancé il y a deux ans, qui viennent d’être publiées dans le rapport intitulé Burkina Faso. Donner la vie. Risquer la mort : la mortalité maternelle au Burkina Faso.

Ces rencontres avec les autorités ont fait suite à deux semaines de débats menés par Amnesty International dans tout le pays avec des populations locales, des professionnels de la santé et des autorités régionales. Amnesty International s’est fait l’écho auprès des autorités des témoignages des populations qui souffrent quotidiennement de la perte d’une mère, d’une épouse ou d’une sœur.

« Toutes les familles rencontrées nous ont dit que le fait de donner la vie doit être une joie mais trop souvent donner naissance est une terrible épreuve que personne ne devrait endurer », a déclaré Claudio Cordone.

Au cours d’une rencontre avec certains des bailleurs de fonds internationaux, Amnesty International leur a lancé un appel afin que ceux-ci continuent à soutenir le gouvernement du Burkina Faso en lui fournissant une assistance technique et financière adéquate, durable et à long terme afin d’assurer la disponibilité et l’accessibilité de soins obstétricaux d’urgence.

Amnesty International a également salué l’adoption par l’Assemblée nationale du Burkina Faso d’une loi de mise en œuvre du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) et a appelé à l’abolition sans délai de la peine de mort.