Posts Tagged ‘défenseurs’

Combattre l’indifférence et la résignation (article de Cécile Coudriou)

décembre 6, 2010

Le premier combat d’Amnesty International c’est bien sûr de dénoncer et faire cesser les violations des droits humains dans le monde entier, mais ses militants sont aussi confrontés à deux ennemis non moins redoutables :  l’indifférence et la résignation.

Le Marathon des signatures est emblématique de ce double enjeu, car il se caractérise justement par un appel à l’action lancé à tous les citoyens du monde. Le message clé est que  chacun peut manifester par une signature sa solidarité internationale envers des personnes dont les droits sont bafoués ou menacés – parfois parce qu’elles ont voulu elles-mêmes défendre ces droits.

Comment ce message est-il perçu lorsque les militants d’Amnesty vont à la rencontre de la population pour proposer des pétitions à signer ? Beaucoup de citoyens acceptent sans hésiter d’ajouter leur signature, d’autres se retranchent derrière un mur d’indifférence. Mais la réaction la plus fréquente est sans doute la suivante : « En quoi ma signature va-t-elle changer quelque chose ? Cela ne servira à rien ! »

L’enjeu est de taille : en effet, même lorsqu’on est parvenu à provoquer l’indignation d’un citoyen en l’informant de terribles violations des droits fondamentaux, on n’a parcouru que la moitié du chemin, car il reste  à transformer cette indignation en action.

Pour cela, il faut convaincre que notre action fera une différence. Il faut expliquer encore et encore que le Marathon des signatures, et plus généralement l’action d’Amnesty International, contribue à rétablir les personnes dans leurs droits et à faire pression pour changer les politiques qui entraînent des violations.

Comment ?

1) par le nombre : certes, une signature seule ne change rien, mais ce sont des centaines de milliers de lettres et pétitions qui affluent du monde entier et submergent ceux qui croient pouvoir bafouer les droits fondamentaux de citoyens sans que les autres le sachent ou s’en soucient. Ce coup de projecteur sur des cas précis de violations est d’autant plus puissant qu’il provient du monde entier en un temps record.

2) par le soutien moral que cela apporte aux personnes victimes de ces violations.  Ces personnes sont  confrontées à l’injustice et  à l’impunité, parfois esseulées au fond de leur prison, ou encore discréditées par les pouvoirs en place. Tous les messages de solidarité que l’on peut leur lancer, chaque lettre, chaque témoignage de soutien apportent un peu de réconfort. Et même si malheureusement parfois les autorités refusent de les libérer, le fait de ne plus se sentir seul et oublié redonne espoir et courage.

3) par des résultats concrets : améliorations des conditions de détention, autorisation de visite d’un médecin ou de proches, arrêt de la torture, obtention d’une nouvelle audience, voire libération dans le meilleur des cas… Chaque année, des anciens détenus nous témoignent leur gratitude et consacrent une partie de leur temps après leur libération à partager leur expérience. Parfois, ils expriment le désir de rencontrer un militant avec lequel ils avaient noué des liens, comme en témoigne cette vidéo, qui raconte l’histoire de Igor, citoyen russe et sa rencontre avec un militant toulousain d’Amnesty :

Pour découvrir davantage de bonnes nouvelles et vous convaincre que VOS SIGNATURES ONT DU POUVOIR, lisez ceci  :

http://www.marathondessignatures.com/?q=libres-gr%C3%A2ce-%C3%A0-vous

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Marathon édition 2010 à Paris 13 : défendons les défenseurs

décembre 5, 2010

SOLIDARITÉ INTERNATIONALE ! DÉFENDONS LES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS DANS LE MONDE ENTIER !

Au terme d’une longue discussion, nous avons décidé de nous concentrer cette année sur 4 cas parmi les 12 de la campagne « personnes en danger ». Ils viennent de différents pays du monde, Maroc, Colombie, Soudan et Iran, mais ils ont tous en commun d’être des défenseurs des droits humains dont la liberté d’expression est bafouée.

1. MAROC : CHEKIB EL-KHIARI DOIT ÊTRE LIBÉRÉ :

Ce défenseur des droits humains a été condamné le 24 juin 2009 à trois ans de prison et à une très lourde amende. La condamnation se fonde sur les déclarations faites à la télévision nationale marocaine par Chekib El Khiari en janvier 2009, déclarations relatives à des affaires de trafic de drogue et de corruption, dénonçant l’implication de hauts responsables de l’appareil d’État.
Chekib El Khiari est considéré comme un prisonnier d’opinion, arrêté, poursuivi et condamné uniquement pour des raisons politiques – à cause de son travail contre la corruption et le trafic de drogue à Nador, et pour ses activités en faveur des droits humains.

C’est son frère, Amin, que nous aurons le plaisir d’accueillir sur le campus le jour J.

2. COLOMBIE : PROTÉGEZ LA DÉFENSEURE DES DROITS HUMAINS INGRID VERGARA :

Quand les paramilitaires essaient de la faire taire Ingrid Vergara est la porte-parole du Mouvement national des victimes de crimes d’État (MOVICE) dans le département du Sucre, au nord-ouest de la Colombie.

Depuis 2008, Ingrid subit menaces et actes d’intimidation de la part de groupes paramilitaires. Son entourage est également pris pour cible. En 2009, une lettre de menaces de mort à son intention a été remise à sa fille de 14 ans, Cendy Torres. En avril 2008 déjà, des hommes avaient dit à l’ado¬lescente qu’ils allaient la tuer à cause des activités de sa mère. Malgré les plaintes déposées, aucune protection ne lui a été offerte de la part des autorités.

3. SOUDAN : LIBÉREZ ABUZAR AL AMIN ET LES AUTRES JOURNALISTES DU JOURNAL RAI AL SHAAB :

Coupables d’avoir analysé les élections
Suite à la publication d’un article analysant les résultats de l’élection présidentielle qui s’est tenue au Soudan en avril 2010, Abuzar Al Amin, rédacteur en chef adjoint du journal Rai Al Shaab, a été arrêté avec deux de ses collègues le 15 mai 2010 par le Service national de la sûreté et du renseignement (SNSR).

Amnesty International pense que ces trois hommes sont détenus et condamnés uniquement pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression.

4. IRAN : LIBÉREZ LES MEMBRES DE LA CAMPAGNE POUR L’ÉGALITÉ ET CESSEZ DE LES HARCELER :

Lancée en 2006, la Campagne pour l’Égalité (également appelée «un million de signatures»), est une initiative populaire de défense des droits des femmes. Elle vise à mettre fin à la discrimination dont celles-ci font l’objet dans le droit iranien. Plus de 50 de ses membres ont été détenus en raison des activités qu’ils menaient dans ce cadre. Un certain nombre de femmes associées à la Campagne pour l’Égalité sont en prison.

NOS SIGNATURES ONT DU POUVOIR : Nous qui avons la chance de pouvoir exprimer nos opinions librement, et sans nous mettre en danger, essayons donc de faire une différence pour ces personnes qui mènent un combat pour la justice en prenant, elles, le risque d’être harcelées, persécutées ou emprisonnées. Apportons-leur tout notre soutien et protégeons les par ce geste simple mais efficace : SIGNER ET FAIRE SIGNER !

Comme l’a déclaré Desmond Tutu, archevêque sud-africain, prix Nobel de la paix : « Cela veut dire beaucoup pour les personnes opprimées de savoir qu’elles ne sont pas seules. Et ne laissez jamais personne vous dire que ce que vous faites est insignifiant. ».

Pour en témoigner, une vidéo d’un prisonnier libéré grâce à Amnesty International :

POUR DÉCOUVRIR LES AUTRES CAS, CLIQUEZ ICI :

http://www.marathondessignatures.com/

Campagne Russie, c’est parti !

février 6, 2010

Russie et droits humains

C’EST PARTI ! Amnesty International France compte profiter de l’attention médiatique accordée à l’Année croisée France Russie 2010 pour « imposer »  au programme officiel la question des droits humains en Russie et pour sensibiliser l’opinion publique française afin d’exercer des pressions sur les autorités du pays.

Découvrez la vidéo de lancement de la campagne :

PREMIER AXE DE LA CAMPAGNE : DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS ET DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION :

Les défenseurs des droits humains et les personnes qui tentent d’obtenir justice auprès de la Cour Européenne des droits de l’Homme sont harcelés, plusieurs ont été torturés et tués.

Une loi très contraignante adoptée par la Douma, en décembre 2005, sur les activités des ONG travaillant sur le sol russe a été signée par le président Poutine. Cette loi prévoit la création d’une nouvelle agence chargée de l’enregistrement de ces organisations et de surveiller étroitement leur financement et leurs activités. Elle sera directement responsable devant le gouvernement et pourra décider si les ONG contrôlées sont une menace pour «la souveraineté de la Russie, l’indépendance, l’intégrité territoriale, l’unité et l’originalité nationale, l’héritage culturel ou les intérêts nationaux». Des termes suffisamment flous pour prêter à toutes les interprétations !

Quant aux défenseurs qui travaillent pour la résolution du conflit en Tchétchénie, pour que les violences ne restent pas impunies il leur est tout simplement dangereux de parler. Des associations de parents de victimes se sont créées au fur et à mesure que les exactions se multipliaient, comme l’association ingouche de Magomed Moutsolgov « Mashr », elles sont régulièrement menacées.

Ceux qui dénoncent la situation dramatique de la Tchétchénie, ceux qui mènent des enquêtes sur les violations des droits humains et ceux qui ont porté ou tenté de porter plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’homme ont été ou sont de plus en plus menacés ou victimes de violations.

DEUXIÈME AXE : RACISME ET DISCRIMINATION

Pendant ces dernières années, de nombreux groupes racistes se sont développés et agissent dans un climat d’impunité généralisée. Des membres de minorités ethniques ou nationales ainsi que des demandeurs d’asile et des étudiants étrangers sont la cible d’agressions et de meurtres. Les responsables, quand ils sont jugés, sont accusés d’hooliganisme, c’est-à-dire de « violation flagrante de l’ordre public exprimant un irrespect manifeste de la société accompagné de l’utilisation d’armes ou d’objets utilisés comme armes » d’après le Code pénal. Le caractère raciste de ces agressions n’est que très rarement reconnu.

Selon l’ONG russe spécialisée dans la recherche sur le nationalisme et la xénophobie SOVA durant les 8 premiers mois de 2009 au moins 44 personnes sont mortes et 246 ont été blessées dans des attaques racistes.

TROISIÈME AXE : LE CAUCASE NORD ET LE CONFLIT TCHÉTCHÈNE

Le conflit en Tchétchénie continue à donner lieu à un grand nombre de « disparitions », d’homicides, d’actes de torture et de mauvais traitement.

Ces crimes sont souvent commis lors d’opérations ciblées menées par les forces fédérales russes, et surtout par les « kadyrovtsy », les milices de Ramzan Kadyrov, le Président pro-russe de Tchétchénie.

Durant les deux guerres la Tchétchénie a particulièrement souffert des rafles de villages entiers dans des proportions effrayantes, les personnes raffles subissaient des tortures et généralement disparaissaient. Aujourd’hui les rafles massives n’ont plus lieu mais les disparitions continuent.

Un des drames aujourd’hui c’est que les disparitions sont de plus en plus ciblées donc plus discrètes, que les victimes témoignent de moins en moins par peur des représailles, qu’elles sont le fait le plus souvent des milices tchétchènes et qu’elles ont lieu maintenant dans beaucoup de régions du Caucase, en particulier en Ingouchie et au Daghestan.

L’impunité est quasi générale.

En revanche, la Cours Européenne des droits de l’homme a reconnu la Russie responsable de graves atteintes aux droits humains en Tchétchénie, d’ exécutions, d’actes de torture, de disparitions forcées ainsi que de ne pas avoir enquêté de façon appropriée sur ces crimes. Elle a, par ailleurs, confirmé le caractère systématique des violations des droits humains perpétrées en Tchétchénie.

QUATRIÈME AXE DE CAMPAGNE : TORTURE ET MAUVAIS TRAITEMENT

La pratique de la torture et des autres formes de mauvais traitements est extrêmement répandue en Russie, elle est utilisée de manière routinière au sein des postes de police, des centres de détention officiels et non-officiels, des colonies pénitentiaires ou de l’armée. Les « aveux » obtenus par la force ont beau être illégaux, il est fréquent qu’ils soient reconnus comme éléments de preuve par le juge. Dans les centres de détention du Caucase du Nord, le recours à des actes de torture et aux mauvais traitements est systématique et l’impunité générale. Les centres de détention secrets restent nombreux.

PREMIÈRE ACTION PROPOSÉE PAR AMNESTY INTERNATIONAL :

Amnesty International lance, dans le cadre de sa campagne pour le respect des droits humains en Russie, une pétition générale durant toute l’année France-Russie 2010.

Notre but est de récolter 100000 signatures que nous enverrons aux autorités russes via son ambassade à Paris en fin d’année.

Nous comptons sur votre participation massive afin d’atteindre ce chiffre.

Nous demandons au Président Medvedev de garantir le respect de l’état de droit et d’assurer la protection de la société civile.

Nous lui demandons aussi que son gouvernement prenne des mesures concrètes pour appliquer les traités internationaux que la Russie a signés.

SIGNEZ DIRECTEMENT EN LIGNE ET FAITES SIGNER AU PLUS GRAND NOMBRE !

http://www.amnesty.fr/index.php/agir/actions_en_cours/federation_de_russie/actions_sur_la_russie/appel_au_president_russe_sur_la_situation_des_droits_humains_en_russie/petition_au_president_medvedev

Pour en savoir plus, lisez cet ouvrage :

Droits humains en Russie : Résister pour l’état de droit
Amnesty International
Avec la participation de Galia Ackermann, Marie Jégo, Natalie Nougayrède, Alexandre Vinnikov
Editions AUTREMENT – Collection Frontières (Format : 150 x 230 Pages : 128 pages)
Prix : 10 €, en libraire ou à commander directement en ligne :

http://www.boutique.amnesty.fr/droits-humains-en-russie-resister-pour-l-etat-de-droit.html

UNE MOBILISATION PAYANTE : L’AVOCAT TUNISIEN MOHAMED ABBOU ENFIN LIBÉRÉ !

décembre 5, 2009

Me Abbou libre !

L’avocat et défenseur des droits humains Mohamed Abbou a bénéficié mardi 24 juillet 2007 d’une grâce présidentielle qui met fin ainsi à près de deux ans et demi de détention arbitraire. Libéré de la prison du Kef dans l’après-midi, il a regagné son domicile à Tunis.

Contacté par téléphone, Mohamed Abbou, très impressionné par le travail accompli en faveur de sa libération,a tenu à remercier toutes les personnes qui se sont mobilisées en sa faveur.

« Heureusement que des amis sont là, et des amis j’en ai beaucoup maintenant » a déclaré Mohamed Abbou d’une voix laissant paraître un immense bonheur.

L’incarcération inique de l’avocat tunisien Mohammed Abbou avait suscité une forte mobilisation au sein de la section française d’Amnesty International.

Le 1er mars 2005, Mohammed Abbou disparaissait avant d’être jugé – « aux termes de procédures totalement iniques » –, selon Amnesty International France, coupable de « publication d’écrits de nature à troubler l’ordre public » et de « diffamation des autorités judiciaires et diffusion de fausses nouvelles ». On lui reprochait d’avoir publié sur le Web un article comparant la torture subie par les prisonniers tunisiens à celle infligée à Abou Ghraib en Irak et un texte critiquant la décision du gouvernement tunisien d’inviter le Premier ministre israélien lors d’un Sommet de l’information.

En octobre 2005, il s’était cousu la bouche à l’aide d’agrafes, pendant quatre jours, afin d’attirer l’attention sur le « triste sort » d’un pays « obligé de la boucler » pour manger et échapper aux « représailles d’une dictature des plus féroces », celle du président Ben Ali.

Contacté par téléphone, Mohamed Abbou, très impressionné par le travail accompli en faveur de sa libération,a tenu à remercier toutes les personnes qui se sont mobilisées en sa faveur.
« Heureusement que des amis sont là, et des amis j’en ai beaucoup maintenant » a déclaré Mohamed Abbou d’une voix laissant paraître un immense bonheur.
Depuis de nombreuses années déjà, Amnesty International attire l’attention des autorités tunisiennes sur les graves violations des droits fondamentaux. Les militants des droits humains et opposants politiques sont les premières victimes de mesures de harcèlement destinées à les réduire au silence : filatures, lignes téléphoniques surveillées ou coupées, agressions physiques, etc…Si Mohamed Abbou représente incontestablement le symbole de la violation d’un droit fondamental, celui de la liberté d’expression, il personnifie également les incessantes violations du droit international dont se rend coupable la Tunisie qui a ratifié deux textes internationaux dont certaines dispositions, applicables au cas de ce défenseur, sont totalement bafouées : le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ; laconvention contre la torture et autres peines et traitements cruels, inhumains et dégradants.