Posts Tagged ‘Burkina Faso’

Amnesty à Solidays (Article de Vincent Vigouroux)

juillet 23, 2010

Les 25, 26 et 27 juin derniers, ce sont plus de 168 000 festivaliers qui se sont pressés aux portes des Solidays : nouveau record d’affluence pour cette douzième édition du festival solidaire, une occasion unique pour Amnesty International de sensibiliser le plus grand nombre à la thématique de la mortalité maternelle, dans le cadre de la campagne (((Exigeons la Dignitié))).

Cet incroyable succès s’explique en grande partie par une programmation détonnante : Wax Tailor, Hoccus Poccus, Diam’s, -M-, Java, Archive, N.E.R.D., Tumi & Volume, Oxmo Puccino, Rodrigo et Gabriela… autant d’immenses artistes qui sont venus donner de la voix à l’hippodrome de Longchamp au nom de la solidarité. Parce que les Solidays, c’est avant tout un temps de partage et d’écoute où chacun est invité à s’ouvrir et à s’intéresser aux combats que mènent la petite centaine d’associations présentes sous le chapiteau du fameux village solidaire. Impossible dès lors, pour ceux qui ont pris le temps d’y faire un petit détour, d’avoir manqué l’énergie débordante de la vingtaine de bénévoles arborant le dossard jaune et noir d’Amnesty. Impossible aussi de ne pas avoir entendu les exclamations et la bonne humeur des festivaliers qui, encouragés par les cris et le mégaphone des bénévoles, se prêtaient volontiers à notre animation, la Roue de l’Infortune.

La Roue de l’Infortune proposait aux festivaliers de se mettre symboliquement dans la peau d’une femme burkinabè enceinte devant se rendre à l’hôpital pour accoucher. Chaque participant portait un sac à dos lesté sur le ventre pour traduire la grossesse et était ensuite invité, seul ou contre un adversaire, à finir un parcours du combattant en un minimum de temps.

Au préalable, et afin de se sensibiliser aux difficultés inhérentes à la situation du Burkina Faso, les participants faisaient tourner la Roue de l’Infortune et, en fonction de la case sur laquelle ils tombaient, héritaient d’une « infortune », une difficulté supplémentaire à leur parcours reflétant symboliquement la dure réalité des femmes enceintes burkinabè.

Après l’animation, les festivaliers étaient dirigés vers un mannequin symbolisant une femme burkinabè enceinte. En collant sur la robe du mannequin le morceau de pagne qu’ils avaient récupéré en milieu de parcours, ils marquaient leur volonté de protéger les femmes du Burkina Faso et témoignaient leur soutien vis-à-vis de la section burkinabè d’Amnesty International, en faisant écho à la Caravane d’information et de sensibilisation qui avait sillonné le pays.

Au final, un des stands les plus animés du village, des festivaliers enchantés par l’animation et sensibilisés à la thématique, des bénévoles épuisés mais ravis…sans oublier les 2000 signatures récoltées !

Mission de Printemps accomplie à Paris 13 !

avril 14, 2010

Quelle belle journée de Printemps pour les droits humains et la dignité sur notre campus de Villetaneuse !

Les membres de l’Antenne-Jeunes avaient installé dès le matin une expo sur la campagne Mortalité Maternelle au Burkina Faso et un coin vidéo où on pouvait se renseigner sur Amnesty International en général en regardant différents clips :

Voici notre stand, aux couleurs d’Amnesty bien sûr – grâce à quoi on nous voit de loin – avec en plus, un hommage à l’Afrique, avec les petites poupées et surtout de la musique Burkinabé, ce qui a bien contribué à mettre de l’ambiance et attirer du monde :

Nos déguisements, mettant en scène cette thématique de l’accès aux soins pour les femmes enceintes au Burkina, nous ont aussi sacrément aidés à ne pas passer inaperçu…

Assez rapidement, le forum de notre campus se remplit et l’action bat son plein à l’heure du déjeûner :

Comme à chaque fois, le fait d’avoir un stand n’empêche pas d’aller vers le plus de gens possible pour les inciter à participer à notre opération cartes postales envoyées au Ministre de la santé Burkinabé. L’idée est de faire des recommandations aux autorités pour améliorer la santé maternelle, de leur rappeler leurs devoirs en matière de droits humains.

Et c’est toujours un plaisir d’échanger et de se voir accueillir avec le sourire  sur ce campus !

Un étudiant a même fait spécialement pour Amnesty un dessin, inspiré de notre action contre la mortalité maternelle, et il a tenu à nous en faire cadeau :

Par ailleurs, cette fois-ci, on a eu du renfort, car le Service Jeunes s’est déplacé jusqu’à Paris 13. Voici Rémi Farge, responsable du service :

Pascale, qui s’occupe de la com’ de ce service, à droite de Cécile Coudriou sur cette photo :

Et Vincent, le stagiaire, qui manifestement prend goût à l’action de terrain !

Laura et Sarah n’ont pas hésité à prendre le micro pour lire des témoignages et faire le récit de ce qui se passe malheureusement encore trop souvent au Burkina Faso : difficultés d’accès aux soins pour les femmes enceintes, pour des raisons financières et géographiques mais aussi en raison d’une discrimination à l’encontre des femmes, qui ont encore un statut inférieur et ne peuvent pas prendre de décisions pour elles-mêmes :

Grâce à tout cela, 525 CARTES -PÉTITIONS viendront s’ajouter à toutes celles qu’Amnesty International a déjà récoltées, et ce n’est pas fini… Ça fait tellement plaisir de voir ce résultat !

Alors, « thumbs up » à l’Antenne-Jeunes de Paris 13 !!!

On fait vraiment une sacrée équipe, et dans la joie et la bonne humeur, on a fait un boulot d’enfer dont on peut être super fiers…

Maintenant, il ne vous reste plus qu’à nous rejoindre  ! Écrivez-nous à amnestyajparis13.fr

La campagne « mortalité maternelle au Burkina » en 10 questions

avril 5, 2010

Nous avons posé à Yves Prigent, responsable de la campagne (((Exigeons la Dignité))) pour Amnesty France, 10 questions que l’on peut être amené à se poser en découvrant l’action d’Amnesty International contre la mortalité maternelle au Burkina Faso.

Cela nous sera bien utile sur le terrain, lorsque nous allons demander au plus grand nombre de soutenir notre action et signer notre carte-pétition !

1) Quel est le rapport entre Amnesty et la mortalité maternelle, entre droits humains et santé ?

Il existe un lien évident entre la mortalité maternelle pouvant être évitée et les droits humains. Des violations comme le mariage précoce, les mutilations génitales féminines, les violences sexuelles et le manque d’accès aux informations et aux services relatifs à la santé sexuelle et reproductive augmentent les risques de grossesses non désirées ou à risques et de décès ou de complications évitables liés à la maternité. Par ailleurs, le manque de respect, de protection et de mise en œuvre du droit des femmes à la santé – notamment l’absence de services de santé accessibles et de qualité – peut aussi être à l’origine de décès ou de complications qui pourraient être évités pendant la grossesse ou l’accouchement. C’est notamment sous cet angle qu’Amnesty International aborde la question de la mortalité et de la morbidité maternelles du point de vue des droits humains.

2) Pourquoi le Burkina Faso et pas un autre pays d’Afrique ?

Nous avons choisi ce pays en raison de sa stabilité politique et du dialogue possible avec le gouvernement. Les bailleurs de fonds étrangers sont également très présents dans le pays. Le travail sur la mortalité maternelle porte sur du long terme et il était nécessaire d’avoir tous ces paramètres pour arriver à créer un impact.

3) Pourquoi s’adresser à un ministre ? Quelle est la responsabilité de l’État ?

Les recommandations d’Amnesty International et les appels qu’elle lance aux gouvernements peuvent bien souvent impliquer des choix en termes de ressources. Lorsque, par exemple, nous demandons à un gouvernement de mettre en place des garanties permettant d’éviter les arrestations et les détentions arbitraires, nous exigeons fréquemment de lui qu’il investisse dans un système judiciaire efficace et capable de contrôler l’action de la police, tout en assurant la formation de cette dernière, ainsi que celle des juges. Cette demande est cependant fondée sur une obligation contractée par ce gouvernement au regard du droit international et nous ne faisons qu’insister pour qu’il s’acquitte de cette obligation.

L’action d’Amnesty International en matière de droits économiques, sociaux et culturels s’appuie sur le même principe. Il est toutefois exact que le respect des droits économiques, sociaux et culturels implique généralement des investissements plus importants en termes de moyens. Une bonne partie de notre action est consacrée aux obligations de respect (non-ingérence au niveau de l’exercice d’un droit) ou de protection (action visant à garantir que des tiers ne gênent pas l’exercice d’un droit, en premier lieu, la mise en place d’une réglementation et de recours effectifs), qui entraînent globalement les mêmes allocations de moyens pour tous les droits humains.

4) Pourquoi écrire encore alors qu’on a déjà une réaction positive du président burkinabé ?

La déclaration du président burkinabé (prise en charge complète des soins obstétriques pour les plus pauvres) ne porte pas sur le même thème que notre action actuellement en cours qui porte sur la question de l’accès aux droits pour les femmes (et sur l’information sur les droits sexuels et reproductifs).

5) Pourquoi une carte plutôt qu’une pétition ?

Le recours à l’envoi de carte permet de maintenir une pression sur les autorités sur une plus longue période, à l’inverse d’une pétition où l’effet recherché est de créer un impact fort et immédiat sur l’autorité ciblée, à un moment clé.

6) Que fait Amnesty sur le terrain au Burkina, c’est quoi cette caravane ?

Amnesty International est présente sur place au quotidien par le biais de ses membres burkinabés. AI Burkina Faso fait de la sensibilisation auprès du public et de l’information et travaille avec de multiples autres organisations du pays sur cette thématique. L’objectif de la caravane (qui a parcouru plusieurs villes et villages du pays pendant une dizaine de jours après la sortie du rapport sur la mortalité maternelle en janvier dernier) était de faire connaître ce travail et de recueillir des témoignages des femmes dans toutes les régions et de faire porter les recommandations du rapport ensuite aux autorités burkinabé.

7) Pourquoi ne pas aider financièrement le gouvernement si finalement beaucoup des obstacles sont financiers ?

Amnesty International ne financera pas de projets de développement à l’avenir mais nous nous engageons pour que tous les acteurs (bailleurs de fonds, tant les Etats que les Institutions financières internationales) reconnaissent le respect des droits humains comme un élément-clé dans le développement durable et le prennent effectivement en compte. Trop souvent, on pense seulement à la dimension financière et technologique et on planifie sans tenir compte des êtres humains. Ce n’est pas un plaidoyer contre le travail d’aide au développement, bien au contraire. Cependant, tous les acteurs doivent inclure dans l’aide au développement la question des droits humains et d’une véritable collaboration avec les personnes concernées. Notre expertise porte sur les droits humains et nous apportons notre appui par le biais de cette thématique là.

8 ) Pourquoi ne pas se centrer sur la prévention en favorisant la contraception ?

La contraception n’est pas le seul enjeu pour la résolution du problème. La prévention s’inscrit sur le long terme car il s’agit tout d’abord de faire changer les mentalités (pour l’instant dans la société burkinabé, toutes les décisions sont prises par les hommes, y compris en matière de contraception / planning familial / accès aux soins). La question de la prévention est bien entendu au cœur de notre action sur les droits sexuels et reproductifs et du fait que les femmes puissent accéder à l’ensemble de ces droits. Pour autant, la question de l’accès aux soins (et des obstacles financiers à cet accès) est extrêmement importante et nécessite la prise de mesures rapides par les autorités du pays.

9) Quel est le lien avec la question du droit des femmes ?

Les atteintes aux droits des femmes contribuent toutes à aggraver la mortalité maternelle. Il s’agit notamment des violences au sein de la famille et de l’entourage, de la discrimination, des restrictions au droit de décider d’avoir des enfants, ainsi que des obstacles financiers, sociaux et culturels empêchant les femmes de bénéficier des soins essentiels. Des femmes meurent en raison de mesures politiques et de décisions qui ne leur permettent pas de bénéficier des soins auxquels elles ont droit, au moment où elles en ont le plus besoin.

10) Concrètement, cela change quoi si je signe ?

Vous apportez votre soutien à notre action et à la lutte des femmes burkinabé pour leurs droits.
Vous participez à une action internationale afin que leurs voix et leurs revendications soient prises en compte par les autorités du pays concerné.
Vous soutenez Amnesty International pour que les droits humains deviennent une réalité et qu’ils soient pris en compte au Burkina Faso.

JEUX DE RÔLES AMNESTIENS À PARIS 13 !

mars 31, 2010

ENCORE UNE RÉUNION BIEN SYMPA ! La préparation de la campagne « Mortalité Maternelle au Burkina Faso » se poursuit. On avait reçu le colis du service jeunes, et on a commencé par l’ouvrir bien sûr ! Pin’s et bracelets « Exigeons la Dignité », cartes-pétitions que l’on va adresser au Ministre de la santé au Burkina Faso, et des affiches et photos pour pouvoir proposer une petite expo :

Puis on discute de la différence entre pétition « classique » et carte-pétition, et certains se demandent si ce ne sera pas plus difficile à faire signer. Ils évoquent notamment la difficulté éventuelle de demander aux signataires leur email.

Mais en fait, on n’est pas obligé de demander l’adresse mail, ceux qui le souhaitent pourront donner uniquement leur nom et adresse postale, et d’ailleurs, le nom de la ville peut suffire .

Ce qui est important c’est d’amener les gens à un geste d’engagement individuel, donc, une carte par personne ! On espère que le ministre de la santé en recevra des centaines provenant de Paris 13… Alors Léa a déjà pris un peu d’avance, cela fait déjà une carte de signée !

Ensuite on fait nos dernières « révisions » avant de se lancer dans le jeux de rôles qu’on s’était promis de faire :

Allez c’est parti ! On s’est distribué les rôles entre les questionneurs, gentils candides ou au contraire râleurs sceptiques, pour s’obliger à répondre du mieux possible quelle que soit les questions. Bizarrement, il y avait plus de volontaires pour commencer par poser les questions vâches !

Ce n’était pas si facile que çà pourrait en avoir l’air, mais cela permet vraiment de se sentir mieux préparé à toute éventualité, et récolter ainsi un maximum de cartes signées.

C’est l’heure de retourner en cours, mais on ne repart pas les mains vides !

RÉUNION DE CAMPAGNE DE L’ANTENNE JEUNES DE PARIS 13

mars 24, 2010

MERCREDI 24 MARS : l’Antenne-Jeunes de paris 13 se réunit pour la deuxième fois afin de préparer l’événement « Printemps des Droits Humains » à Paris 13.

Tout d’abord, on découvre les documents d’information sur la campagne retenue, « Mortalité maternelle au Burkina Faso » et on rappelle toutes les infos que l’on peut déjà trouver sur le blog, sur les DESC (Droits Sociaux Économiques et Culturels) en général, sur la Campagne « Exigeons la Dignité », sans oublier la vidéo sur la Caravane d’Amnesty au Bukina…

On discute de la nécessité de s’approprier suffisamment les informations pour pouvoir les communiquer de manière claire et convaincante le jour J, le 8 avril. On se met d’accord pour se préparer à des jeux de rôles à la prochaine réunion : certains joueront le rôle de candides, voire de sceptiques, pour entraîner les autres à ne pas être à court d’arguments !

Puis on fait le point sur les promesses de participation, car tout le monde n’a pas pu venir à cette réunion mais plusieurs se sont engagés sur cet événement. On devrait être au moins 10, c’est déjà pas si mal ! On peut donc commencer la répartition des tâches par rapport au programme établi lors de la première réunion :

Le choix des témoignages, de la musique, la préparation du matériel pour la mise en scène (2 blouses de médecin, 2 ou 3 boubous africains, quelques poupons, les dossards Amnesty… On hésite encore entre une mise en scène « minimaliste », qui reposerait simplement sur les déguisements et la musique pour attirer l’attention, et un scénario plus élaboré, que l’on devrait « jouer ».

Cela provoque une certaine gêne, et du coup un fou rire, de s’imaginer dans cette situation… Tout le monde ne se sent pas prêt à ce « happening » ! On se donne encore une semaine pour voir si c’est jouable.

C’est délicat car il ne faudrait justement surtout pas avoir un fou rire ce jour-là !…

Laura, qui n’est pas présente  à cette réunion mais est la responsable adjointe de l’Antenne-jeunes aura peut-être moins de difficultés car elle a fait du théâtre. Quoiqu’il en soit, on lira au micro des témoignages de burkinabe, car il est important de faire entendre leur voix. Et on passera aussi des vidéos dans ce but.

Voilà, on a bien avancé, c’est bien parti, avec notre équipe de choc ! PARIS 13 AGIT !!!

Réunion la semaine prochaine mercredi 31 Mars, REJOIGNEZ-NOUS !

UNE PREMIÈRE BONNE NOUVELLE POUR LE BURKINA FASO

février 28, 2010

Le président du Burkina Faso s’engage, lors d’une rencontre avec Amnesty, à lever les obstacles financiers à la santé maternelle

Le président Compaoré (au centre) avec la délégation d’Amnesty International. © Amnesty International

12 February 2010

Le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, s’est engagé à lever tous les obstacles financiers aux soins obstétricaux d’urgence et à l’accès à la planification familiale dans le cadre de la stratégie de lutte nationale contre la mortalité maternelle.

Le président Compaoré a fait part de cet engagement lors d’une rencontre avec une délégation d’Amnesty International dirigée par le secrétaire général par intérim de l’organisation, Claudio Cordone. Cette rencontre fait suite à la publication d’un rapport d’Amnesty International qui met en lumière les obstacles rencontrés par les femmes au Burkina Faso qui cherchent à bénéficier de soins de santé adéquats durant leur grossesse et leur accouchement.

« La levée des barrières financières aux soins obstétricaux d’urgence, liée à l’amélioration de la qualité des soins et à un meilleur accès à la planification familiale réduira de manière importante le nombre de décès de femmes enceintes et les complications liées à la grossesse, a déclaré Claudio Cordone. Toute femme a droit à la vie et à la santé. Les décès maternels sont évitables et aucune femme ne devrait mourir alors qu’elle cherche à donner la vie.

Le gouvernement du Burkina Faso a fait d’importants efforts afin d’améliorer la santé maternelle au cours de la dernière décennie et Amnesty International salue l’esprit d’ouverture et d’engagement constructifs de la part du gouvernement tout au long de son travail sur cette question. Les coûts liés à la grossesse et à l’accouchement ont été réduits de manière significative mais ils demeurent un obstacle pour beaucoup de femmes dans le pays.

Les femmes enceintes au Burkina Faso continuent de risquer leur vie en raison de longues distances à parcourir avant de pouvoir avoir accès à des services de santé adéquats, à cause de pratiques de corruption auxquelles se livrent certains membres du personnel médical et parce que des mécanismes efficaces permettant une réelle surveillance et obligation de rendre des comptes font défaut. Ainsi, plus de 2 000 femmes enceintes continuent de mourir chaque année.

« Afin de lutter contre la mortalité maternelle, il faut, en fin de compte, combattre les diverses formes de discrimination à l’encontre des femmes qui les empêchent de prendre des décisions en matière de planification familiale et d’accès aux services de santé, a déclaré Claudio Cordone. Amnesty International va continuer à travailler avec les organisations de la société civile, les associations médicales et les responsables gouvernementaux afin de lutter contre ces discriminations et la pauvreté qui alimente ce phénomène.

La délégation d’Amnesty International s’est également entretenue avec la Première Dame, Chantal Compaoré, le président de l’Assemblée nationale, Roch Marc Christian Kaboré, le Premier ministre, Tertius Zongo, le ministre de la Santé, Seydou Bouda et la ministre de la Promotion des droits humains, Salamata Sawadogo.

Au cours de ces réunions, le secrétaire général par intérim, Claudio Cordone, a fait part aux autorités des conclusions et des recommandations d’un projet lancé il y a deux ans, qui viennent d’être publiées dans le rapport intitulé Burkina Faso. Donner la vie. Risquer la mort : la mortalité maternelle au Burkina Faso.

Ces rencontres avec les autorités ont fait suite à deux semaines de débats menés par Amnesty International dans tout le pays avec des populations locales, des professionnels de la santé et des autorités régionales. Amnesty International s’est fait l’écho auprès des autorités des témoignages des populations qui souffrent quotidiennement de la perte d’une mère, d’une épouse ou d’une sœur.

« Toutes les familles rencontrées nous ont dit que le fait de donner la vie doit être une joie mais trop souvent donner naissance est une terrible épreuve que personne ne devrait endurer », a déclaré Claudio Cordone.

Au cours d’une rencontre avec certains des bailleurs de fonds internationaux, Amnesty International leur a lancé un appel afin que ceux-ci continuent à soutenir le gouvernement du Burkina Faso en lui fournissant une assistance technique et financière adéquate, durable et à long terme afin d’assurer la disponibilité et l’accessibilité de soins obstétricaux d’urgence.

Amnesty International a également salué l’adoption par l’Assemblée nationale du Burkina Faso d’une loi de mise en œuvre du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) et a appelé à l’abolition sans délai de la peine de mort.

Burkina Faso. La discrimination, cause de mortalité chez les femmes enceintes

février 28, 2010

Voici un COMMUNIQUÉ DE PRESSE D’AMNESTY, qui aide à comprendre l’esprit de cette campagne particulière :

EFAI, mercredi 27 janvier 2010, par Françoise Guillitte

(Ouagadougou) Des femmes qui auraient pu être sauvées meurent pendant leur grossesse ou leur accouchement car la discrimination les empêche d’accéder aux services de santé sexuelle et reproductive et de prendre des décisions essentielles concernant leurs grossesses, a déclaré Amnesty International dans un rapport publié ce mercredi 27 janvier 2010.

D’après les chiffres du gouvernement, chaque année, au Burkina Faso, plus de 2 000 femmes meurent de complications liées à la grossesse et à l’accouchement. Le rapport d’Amnesty International « Donner la vie, risquer la mort » constate que beaucoup de ces décès auraient facilement pu être évités si les femmes avaient pu bénéficier à temps de soins appropriés.

« Toute femme a le droit à la vie et à des soins médicaux satisfaisants, et le gouvernement doit redoubler d’efforts dans sa lutte contre la mortalité maternelle évitable, a déclaré Claudio Cordone, secrétaire général par intérim d’Amnesty International. Les femmes burkinabè sont prises dans le cercle vicieux de la discrimination, qui rend l’acte de donner la vie potentiellement mortel. »

Bien que le droit burkinabè reconnaisse l’égalité entre les hommes et les femmes, la plupart des femmes sont soumises aux hommes tout au long de leur vie et n’exercent qu’un contrôle très limité, voire aucun contrôle, sur les principales décisions les concernant. Par exemple, ce ne sont pas elles qui décident quand consulter un médecin ni quand avoir des enfants et à quelle fréquence. Les femmes et les filles continuent d’être soumises à des mariages précoces et à des mutilations génitales féminines.

Avec l’aide des donateurs, le gouvernement burkinabè a élaboré des stratégies ambitieuses qui ont fait baisser le taux de mortalité maternelle dans certaines parties du pays. Cependant, ces stratégies sont affaiblies par des difficultés de mise en œuvre et par le manque d’obligation de rendre des comptes, qui permet au personnel de santé de poursuivre en toute impunité certaines pratiques abusives, comme les demandes illégales de paiements.

La pauvreté joue un rôle important dans la mortalité maternelle évitable, en particulier pour les femmes pauvres vivant en zone rurale, dont l’accès aux soins est entravé par des obstacles à la fois financiers et géographiques. En 2006, le gouvernement burkinabè a adopté une politique de subvention prévoyant la prise en charge de 80 % des frais d’accouchement et la gratuité totale pour les femmes les plus pauvres. Cependant, cette politique est mal connue de la population, ce qui laisse la porte ouverte à son exploitation par le personnel médical corrompu. Aucun critère n’a été établi pour déterminer qui peut prétendre à cette prise en charge, et le coût reste un obstacle important dans l’accès aux soins médicaux.

Le rapport d’Amnesty International montre que l’accessibilité des soins est aussi limitée par les inégalités d’accès aux infrastructures de santé, en particulier dans les zones rurales, par la pénurie de matériel médical et de personnel formé, et par le comportement négatif ou discriminatoire de certains membres du personnel de santé.

« La mortalité maternelle est une tragédie qui prive chaque année des milliers de familles d’une épouse, d’une mère, d’une sœur ou d’une fille, a déclaré Claudio Cordone. Tant que les femmes n’auront pas le contrôle sur leur propre corps, elles continueront de mourir par milliers. »

Les autorités burkinabè, qui ont reçu le rapport avant sa publication, ont salué le travail « important et méticuleux » réalisé par Amnesty International, tout en soulignant que les comportements abusifs du personnel de santé décrits dans le rapport étaient des cas « isolés ». Elles ont redit leur volonté de s’attaquer au problème de la mortalité maternelle dans le pays.

Amnesty International appelle le gouvernement à étendre et à améliorer l’accès aux services de planification familiale, à supprimer les obstacles financiers qui limitent l’accès aux services de santé maternelle, à assurer une répartition équitable des infrastructures de santé et du personnel formé dans tout le pays, et à mettre en place un mécanisme d’obligation de rendre des comptes accessible et bénéficiant d’une large publicité afin de combattre la corruption et les erreurs de gestion.

Note

• Le Burkina Faso est l’un des pays les plus pauvres du monde ; il est classé au 177e rang sur 182 dans le Rapport mondial sur le développement humain 2009 du PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement).

• Du 28 janvier au 9 février 2010, une caravane de campagne va sillonner le Burkina Faso pour faire connaître la campagne d’Amnesty International contre la mortalité maternelle dans le pays et apporter des informations afin de stimuler le débat.

• Du 10 au 13 février, le secrétaire général par intérim d’Amnesty International va rencontrer les plus hautes autorités du pays pour leur faire part des résultats de cette caravane et discuter avec elles des projets du gouvernement pour combattre la mortalité maternelle.

• La campagne contre la mortalité maternelle au Burkina Faso s’inscrit dans le cadre de la campagne mondiale « Exigeons la dignité » lancée par Amnesty International en mai 2009. En septembre 2009, l’organisation a mené une campagne et une caravane de campagne similaires en Sierra Leone.

• Amnesty International est convaincue que la pauvreté est un problème qui relève des droits humains ; avec sa campagne « Exigeons la dignité », elle demande qu’il soit mis fin aux violations des droits humains qui alimentent et aggravent la pauvreté.

• Cette campagne mobilise des sympathisants dans le monde entier pour demander que les gouvernements, les grandes entreprises et les détenteurs du pouvoir écoutent la voix de ceux qui vivent dans la pauvreté et reconnaissent leurs droits pour mieux les protéger. Pour plus d’informations, veuillez consulter le site www.amnesty.org/fr/demand-dignity.

CAMPAGNE PRINTEMPS DES DROITS HUMAINS : MORTALITÉ MATERNELLE AU BURKINA FASO

février 13, 2010

LE PRINTEMPS DES DROITS HUMAINS, C’EST QUOI ?

C’est LA campagne jeunes par excellence : tous les ans, depuis 8 ans, les jeunes militants d’Amnesty International en France se consacrent à partir du 21 mars à la promotion d’une thématique particulière des droits humains à travers le « Printemps des droits humains ».

Cette année, ils se mobiliseront massivement sur le droit à la santé, à travers une action faisant partie de la campagne (((Exigeons la Dignité))) : La mortalité maternelle au Burkina Faso.

POURQUOI CETTE CAMPAGNE ? C’est un thème qui pourrait surprendre ceux pour qui Amnesty International est davantage associée à la défense des Droits Civils et Politiques, et à des combats comme celui contre la peine de mort, la torture, ou encore l’emprisonnement arbitraire. Eh bien justement, le coup de projecteur mis sur cette campagne sera aussi l’occasion de rappeler au grand public, aux sympathisants et aux futurs membres que l’action de notre mouvement s’est élargie depuis 2001 à l’ensemble des droits tels qu’ils sont énoncés dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. En conséquence, Amnesty International inclut dans sa mission la défense et la promotion de ce que l’on appelle les DESC, c’est-à-dire les Droits Sociaux, Économiques et Culturels, dont le droit à la santé fait bien évidemment partie.

Voici un EXTRAIT DE LA DÉCLARATION D’AMNESTY INTERNATIONAL FRANCE, que l’on peut découvrir sur le site :

Dans sa campagne, Amnesty International veut mettre l’accent sur le travail en faveur de l’interdiction et de l’élimination des violations des droits humains qui provoquent des décès et des complications évitables, liés à la maternité.


Il existe en effet un lien évident entre la mortalité maternelle pouvant être évitée et les droits humains.
Des violations comme le mariage précoce, les mutilations génitales féminines, les violences sexuelles et le manque d’accès aux informations et aux services relatifs à la santé sexuelle et reproductive augmentent les risques de grossesses non désirées ou à risques, de décès ou de complications évitables, liés à la maternité.
Par ailleurs, le manque de respect, de protection et de mise en œuvre du droit des femmes à la santé, notamment l’absence de services de santé accessibles et de qualité peut aussi être à l’origine de décès ou de complications qui pourraient être évités pendant la grossesse ou l’accouchement.

Chaque année, au Burkina Faso, plus de 2000 femmes meurent de complications liées à la grossesse et à l’accouchement.

La plupart des décès pourraient être évités.

Certaines femmes meurent parce qu’elles ne peuvent pas rejoindre un   établissement où des soins pourraient leur être dispensés, ou parce qu’elles y arrivent trop tard.

Dans bien des cas, des femmes perdent la vie parce que leur famille ne peut pas payer les frais demandés par le personnel médical.

D’autres subissent les conséquences d’une insuffisance des stocks de sang, de pénuries de médicaments, d’équipement ou de personnel médical qualifié.

Il existe diverses raisons pour lesquelles les femmes du Burkina Faso ne reçoivent pas les soins de santé maternelle dont elles ont besoin. On peut citer, entre autres :

– le statut social inférieur des femmes, qui affecte leur droit de décider si elles veulent des enfants, combien et quand ;

– le manque d’information sur les droits  en matière de sexualité et de procréation ;

– les barrières sociales et économiques, notamment le coût des traitements médicaux ;

– les barrières géographiques qui rendent difficiles l’accès aux établissements de santé ;

– la qualité médiocre des traitements, liée aux pénuries de médicaments et de personnel qualifié.

La mortalité maternelle fait surtout des ravages parmi les femmes les plus pauvres, les moins instruites, et celles qui vivent dans des zones rurales (ce qui est le cas de 80 % de la population).

VIDÉO de l’étape de la caravane d’Amnesty International au Burkina Faso :

QUELLES SONT NOS RECOMMANDATIONS ?

Amnesty International appelle le gouvernement du Burkina Faso à :

– allouer des ressources adéquates aux soins de santé en matière de sexualité et de procréation, en accordant la priorité aux régions les plus pauvres présentant les taux de mortalité les plus élevés ;

–  réduire systématiquement les obstacles économiques, physiques et culturels qui empêchent les femmes pauvres des régions rurales d’accéder à des soins vitaux en matière de reproduction et de santé maternelle ;

– mettre à disposition des informations accessibles sur le droit à la santé et les droits sexuels et reproductifs ;

– assurer une participation effective des femmes au processus de décision concernant les soins de santé maternelle et reproductive, ainsi qu’à l’évaluation et au suivi des processus existants ;

– assurer un suivi efficace des politiques gouvernementales visant à réduire la mortalité maternelle, afin de promouvoir une planification et une obligation de rendre des comptes adéquates.

Amnesty International demande également aux donateurs de soutenir les autorités du Burkina Faso dans la réalisation de ces objectifs.

LA PÉTITION EN LIGNE, ADRESSÉE AU MINISTRE DE LA SANTÉ :

http://www.amnesty.fr/index.php/agir/campagnes/exigeons_la_dignite/actions/combattre_la_mortalite_maternelle_au_burkina_faso/ameliorer_la_sante_maternelle_au_burkina_faso