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Paris 13 fait du bruit pour les droits des femmes !

mars 29, 2020

Le 8 mars 2020, journée internationale des droits des femmes, nous étions nombreux à rejoindre le cortège d’Amnesty International à la grande marche qui allait de la Place d’Italie à République. Quelques jours après, l’Antenne-Jeunes de Paris 13 a voulu continuer à montrer sa solidarité aux femmes qui luttent pour leurs droits à travers le monde, et faire entendre leurs voix sur le campus de Villetaneuse.

Nous avons donc organisé une action sur le forum de l’université, où nous avons proposé aux étudiants et au personnel de venir s’informer et agir, entre autres en signant nos pétitions :

Qui a tué Marielle Franco ? Le 14 mars 2018, la conseillère de Rio de Janeiro et défenseure des droits humains Marielle Franco ainsi que son chauffeur Anderson Gomes ont été abattus par balle. La jeune femme noire, ouvertement bisexuelle, était connue pour avoir dénoncé des violations des droits humains, notamment celles subies par les jeunes noirs vivants dans les favelas, les femmes et la communauté LGBT. Cela fait plus de deux ans que Marielle et son chauffeur ont été assassinés et les autorités brésiliennes n’ont toujours pas fourni de réponses acceptables à leurs familles. Nous demandons au gouverneur de l’état de Rio de respecter la procédure légale, de nommer une équipe d’experts indépendants chargés de superviser l’enquête, et de garantir la sécurité des témoins des familles. 

Libération immédiate pour Yasaman Aryani : Le 8 mars 2019, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Yasaman Aryani a retiré son voile et distribué des fleurs aux femmes dans le métro à Téhéran. Suite à la diffusion virale en mars 2019 d’une vidéo montrant cet acte de défiance poétique, les autorités iraniennes l’ont arrêtée. Elle a été condamnée à 16 ans de prison en août 2019. La mobilisation de milliers de personnes dans le monde a permis à Yasaman de ne plus être en isolement et sous le contrôle des Gardiens de la révolution, connus pour leur recours à la torture. Sa peine de prison et celle de sa mère ont aussi été réduites à 9 ans et 7 mois. Cependant, nous demandons aux autorités iraniennes la libération immédiate de Yasaman, de sa mère, et de toutes les défenseures des droits des femmes en Iran. 

Stop à la répression des voix critiques en Arabie Saoudite : Depuis mai 2018, l’Arabie saoudite intensifie la répression contre les voix critiques dans le royaume. Les femmes défenseures qui militent depuis des années pour l’égalité des droits sont en première ligne.

Loujain al-Hathloul, Iman al-Nafjan et Aziza al-Yousef, ainsi que 19 autres défenseurs des droits humains ont été arrêtés en mai 2018 parce qu’elles militent depuis plusieurs années pour que les femmes aient le droit de conduire et pour qu’il soit mis fin au système répressif de tutelle masculine. Certaines ont subi des actes de torture et des sévices sexuels. Fin mars 2019, Iman al Nafjan et Aziza al Youssef et Ruqayyaa al Mhareb ont obtenu une libération provisoire, mais les charges contre elles n’ont pas été abandonnées. Loujain al Hathloul est, elle, toujours derrière les barreaux. Nous demandons au roi d’Arabie saoudite, Salman bin Abdul Aziz Al Saud, de libérer immédiatement et sans condition toutes celles et tous ceux qui ont été emprisonnés pour avoir protesté de manière pacifique et d’abandonner toutes les charges retenues contre ces personnes.

En plus des pétitions classiques, nous avons proposés aux personnes intéressées d’exprimer leur solidarité avec ces militantes de différentes manières. Elles pouvaient écrire des messages de soutien à Yasaman et à Loujain sur des cartes postales qu’elles pouvaient décorer et colorier. Ces cartes seront ensuite transmises à leurs familles. 

Nous leur avons aussi suggéré des pétitions-photos, un format de mobilisation moins classique. L’idée est de se prendre en photo tenant un panneau demandant la libération de Loujain El Hathloul, avec le hashtag #FreeLoujain, et qui serait ensuite diffusé et partagé sur les réseaux sociaux. Si certaines personnes se sont montrées réservées à l’idée d’apparaître sur internet, d’autres se sont prises au jeu et ont accepté d’afficher leur soutien ouvertement.

Merci à tous ceux et celles qui ont participé à cette action !

Anis Harbi, responsable de l’Antenne-Jeunes de Paris 13, Université Sorbonne Paris Nord

« Let’s be Brave » à Paris 13

juin 30, 2019

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Pour notre dernier événement de cette année universitaire, nous avons voulu mettre en avant la campagne Brave d’Amnesty International. Brave est une campagne mondiale de mobilisation pour la défense des défenseurs des droits humains. L’un des temps forts de cette campagne était les dix jours pour signer, pour lequel nous nous étions déjà mobilisés à la fin du premier semestre. Le 8 avril, nous avons donc choisi de mettre en lumière les autres combats de cette campagne, que ce soit le droit des femmes militantes en Arabie Saoudite, la situation de Nasrin Satoudeh en Iran, ou la protection des défenseurs des droits des migrants en France.

 

Peu de temps avant le décret autorisant les femmes à conduire en Arabie Saoudite, plusieurs militantes pour les droits des femmes ont été emprisonnées à tort par le régime. Trois d’entre elles ont été libérées le 28 mars, mais de manière provisoire et plusieurs autres femmes sont encore emprisonnée. La lutte doit encore continuer pour elles. Nous avons donc fait signer des pétitions demandant leur libération aux autorités. Notre action était facilement visible grâce aux panneaux grandeur nature représentant les silhouettes de 3 de ces défenseures, notamment deux qui ont été libérées (Iman al-Nafjan et Aziza al-Yousef) et une encore en prison (Loujain El-Hathloul). Ainsi, ou pouvait démontrer par l’exemple que nos mobilisations obtenaient des résultats, bien qu’il reste encore beaucoup à faire.

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Nous avons également fait signer des pétitions demandant aux autorités françaises la protection des défenseures des droits des personnes exilées, qui font l’objet de pressions de plus en plus importantes en raison de leurs actions pacifiques et désintéressées. Cette pétition a été accompagné du témoignage audio de Loan Torondel, diffusé sur le forum. Ce militant de 22 ans a été poursuivi en justice pour avoir posté une vidéo dénonçant la violence policière contre les migrants.

 

Enfin, nous tenions à alerter l’opinion sur le cas de Nasrin Satoudeh, une militante iranienne condamnée à 148 coups de fouet et 38 ans de prison pour son combat pour la libération des femmes. Nous avons demandé aux personnes intéressées de signer notre lettre adressée aux autorités iraniennes demandant sa libération.

L’événement a été animé par de la musique, des débats, et des ateliers interactifs comme le stand de tatouages Brave et le jeu Memory de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Nos pétitions ont obtenu plus de 160 signatures, et une quinzaine de personnes ont ajouté leur nom à la lettre de soutien à Nasrin. Malgré une affluence moins importante que d’habitude sur le forum de Villetaneuse (dû notamment à la période de fin d’année), ce fut un évènement riche en action et en discussions. Une belle manière de clôturer cette année.

Anis Harbi

Retour sur le débat « Liberté d’expression, ici et ailleurs »

mars 13, 2015

10974216_10204675095770149_3350255540249502081_o(1)En proposant ce thème « liberté d’expression, ici et ailleurs », le groupe d’étudiants « Amnesty à Paris 13 » savait bien que ce serait l’occasion de se confronter à des points de désaccords, à des ressentis différents, notamment suite aux événements des 7, 8 et 9 Janvier à Paris. L’objectif était clairement de laisser la parole totalement libre tout en apportant l’éclairage d’Amnesty International. C’est pourquoi nous avions décidé d’organiser le débat en alternant des courtes présentations par les membres de l’Antenne-Jeunes avec des temps d’échanges sur chacun des aspects abordés – garanties juridiques de ce droit à la liberté d’expression, limites inscrites dans le droit, dérives de la lutte contre le terrorisme, et focus sur plusieurs pays différents.

Une trentaine d’étudiants et personnels avaient répondu présents, et si l’on pouvait regretter de ne pas avoir attiré davantage de monde, il faut dire aussi que cela a sans doute contribué à ce que ce soit un vrai moment de partage – et on ne parle pas que des boissons et gâteaux offerts ! – , un véritable débat, avec beaucoup d’échanges, parfois vifs. Chacun a pu parler de sa propre conception de la liberté d’expression, de ses opinions et sentiments personnels sur ce qui se passait en France mais aussi au-delà de nos frontières.

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En tant que militante d’Amnesty International, j’ai été ravie de constater que ressortait de ce débat un sentiment partagé par tous ou presque, celui d’être citoyen du monde et donc solidaire des victimes de violations de ce droit à la liberté d’expression dans le reste du monde. On a eu l’occasion d’évoquer diverses situations : celle de Raif Badawi en Arabie Saoudite, condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour avoir « insulté l’Islam » dans son blog, puis celle d’un journaliste gambien enlevé, torturé et toujours porté disparu, après avoir critiqué son gouvernement. Nous avons également discuté de la censure sur Internet en Chine et Russie et enfin des USA avec le cas de Snowden et des lanceurs d’alerte… Un débat riche en échanges et informations, où l’on sentait parfois vibrer un sentiment d’indignation. Pour nous, cette sensibilisation est déjà un premier pas dans la lutte contre la violation des droits humains à travers le monde .

Bien sûr, des désaccords ont émergé et parfois subsisté sur la conception même de la liberté d’expression : certains ont opposé à l’aspect universel des droits humains une forme de relativisme culturel, ou en tout cas ont défendu l’idée d’un droit adapté à chaque pays et donc à sa culture. D’autres ont émis l’opinion que dans certains cas, notamment lorsqu’il s’agit de religion, le respect s’imposait au détriment d’une liberté absolue de parole. Le débat a également permis de constater à quel point il y avait deux poids deux mesures dans le traitement donné à certaines violations des droits selon qu’elles touchent la France ou d’autres pays. Quoi qu’il en soit, il était important pour nous que les gens s’expriment en toute liberté, qu’ils n’aient pas l’impression qu’on veuille leur dicter une vision du monde.

Notre but premier était de préciser l’éclairage que peuvent apporter la Déclaration universelle des droits de l’homme et le droit international, afin que les participants au débat puissent enrichir leur réflexion sur cette base. Par ailleurs, nous souhaitions vraiment ne pas rester uniquement centré sur la France, mais plutôt ouvrir sur le reste du monde, avec des informations qui permettraient d’élargir le champ de vision, de remettre ainsi en question certaines certitudes. En cela, on peut donc dire que notre objectif a été atteint !

10620523_10204119781887649_3690751924243507913_nLéa Antoni, responsable de l’Antenne-Jeunes Amnesty à Paris 13

L’AJ Paris 13 soutient les saoudiennes qui prennent le volant vers leur liberté

mars 16, 2012


L’interdiction de conduire, tout un symbole !

Difficile à croire, vue d’ici, et pourtant bien réelle, l’interdiction de conduire imposée aux femmes en Arabie saoudite, même lorsqu’elles sont titulaires de permis internationaux et sont libres de conduire ailleurs dans le monde…

Imaginez les implications d’un tel système de « tutelle » masculine : « Le fait de ne pas autoriser les femmes à prendre le volant en Arabie saoudite constitue un immense obstacle à leur liberté de mouvement et limite fortement leur capacité à accomplir comme bon leur semble des activités quotidiennes telles qu’aller au travail ou au supermarché, ou encore aller chercher leurs enfants à l’école, a souligné Philip Luther, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du nord d’Amnesty International.

Cette vidéo permet de mieux saisir ce que ces femmes saoudiennes vivent :

Le ministre de l’Intérieur a officiellement interdit aux femmes de conduire en Arabie saoudite depuis 1990, à la suite d’une manifestation organisée par un groupe de femmes qui ont défilé à bord de leurs véhicules pour contester une interdiction relevant du droit coutumier en vigueur jusqu’alors. L’an dernier, des militantes ont relancé la campagne pour protester contre cette interdiction. Baptisée Women2Drive et relayée sur Facebook et Twitter (http://www.facebook.com/Women2Drive), cette campagne encourage les femmes à conduire dans le cadre de leurs activités quotidiennes normales plutôt qu’à organiser des rassemblements à bord de leurs véhicules.

Des dizaines de femmes ont participé à cette action ; quel courage quand on sait qu’un grand nombre d’entre elles ont été arrêtées et forcées à signer un engagement à ne jamais conduire de nouveau, et plus choquent encore, Au moins une d’entre elles a été jugée et condamnée à dix coups de fouet pour avoir défié cette interdiction !

En septembre 2011, sans doute inquiet de l’effet catalyseur des mouvements de révolte au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, le roi Abdullah a annoncé que les femmes seraient autorisées à voter et à se présenter aux élections municipales, le seul scrutin universel du pays – à partir de 2015 – et qu’elles pourraient être nommées au Conseil consultatif, un organe qui conseille le roi.

Ce sont de maigres avancées, et les militants pour les droits des femmes continuent donc à faire campagne pour mettre un terme à une discrimination fondée sur le genre qui est ancrée dans la législation et les pratiques. Les femmes ne peuvent toujours pas voyager, exercer une activité rémunérée, suivre des études supérieures ou se marier sans la permission d’un tuteur de sexe masculin.

Amnesty International considère cette interdiction comme le symbole des nombreux domaines dans lesquels les femmes du royaume continuent à voir leurs droits fondamentaux fortement restreints. C’est pourquoi elle appelle tous les citoyens du monde à montrer en images leur solidarité avec les militantes saoudiennes, afin de soutenir ces femmes qui prennent le volant vers leur liberté ! Le procédé est simple : se prendre en photo au volant avec ce message « Nous soutenons les femmes saoudiennes qui prennent le volant vers leur liberté », puis l’envoyer à l’adresse photos@amnesty.fr pour qu’elle soit ajoutée au diaporama de pétition/photo sur flrick ! (Voici le lien : http://www.flickr.com/photos/amnestyfrance/sets/72157629160245296/)

ALLEZ, EN VOITURE, ET FAITES COMME NOUS,  MONTREZ VOTRE SOUTIEN AUX FEMMES SAOUDIENNES !

Cécile Coudriou

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