Archive for the ‘Torture’ Category

Conférence « Pas de Paix sans Justice » avec « Amnesty à Paris 13 »

octobre 23, 2015

affiche-Le Lundi 12 Octobre se tenait, à l’université Paris 13 Villetaneuse, une conférence sur le thème de la Justice Internationale. Cet événement était organisé par l’Antenne-jeunes d’Amnesty International à Paris 13 et l’association des étudiants en Science Politique, spécialité « Études stratégiques », « Les Petits Stratèges » (http://www.petits-strateges.org/), dans le cadre des initiatives pour la paix et la non-violence du Conseil départemental de Seine Saint-Denis à l’occasion de la journée mondiale pour la paix.

Le titre, « Pas de Paix sans Justice », indiquait l’angle choisi pour cette conférence : le système de justice internationale comme facteur de paix, l’importance de  la lutte contre l’impunité, pour que soient jugés et punis les auteurs présumés des crimes les plus graves, crimes de guerre, crime contre l’humanité, génocide. Pour nous en parler, l’université de Paris 13 a accueilli Aymeric Elluin, chargé de campagne « Armes et Impunité » à Amnesty International France, ainsi qu’Alina Miron, maître de conférences en Droit International et avocate à la Cour Internationale de Justice.

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Nos deux intervenants ont souligné en quoi la lutte contre l’impunité était une condition indispensable au rétablissement d’une paix durable et solide. En effet, comment un peuple peut-il se reconstruire si les responsables des pires crimes sont toujours en liberté ? Nous avons évoqué par exemple le cas de l’Indonésie où les victimes côtoient tous les jours leurs anciens agresseurs et par conséquent continuent d’avoir peur de s’exprimer.

Nous avons vu également, à travers plusieurs exemples africains tels que la Côte d’Ivoire, le Rwanda, ou encore le Tchad avec le procès d’Issène Habré, à quel point le système de Justice Internationale était encore perfectible. C’est une construction au long cours, faite d’avancées, d’espoirs mais aussi de déceptions, et à chaque étape, depuis la mise en place de la Cour Pénale Internationale, en passant par les Tribunaux spéciaux internationaux et jusqu’à la création d’une juridiction panafricaine et ses CAE (Chambres africaines extraordinaires), des ONG telles qu’Amnesty International peuvent jouer un rôle pour contribuer à apporter des améliorations et rendre cette justice réellement efficace.

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Une bonne quarantaine d’étudiants ont assisté à cette conférence et ont participé activement au débat qui s’en est suivi. Des interrogations ont été soulevées, comme par exemple sur les risques d’instrumentalisation de la Cour Pénale Internationale ou sur le financement des Chambres Africaines Extraordinaires. D’autres questions ont été posées à nos deux intervenants sur le concept de « compétence universelle », le risque du « 2 poids, 2 mesures » entre l’Afrique et le reste du monde. Enfin, le débat a aussi porté sur le cas de la France qui laisse des criminels de guerre se promener librement sur son territoire sans que rien ne soit fait pour les arrêter. Comment est-ce possible ? À cause des 4 « verrous » qui bloquent le mécanisme de « compétence universelle » grâce auqiel on devrait pouvoir poursuivre ces criminels où qu’ils se trouvent. Ce sont ces verrous que la proposition de loi dite « Sueur », du nom du Sénateur Jean-Pierre Sueur, vise à faire sauter. Seulement voilà, cette loi n’est toujours pas inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale après avoir été adoptée au Sénat il y a deux ans déjà, et c’est d’ailleurs là tout l’enjeu de la campagne de rentrée d’Amnesty International France, « France, destination l’impunité » à laquelle participera très prochainement l’Antenne-jeunes d’Amnesty International à Paris 13.

Rendez-vous début novembre pour cette prochaine mobilisation ! En attendant, découvrez la vidéo de cette conférence et d’une partie du débat :

Léa Antoni et Cécile Coudriou

« Stop Torture », avec Amnesty International à l’université Paris 13

novembre 25, 2014

Pas facile de faire une action sur le thème de la torture !…

Tout d’abord, contrairement à ce que l’on peut croire, dire « stop » à la torture ne fait pas l’unanimité. Et oui, certains pensent encore qu’elle peut être efficace pour lutter contre le terrorisme par exemple, que c’est légitime de torturer des criminels. Nous avons tenté de dissiper ces préjugés par notre action au forum de Villetaneuse qui mêlait informations au stand d’Amnesty et Street Art !

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Nous avons en effet fait participer les étudiants et personnels de Paris 13 à la création d’une toile destinée à montrer notre soutien à Moses, jeune nigérian, arrêté à l’âge de 16 ans pour le vol de 3 téléphones portables, torturé par la police puis condamné à mort.  On agissait également ce jour-là à travers la signature d’une pétition qui sera adressée au gouverneur de l’état du Delta, et le résultat a d’ailleurs été impressionnant : 510 signatures en quelques heures !

Nous avons senti, mes camarades et moi, que les gens étaient vraiment sensibles aux messages que l’on peut transmettre grâce à l’art. Nous avons été très impressionnés par un tel accueil et une telle participation ! Un symbole de solidarité et une belle mobilisation contre la torture au cœur de cette toile où tous les talents ont été mis à contribution pour notre action.

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La rencontre-débat qui a suivi cette action était tout aussi passionnante. Nous avons pu voir des extraits du film de Marie-Monique Robin, « Torture Made in USA », très intéressants pour montrer les tentatives de justification de la torture par des hauts responsables de l’administration Bush, toutes aussi choquantes et consternantes les unes que les autres.

Mais c’était surtout, une très belle rencontre avec Agathe Battistoni, responsable de la campagne « Stop Torture » chez Amnesty International France, et ancienne étudiante dans le Master 2 « ONG et Coopération Internationale » de Paris 13 ! Elle a a su exposer très clairement les stratégies de campagne d’Amnesty contre la torture, répondre aux nombreuses questions de la salle. Ce débat nous a donné encore plus d’arguments pour lutter contre ce fléau et a accru notre conviction que ce pour quoi l’on se bat n’est pas vain.

Léa Antoni, responsable de l’Antenne-Jeunes

Découvrez l’album photo et la vidéo de cette action, ainsi que les extraits de la rencontre-débat :

https://www.flickr.com/photos/cc75/sets/72157647128398234/

Pourquoi la lutte d’Amnesty International contre la torture est toujours d’actualité

novembre 8, 2014

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Un débat sur la torture en 2014, vraiment ? On pourrait croire a priori que tout le monde est contre une telle pratique, considérée comme barbare et d’un autre temps. Et pourtant, malgré son interdiction absolue depuis l’adoption à l’ONU de la Convention internationale contre la torture en 1984, elle n’a pas disparu. Ces 5 dernières années, elle a même été pratiquée dans 141 pays, de façon systématique et notoire, ou parfois plus cachée.  Même les démocraties y recourent, sous couvert de guerre contre le terrorisme. La peur que celui-ci inspire a d’ailleurs fait bouger les lignes dans l’esprit de certains, et le désir d’être protégé, de se sentir en sécurité, peut amener à tolérer certaines pratiques pourtant cruelles, inhumaines et dégradantes. (cf une étude publiée en mai 2014 http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Stop-Torture/Actualites/Sondage-sur-la-torture-dans-le-monde-11653)

stop_tortureAlors, ne détournons pas le regard de cette triste réalité : la lutte contre la torture est toujours d’actualité. C’est pourquoi Amnesty International lance une nouvelle campagne mondiale, « Stop torture ».

À l’échelle du campus universitaire de Paris 13 Villetaneuse, l’Antenne-Jeunes d’Amnesty International va relayer cette campagne : le 18 novembre, entre 12h et 14h au forum, en marge de notre stand d’information et pétition, le public sera invité à participer à une action créative de « street art contre la torture », animée par Isabelle Villanova, médiatrice artistique. Puis à 17h, une rencontre-débat sera organisée en salle C 102 à l’UFR Communication, en présence d’Agathe Battistoni, chargée de cette campagne à Amnesty France. En s’appuyant sur des extraits de films tels que « Torture made in USA » (sur Guantanamo et Abou Grahib), ou « The Act of Killing » (sur l’Indonésie), nous échangerons sur les mécanismes qui font que cette pratique devient parfois acceptable pour certains, et sur les garanties à mettre en place pour l’empêcher, voire l’éradiquer.affiche_film_0MV5BNzQ0NDA1ODQ3NF5BMl5BanBnXkFtZTcwNjQwMzk0OA@@._V1_SY317_CR4,0,214,317_AL_

Venez dire « Stop torture » le mardi 18 novembre sur le campus de Villetaneuse, que ce soit à travers le street art, votre signature ou le débat, participez à votre façon au combat d’Amnesty International !

Cécile Coudriou

Retour sur la projection-débat « Torture Made in USA » à Paris 13

mars 14, 2012


Après plusieurs semaines de préparation, l’AJ de Paris 13 a eu le plaisir d’accueillir, lundi soir, une vingtaine d’étudiants et membres du personnel autour de la projection-débat « Torture made in USA », dans le cadre de la campagne d’Amnesty International « Pas de sécurité sans droits humains ».

Le documentaire de Marie-Monique Robin retrace l’engrenage qui a conduit les États-Unis, depuis le 11 septembre 2001, à progressivement légaliser les actes de torture dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. Dès le début, les vidéos amateurs des deux tours en train de s’effondrer posent le décor d’une époque où les sentiments d’horreur et de peur panique seront omniprésents dans le pays. Quelques jours plus tard, dans l’émotion, Dick Cheney tient à la télévision des propos qui paraîtront prophétiques : « Nous devons libérer de toute contrainte les services de renseignement pour qu’ils puissent conduire à leur mission. ». Par « contrainte », entendez ici les Conventions de Genève de 1949…

D’anciennes personnalités haut placées telles que l’ancien conseiller de Condoleeza Rice à la Maison Blanche, témoignent de décisions et de mémos internes à l’administration américaine, qui ont successivement repoussé les limites de la définition légale de la torture dans le but d’obtenir des informations des prisonniers présumés terroristes. Il était important de noter les résistances internes à ces décisions : Colin Powell, alors à la tête du Département d’État, s’était élevé contre. Il a alors été écarté de toutes décisions concernant ce sujet.

Le documentaire revient aussi sur le scandale d’Abou Ghraib qui a profondément choqué et mobilisé l’opinion publique, et pose la question de la responsabilité et de l’impunité. Seuls les militaires présents en Irak, considérés comme des « brebis galeuses », ont été sanctionnés. Pas une fois l’administration du « grand frère » Guantanamo n’a été inquiétée, alors que les preuves de traitements inhumains et dégradants dans le camp se sont accumulées. Impunité totale également, autour des restitutions de prisonniers, des présumés terroristes enlevés et envoyés en détention secrète sur des « sites noirs »

Le film a montré son efficacité en sensibilisant les étudiants à cette question et en provoquant des discussions riches en réflexion : comment la torture a été justifiée, mise en œuvre, et même encadrée par l’administration.  Nous avons également échangé sur les conséquences, notamment les conséquences psychologiques de la torture, non seulement sur les victimes mais aussi sur les bourreaux eux-mêmes.  Le débat a aussi permis de prolonger la remise en cause de l’argument de l’utilité de la torture  et d’évoquer les autres moyens légaux et plus efficaces pour obtenir des informations, comme l’infiltration.

Une étudiante s’est dite « déçue » par la politique américaine et l’impunité dont jouissent les responsables : comme en conclut le film, cette légalisation de la torture par les États-Unis, ces dérives dans la guerre contre le terrorisme, au mépris de toute convention internationale telle que la Convention contre la Torture, ne feront qu’encourager d’autres pays à en faire autant et restera comme « une tâche sur le drapeau ». Comment une démocratie peut-elle être crédible lorsqu’elle dénonce des violations des droits humains à travers le monde alors qu’elle en commet par ailleurs dès qu’elle se sent menacée ?

Beaucoup de questions, et beaucoup d’échanges, à l’issue de cette projection, et nous remercions vivement les étudiants, membres du personnel du campus et membres de l’AJ qui y ont participé !

Camille Hervé

Opération choc sur Guantanamo à Paris 13 !

mars 12, 2012

Des prisonniers en liberté sur le campus ? Avec des tracts pour une séance de ciné ?!

En ce début du mois de mars, vous avez peut-être croisé, dans les couloirs du campus, des silhouettes  portant les combinaisons orange des prisonniers américains… Pas de panique, aucun tueur sanguinaire en liberté dans l’UFR… Seulement les jeunes de l’AJ du campus qui font parler de la projection-débat de ce lundi soir ! Le thème ? La « torture made in USA ».

Bon, on ne vous cache pas que, la semaine dernière, quand Cécile nous a annoncé à la fin d’une de nos réunions d’un-jeudi-sur-deux qu’elle avait réussi à dégoter des costumes pour rendre plus visible notre action sur Guantanamo, on s’est regardés genre « aie, on va s’afficher, là… ». Mais finalement, une fois la première appréhension passée, se balader en combi fluo dans la fac en distribuant des tracts et en discutant avec les gens, ça a quelque chose de surréaliste pas désagréable… surtout quand on croise nos potes, les profs, et même le président Salzmann, qui a posé pour une photo avec nous ! Et puis c’est quand même plus sympa et plus original que les annonces en amphi non ? C’est pas parce qu’on travaille sur des tragédies qu’on peut pas le faire dans un minimum de bonne humeur, pas vrai ?

Au final, plein de monde venait nous voir, prenait volontiers un tract, et même parfois proposait de rejoindre l’AJ pour organiser à leur tour des sorties, concerts, projections,… en rapport avec la défense des droits humains.

Bref, après quelques photos pour immortaliser tout ça, direction la salle C105, réservée pour l’occasion, histoire de préparer les micros et le vidéoprojecteur pour la séance de ce soir.

(article de Jordael Grimaldi)

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Projection-Débat « Torture Made in USA » à l’Université Paris 13

mars 8, 2012

Pour illustrer la campagne d’Amnesty International « Pas de sécurité sans Droits Humains », et participer activement à la sensibilisation du grand public aux dérives de la lutte contre le terrorisme, l’Antenne-Jeunes de Paris 13 a décidé de proposer sur le campus de Villetaneuse une projection du film « TORTURE MADE IN USA » suivie d’un débat, le lundi 12 Mars à 17h.(salle C 105, UFR Communication)

Le film est un documentaire d’investigation de Marie-Monique Robin (diffusé sur ARTE en juin 2011) qui s’appuie sur des archives inédites d’auditions parlementaires ainsi que des interviews exclusives de grands témoins, tels que :
– le Général Ricardo Sanchez, ancien chef des forces de la coalition en Irak,
– Michel Scheuer, concepteur du programme des détentions secrètes de la CIA,
– Matthew Waxman, ancien conseiller de Condoleeza Rice à la Maison Blanche,
– Larry Wilkerson, ancien chef de cabinet de Colin Powell

Il montre que, dès septembre 2001, le vice-président Dick Cheney a piloté un programme secret, destiné à légaliser la torture en violation des lois américaines et internationales. On y découvre aussi que pour se protéger d’éventuelles poursuites judiciaires, l’administration Bush a fait appel à des juristes pour trouver les arguments juridiques nécessaires permettant l’usage de la torture.

Ce film décortique «la machine » qui a conduit la « plus grande démocratie du monde » à légitimer et utiliser massivement et systématiquement la torture à Guantanamo et en Irak notamment. Il montre également que ce programme de torture a généré des résistances au sein du département d’Etat, mais aussi chez les chefs militaires, attachés aux conventions de Genève.

L’objectif de l’Antenne-Jeunes à travers cette projection-débat est double : d’une part informer sur la situation particulière des prisonniers à Guantanamo, les mesures prises au plus haut niveau du gouvernement Bush et les violations de droits fondamentaux qui s’en sont suivies. Pour préparer cette partie du débat, nous avons pu bénéficier du document « Questions-réponses » préparé par Amnesty International (Merci à Nathalie Berger, responsable de la coordiantion USA d’AIF, et à Hélène Desodt responsable de la campagne « Pas de sécurité sans Droits humains » !). D’autre part, nous avons pensé que ce film, au-delà de l’aspect informatif sur les violaions du droit international et des droits humains, serait un excellent outil pour amener le public à élargir sa réflexion sur le thème plus global de la torture, de la façon dont on la définit, et du risque pour bien des citoyens de faire insidieusement bouger les lignes, notamment dans des contextes spécifiques où une population se sent menacée.

Nous espérons que vous serez nombreux à avoir envie de venir partager ce moment de réflexion et d’échanges, rendez-vous donc lundi 12 à 17h en Salle C 105 !

Les messages clés d’Amnesty International concernant Guantanamo

février 26, 2012

Le début de l’année 2012 est marqué par les 10 ans de l’ouverture du centre de détention de Guantanamo, qui n’est que la partie émergée d’un iceberg de violations des droits humains commises par les Etats-Unis, avec l’appui de pays tiers dont les pays européens, au nom de la « guerre contre le terrorisme ».

Voici les messages clés d’Amnesty International, que l’Antenne-Jeunes de Paris 13 va s’efforcer de faire passer auprès des étudiants et personnels de l’université :
– Guantanamo symbolise une décennie de violations des droits humains
– Le président des États-Unis Barack Obama et son gouvernement ont la possibilité de remédier aux atteintes portées aux droits humains résultant des pratiques autorisées et justifiées par l’ancien président et son administration, mais, à ce jour, seules quelques timides avancées ont été constatées.

Amnesty International demande donc au gouvernement américain:

– L’abandon des commissions militaires au profit de procès équitables devant les cours de justice fédérales, sans requérir la peine de mort
– La libération immédiate, y compris sur le territoire américain, des détenus que l’administration n’entend pas poursuivre.
– L’abandon de la détention illimitée des 48 détenus déclarés non jugeables et non libérables par l’administration Obama.
– L’accès aux mêmes droits que ceux de Guantanamo pour les détenus de Bagram
– L’abandon du concept de guerre globale contre le terrorisme, réaffirmé par le gouvernement et validé par une large part du Congrès et de la Cour Suprême
– La mise en place une commission d’enquête indépendante sur tous les aspects des pratiques d’interrogatoires et de détentions, depuis le 11 septembre 2001, et sur les actes commis par ceux agissant pour ou au nom des Etats-Unis en particulier sur la
torture et les disparitions forcées
– Le respect des obligations des Etats-Unis au regard du droit international en traduisant en justice tous les auteurs de violations passées et en s’assurant que toutes les victimes aient accès à des réparations.

Amnesty International demande également :
– A tous les pays ayant ratifiée la Convention contre la Torture, d’arrêter et de poursuivre ou d’extrader toute personne ayant joué un rôle dans des actes de torture si elle se présente sur leur territoire y compris l’ancien président G.W. Bush
– Aux pays européens de diligenter des enquêtes impartiales, indépendantes et exhaustives sur leur rôle dans les opérations réalisées par la CIA sur leur territoire et de traduire en justice les auteurs des violations passées..

Il faut également rappeler que depuis près de 40 ans, Amnesty International oeuvre à l’abolition de la torture et des mauvais traitements partout dans le monde, et a joué également un rôle important dans l’élaboration et l’adoption des normes juridiques nationales et internationales interdisant la torture et les mauvais traitements.

Amnesty International continue à dénoncer dans sa campagne intitulée : « Pas de sécurité sans droits humains » les gouvernements qui violent les droits humains au nom de la sécurité nationale et de la lutte contre le terrorisme. Elle exige que les responsables répondent de leurs actes. Cette campagne est aussi menée en faveur des droits des victimes, tant de violations commises par des États que d’attaques menées par des groupes armés.

GUANTANAMO, quelques rappels avant notre prochaine action

février 25, 2012

A l’occasion des 10 ans du centre Guantanamo, et de la sortie du rapport d’Amnesty International intitulé « Guantánamo: A Decade of Damage to Human Rights », l’Antenne-Jeunes de Paris 13 a choisi pour sa prochaine action de mettre en lumière les dérives de la lutte contre le terrorisme.

Tout d’abord, un rappel des faits et de la position d’Amnesty International :

Ce centre de détention, établi quatre mois après les attentats du 11 septembre sur une base navale américaine à Cuba, est devenu un symbole de torture et de mauvais traitements.

Malgré la promesse faite par le président Barack Obama de fermer le centre de détention de Guantánamo avant le 22 janvier 2010, 171 hommes y étaient toujours incarcérés à la mi-décembre 2011. Au moins 12 prisonniers transférés à Guantánamo le 11 janvier 2002 y sont toujours détenus. L’un d’entre eux purge une peine de réclusion à perpétuité après avoir été déclaré coupable par une commission militaire en 2008. Les 11 autres n’ont toujours pas été inculpés.

Le gouvernement de Barack Obama – en fait de larges sections des trois branches du gouvernement fédéral – ont adopté le cadre de la « guerre » mondiale mis en place sous le gouvernement de George W. Bush. Le gouvernement a ainsi affirmé en janvier 2010 qu’une cinquantaine de détenus de Guantánamo ne pouvaient être ni inculpés ni libérés, mais devaient être maintenus en détention militaire pour une durée indéterminée, sans inculpation ni jugement, au titre de l’interprétation unilatérale que font les États-Unis des lois de la guerre.

Parmi les prisonniers qui y sont toujours incarcérés, certains ont été victimes aux mains des États-Unis d’actes de torture et de disparitions forcées avant d’être transférés à Guantánamo. L’obligation de rendre des comptes n’a pas ou presque été mise en œuvre pour ces crimes relevant du droit international commis dans le cadre d’un programme de détentions secrètes ayant reçu l’aval du président.  Le gouvernement américain a systématiquement bloqué les démarches d’anciens détenus visant à obtenir des réparations pour ces violations des droits humains.

En 10 ans, seul un des 779 détenus incarcérés à la base a été transféré aux États-Unis pour être jugé devant un tribunal fédéral de droit commun. D’autres ont comparu devant des commissions militaires dans le cadre de procès iniques. Le gouvernement a aujourd’hui l’intention de requérir la peine de mort contre six détenus jugés dans ces conditions.

Le gouvernement de Barack Obama fait porter la responsabilité de son incapacité à fermer Guantánamo sur le Congrès, qui n’a pas veillé, il est vrai, à ce que les États-Unis respectent les principes internationaux relatifs aux droits humains dans ce contexte.

Aux termes du droit international, ni le droit national ni la politique ne peuvent être invoqués pour justifier le fait de ne pas honorer les obligations inscrites dans les traités. Une branche du gouvernement ne saurait faire porter le chapeau à une autre pour les manquements d’un pays envers les droits humains. Le droit international exige de trouver des solutions, pas des excuses.

Pour conclure ce rappel, voici une vidéo de l’action organisée par Amnesty International France pour réclamer la fermeture de Guantanamo :

Questions et réponses : les droits humains et les troubles au Moyen-Orient

février 9, 2011

Quelle est l’action d’Amnesty International concernant les contestations en Égypte et dans les autres États de la région ?

Nous avons envoyé une délégation en Égypte pour se rendre compte de la situation, recenser et dénoncer les atteintes aux droits humains commises durant le soulèvement, comme nous l’avons fait durant les troubles en Tunisie en début d’année. Les délégations travaillent en étroite coopération avec les ONG, défenseurs et militants locaux des droits humains, avec qui pour la plupart nous nous efforçons depuis de nombreuses années de remédier aux violations et faisons campagne en faveur de la réforme.

Nous mobilisons les trois millions de militants, de partisans et de membres rassemblés au sein du mouvement mondial d’Amnesty International, qui font pression sur les gouvernements égyptiens et étrangers afin qu’ils respectent tous les droits de leurs citoyens – que ce soit le droit de parler librement et de manifester pacifiquement sans craindre d’être incarcérés ni attaqués, le droit de ne pas être torturé, le droit de ne pas être victime de sexisme ou de racisme, ou le droit de chacun, y compris des habitants des bidonvilles, de ne pas être expulsé ni jeté à la rue.

Ces militants organisent des événements de grande ampleur, rendent publiques les violations des droits humains et bombardent les représentants de l’État de messages au nom des hommes, des femmes et des enfants qui risquent de voir leurs droits fondamentaux bafoués.

Ils font pression pour que les organismes régionaux et internationaux agissent, dispensent des formations et fournissent des documents permettant aux citoyens de prendre conscience de leurs droits et d’être mieux armés pour les défendre. Ils interviennent et font campagne auprès de leurs propres gouvernements pour que ceux-ci exercent une pression et une influence directes sur le gouvernement égyptien afin qu’il mette un terme aux violations, respecte le droit des Égyptiens de manifester pacifiquement et s’acquitte dans les faits de ses obligations relatives aux droits fondamentaux.

Amnesty International publie régulièrement des documents dans lesquels elle engage les gouvernements, dont le gouvernement égyptien, à rendre des comptes pour leurs bilans désastreux en termes de droits fondamentaux. Elle préconise la mise en place de mesures visant à remédier à cette situation et propose des plans d’action pour les mettre en œuvre.

Nous collaborons également avec d’autres groupes en Égypte et ailleurs, en vue de promouvoir les droits humains, protéger les nombreux militants courageux qui œuvrent sur le terrain et donner la parole à ceux qui sont rarement entendus.

Entre autres, nous exhortons les gouvernements qui sont connus pour fournir à l’Égypte une assistance dans le domaine militaire et de la sécurité – armes, munitions, équipements, formation – à faire savoir clairement au gouvernement égyptien qu’ils instaureront un embargo immédiat si l’armée égyptienne recourt à la force pour étouffer les manifestations pacifiques ou si la police et d’autres forces de sécurité continuent de faire usage d’une force excessive, notamment meurtrière, contre les manifestants pacifiques ou les citoyens arrêtés ou placés en détention.

Quelle est la situation en termes de droits humains en Égypte ?

Les contestations en Égypte ont éclaté sur fond de répression appuyée et d’atteintes aux droits humains généralisées – commises pour la plupart en toute impunité depuis plus de 30 ans.

Le gouvernement a écrasé par le passé les appels à la réforme en usant des pouvoirs que lui confère l’état d’urgence en vigueur depuis 30 ans sans discontinuer, ce qui correspond à toute la période du régime de Hosni Moubarak.

Les détracteurs ont été arrêtés, poursuivis sur la base d’accusations forgées de toutes pièces et incarcérés à l’issue de procès contraires aux règles d’équité les plus élémentaires.

Des dizaines de milliers de personnes considérées comme une menace pour la sécurité ont été maintenues en détention sans inculpation, parfois pendant plusieurs années, en vertu d’ordonnances de placement en détention administrative successives. Certains détenus ont été systématiquement torturés.

Quelque 16 millions d’Égyptiens – environ un sur cinq – vivent en dessous du seuil de pauvreté, pour beaucoup dans des bidonvilles tentaculaires, privés de leurs droits sociaux et économiques élémentaires.

Dans toute l’Égypte, les manifestants réclament aujourd’hui que leurs droits fondamentaux soient enfin respectés. Ils exigent de pouvoir vivre dans la dignité, dans un climat de justice sociale.

Au cours du soulèvement auquel nous assistons, l’État n’a pas protégé les manifestants contre les attaques violentes de la police et des partisans du gouvernement, a imposé des restrictions draconiennes à la liberté d’expression et a interpellé et placé en détention des défenseurs des droits humains et des journalistes, sans assurer leur sécurité face aux attaques dont ils ont été la cible.

Que demande Amnesty International en Égypte ?

Amnesty International exhorte les autorités égyptiennes à :

protéger le droit de manifester pacifiquement ;
mettre fin à la violence imputable aux partisans du gouvernement ;
libérer sans condition tous les défenseurs des droits humains ;
protéger les journalistes et les militants des droits humains qui s’efforcent de faire leur travail.

Par ailleurs, Amnesty International invite les autres États à faire pression sur les autorités égyptiennes pour qu’elles mettent fin à la violence et respectent les droits fondamentaux. Elles doivent notamment :

abolir l’état d’urgence et abroger toutes les dispositions de la Loi relative à l’état d’urgence ;
faire en sorte que les forces de sécurité cessent de recourir à une force injustifiée, excessive et disproportionnée ;
mettre fin aux détentions arbitraires, à la torture et aux autres formes de mauvais traitements infligées aux manifestants pacifiques ;
respecter la liberté d’expression, d’association et de réunion ;
diligenter des enquêtes sur toutes les allégations de torture et de mauvais traitements et traduire en justice les responsables présumés de ces agissements ;
enquêter sur les circonstances dans lesquelles les forces de sécurité auraient fait usage d’une force excessive contre les manifestants et traduire en justice les responsables présumés.

Quel est le programme en matière de droits humains que préconise Amnesty International pour l’Égypte, la Tunisie et les autres États répressifs de la région ?

Nous demandons que tous les États rompent avec des décennies de répression en adoptant de toute urgence des réformes portant sur les lois, les systèmes et les pratiques, en vue de garantir le respect des droits humains.

Les services de sécurité et le système judiciaire, principaux outils mis en œuvre pour écraser la dissidence et faire taire les détracteurs, doivent être réformés en profondeur.

Il faut abroger la législation d’urgence et toutes les lois répressives qui autorisent à bafouer les droits fondamentaux.

Les autorités doivent veiller à ce qu’aucun membre des services de sécurité ne soit autorisé à agir au-dessus des lois. Elles doivent maîtriser leurs agents et rappeler fermement que le recours à la force doit être strictement conforme aux normes et au droit internationaux.

Elles doivent condamner sans équivoque la torture et les autres formes de mauvais traitements et veiller à ce qu’il soit mis fin à ces pratiques. Elles doivent abolir la détention au secret et veiller à ce que toutes les accusations de torture fassent l’objet d’enquêtes.
Elles doivent faire respecter la liberté d’expression, d’association et de réunion. De nouvelles restrictions ont été imposées à la liberté d’expression et les réseaux sociaux en ligne, outil de mobilisation vital pour les manifestants, ont été bloqués. Les journalistes, les défenseurs des droits humains et les opposants au gouvernement doivent être en mesure de mener leurs activités légitimes sans être en butte au harcèlement, à l’intimidation ni à la violence. Tous les prisonniers d’opinion doivent être libérés.
Il convient d’entreprendre une refonte complète du système judiciaire dans ces pays, afin de garantir que le pouvoir judiciaire soit totalement indépendant du pouvoir exécutif et de garantir des procès équitables. Il faut commuer toutes les sentences capitales et abolir la peine de mort.
Les autorités doivent mettre fin à l’impunité qui perdure pour les violations des droits humains. Elles doivent commencer par reconnaître leur véritable ampleur et leur gravité, avant de prendre des mesures visant à en finir avec ces pratiques.
Elles doivent lutter contre la discrimination sous toutes ses formes et défendre les droits des femmes et des filles, ainsi que ceux des minorités ethniques et religieuses notamment, y compris les droits des personnes prises pour cibles en raison de leur identité sexuelle.

Pourquoi Amnesty International réclame-t-elle toujours que les auteurs d’atteintes aux droits humains soient amenés à rendre compte de leurs actes ?

Les victimes d’atteintes aux droits humains et leurs familles ont droit à la justice. Elles ont le droit de savoir ce qui s’est passé et le droit d’obtenir des réparations.

Partout dans le monde, l’expérience a montré qu’il est crucial pour les victimes et leurs familles de connaître la vérité. Les conséquences sont dévastatrices lorsque ceux qui détiennent le pouvoir nient ou dissimulent la vérité, ou les privent du droit de la connaître.

Lorsque des crimes sont commis sans donner lieu à des enquêtes, des poursuites et des sanctions, ils ont de grandes chances de se répéter.

En s’abstenant de prendre des mesures, les autorités font savoir que les tortionnaires, les assassins et les responsables peuvent ordonner et commettre des violations des droits fondamentaux sans craindre d’être traduits en justice.

Sous couvert de l’état d’urgence, instauré depuis 30 ans en Égypte, les atteintes perpétrées par les forces de sécurité sont monnaie courante et rarement sanctionnées. Cette situation cautionne le mépris pour les droits humains au sein des forces de sécurité et favorise la perpétuation de la violence.

Une campagne de com’ d’un nouveau genre…(article de Cécile Coudriou)

mars 16, 2010

Mylène chute sur les marches de l’Élysée, et tous les paparazzi se marrent… La vidéo est immédiatement mise sur UTube et des milliers de gens peuvent la voir.

Puis, ces images sont détournées par Amnesty International pour servir la cause des droits humains. La vidéo sort de la catégorie « vidéo gag » pour illustrer les violations terribles des droits humains qui se produisent en Russie, et dont personne n’ose parler alors qu’une année entière est consacrée aux échanges culturels entre la France et ce pays.

Alors, certes, Mylène Farmer ne sera pas forcément ravie que plus de gens encore voient cette chute en boucle, et que ses fans russes, nombreux paraît-il, se sentent trahis. Mais il n’empêche que grâce à cette vidéo et au buzz qu’elle provoque, les médias – et notamment la télévision, qui s’intéresse trop rarement aux droits humains – vont enfin relayer la campagne d’Amnesty International, et même mentionner la pétition dont on espère qu’elle recueillera 100 000 signatures dans l’année.

C’est sûr, c’est une campagne d’un nouveau genre, plus « choc » que ce que l’on a l’habitude de voir à Amnesty. Mais, au lieu de s’offusquer du détournement d’images à l’insu d’une star de la chanson,  ne vaut-il pas mieux s’alarmer et s’indigner  des dérives de la real politik, et dénoncer les hypocrisies de ces célébrations culturelles qui laissent dans l’ombre les emprisonnements arbitraires, la torture des opposants, la disparition de journalistes,  et l’impunité ?…

Regardez cette vidéo et faites vous votre propre opinion :

SIGNEZ DIRECTEMENT EN LIGNE ET FAITES SIGNER AU PLUS GRAND NOMBRE !

http://www.amnesty.fr/index.php/agir/actions_en_cours/federation_de_russie/actions_sur_la_russie/appel_au_president_russe_sur_la_situation_des_droits_humains_en_russie/petition_au_president_medvedev