Archive for the ‘Peine de Mort’ Category

On a voté l’abolition de la peine de mort avec Amnesty à Paris 13 !

décembre 8, 2018

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 Le jeudi 22 Novembre, Amnesty International à Paris 13 a organisé une projection-débat sur le thème de la peine de mort. Judith Mayer, une collègue de Cécile Coudriou, (la présidente d’Amnesty France) avait accepté d’ouvrir son cours aux membres de l’Antenne-Jeunes et d’autres étudiants intéressés par ce débat. La discussion, animée par les membres de l’AJ, avait pour but de sensibiliser les participants à notre cause et de voir notamment quel impact pouvaient avoir les vidéos réalisées par Amnesty sur ce sujet.

Nous avons commencé notre rencontre par un vote : nous avons demandé aux participants de s’exprimer pour ou contre l’abolition universelle de la peine de mort. Ils pouvaient voter pour en levant un pouce en l’air, contre avec un pouce vers le bas, ou « ne se prononce pas » en levant les deux mains ouvertes. Si une majorité était favorable à l’abolition, certains étaient neutres voire contre.

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Après ce rapide sondage, nous avons diffusé deux publicités d’Amnesty International. L’une d’elles présentait le cas d’Anthony Graves, condamné à mort aux Etats Unis suite à une erreur judiciaire : il raconte lui-même la torture qu’a représenté le fait d’être dans le couloir de la mort. L’autre, réalisée par Amnesty International UK, exposait avec humour et surtout ironie la pratique barbare de la lapidation en Iran.

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Le débat a ensuite été lancé avec la question suivante : la peine de mort peut-elle être considérée juste et humaine ? Les premières réactions soulignaient le fait qu’on ne pouvait pas donner le pouvoir de vie ou de mort à l’État. Si tout le monde était d’accord pour dire que les cas d’erreurs judiciaires étaient terribles et menaient à la mort d’innocents, certaines personnes estimaient tout de même que la peine de mort était justifiée dans certains cas de crimes graves et avérés, dans l’optique de protéger la société et d’apporter réparation à la famille de la victime. Cela a donné lieu à une discussion plus large sur les possibilités de réhabilitation des criminels : comment peut-on savoir qu’un condamné ne peut pas être réhabilité ? Comment peut-on prédire qu’il va récidiver ? De plus, si rien ne prouve que la peine de mort apporte réparation à la famille de la victime, ne crée-t-elle pas encore plus de deuil pour l’entourage du condamné ?

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Quant à la question du caractère dissuasif de la peine de mort, il est légitime de se demander si l’ordre est mieux maintenu dans les pays qui pratiquent la peine de mort. Comme cela a été dit dans le débat, cette idée est liée aux lois et à la culture de chaque pays (par exemple, on considère en Iran que lapider un infidèle contribue à maintenir un certain ordre moral). Néanmoins, on peut comparer la criminalité en France (pays qui a aboli la peine de mort en 1982) et aux États-Unis (qui pratiquent encore la peine de mort) et se demander s’il y a réellement une différence. En l’occurrence, toutes les statistiques prouvent que la pratique de ce châtiment n’a aucune incidence sur la criminalité.

En conclusion, l’hypothèse a été faite que la peine de mort vient en réponse à une incapacité de la société à répondre aux problématiques liées à la violence et la criminalité (places de prisons, programmes de réinsertion…). Une réforme du système judiciaire permettrait alors de mieux penser les alternatives à la peine de mort et de répondre au crime de manière plus humaine.

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Après ces échanges, nous avons repris la projection avec la vidéo « Comprendre la peine de mort » d’Amnesty International France en collaboration avec le vidéaste Nota Bene. Cette vidéo de neuf minutes expose de manière claire la plupart des arguments d’Amnesty : il s’agit d’une méthode barbare, d’un meurtre prémédité, inefficace pour prévenir le crime, qui étend la souffrance à la famille de l’accusé et qui tue des innocents.

Nous avons ensuite pris un moment pour demander aux participants ce qu’ils ont pensé des vidéos, lesquelles étaient selon eux les plus pertinentes, les plus susceptibles de convaincre. Il s’avère que la vidéo sur la lapidation a beaucoup plu. Le fait de parler d’un sujet aussi grave avec humour produit une dissonance qui peut choquer, mais qui bouscule les consciences et fait réfléchir. La vidéo d’Anthony Graves a quant à elle suscité plus d’émotions : de la tristesse, de la compassion. Elle souligne l’importance d’avoir une seconde chance, et nous pousse à nous demander : ne vaut-il pas mieux qu’un criminel puisse s’échapper plutôt qu’un innocent soit condamné ? La vidéo de Nota Bene est venue compléter les deux autres en apportant des informations nécessaires pour bien appréhender les arguments. Et les participants ont apprécié de pouvoir réfléchir par eux-mêmes et débattre avant de la visionner. Il s’avère donc que la sélection de vidéos mais aussi l’ordre des projections a permis d’aborder de manière équilibrée les arguments factuels contre la peine de mort et des aspects plus émotionnels. Un équilibre nécessaire pour arriver à toucher les gens et les convaincre.

Car si nous voulions créer un débat, nous espérions aussi pouvoir convaincre les gens, leur faire comprendre notre vision. A la fin, nous avons demandé aux participants de voter à nouveau pour ou contre l’abolition de la peine de mort. Et comme on peut le voir sur les photos, nous sommes cette fois-ci arrivés à une décision quasi-unanime puisque personne n’a voté contre.

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Une opération réussie pour l’Antenne-jeunes de Paris 13. La lutte continue, notamment à travers la compagne 10 jours pour signer, où on se mobilise du 1er au 10 Décembre pour 10 défenseures des droits l’Homme. Nous vous donnons également rendez-vous le 6 Décembre, de 13h à 14h en C102, pour une rencontre avec Morgane Eches, spécialiste à Amnesty France de la Birmanie et la question des Rohingyas.

 

Anis HARBI

Amnesty à Paris 13 contre la peine de mort

novembre 23, 2017

Novembre est un mois de mobilisation mondiale contre la peine de mort, notamment avec l’opération « Villes pour la vie, Villes contre la peine de mort », à laquelle Amnesty International s’associe toujours (http://www.worldcoalition.org/fr/cities.html). En ce Jeudi 16 Novembre, c’était donc une belle occasion pour « Amnesty à Paris 13 » de lancer sa première action de l’année au forum du campus de Villetaneuse pour sensibiliser le grand public à la question de l’abolition : au programme, une exposition très pédagogique sur ce thème, un stand où documentation et pétitions étaient proposées au public, et une action en « binômes mobiles », des membres de l’Antenne-Jeunes qui, arborant les dossards jaunes d’Amnesty International, allaient à la rencontre des étudiants sur le forum et autour pour obtenir des signatures.

La première pétition concernait le Bénin et le sort de 14 personnes toujours dans le couloir de la mort et détenues dans des conditions déplorables, alors qu’un arrêt de la Cour constitutionnelle a été rendu en 2016 pour abolir dans les faits ce châtiment. Amnesty International demande donc une commutation en peine d’emprisonnement.

La seconde pétition demandait justice pour Ammar al Baluchi, un pakistanais enlevé et torturé parce que suspecté d’avoir participé à l’organisation des attentats du 11 Septembre. Emprisonné à Guantanamo depuis 2006, jugé par une commission militaire, il risque aujourd’hui la peine capitale. Nous demandons qu’il soit traduit en justice devant une cour civile et que la possibilité d’une condamnation à mort soit écartée.

L’exposition était là pour rappeler quelques faits concernant la peine de mort – quels modes d’exécution, pour quels crimes et délits ? – mais aussi pour exposer les principaux arguments en faveur de son abolition : la peine de mort viole l’un des droits fondamentaux – le droit à la vie – elle est inutile, injuste, arbitraire, elle tue des innocents. C’est un facteur de violence et un acte de vengeance, pas de justice. Il était important de rappeler tout cela car c’est encore un sujet qui divise et fait débat, même en France. D’ailleurs, la position d’Amnesty sur la peine de mort est l’un des rares cas où l’ONG va plus loin que la Déclaration universelle des droits de l’homme puisque seul le droit à la vie y est inscrit, sans mention explicite à l’interdiction de la peine de mort.

Nous n’avons pas commencé avec le sujet le plus facile, mais ce n’est pas sans préparation que nous nous sommes lancés dans cette action. C’est l’aboutissement de deux réunions, une première où nous avons fait un exercice de jeux de rôles autour de la signature de pétitions, et une deuxième où nous avons visionné cette vidéo intitulée « Voir pour comprendre… la peine de mort » qui nous a aidés a affuter nos arguments.

Une fois sur le terrain, nous avons donc eu moins de mal à convaincre les passants d’ajouter leur signature. Les personnes interpellées se montraient disponibles, à l’écoute de nos arguments, et nos demandes recevaient le plus souvent des réponses favorables. Quelques uns sont restés malgré tout convaincus que certains crimes les plus atroces méritent ce châtiment, ou qu’il fallait la maintenir, même sans l’appliquer, pour dissuader. Nous avons partagé notre conviction que cela ne résoudrait rien et qui sait, après ce premier échange, peut-être ces personnes poursuivront-elles  leur cheminement vers la même conclusion ?

La pétition concernant Ammar al Baluchi s’est avérée un peu plus difficile à faire signer, en raison du lien avec le terrorisme et les attentats du 11 septembre 2001, qui ont profondément marqué les esprits. On pouvait effectivement sentir une réticence chez certains à l’évocation de ce cas, comme une peur de défendre un terroriste. Mais le fait de pointer du doigt les actes de torture, les conditions de son emprisonnement, et l’absence d’un procès équitable en cour civile les rendaient déjà plus sensibles à notre plaidoyer. Il était aussi utile de préciser qu’Amnesty ne demande pas la libération de cet individu, mais simplement qu’il bénéficie d’un procès civil pour que la lumière soit faite sur son cas, et que la justice soit appliquée dans le respect des normes internationales.

On peut dire que cette opération fut un succès, car au bout de seulement une heure et demie, nous avions déjà recueilli près de 240 signatures. Ce nombre tout à fait honorable ira s’ajouter à celles que l’on pourra recueillir lors de la vente de calendriers Amnesty au restaurant du personnel la semaine prochaine, et surtout à des dizaines de milliers d’autres en France et ailleurs dans le monde, afin de faire résonner notre message encore plus fort, et de continuer à mettre en lumière ces cas de non-respect des droits humains.

N’hésitez surtout pas à rejoindre Amnesty International à Paris 13, nous continuons de nous retrouver tous les jeudis, de 13 heures à 14 heures en G102, pour agir au niveau local, au plus près des étudiants et personnels. Notre prochaine opération s’intitulera « 10 Jours Pour Signer », venez la découvrir et participer à son organisation !

Anis Harbi et Cécile Coudriou

Jeux de rôles autour d’une pétition d’Amnesty International

octobre 27, 2017

Ce Jeudi 19 Octobre avait lieu la deuxième réunion d’ « Amnesty à Paris 13 », réunion qui n’avait rien à envier à la première, autant en termes de présence que d’activité ! Nous étions plus d’une dizaine à nous retrouver en salle G102, (pour certains, à cheval entre deux cours), munis des pétitions distribuées la fois précédente  et parfois déjà signées dans leur intégralité. Tout cela montre une motivation bien réelle pour participer activement au travail d’Amnesty International !

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En parlant de pétition, c’était justement le sujet principal de notre réunion. En effet, le 16 Novembre, notre groupe a prévu d’organiser, au forum du campus de Villetaneuse, une action contre la peine de mort avec un stand pour signer nos pétitions et une exposition sur ce même thème. Cette sinistre pratique étant encore présente sur tous les continents, il est important de mobiliser le plus grand nombre pour obtenir son abolition. Le but de cette réunion était justement de nous préparer pour le jour J, de nous entraîner à convaincre les étudiants et personnels de Paris 13 de joindre leur voix aux nôtres à travers leur signature. Et quoi de mieux pour se préparer que de s’immerger dans des situations réelles ?

Nous avons donc fait un petit exercice de jeu de rôles en binôme, suivi d’une discussion générale. Dans chaque binôme, l’un devait jouer le rôle d’un membre d’Amnesty essayant d’obtenir des signatures, et l’autre celui d’une personne méfiante ou réfractaire, voire cynique. Ce fut un exercice très intéressant. Outre son coté ludique, et le plaisir qu’on peut ressentir à jouer le rôle du « méchant », il nous a permis d’avoir un aperçu de la difficulté d’amener quelqu’un à signer une pétition : car oui en effet, ce n’est pas aussi facile qu’on pourrait le croire !

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Quelles sont les différentes raisons pour lesquelles certaines personnes refusent de signer, et les arguments que l’on peut avancer pour les convaincre ? Évidemment, certains s’interrogent sur l’utilité de signer une pétition, ou l’efficacité de celle-ci. Il faut donc valoriser le travail d’Amnesty International, rappeler la notoriété mondiale qu’elle a acquise au fil des années, évoquer les millions de signataires qu’elle compte déjà et l’effet de pression qu’ils peuvent avoir sur les destinataires des pétitions. On peut d’ailleurs rappeler les multiples victoires d’Amnesty International par le passé. Il faut aussi que la pétition en elle-même soit crédible et présentable, avec le logo d’Amnesty bien visible, le nom du destinataire officiel, la date limite, un cadre précis…

Ensuite, d’autres personnes évoquent simplement le fait qu’elles n’ont pas de temps pour ça. En général, le fait de trop les culpabiliser est déconseillé, ça provoque souvent un repli, une défiance. Mais parfois, on peut tout de même accentuer l’importance des enjeux, voire relativiser la situation de ces personnes par exemple avec celles des condamnés à mort qui, eux, n’ont vraiment « pas le temps »…

Enfin, une autre raison est souvent invoquée, celle de la peur : la peur de révéler son identité, de prendre position, surtout sur des sujets controversés, voire dangereux. Cela paraît tout à fait légitime à Paris 13, où bien des étudiants sont des ressortissants, ou en tous cas originaires, de pays concernés par nos pétitions. Il ne s’agit pas là de minimiser le ressenti de ces personnes, mais encore une fois de relativiser : rappeler qu’ils ne seront qu’un nom parmi des milliers, et mettre leur situation en parallèle avec ce que risquent les victimes.

Il est donc possible, avec ces divers arguments, de convaincre quelqu’un de signer une pétition d’Amnesty International. Mais bien sûr, encore faut-il suffisamment connaître le sujet précis de la pétition pour espérer amener la personne en question à partager votre opinion. C’est la raison pour laquelle, lors de notre prochaine réunion prévue le 9 Novembre, nous entrerons au cœur du débat sur la peine de mort, et profiterons de ce temps pour affûter nos arguments face à quelqu’un qui y serait favorable. Cette réunion sera bien sûr ouverte à tout ceux qui seraient intéressés, qu’ils aient assisté aux premières réunions ou pas.

Anis Harbi, étudiant en 3e année de Licence de Psychologie et nouveau membre d’Amnesty à Paris 13

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Action d’Amnesty à Paris 13 contre la peine de mort

novembre 20, 2016

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Mercredi 3 Novembre, l’Antenne-jeunes d’Amnesty International à Paris 13 a organisé une journée d’action en faveur de l’abolition universelle de la peine de mort. Ainsi, pour sensibiliser les étudiants nous avons a tenu à nous appuyer sur l’exposition conçue par Amnesty France sur ce thème, ce qui a été très utile pour présenter les différents arguments pour l’abolition comme par exemple son inefficacité et son illégitimité.

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Nous avons également fait signer des pétitions en faveur de 13 détenus japonais récemment condamnés à la peine capitale. Nous avons réussi à recueillir près de 300 signatures !

eddiepdmortp13Ceci dit, la tâche n’a pas été facile comme le souligne le témoignage d’Eddie, militant depuis 2 ans à l’AJ de Paris 13 : « Lorsque nous évoquions le fait que les personnes dont nous défendions le droit à la vie avaient été reconnus coupable de terrorisme, les réactions pouvaient être mitigées mais nous nous y attendions. Il fallait expliquer que nous ne justifions pas l’acte qu’ils avaient commis mais que nous considérions que la peine de mort était une pratique inefficace et dégradante pour l’Humanité. Peu de gens étaient au courant que la peine de mort était effective au Japon, pays démocratique qui continue pourtant de la pratiquer, tout comme les Etats-Unis. Peu connaissaient l’ampleur du phénomène dans le monde. »

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La journée d’action s’est poursuivie avec une projection-débat autour de la vidéo d’Amnesty France créée en partenariat avec Nota Bene, « Voir pour comprendre, La peine de mort », que voici :

À dire vrai, les étudiants présents à la projection était un public acquis à la cause, à des degrés divers, mais cela n’a pas rendu le débat moins intéressant. Nous avons discuté de la manière la plus efficace et pertinente d’argumenter en faveur de l’abolition de la peine de mort et des difficultés que chacun de nous avons rencontrées, comme en témoigne Sarah qui a rejoint l’Antenne-Jeunes cette année : « Je suis depuis peu militante chez Amnesty International, l’action peine de mort fût donc ma première action. Ce fût dans un premier temps déstabilisant pendant l’action elle-même d’entendre des arguments tels que « certaines personnes méritent de mourir » ou alors « il faut éradiquer les pédophiles » etc.… ce que j’entends également dans mon entourage proche. Lors de la projection-débat qui a eu lieu un peu plus tard, j’ai apprécié de discuter avec des personnes qui partageaient les mêmes convictions que moi et qui avait les mêmes difficultés que moi à faire entendre sa position abolitionniste qui peut sembler parfois trop idéaliste. J’ai pu mettre des mots sur mes convictions et approfondir mes arguments. »

La peine de mort en question

avril 1, 2014

BANG BANG ! Entre deux bouchées de mon Parisien aujourd’hui, un nouveau remix du générique de « Kill Bill » sur le campus de l’université Paris 13 ? Après ce coup de feu, les regards se tournent vers le corps de cette jeune étudiante, tombée au sol. Cette fille, ça pourrait être moi ou ma copine Emma qui en abandonne momentanément sa fourchette en plastique dans sa Pasta Box… Notre stupéfaction est à son comble lorsque l’on comprend que l’arme à l’origine de ce bruit est dans la main d’une personne qui tient dans l’autre le marteau de la justice.

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La mise en scène ne laisse nulle place au doute : on voit à son costume qu’il s’agit bien d’un juge, mais ce personnage est déshumanisé par son masque blanc. Ne serait-ce donc qu’une allégorie de la justice ? Ou plutôt une parodie, car une voix au micro ne tarde pas à nous expliquer cette scène surréaliste : aujourd’hui encore on prétend rendre la justice en condamnant à mort. « Peine de mort, le crime le plus prémédité au monde ! »

INTERPELLER, INFORMER

Il s’agit en fait d’un happening réalisé par les membres de l’Antenne-Jeunes « Amnesty International à Paris 13 » dans le but d’interpeller mais aussi d’informer les étudiants et le personnel de l’université. Ils se rassemblent rapidement autour du juge-bourreau et du « condamné à mort » pour rappeler qu’Amnesty International s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances car elle constitue une violation des droits humains, dont les plus fondamentaux comme le droit à la vie et à la dignité.

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L’ONG se mobilise depuis 1977 pour l’abolition universelle de la peine de mort, châtiment encore  présent dans 58 pays, dont les jeunes d’Amnesty rappellent le triste « top five » : la Chine, l’Iran, l’Irak, l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis. Ils informent également leurs interlocuteurs sur les motifs de condamnations à mort, très différents de ceux auxquels on peut s’attendre : en dehors des homicides et viols, dans certains pays l’on peut être condamné à mort pour blasphème, adultère, homosexualité, trafic de drogue, diverses formes de trahison et de crimes contre l’état… Par ailleurs, une exposition installée dans le forum rappelle ces faits et apporte  plus de précisions encore : la peine de mort est souvent le résultat de procès inéquitables, d’un système judiciaire défaillant. Elle s’appuie parfois sur des aveux extorqués sous la torture et enfin, l’erreur judiciaire n’est jamais exclue.

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LAISSER CHACUN S’EXPRIMER

Les « spectateurs » présents au forum ont été invités à exprimer leur avis, dont certains ont été recueillis sous forme de vidéo ou d’enregistrements audio. Si une grande partie des personnes interviewées se sont déclarées contre la peine de mort en toutes circonstances, d’autres ont exprimé un avis plus mitigé. Certaines personnes trouvent la peine de mort légitime dans certains cas, comme les viols ou les meurtres, notamment lorsque les victimes sont des enfants.

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PROJECTION-DÉBAT, « UNE PEINE INFINIE », en présence de Anne Denis, la responsable de la commission « Peine de mort » d’Amnesty France

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Ces échanges se sont poursuivis après la projection du documentaire, « Une Peine Infinie », de David André, qui dénonce l’effet délétère qu’a la peine de mort sur l’entourage d’un condamné comme sur celui de sa victime, jusqu’à ses bourreaux ou le procureur. Ce film illustre parfaitement le cercle vicieux de la violence et la haine qui n’engendrent que violence et haine, et montre à quel point cette exécution reste un meurtre et ne résout rien.

L’émotion était palpable dans le public, et le débat a réellement permis de laisser s’exprimer tous les points de vue : selon certains, la souffrance ressentie par l’entourage des victimes pouvait justifier une demande de condamnation à mort, surtout lorsque le système judiciaire d’un état incite à demander cette sentence. Au travers de témoignages pleins d’empathie et parfois même de vécu, a aussi fait surface la question de « l’apaisement » recherché lorsque la violence commise a laissé une trace indélébile. À cela, d’autres ont opposé le fait que vengeance personnelle et justice étatique doivent être différenciées, que la loi, portant un idéal à atteindre, doit nous guider et nous aider à dépasser nos passions personnelles. Quant au besoin d’apaisement souvent invoqué, il ne saurait être atteint par l’enclenchement d’un nouveau cycle de violence.

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COMMENT CONVAINCRE ?

Les jeunes d’Amnesty, tout en étant à l’écoute des personnes qui n’étaient pas encore convaincues de la nécessité d’une abolition universelle, ont rappelé que la peine de mort est avant tout une vengeance orchestrée par l’État, un crime institutionnalisé. L’autorité de la loi ne change rien à cette réalité : condamner une personne à la peine de mort, c’est la tuer avec préméditation. Cette journée d’action, riche en émotions et en échanges, a montré que ce débat est toujours d’actualité, et qu’il est toujours nécessaire de laisser s’exprimer aussi ceux qui sont en faveur de la peine de mort pour mieux les inviter à s’interroger et à remettre en question des convictions enracinées dans des passions plutôt que fondées sur des informations et des raisonnements objectifs.

Charlène Martin et Alicia Trouvé.

 » Amnesty à Paris13  » contre la peine de mort

mars 14, 2014

Les préparatifs s’intensifient car la date de notre prochaine action approche à grands pas : Le 21 mars « Amnesty à Paris 13 » se mobilise contre la peine de mort :

Tout d’abord, entre midi et 14 heures au forum de Villetaneuse un « happening »  mettra en scène le combat d’Amnesty International contre la peine de mort mais chut, on n’en dit pas plus pour préserver l’effet de surprise… Notre objectif est d’interpeller les étudiants et personnels de l’université, de provoquer l’échange juste après la scène dont les personnes auront été témoins.

Au-delà de ce premier échange – qui sera filmé pour ceux qui accepteront de prêter leur image – l’idée est de les inviter à aller plus loin, en prenant le temps de regarder l’exposition qui sera installée au forum et en participant à la projection-débat sur le documentaire « Une Peine Infinie »  qui commencera à 14h en C 102 (UFR Communication) :

En 1985, Sean Sellers âgé de 16 ans, était condamné à la peine de mort pour avoir assassiné sa mère, son beau-père et un commerçant.  13 ans plus tard, malgré les nombreuses protestations internationales et le fait qu’il ait été déclaré mentalement déficient, il est exécuté en Oklahoma. Dix ans après, le réalisateur David André a retrouvé tous les protagonistes de l’affaire et offre un éclairage inédit sur la peine de mort aux Etats-Unis (particulièrement sur les familles de victimes).

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Alors, quelle que soit votre opinion actuelle sur ce thème de la peine de mort, n’hésitez pas à venir débattre avec nous, et venez découvrir les actions qu’Amnesty International mène pour l’abolition de la peine de mort.

Voici le lien vers l’événement que nous avons créé sur Facebook :

https://www.facebook.com/events/673201866050040/?ref_dashboard_filter=upcoming

Et voici une première vidéo dans laquelle chacun explique « Pourquoi je suis contre la peine de mort » :

Journée mondiale contre la peine de mort

octobre 10, 2012

Ce 10 Octobre 2012, c’est la 10e édition de la journée mondiale pour l’abolition de la peine de mort, alors, quel est le bilan de ce combat ? Cette vidéo vous permettra de voir les avancées mais aussi le chemin qui reste à parcourir :

Des progrès donc !

Grâce notamment à la campagne menée par une coalition mondiale, 17 nouveaux États ont décidé d’abolir la peine de mort pour tous les crimes depuis la 1ère Journée mondiale contre la peine de mort, en 2003, ce qui porte à 140 le nombre total d’États l’ayant abolie en droit ou en pratique – plus de 70 % des pays du globe.

Le combat continue pour Amnesty International et ses partenaires de la Coalition contre la peine de mort !

Avec ses partenaires de la Coalition mondiale contre la peine de mort, Amnesty International continuera de promouvoir l’adoption de législations nationales abolissant la peine de mort, de favoriser la ratification du Deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qui vise à abolir la peine de mort, de soutenir les normes internationales appelant à l’abolition ou à restreindre le recours à la peine de mort et de soutenir, fin 2012, l’adoption de la quatrième résolution de l’Assemblée générale des Nations unies appelant à un moratoire sur les exécutions, en vue d’abolir la peine de mort.

Exemple d’une cible à convaincre, l’IRAN, signez la pétition !

http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Peine-de-mort/Actions/Iran-stoppez-l-addiction-la-peine-de-mort-4359

Pour conclure, quelques événements à venir dans la région :

Pièce de théâtre, « Petit séjour au Texas » mise en scène par Michel Parent,

Du 9 au 13 octobre au Lavoir Moderne Parisien.

Le 11 octobre, Amnesty International France animera un débat à la suite de la représentation.

Inauguration d’une rue « Mumia Abu-Jamal » à Bobigny

Samedi 13 octobre en présence de Jamal Hart (fils de Mumia) et de Johanna Fernandez (porte-parle de Mumia)

Pièce de théâtre « La dernière scène »

Vendredi 19 octobre à 20h30, à Canal 93 (Bobigny)

Dialogue imaginaire entre Mumia Abu-Jamal et Martin Luther King conçu et mise en scène par Alain Foix.

2ème réunion de l’AJ Paris 13 : préparation de l’action Peine de mort au Bélarus

octobre 23, 2011

Pour préparer l’action contre la peine de mort au Bélarus du 3 novembre, nous nous retrouverons jeudi 27 Octobre, même lieu, même heure !

Au programme,

1) Point sur d’éventuels recrutements de nouveaux membres pour l’Antenne-jeunes

2) échanges sur les « techniques » pour aborder les gens sur le campus et faire signer une pétition,

3) jeux de roles pour travailler sur l’argurmentaire contre la peine de mort en général et les explications de la situation particulière du Bélarus, seul pays d’Europe qui continue de tuer des gens au nom de la justice.

  • Au Bélarus, les conditions de détention dans le quartier de la mort ne respectent pas les normes internationales.
  • Au Bélarus, les condamnés à mort ne peuvent pas faire appel.
  • Au Bélarus, les condamnés à mort sont informés de leur exécution au tout dernier moment. Ce qui les amène à vivre dans une angoisse permanente craignant le pire dès que s’ouvre la porte de leur cellule.
  • Au Bélarus, les condamnés à mort sont tués d’une balle dans la nuque. La cruauté de la peine de mort se prolonge bien au-delà de l’exécution. Les familles n’en sont averties que plusieurs semaines voire plusieurs mois après, elles ne peuvent pas récupérer les corps de leurs proches et ne sont pas même informées du lieu où ils sont enterrés.
  • Selon les estimations, pas moins de 400 personnes ont été mises à mort au Bélarus depuis 1991 ; on ne connaît pas le chiffre réel en raison du secret qui entoure les exécutions.

Action de rentrée à Paris 13 : Peine de mort au Belarus

octobre 23, 2011

Jeudi 3 novembre, de 12h à 14h, l’Antenne-Jeunes de Paris 13 tiendra un stand d’information/pétition sous le forum de Villetaneuse pour sensibiliser les étudiants et personnels sur la question de la peine de mort, et les alerter sur la situation particulière du Bélarus (aussi appelé Biélorussie).

LE BÉLARUS EST LE DERNIER PAYS D’EUROPE QUI PROCÈDE ENCORE À DES ÉXÉCUTIONS.

En 2010, Vassily Youzeptchouk et Andreï Jouk ont été exécutés d’une balle dans la nuque, trois autres hommes ont été condamnés à mort. Amnesty International estime que près de 400 personnes ont été exécutées depuis l’indépendance en 1991.

L’exécution

Les condamnés à mort ne peuvent faire appel. Ils ne sont informés de leur exécution que quelques instants avant l’application de la sentence. On leur tire dans la nuque et, parfois, une seule balle ne suffit pas. Le corps n’est pas rendu à la famille et le lieu d’inhumation est tenu secret, ce qui constitue une souffrance supplémentaire pour les proches.

Pressions européennes sur le Belarus

Des organismes internationaux ont, à plusieurs reprises, demandé au Belarus de prendre des mesures pour abolir la peine de mort. Ils n’ont à ce jour pas été entendus. En novembre 2006, la Commission de l’Union européenne (UE) a publié un document proposant un véritable partenariat avec ce pays dans le cadre de la politique européenne de voisinage, à condition que les autorités prennent « des mesures convaincantes en faveur de la démocratisation, du respect des droits de l’homme et de l’État de droit ». En avril 2008, le
Rapporteur sur la situation au Belarus, mandaté par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, a exhorté ce pays à abolir la peine de mort dans une Lettre ouverte adressée aux présidents des deux chambres du Parlement du pays. L’abolition de la peine de mort est en effet l’une des douze conditions préalables à l’établissement de meilleures relations avec l’UE.

Des mesures qui restent insuffisantes

Depuis l’indépendance, le Belarus a pris certaines mesures importantes pour cesser de recourir à la peine capitale. Il a limité son champ d’application et, en 2004, la Cour constitutionnelle a statué que ce châtiment était incompatible avec la Constitution et qu’il pouvait être aboli par le président et le Parlement. Toutefois, malgré ces avancées positives et la pression des organisations internationales, les autorités bélarusses n’ont pas montré la volonté politique suffisante pour engager les réformes législatives qui s’imposent et ouvrir le débat public sur le sujet.

Regardez cette vidéo, puis signez la pétition, accessible par le lien suivant :

http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Peine-de-mort/Actions/Halte-peine-de-mort-Belarus-2778

TROY DAVIS A ÉTÉ EXÉCUTÉ : honte à la justice américaine (Cécile Coudriou)

septembre 22, 2011

Hier soir, la barbarie est sortie victorieuse aux Etats-Unis. En dépit de toute logique et de toute humanité, Troy Davis a été exécuté par injection Le 21 septembre 2011,à 23h08 locales (5h08 jeudi, à Paris), au pénitencier de Jackson, en Géorgie.

Juste avant son exécution, Troy Davis a répété qu’il n’était pour rien dans la mort du policier blanc pour laquelle il a été condamné en 1991.  Il a regardé la famille de la victime dans les yeux et a déclaré : « Ce n’est pas moi qui ai pris la vie de votre père, votre fils ou votre frère, je n’avais pas d’arme ». « A ceux qui s’apprêtent à m’ôter la vie, que Dieu ait pitié de vous et vous bénisse », a-t-il ajouté.

C’est une honte pour la justice américaine, qui a failli à son devoir de prendre en compte les énormes doutes qui pesaient pourtant sur la culpabilité de Troy Davis. Lors du procès, neuf témoins l’avaient désigné comme l’auteur du coup de feu mais l’arme du crime n’avait jamais été retrouvée et aucune empreinte digitale ou ADN n’avait été relevée. Depuis, sept témoins s’étaient rétractés, certains d’entre eux affirmant avoir été incités par la police à  accuser Troy Davis. Un témoin sous serment avait même désigné un autre suspect, Sylvester Coles, comme le véritable coupable affirmant que ce dernier le lui avait confié à trois reprises.

Malgré les multiples mobilisations et les nombreuses manifestations de soutien de personalités, jusqu’à celle du Pape ou de l’ancien président Jimmy Carter, l’exécution n’a cette fois pu  être empêchée. Le président Barak Obama avait fait savoir mercredi soir qu’il se refusait à intervenir. Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a indiqué qu’il n’appartenait pas au président  » de peser sur des affaires spécifiques comme celle-ci, qui est une procédure d’Etat fédéré ».

Initialement prévue à 19 heures locales,  l’exécution a été retardée de plus de quatre heures, car les avocats de Troy Davis ont tout tenté jusqu’au bout, réclamant une suspension de l’exécution en assurant avoir de nouvelles preuves » exonérant son client. La requête déposée mercredi matin par Me Brian Kammer citait notamment « un faux témoignage » du médecin légiste qui a autopsié le corps du policier décédé. Mais cette requête a été rejetée successivement en première instance puis par la Cour suprême de Géorgie et enfin par la Cour suprême des Etats-Unis. La veille, le comité des grâces de Géorgie avait rejeté un précédent recours, ouvrant la voie à l’exécution. Troy Davis s’était ensuite adressé par écrit à ses partisans depuis le couloir de la mort où il se trouvait depuis 20 ans, affirmant que « le combat pour la justice » ne s’arrêterait pas avec lui.

Après plus de quatre heures, durant lesquelles Troy Davis est resté dans une insoutenable attente de l’injection, la Cour suprême des Etats-Unis a finalement rendu sa décision et autorisé la mise à mort. La mort a été constatée une quinzaine de minutes après le début de l’exécution. Les centaines de manifestants présents à l’extérieur de la prison ont accueilli la nouvelle dans un profond abattement après avoir espéré jusqu’à la dernière minute un geste de la plus haute juridiction du pays.

Le monde entier est témoin du fait que justice n’a pas été rendue. L’un des avocats a même déclaré que cette exécution n’était autre qu’un « lynchage légalisé ». Avant de mourir, Troy Davis a lancé un message à tous ceux qui l’ont soutenu : gardez la foi, ce combat n’a pas commencé avec moi, et ce mouvement ne doit pas s’arrêter avec moi ». Troy est mort mais il restera à tout jamais dans le coeur de tous les militants d’Amnesty international et de tous ceux qui ont tenté de le sauver pendant des années comme un homme qui s’est battu jusqu’au bout sans haine, et qui doit inspirer à des milliers de citoyens à travers le monde un combat sans relâche contre cette infâme barbarie qu’est la peine de mort.