Archive for the ‘Liberté d’expression’ Category

Paris 13 fait du bruit pour les droits des femmes !

mars 29, 2020

Le 8 mars 2020, journée internationale des droits des femmes, nous étions nombreux à rejoindre le cortège d’Amnesty International à la grande marche qui allait de la Place d’Italie à République. Quelques jours après, l’Antenne-Jeunes de Paris 13 a voulu continuer à montrer sa solidarité aux femmes qui luttent pour leurs droits à travers le monde, et faire entendre leurs voix sur le campus de Villetaneuse.

Nous avons donc organisé une action sur le forum de l’université, où nous avons proposé aux étudiants et au personnel de venir s’informer et agir, entre autres en signant nos pétitions :

Qui a tué Marielle Franco ? Le 14 mars 2018, la conseillère de Rio de Janeiro et défenseure des droits humains Marielle Franco ainsi que son chauffeur Anderson Gomes ont été abattus par balle. La jeune femme noire, ouvertement bisexuelle, était connue pour avoir dénoncé des violations des droits humains, notamment celles subies par les jeunes noirs vivants dans les favelas, les femmes et la communauté LGBT. Cela fait plus de deux ans que Marielle et son chauffeur ont été assassinés et les autorités brésiliennes n’ont toujours pas fourni de réponses acceptables à leurs familles. Nous demandons au gouverneur de l’état de Rio de respecter la procédure légale, de nommer une équipe d’experts indépendants chargés de superviser l’enquête, et de garantir la sécurité des témoins des familles. 

Libération immédiate pour Yasaman Aryani : Le 8 mars 2019, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Yasaman Aryani a retiré son voile et distribué des fleurs aux femmes dans le métro à Téhéran. Suite à la diffusion virale en mars 2019 d’une vidéo montrant cet acte de défiance poétique, les autorités iraniennes l’ont arrêtée. Elle a été condamnée à 16 ans de prison en août 2019. La mobilisation de milliers de personnes dans le monde a permis à Yasaman de ne plus être en isolement et sous le contrôle des Gardiens de la révolution, connus pour leur recours à la torture. Sa peine de prison et celle de sa mère ont aussi été réduites à 9 ans et 7 mois. Cependant, nous demandons aux autorités iraniennes la libération immédiate de Yasaman, de sa mère, et de toutes les défenseures des droits des femmes en Iran. 

Stop à la répression des voix critiques en Arabie Saoudite : Depuis mai 2018, l’Arabie saoudite intensifie la répression contre les voix critiques dans le royaume. Les femmes défenseures qui militent depuis des années pour l’égalité des droits sont en première ligne.

Loujain al-Hathloul, Iman al-Nafjan et Aziza al-Yousef, ainsi que 19 autres défenseurs des droits humains ont été arrêtés en mai 2018 parce qu’elles militent depuis plusieurs années pour que les femmes aient le droit de conduire et pour qu’il soit mis fin au système répressif de tutelle masculine. Certaines ont subi des actes de torture et des sévices sexuels. Fin mars 2019, Iman al Nafjan et Aziza al Youssef et Ruqayyaa al Mhareb ont obtenu une libération provisoire, mais les charges contre elles n’ont pas été abandonnées. Loujain al Hathloul est, elle, toujours derrière les barreaux. Nous demandons au roi d’Arabie saoudite, Salman bin Abdul Aziz Al Saud, de libérer immédiatement et sans condition toutes celles et tous ceux qui ont été emprisonnés pour avoir protesté de manière pacifique et d’abandonner toutes les charges retenues contre ces personnes.

En plus des pétitions classiques, nous avons proposés aux personnes intéressées d’exprimer leur solidarité avec ces militantes de différentes manières. Elles pouvaient écrire des messages de soutien à Yasaman et à Loujain sur des cartes postales qu’elles pouvaient décorer et colorier. Ces cartes seront ensuite transmises à leurs familles. 

Nous leur avons aussi suggéré des pétitions-photos, un format de mobilisation moins classique. L’idée est de se prendre en photo tenant un panneau demandant la libération de Loujain El Hathloul, avec le hashtag #FreeLoujain, et qui serait ensuite diffusé et partagé sur les réseaux sociaux. Si certaines personnes se sont montrées réservées à l’idée d’apparaître sur internet, d’autres se sont prises au jeu et ont accepté d’afficher leur soutien ouvertement.

Merci à tous ceux et celles qui ont participé à cette action !

Anis Harbi, responsable de l’Antenne-Jeunes de Paris 13, Université Sorbonne Paris Nord

La « Lucha » à l’honneur à l’Université Paris 13 !

mars 1, 2020

Le 13 février 2020, l’Antenne-Jeunes de l’Université Sorbonne-Paris-Nord (ex Paris 13) proposait la projection du film “Congo Lucha”, réalisé par la documentariste Marlène Rabaud, suivie d’une discussion, animée par Cécile Coudriou, présidente d’Amnesty International France, entre les membres de l’Antenne-Jeunes et les personnes qui avaient répondu à cette invitation. Une trentaines de personnes – étudiants, enseignants, personnels de l’université mais aussi des curieux venus de l’extérieur – ont assisté à la projection-débat.

Pour réaliser ce film,  Marlène Rabaud a suivi pendant deux ans les jeunes congolais de Goma, en République Démocratique du Congo (RDC), qui ont fondé ou rejoint le mouvement de La Lucha. Ils se sont d’abord mobilisés en faveur de la justice sociale puis contre les tentatives du président Kabila de se maintenir au pouvoir en retardant l’organisation d’élection démocratique. Ce documentaire montre comment le mouvement la Lucha s’est construit avec ses échecs et ses succès. Il témoigne d’événements majeurs pour la RDC et des violences que subissent les jeunes qui luttent pacifiquement pour la démocratie. “Congo Lucha” rend un hommage particulier à Luc Nkulula, une figure charismatique et emblématique de la Lucha, qui a tragiquement perdu la vie à l‘âge de 33 ans dans un incendie certainement d’origine criminelle : les circonstances sont en effet plus que troubles dans la mesure où les accès à sa maison étaient barricadés et qu’il a seulement eu le temps de confier des document sensibles à sa soeur par les barreaux d’une fenêtre.  

On observe l’évolution de La Lucha, lancée en 2012 par des jeunes congolais d’abord désireux de se battre pour les plus pauvres, les “sans-droits”, puis, face aux pressions des autorités dont ils sont victimes, de faire respecter la constitution de leur pays. Ils exigent pacifiquement une véritable démocratie et des élections libres pour élire un nouveau gouvernement. Le mouvement s’est constitué en petits groupes locaux sans leader et sans pouvoir centralisé. Le gouvernement du président Kabila a régulièrement fait pression sur les membres de la Lucha pour qu’ils abandonnent leur lutte, jusqu’à emprisonner arbitrairement certains membres, notamment lorsque des rapprochements avec d’autres mouvements de la jeunesse africaine ont commencé à inquiéter davantage les autorités. 

Amnesty International soutient le mouvement Lucha, entre autres en aidant ses membres à gagner en visibilité médiatique et facilitant l’obtention de rendez-vous de plaidoyer pour que les décideurs de différents pays fasse pression sur les dirigeants congolais. L’Antenne-Jeunes souhaite aussi apporter son soutien à la Lucha et aux jeunes citoyens engagés dans le monde en contribuant à donner à leur lutte une visibilité dans notre université. 

Tous les participants ont été manifestement très émus par ce film et notamment le destin de Luc. Certaines personnes étaient elles-mêmes originaires de RDC et ont pu partager l’expérience qu’elles avaient elles-mêmes vécue dans leur pays avant d’arriver en France. Au-delà de la découverte de la situation spécifique de la RDC, et du rôle qu’Amnesty International pouvait jouer pour soutenir la Lucha, l’échange très spontané qui a suivi la projection a permis à tous d’exprimer ce que l’engagement de ces jeunes suscitait en eux, en quoi c’était une leçon de courage, et une source d’inspiration notamment en raison du modèle de lutte non-violente proposé. 

Thomas Wattellier, membre de l’Antenne-Jeunes d’Amnesty à Paris 13

« Let’s be Brave » à Paris 13

juin 30, 2019

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Pour notre dernier événement de cette année universitaire, nous avons voulu mettre en avant la campagne Brave d’Amnesty International. Brave est une campagne mondiale de mobilisation pour la défense des défenseurs des droits humains. L’un des temps forts de cette campagne était les dix jours pour signer, pour lequel nous nous étions déjà mobilisés à la fin du premier semestre. Le 8 avril, nous avons donc choisi de mettre en lumière les autres combats de cette campagne, que ce soit le droit des femmes militantes en Arabie Saoudite, la situation de Nasrin Satoudeh en Iran, ou la protection des défenseurs des droits des migrants en France.

 

Peu de temps avant le décret autorisant les femmes à conduire en Arabie Saoudite, plusieurs militantes pour les droits des femmes ont été emprisonnées à tort par le régime. Trois d’entre elles ont été libérées le 28 mars, mais de manière provisoire et plusieurs autres femmes sont encore emprisonnée. La lutte doit encore continuer pour elles. Nous avons donc fait signer des pétitions demandant leur libération aux autorités. Notre action était facilement visible grâce aux panneaux grandeur nature représentant les silhouettes de 3 de ces défenseures, notamment deux qui ont été libérées (Iman al-Nafjan et Aziza al-Yousef) et une encore en prison (Loujain El-Hathloul). Ainsi, ou pouvait démontrer par l’exemple que nos mobilisations obtenaient des résultats, bien qu’il reste encore beaucoup à faire.

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Nous avons également fait signer des pétitions demandant aux autorités françaises la protection des défenseures des droits des personnes exilées, qui font l’objet de pressions de plus en plus importantes en raison de leurs actions pacifiques et désintéressées. Cette pétition a été accompagné du témoignage audio de Loan Torondel, diffusé sur le forum. Ce militant de 22 ans a été poursuivi en justice pour avoir posté une vidéo dénonçant la violence policière contre les migrants.

 

Enfin, nous tenions à alerter l’opinion sur le cas de Nasrin Satoudeh, une militante iranienne condamnée à 148 coups de fouet et 38 ans de prison pour son combat pour la libération des femmes. Nous avons demandé aux personnes intéressées de signer notre lettre adressée aux autorités iraniennes demandant sa libération.

L’événement a été animé par de la musique, des débats, et des ateliers interactifs comme le stand de tatouages Brave et le jeu Memory de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Nos pétitions ont obtenu plus de 160 signatures, et une quinzaine de personnes ont ajouté leur nom à la lettre de soutien à Nasrin. Malgré une affluence moins importante que d’habitude sur le forum de Villetaneuse (dû notamment à la période de fin d’année), ce fut un évènement riche en action et en discussions. Une belle manière de clôturer cette année.

Anis Harbi

Violences policières et menace sur le droit de manifester

février 19, 2019

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Ce début d’année 2019 a été marqué par une violente répression des mouvements sociaux en France. Avec les Gilets Jaunes, le mouvement étudiant, et la successions des manifestations, nous avons été nombreux à être choqués par les violences policières en manifestation (usage abusif des grenades de désencerclement, tirs de Flashball en pleine tête, intimidation des journalistes qui documentaient les manifestations…)  et la remise en cause plus globale du droit de manifester. Plus récemment, la nouvelle loi dite « anticasseurs » votée à l’Assemblé Nationale vient plus profondément fragiliser ce droit essentiel. Notamment en étendant la possibilité au Préfet d’interdire à certaines personnes de manifester sur des critères trop flous et donc arbitraires, ou encore en interdisant au individus de se couvrir le visage durant les manifestations.

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C’est donc avec ce sujet très actuel et sensible que l’Antenne-Jeunes d’Amnesty à Paris 13 a décidé de débuter son action en 2019. Nous avons estimé important d’informer les gens sur  le droit de manifester au regard du droit international, et de les sensibiliser sur ses enjeux actuels. Pour cela, nous avons eu recours à un quizz, basé sur l’article d’Amnesty « Infos et Intox sur le droit de manifester ». Nous avons en avons repris les éléments essentiels, et nous l’avons actualisé en ajoutant des points importants sur l’usage abusif de la force par les représentants de l’ordre, et sur la dérive que représente la loi Anticasseurs. Afin de donner aux participants la possibilité d’agir, nous leur avons également proposé des modèles de tweet à envoyer à Emmanuel Macron et Christophe Castaner, réclamant qu’ils protègent et assurent le droit de manifester.

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Le quizz s’est avéré être un outil pédagogique très efficace, qui nous a permis de transmettre notre message de manière interactive  et d’attirer l’attention des gens, y compris ceux qui ne semblaient pas particulièrement intéressés au départ. La plupart des personnes rencontrés se sont montrés réceptives et ont fait preuve d’un vif intérêt pour ce sujet. Beaucoup partageaient d’ailleurs nos inquiétudes face aux récents événements.

Le prochain rendez-vous d’Amnesty International à Paris 13 vous est donné le 21 Janvier, avec l’inauguration de l’exposition « Accueillons les réfugiés », qui se tiendra au forum de Villetaneuse jusqu’au 1er Mars.

Anis Harbi

Un Mannequin Challenge pour les « 10 Jours pour signer » 2016 à Paris 13

décembre 18, 2016

L’édition 2016 des « 10 Jours pour Signer » d’Amnesty International France est finie ! Enfin pas tout à fait… Tant que les situations des personnes pour lesquelles nous nous sommes mobilisés pendant ces 10 jours ne seront sont pas améliorées, ce ne sera pas fini. Et on a bon espoir ! L’année dernière, cinq personnes sur dix ont pu être libérées grâce à notre mobilisation !

Du 2 au 11 décembre, les militants d’Amnesty France ont donc organisé des centres d’actions et autres événements pour sensibiliser le plus de gens possibles aux respects des droits humains dans le monde et les inviter à agir pour aider des personnes dont les droits sont bafoués.

Et l’Antenne-jeunes d’Amnesty à Paris 13 a bien sûr organisé son centre d’action, c’était le mercredi 7 décembre sur le forum de l’Université de Villetaneuse !

On pourrait croire que ce n’est pas l’air drôle tous les jours de militer au sein d’Amnesty, mais détrompez-vous ! Même si les thématiques sur lesquelles nous travaillons sont loin d’être gaies, cela n’empêche pas de militer dans la bonne humeur et de prendre plaisir à agir. C’est ce que l’on fait à l’université Paris 13 !

Eh oui, tout d’abord, on agit au côté des gens qui partagent les mêmes valeurs et la même lutte contre l’injustice. Ensemble, on va à la rencontre des étudiants, pour leur parler d’Amnesty et des personnes que l’on défend. Tout comme l’an passé, l’objectif était d’approfondir les échanges avec les personnes plutôt que d’obtenir un maximum de signatures. Et en effet, nos « visiteurs » sont bien souvent restés un bon moment dans notre centre d’action, et c’était très gratifiant de leur faire prendre conscience qu’ils ne sont pas impuissants face aux nombreuses injustices de ce monde.

On proposait également des activités créatives pour exprimer sa solidarité avec les personnes que l’on défendait. Par exemple, nous proposions aux étudiants de faire des origamis en forme de papillon pour Fomusoh, le jeune camerounais injustement emprisonné, ou des pétitions-photos pour Shawkan, un photo-jourrnaliste égyptien emprisonné. Nous avions également une grande toile autour du thème de la liberté d’expression, peinte par Isabelle Villanova, « notre » artiste engagée qui accompagne bien souvent nos événements. Les étudiants pouvaient témoigner leur soutient en signant ou en écrivant un message dessus.

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De plus, en organisant des événements dynamiques et festifs, on arrive à rassembler de nombreuses personnes autour de notre cause. Cette année, nous avons voulu innover en organisant un « mannequin challenge »  et ça a vraiment beaucoup plu, autant aux membre de l’AJ qu’aux étudiants qui, venus voir notre stand, ont voulu y participer. Ainsi, tout en s’amusant, ça nous a également permis de présenter les moyens d’action que nous avions à disposition : les pétitions, les messages de soutien, les messages sur les réseaux sociaux, notre expo photo sur la liberté d’expression les photos, et notre mur d’expression…

On a même fait deux versions de ce mannequin challenge, à vous de choisir laquelle vous préférez !

 

Cette année nous avons réussi à récolter près de mille signatures et des dizaines de messages de soutien !

Merci aux membres de l’AJ pour leur mobilisation et aux étudiants de Paris 13 pour avoir participé à cette action mondiale qui chaque année nous rappelle qu’ensemble nous avons le pouvoir de changer les choses.

Liberté d’expression en débat avec « Amnesty à Paris 13 »

janvier 29, 2016

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17 heures. Tandis qu’une foule d’étudiants s’empresse de quitter l’université, la salle C 101 commence à se remplir car certains ont choisi de rester pour débattre de la « Liberté d’expression » à l’invitation d' »Amnesty Paris 13″. En les accueillant, je leur demande de quelle composante ils viennent, et je suis ravie de voir que cela dépasse largement mon UFR Communication :  certains étudient le Droit public, ou les Relations Internationales, d’autres sont à l’IUT d’informatique, ou encore en Sociologie et Science Politique…

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Avec les membres de notre groupe, nous avions opté pour la même formule que l’an passé, une rencontre-débat plutôt qu’une conférence, avec une alternance de courtes présentations « amnestiennes » et échanges autour d’une trame bien précise :

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En  introduction, j’ai rappelé ce que dit le droit international à propos de la liberté d’expression, ses garanties (article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme) et ses limites (article 29), avant de revenir sur la position d’Amnesty International suite à l’attentat contre Charlie Hebdo, mais aussi sa réaction à la réponse gouvernementale, notamment l’introduction du concept flou d’apologie du terrorisme. Puis chacun des membres de l’Antenne-Jeunes a introduit la thématique dont il avait choisi en amont de s’emparer : loi sur le Renseignement, loi sur les communications internationales, état d’urgence et sa prolongation, surveillance de masse dénoncée par Snowden aux USA… L’enjeu était de créer une vraie rencontre et prendre le temps du débat, d’où le choix de cet horaire. En effet, les pauses méridiennes sont toujours trop courtes et cela reste finalement limité et frustrant, alors que cette fois, nous avons pu échanger avec, certes, une petite trentaine de personnes seulement mais pendant plus de 2 heures !

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Les débats ont été vifs et variés : hiérarchisation entre le droit à la sécurité et le droit à la liberté ; relativisation ou au contraire insistance sur le danger qui pèse sur les libertés individuelles. Certains trouvaient qu’ils ne fallait pas exagérer la comparaison avec les USA, et d’autres au contraire ressentaient très fortement l’impact des dernières lois et de l’état d’urgence sur la vie quotidienne (comme par exemple la peur d’aller manifester samedi 30 justement contre l’état d’urgence !). Il a été aussi question du pouvoir des entreprises, plus  grand encore que celui des gouvernements, pour nous surveiller et utiliser nos données…

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Nous avons enfin partagé le même constat : l’immense majorité de la population reste indifférente et apathique, voire approuve les mesures sécuritaires prises par le gouvernement, et cela donne le sentiment d’être très minoritaire dans la dénonciation de dérives. Cela a été expliqué avant tout par la peur qu’inspire le contexte actuel, peu propice à la réflexion, mais aussi plus généralement par une absence d’intérêt pour la chose politique ou un manque d’information réelle, les médias ne jouant pas suffisamment leur rôle.

Face à un tel constat, loin de nous décourager, nous en avons conclu qu’il fallait redoubler d’efforts pour provoquer des débats comme celui-ci, et essayer de susciter une prise de conscience sur ces enjeux de surveillance, notamment en montrant que chacun est concerné, et non pas uniquement ceux qui auraient quelque chose à se reprocher. Et c’est pourquoi la célèbre citation d’Edward Snwoden s’imposait pour conclure ce débat : « Dire que l’on se moque du droit à la vie privée parce qu’on n’a rien à cacher, ça revient à dire que l’on se fiche de la liberté d’expression parce qu’on n’a rien à dire ».

Cécile Coudriou

 

Invitation au débat sur la liberté d’expression

janvier 24, 2016

Un an après l’attaque contre Charlie Hebdo, dans une France où a  été votée la loi relative au Renseignement, la loi sur la surveillance internationale, et où aujourd’hui l’état d’urgence risque d’être prolongé, qu’en est-il de la liberté d’expression, de ses garanties et ses limites ?

Nous vous proposons de venir en débattre ce jeudi 28 janvier à l’Universté Paris 13 (salle C 101, UFR Communication), avec les jeunes d’Amnesty et Cécile Coudriou, ancienne vice-présidente d’Amnesty International France.

Venez nombreux, il est plus important que jamais de prendre le temps du débat !

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Tribune de Cécile Coudriou pour Amnesty International : Paradoxe de la loi renseignement : rendre légal ce qui est illégal

mai 14, 2015

Cette tribune a été publiée dans le journal le Drenche le 6 mai 2015, et écrite par Cécile Coudriou, ex-vice-présidente d’ Amnesty International France et aujourd’hui porte-parole sur les questions de « Droits humains à l’ère numérique » :

Paradoxe de la loi renseignement : rendre légal ce qui est illégal

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L’Assemblée nationale vient d’adopter le projet de loi relatif au renseignement, présenté comme une réponse à la nécessité de protéger les citoyens et d’encadrer les pratiques des services de renseignement. Comment expliquer une opposition aussi unanime chez les ONGs de défense des droits humains comme Amnesty International, les acteurs du numérique, la CNIL, des professionnels du monde juridique et du journalisme ?

Si le Sénat vote le projet en l’état, cette loi reviendra à rendre légal ce qui est illégal au regard du droit international et européen, qui tous deux garantissent le droit à la vie privée. De plus, ce droit en conditionne d’autres, car lorsqu’on se sait surveillé, cela atteint aussi la liberté d’expression et d’association.

Amnesty International, en tant que vigie du respect de nos droits fondamentaux, enjoint donc les sénateurs et tous les citoyens à porter leur regard au-delà de cette promesse, illusoire, d’une plus grande sécurité pour prendre conscience des dangers qui pèsent sur nos droits.

Le gouvernement n’a cessé de nier qu’il s’agirait d’une surveillance de masse. Or, dès lors que l’on met en place des dispositifs comme des boîtes noires (qui aspirent toutes les métadonnées des internautes) ou des « IMSI catchers » (qui engrangent les appels téléphoniques), on sort de facto du champ de la surveillance ciblée pour entrer dans celui d’une surveillance généralisée. Ce sont des machines, avec un algorithme et des mots clés, qui passent au crible nos comportements sur Internet, cela implique une surveillance étendue, non-ciblée, et donc illégale.

D’autre part, le contrôle proposé reste insuffisant : la Commission Nationale de Contrôle des Techniques de Renseignement donnera certes un avis mais uniquement consultatif et le recours au Conseil d’État en cas d’abus ne sera possible qu’a posteriori.

Enfin, les finalités de ce projet dépassent largement la lutte contre le terrorisme, avec la défense des « intérêts essentiels de la politique étrangère », « intérêts économiques, industriels et scientifiques majeurs de la France ». Des contours aussi flous permettent toutes les dérives : par exemple,  quelle interprétation pourrait être faite de l’action d’un lanceur d’alerte mettant en péril ces intérêts au nom de l’intérêt général ?

Face à de telles menaces sur nos libertés fondamentales, nous ne pouvons que nous opposer à cette loi et poursuivre la mobilisation.

Retour sur le débat « Liberté d’expression, ici et ailleurs »

mars 13, 2015

10974216_10204675095770149_3350255540249502081_o(1)En proposant ce thème « liberté d’expression, ici et ailleurs », le groupe d’étudiants « Amnesty à Paris 13 » savait bien que ce serait l’occasion de se confronter à des points de désaccords, à des ressentis différents, notamment suite aux événements des 7, 8 et 9 Janvier à Paris. L’objectif était clairement de laisser la parole totalement libre tout en apportant l’éclairage d’Amnesty International. C’est pourquoi nous avions décidé d’organiser le débat en alternant des courtes présentations par les membres de l’Antenne-Jeunes avec des temps d’échanges sur chacun des aspects abordés – garanties juridiques de ce droit à la liberté d’expression, limites inscrites dans le droit, dérives de la lutte contre le terrorisme, et focus sur plusieurs pays différents.

Une trentaine d’étudiants et personnels avaient répondu présents, et si l’on pouvait regretter de ne pas avoir attiré davantage de monde, il faut dire aussi que cela a sans doute contribué à ce que ce soit un vrai moment de partage – et on ne parle pas que des boissons et gâteaux offerts ! – , un véritable débat, avec beaucoup d’échanges, parfois vifs. Chacun a pu parler de sa propre conception de la liberté d’expression, de ses opinions et sentiments personnels sur ce qui se passait en France mais aussi au-delà de nos frontières.

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En tant que militante d’Amnesty International, j’ai été ravie de constater que ressortait de ce débat un sentiment partagé par tous ou presque, celui d’être citoyen du monde et donc solidaire des victimes de violations de ce droit à la liberté d’expression dans le reste du monde. On a eu l’occasion d’évoquer diverses situations : celle de Raif Badawi en Arabie Saoudite, condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet pour avoir « insulté l’Islam » dans son blog, puis celle d’un journaliste gambien enlevé, torturé et toujours porté disparu, après avoir critiqué son gouvernement. Nous avons également discuté de la censure sur Internet en Chine et Russie et enfin des USA avec le cas de Snowden et des lanceurs d’alerte… Un débat riche en échanges et informations, où l’on sentait parfois vibrer un sentiment d’indignation. Pour nous, cette sensibilisation est déjà un premier pas dans la lutte contre la violation des droits humains à travers le monde .

Bien sûr, des désaccords ont émergé et parfois subsisté sur la conception même de la liberté d’expression : certains ont opposé à l’aspect universel des droits humains une forme de relativisme culturel, ou en tout cas ont défendu l’idée d’un droit adapté à chaque pays et donc à sa culture. D’autres ont émis l’opinion que dans certains cas, notamment lorsqu’il s’agit de religion, le respect s’imposait au détriment d’une liberté absolue de parole. Le débat a également permis de constater à quel point il y avait deux poids deux mesures dans le traitement donné à certaines violations des droits selon qu’elles touchent la France ou d’autres pays. Quoi qu’il en soit, il était important pour nous que les gens s’expriment en toute liberté, qu’ils n’aient pas l’impression qu’on veuille leur dicter une vision du monde.

Notre but premier était de préciser l’éclairage que peuvent apporter la Déclaration universelle des droits de l’homme et le droit international, afin que les participants au débat puissent enrichir leur réflexion sur cette base. Par ailleurs, nous souhaitions vraiment ne pas rester uniquement centré sur la France, mais plutôt ouvrir sur le reste du monde, avec des informations qui permettraient d’élargir le champ de vision, de remettre ainsi en question certaines certitudes. En cela, on peut donc dire que notre objectif a été atteint !

10620523_10204119781887649_3690751924243507913_nLéa Antoni, responsable de l’Antenne-Jeunes Amnesty à Paris 13

« Liberté d’expression, ici et ailleurs », débat Amnesty International à Paris 13

février 10, 2015

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Un mois après l’attentat contre Charlie Hebdo, « Amnesty à Paris 13 » propose un débat : « Liberté d’expression, ici et ailleurs » le 18 février entre 13 et 15h dans l’amphi A de l’institut Galilée.

« Ici et ailleurs » car Amnesty International  nous enjoint aussi à porter notre regard au-delà de nos frontières : que dit le droit international en matière de liberté d’expression, en quoi sommes-nous concernés, en tant que citoyens, par le sort du jeune blogueur Raif Badawi, condamné à 1000 coups de fouet en Arabie Saoudite pour avoir créé un blog ? Par les menaces qui pèsent sur la liberté de la presse en Russie, en Gambie, et dans tant d’autres pays ? Sans oublier le sort réservé aux lanceurs d’alerte comme Edward Snowden aux USA…

Si, à travers le slogan « nous sommes Charlie », nous avons voulu exprimer notre attachement à la liberté d’expression, ne devons-nous pas dire aussi « Je Suis Raif » ? Comment défendre ce droit fondamental partout dans le monde et être solidaire de tous ceux qui en sont privés ?

« Amnesty à Paris 13 » se propose donc d’ouvrir le débat en rappelant les garanties juridiques de la liberté d’expression au niveau international, avant de s’interroger sur les limites de cette liberté, ainsi que sur les violations dont les états se rendent parfois coupables, notamment au nom de la lutte contre le terrorisme.

Nous espérons que vous serez nombreux le 18 février à venir échanger avec les étudiants membres de l’Antenne-Jeunes d’Amnesty International de l’université Paris 13 et de Cécile Coudriou, ancienne vice-présidente d’Amnesty International France et enseignante à l’UFR Communication.