Archive for the ‘Événements’ Category

Amnesty International au Festival d’Avignon

juillet 13, 2014

feat-le-festival-d-avignon-2014-devoile-son-pLe Festival d’Avignon a toujours été, en complément d’une programmation théâtrale extrêmement riche et inventive, un lieu de débats et de confrontation d’idées en tout genre. Pour cette 68ème édition, le nouveau directeur Olivier Py a montré son attachement à cette idée, en lançant une initiative très stimulante, « Les Ateliers de la pensée ». Il s’agit d’un rendez-vous quotidien avec le public pour une série de tables-rondes, pas uniquement sur le théâtre et l’art mais sur des thèmes très divers.

Amnesty International, représentée par sa vice-présidente (sortante) Cécile Coudriou, a pu participer  à l’un de ces débats le 8 juillet sur le thème : « le devoir moral de désobéissance existe ». Animée par le journaliste Xavier de la Porte, de France Culture, cette table ronde réunissait deux autres participants : Florence Hartmann, auteur d’un récent ouvrage « Lanceurs d’alerte, les mauvaises consciences de nos démocraties » (édition Don Quichotte) et l’avocat William Bourdon, qui a publié un « Petit Manuel de désobéissance Citoyenne » (Lattès).

Le débat s’est tout naturellement focalisé rapidement sur l’une des formes les plus récentes et les plus médiatisées de la désobéissance, les lanceurs d’alerte, en particulier le cas d’Edward Snowden et avant lui celui du soldat Manning avec Wikileaks. Cela a donc été l’occasion d’expliquer la position d’Amnesty International sur cette question et notre action en faveur des lanceurs d’alerte. Mais c’était aussi une formidable opportunité pour parler à ce large public de notre soutien – depuis plus de 50 ans maintenant – aux premiers « désobéisseurs », les prisonniers d’opinion et les défenseurs des droits humains et d’expliquer notre défense la désobéissance, selon sa motivation, les moyens utilisés et ses conséquences.

Amnesty International est certes un mouvement légaliste, basé sur l’exigence de respect de la Déclaration Universelle des droits de l’homme et du droit international, ses modes d’action s’inscrivent dans le cadre de la loi, et n’inclut pas de recours à la violence ni de discours la prônant. Pourtant, c’est bien le devoir moral de désobéissance qui fonde ce mouvement, dès lors qu’il est motivé par l’urgence de dénoncer et d’essayer de faire cesser les violations des droits humains. Que ce soit dans les régimes les plus répressifs ou dans les régimes démocratiques comme aux USA ou au Royaume-Uni, ce ne sont finalement pas ceux que l’on croit qui désobéissent, si l’on place au-dessus de tout le devoir d' »obéir » ou en tous cas de respecter les principes énoncés dans la Déclaration des droits de l’homme. Si vous souhaitez aller plus loin, cliquez ci-dessous sur le lien vers la vidéo de cette table-ronde.

http://www.theatre-video.net/video/Ateliers-de-la-pensee-Le-devoir-moral-de-desobeissance-existe-68e-Festival-d-Avignon

« SOS Europe ! » Mission Amnesty accomplie à Paris 13 !

mai 18, 2014

P1060089Cette année, le Printemps de Droits Humains était un défi particulier pour « Amnesty à Paris 13 » ! À cette période, le campus de Villetaneuse commence déjà à se vider quelque peu, car bien des étudiants ont déjà passé leurs examens ou sont encore en révision…

Pourtant, nous avons décidé d’organiser une dernière action – cette fois  sur la campagne « SOS Europe » – et d’investir le forum en ce 13 mai entre 11 et 15h : nous y avons installé un stand aux côtés de notre exposition sur le thème des migrants et des réfugiés. Comme l’an passé pour l’action contre les expulsions forcées au Brésil (https://amnestyparis13.wordpress.com/2013/04/21/retours-croises-et-en-images-sur-une-action-originale-pdh-a-paris-13/), nous avons invité toutes les personnes présentes – étudiants et membres du personnel, jusqu’à notre président ! – à participer à une action plus originale qu’une simple pétition : l’idée était à la fois de casser les idées reçues sur les migrants et les réfugiés, à travers notre expo – interactive grâce à son jeu de questions-réponses – et d’inviter à montrer symboliquement son soutien en fabriquant des  « bateaux-pétitions » en origami, porteurs d’un message à Manuel Valls : « protéger les migrants avant de protéger les frontières ».

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OBJECTIF LARGEMENT DÉPASSÉ !

Finalement, le fait qu’il y ait moins de monde a presque facilité les échanges et a décuplé notre force de conviction : on a quasiment fait un 100% entre les personnes approchées et celles qui ont accepté de faire un bateau tout en laissant leur contact : à 15h, on comptabilisait 179 origami alors qu’on avait plutôt compté sur une cinquantaine !!!

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Alors, bravo et merci à tous pour ce bel élan de solidarité, qui prouve une fois encore que le militantisme de proximité porte ses fruits et permet un vrai travail de sensibilisation sur les droits humains. Nous avons le sentiment d’une mission accomplie, contribuer à atteindre l’objectif commun de toutes les Antennes-Jeunes d’Amnesty International France – 3500 bateaux -, pour porter haut et fort ce message aux autorités avant les prochaines réunions des ministres européens en charge des questions d’asile et de migrations les 4 et 5 juin : nous voulons des politiques migratoires qui respectent les droits humains et permettent de sauver des vies !

Découvrez la vidéo-diaporama de cette action :

Portons le message « SOS Europe ! » pour les migrants et réfugiés

mai 8, 2014

10258588_10152121837597572_181818740146433188_o« SOS Europe ! » C’est le nom de la campagne d’Amnesty International que nous allons relayer à l’Université Paris 13 le Mardi 13 mai entre 11h30 et 14h30 au forum du campus de Villetaneuse. Pourquoi SOS ? C’est le message à envoyer à l’Europe pour la protection des migrants, réfugiés et demandeurs d’asile.  Il y a non seulement danger mais urgence !

Le premier danger est pour eux le naufrage car ils arrivent par la mer sur des embarcations de fortune ; le second danger est l’accueil qui leur est fait : refoulement systématique, violences et brutalités des gardes-côtes et de la police.

Une Europe forteresse, à tout prix ?

189570_migrant_deathEn octobre 2013, au large de Lampedusa, plus de 350 personnes ont péri dans deux naufrages. Aujourd’hui, c’est la Grèce qui est sous les projecteurs : lorsque les migrants arrivent à cette frontière d’une Europe forteresse, la police ou les gardes-côtes les repoussent avec brutalité. Ils procèdent à des arrestations, à la détention et à des renvois forcés, alors que c’est illégal au regard du droit international. Amnesty International ne nie pas que les États peuvent surveiller leurs frontières, mais rappelle que cela ne doit jamais être au prix de la vie et de la sécurité des personnes.

Qu’ont fait les migrants pour mériter un tel traitement ? Ils ne font que fuir la misère et chercher une vie meilleure. Quant aux réfugiés, c’est la guerre, les conflits ou la persécution qu’ils fuient, et comment peut-on reprocher à quiconque de chercher désespérément une protection, un asile ?

Tout citoyen a un rôle à jouer : 

Ces drames humains révèlent des politiques migratoires de l’UE peu connues du grand public, et sur lesquelles nous pouvons pourtant agir : Les 4 et 5 juin, les ministres européens en charge des questions d’asile et de migrations se réuniront pour déterminer les orientations que prendra l’Europe pour les 5 prochaines années sur ce sujet. Fin juin, les chefs d’état ou de gouvernement adopteront officiellement le nouveau programme.

Nous devons donc faire entendre notre voix avant ces échéances, pour faire savoir aux décideurs que nous sommes très nombreux à soutenir la vision d’Amnesty International. Nous allons aussi montrer symboliquement notre soutien par une forme originale de pétition : chacun pourra confectionner un origami en forme de bateau, et notre objectif est d’en envoyer 3500 à Manuel Valls pour se souvenir des 3500 personnes qui ont péri en mer entre 2011 et 2013.

Au delà du symbole, il est essentiel d’informer le public sur les positions et les demandes d’Amnesty International :

–        Stop au refoulement forcé et aux mauvais traitements ! C’est contraire aux conventions de Genève de 1951, ainsi qu’aux règles du droit international de la mer qui impose des obligations de sauvetage, et enfin contraire aux règles que l’UE s’est elle-même fixées ;

–        transparence sur les procédures de contrôle des frontières utilisées par les autorités, et sur les violations des droits humains ;

–        stop au contrôle à tout prix ! protégeons les migrants et sauvons la vies avant de protéger les frontières ;

–        et enfin, réorientation des budgets alloués par l’Europe vers l’accueil et la protection des personnes au lieu d’augmenter sans cesse celui des contrôles des migrations.

Entre 2011 et 2013, la Commission européenne a alloué plus de 12 millions d’euros pour l’accueil des demandeurs d’asile et réfugiés. Sur la même période, ce sont plus de 227 millions d’euros qui lui ont été donnés pour le contrôle des migrations. L’agence Frontex, qui coordonne le contrôle des frontières extérieures de l’UE, elle prospère !

Alors, montrons tous notre soutien à des politiques migratoires plus humaines, soyez nombreux à nous rejoindre le Mardi 13 mai entre 11h30 et 14h30 au forum du campus de Villetaneuse, et faisons ensemble le plus grand nombre de bateaux possible pour noyer Manuel Valls sous les messages de solidarité ! Les politiques migratoires de demain dépendent aussi de nous tous !

La peine de mort en question

avril 1, 2014

BANG BANG ! Entre deux bouchées de mon Parisien aujourd’hui, un nouveau remix du générique de « Kill Bill » sur le campus de l’université Paris 13 ? Après ce coup de feu, les regards se tournent vers le corps de cette jeune étudiante, tombée au sol. Cette fille, ça pourrait être moi ou ma copine Emma qui en abandonne momentanément sa fourchette en plastique dans sa Pasta Box… Notre stupéfaction est à son comble lorsque l’on comprend que l’arme à l’origine de ce bruit est dans la main d’une personne qui tient dans l’autre le marteau de la justice.

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La mise en scène ne laisse nulle place au doute : on voit à son costume qu’il s’agit bien d’un juge, mais ce personnage est déshumanisé par son masque blanc. Ne serait-ce donc qu’une allégorie de la justice ? Ou plutôt une parodie, car une voix au micro ne tarde pas à nous expliquer cette scène surréaliste : aujourd’hui encore on prétend rendre la justice en condamnant à mort. « Peine de mort, le crime le plus prémédité au monde ! »

INTERPELLER, INFORMER

Il s’agit en fait d’un happening réalisé par les membres de l’Antenne-Jeunes « Amnesty International à Paris 13 » dans le but d’interpeller mais aussi d’informer les étudiants et le personnel de l’université. Ils se rassemblent rapidement autour du juge-bourreau et du « condamné à mort » pour rappeler qu’Amnesty International s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances car elle constitue une violation des droits humains, dont les plus fondamentaux comme le droit à la vie et à la dignité.

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L’ONG se mobilise depuis 1977 pour l’abolition universelle de la peine de mort, châtiment encore  présent dans 58 pays, dont les jeunes d’Amnesty rappellent le triste « top five » : la Chine, l’Iran, l’Irak, l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis. Ils informent également leurs interlocuteurs sur les motifs de condamnations à mort, très différents de ceux auxquels on peut s’attendre : en dehors des homicides et viols, dans certains pays l’on peut être condamné à mort pour blasphème, adultère, homosexualité, trafic de drogue, diverses formes de trahison et de crimes contre l’état… Par ailleurs, une exposition installée dans le forum rappelle ces faits et apporte  plus de précisions encore : la peine de mort est souvent le résultat de procès inéquitables, d’un système judiciaire défaillant. Elle s’appuie parfois sur des aveux extorqués sous la torture et enfin, l’erreur judiciaire n’est jamais exclue.

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LAISSER CHACUN S’EXPRIMER

Les « spectateurs » présents au forum ont été invités à exprimer leur avis, dont certains ont été recueillis sous forme de vidéo ou d’enregistrements audio. Si une grande partie des personnes interviewées se sont déclarées contre la peine de mort en toutes circonstances, d’autres ont exprimé un avis plus mitigé. Certaines personnes trouvent la peine de mort légitime dans certains cas, comme les viols ou les meurtres, notamment lorsque les victimes sont des enfants.

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PROJECTION-DÉBAT, « UNE PEINE INFINIE », en présence de Anne Denis, la responsable de la commission « Peine de mort » d’Amnesty France

Proj-débat

Ces échanges se sont poursuivis après la projection du documentaire, « Une Peine Infinie », de David André, qui dénonce l’effet délétère qu’a la peine de mort sur l’entourage d’un condamné comme sur celui de sa victime, jusqu’à ses bourreaux ou le procureur. Ce film illustre parfaitement le cercle vicieux de la violence et la haine qui n’engendrent que violence et haine, et montre à quel point cette exécution reste un meurtre et ne résout rien.

L’émotion était palpable dans le public, et le débat a réellement permis de laisser s’exprimer tous les points de vue : selon certains, la souffrance ressentie par l’entourage des victimes pouvait justifier une demande de condamnation à mort, surtout lorsque le système judiciaire d’un état incite à demander cette sentence. Au travers de témoignages pleins d’empathie et parfois même de vécu, a aussi fait surface la question de « l’apaisement » recherché lorsque la violence commise a laissé une trace indélébile. À cela, d’autres ont opposé le fait que vengeance personnelle et justice étatique doivent être différenciées, que la loi, portant un idéal à atteindre, doit nous guider et nous aider à dépasser nos passions personnelles. Quant au besoin d’apaisement souvent invoqué, il ne saurait être atteint par l’enclenchement d’un nouveau cycle de violence.

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COMMENT CONVAINCRE ?

Les jeunes d’Amnesty, tout en étant à l’écoute des personnes qui n’étaient pas encore convaincues de la nécessité d’une abolition universelle, ont rappelé que la peine de mort est avant tout une vengeance orchestrée par l’État, un crime institutionnalisé. L’autorité de la loi ne change rien à cette réalité : condamner une personne à la peine de mort, c’est la tuer avec préméditation. Cette journée d’action, riche en émotions et en échanges, a montré que ce débat est toujours d’actualité, et qu’il est toujours nécessaire de laisser s’exprimer aussi ceux qui sont en faveur de la peine de mort pour mieux les inviter à s’interroger et à remettre en question des convictions enracinées dans des passions plutôt que fondées sur des informations et des raisonnements objectifs.

Charlène Martin et Alicia Trouvé.

 » Amnesty à Paris13  » contre la peine de mort

mars 14, 2014

Les préparatifs s’intensifient car la date de notre prochaine action approche à grands pas : Le 21 mars « Amnesty à Paris 13 » se mobilise contre la peine de mort :

Tout d’abord, entre midi et 14 heures au forum de Villetaneuse un « happening »  mettra en scène le combat d’Amnesty International contre la peine de mort mais chut, on n’en dit pas plus pour préserver l’effet de surprise… Notre objectif est d’interpeller les étudiants et personnels de l’université, de provoquer l’échange juste après la scène dont les personnes auront été témoins.

Au-delà de ce premier échange – qui sera filmé pour ceux qui accepteront de prêter leur image – l’idée est de les inviter à aller plus loin, en prenant le temps de regarder l’exposition qui sera installée au forum et en participant à la projection-débat sur le documentaire « Une Peine Infinie »  qui commencera à 14h en C 102 (UFR Communication) :

En 1985, Sean Sellers âgé de 16 ans, était condamné à la peine de mort pour avoir assassiné sa mère, son beau-père et un commerçant.  13 ans plus tard, malgré les nombreuses protestations internationales et le fait qu’il ait été déclaré mentalement déficient, il est exécuté en Oklahoma. Dix ans après, le réalisateur David André a retrouvé tous les protagonistes de l’affaire et offre un éclairage inédit sur la peine de mort aux Etats-Unis (particulièrement sur les familles de victimes).

Affiche Peine de mort

Alors, quelle que soit votre opinion actuelle sur ce thème de la peine de mort, n’hésitez pas à venir débattre avec nous, et venez découvrir les actions qu’Amnesty International mène pour l’abolition de la peine de mort.

Voici le lien vers l’événement que nous avons créé sur Facebook :

https://www.facebook.com/events/673201866050040/?ref_dashboard_filter=upcoming

Et voici une première vidéo dans laquelle chacun explique « Pourquoi je suis contre la peine de mort » :

« La Parade » ou le rire contre l’homophobie (Cécile Coudriou)

janvier 28, 2014
Affiche "La Parade" Paris 13

Affiche « La Parade » Paris 13

Ce jeudi 30 janvier à 17h, « Amnesty International à Paris 13 » organise une projection du film « La Parade » suivie d’un débat sur le thème de l’homophobie à travers le monde.

En attendant cette rencontre, qui se tiendra en salle C 102 de l’UFR Communication à Villetaneuse, voici un article que j’avais rédigé à la sortie du film pour JOL Press. J’espère qu’il vous donnera envie de participer !

« La Parade » de Sdrjan Dragojevic, ou le rire contre l’homophobie

La haine de l’autre, la haine de tous les autres, la haine indifférente de toutes les différences… Avec « La Parade », Srdjan Dragojevic nous plonge, une fois de plus, dans la réalité contemporaine de l’ex-Yougoslavie, une triste réalité. Cécile Coudriou, vice-présidente d’Amnesty International France, a accepté d’évoquer pour JOL Press ce film et l’engagement d’Amnesty International contre toutes les homophobies et tous les nationalismes.

C’est en quelque sorte en « avant-avant-première » que j’ai eu l’occasion de découvrir le film « La Parade », dans le cadre du festival Cinéma et Droits humains à Paris, organisé par les militants d’Amnesty International en novembre dernier. Coup de projecteur sur toutes sortes d’injustices et de violations des droits fondamentaux à travers le monde, le festival est placé sous le signe de l’indignation et de l’engagement. Inutile de dire que l’on ne s’attend pas particulièrement à rire…

Caricature, dérision, burlesque, les armes redoutables de Srdjan Dragojevic

Et pourtant, un soir, changement d’ambiance avec La Parade ! Dès les premières minutes du film, une salle hilare, vibrant et réagissant à chacune des péripéties d’une improbable rencontre : celle d’un groupe LGBTI* serbe, bien déterminé à braver l’homophobie et à organiser une Gay Pride (« Parada ») à Belgrade, avec des individus plus que patibulaires, dont l’esprit est encore bien englué dans le conflit d’ex-Yougoslavie, mais qui seront amenés à assurer la sécurité de la marche.

La caricature, la dérision et le ressort burlesque s’avèrent des armes de dénonciation redoutables pour le réalisateur Srdjan Dragojevic. Sa « Parada » ne prêche pas que les convaincus et peut entraîner un large public à faire bouger les lignes : si même des gangsters à ce point pétris de préjugés peuvent être ébranlés dans leurs convictions homophobes, il y a de l’espoir ! Pour autant, le film sait s’écarter de la comédie et n’occulte en rien les ravages de l’homophobie dans cette région du monde et notamment les violences qui accompagnent encore aujourd’hui les « Marches des fiertés ».

La violence homophobe en Europe centrale et orientale

Cette violence homophobe évoquée dans le film m’a rappelé celle que j’ai personnellement vécue lorsque j’ai participé à la Bratislava Pride en Slovaquie. J’étais membre de l’une des délégations qu’Amnesty International envoie chaque année pour soutenir les marches dites « à risques ». Ces marches, exposées à des violences de la part de mouvements radicaux homophobes, lesbophobes ou transphobes, à des actes d’agressions et d’intimidations, nécessitent un dispositif de sécurité particulier qui n’est pas toujours pris en compte par les gouvernements… Dans les pays d’Europe centrale et orientale, il y a parfois plus d’opposants à une marche que de manifestants ! En Ukraine, Russie ou en Moldavie, par exemple, les « Marches des fiertés » ne peuvent pas avoir lieu parce que les autorités du pays les ont interdites sous prétexte que les risques de violences sont trop importants.

Ce soutien sur le terrain accompagne notre travail de plaidoyer auprès des institutions et les pétitions que nous appelons tous les citoyens à signer, pour lutter contre les discriminations homophobes et défendre la liberté d’expression et de réunion.

Face aux hordes de néo-nazis nationalistes

Je ne suis pas près d’oublier le millier de manifestants à Bratislava faisant face à des hordes de néo-nazis nationalistes, heureusement cette fois tenues à l’écart par des policiers deux fois plus nombreux qu’eux et accompagnés de chiens ; pas près d’oublier non plus l’obligation de respecter des consignes de sécurité très strictes et de cacher tout drapeau ou badge arc-en-ciel dès la fin d’un parcours totalement balisé, pour éviter une agression… Comme m’ont semblé loin les « Marches des fiertés », certes revendicatives mais malgré tout festives, de Paris ou d’Amsterdam !

Alors oui, vous allez rire avec La Parade, rire beaucoup même, mais sachez que vous serez également émus par ces héros ordinaires qui doivent risquer jusqu’à leur vie simplement pour réclamer le respect de la différence.

Et peut-être penserez-vous à eux lors de la prochaine Gay Pride dans votre ville, ou encore lorsque vous serez témoin d’actes d’homophobie en France… La vigilance est toujours de mise, ici et ailleurs, et la route est encore longue vers une véritable égalité des droits des LGBTI. La Parade est un film nécessaire, à voir d’urgence.

*LGBTI : Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Transgenres ou Intersexuées

Un blogueur emprisonné au Vietnam : son frère témoigne à Paris 13

décembre 22, 2013

P1050770Après avoir recueilli des centaines de signatures pour réclamer la libération immédiate et inconditionnelle de Nguyen Tien Trung, jeune prisonnier d’opinion vietnamien, nous avons eu le plaisir d’accueillir à l’université Paris 13 son frère Nam. Voici la vidéo de son intervention , suivie de quelques commentaires d’étudiants, visiblement touchés par cette rencontre !

« Le témoignage de Nam nous a permis de mieux comprendre les risques qu’implique encore aujourd’hui au Vietnam un militantisme pacifique en faveur de la démocratie. Cet échange nous a aussi permis de mesurer l’importance de la pression exercée par la société civile internationale et de garder un ferme espoir d’amélioration pour la situation de Trung ainsi que pour les 11 autres cas défendus à l’occasion des 10 jours pour signer. Rien de tel qu’une rencontre avec un témoin pour avoir une idée plus concrète des combats soutenus par Amnesty International ! » (Charlène)

P1050779« Un grand merci à Nam pour son témoignage : un éclairage nécessaire sur un pays que l’on voit plus souvent sur les brochures touristiques qu’aux infos alors qu’il y a encore beaucoup à y faire pour la défense des Droits de l’Homme… En espérant que notre soutien finira par conduire à la libération de Trung ! » (Alicia)

« J’ai trouvé très intéressant d’entendre les explications et le point de vue d’une personne directement touchée par des violations des droits de l’homme. Nam a été émouvant, tout en étant précis, et réaliste. » (Nicolas)

P1050769« J’ai trouvé cette rencontre très enrichissante. Je n’imaginais pas que de telles restrictions puissent être infligées à la population vietnamienne. J’ai eu le plaisir de faire le trajet du retour avec Nam et nous avons donc pu poursuivre la conversation au sujet de ce que son frère subissait au Vietnam ainsi que les difficultés rencontrées par leur famille. Un grand merci à lui ! « (Céline »)P1050778

Fresque et musique pour Amnesty International : « 10 jours pour signer » à Paris 13

décembre 16, 2013

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Quelle meilleure date que le 10 décembre, journée mondiale des droits de l’homme,  pour lancer sur le campus de Villetaneuse notre opération de mobilisation « 10 jours pour signer » avec Amnesty International France ?

On peut dire que cela a décuplé notre énergie, car, au son des reprises pop et rock du groupe Magic Fingers, les étudiants de l’Antenne-Jeunes de Paris 13 et ceux du Master ONG ont recueilli 2575 signatures en quelques heures !

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Aux côtés du stand, l’activité créative battait son plein avec Isabelle Villanova, médiatrice artistique qui invitait les étudiants à laisser leur empreinte sur la grande fresque des droits humains. Les  portraits au pochoirs – celui de Nelson Mandela, à qui cette fresque était dédiée, comme celui des personnes en danger qu’Amnesty International soutient – ont vite été entourés d’empreintes de mains de toutes les couleurs, et de toutes sortes de messages de solidarité : « Courage Jabeur », pour ce jeune Tunisien emprisonné pour quelques posts sur Facebook jugés offensants ; « Justicia para Myriam Lopez », violée en toute impunité par des militaires au Mexique ; « Libérez Trung », emprisonné au Vietnam pour son activité militante en faveur de la démocratie, ou encore « paix et justice, écrit en arabe pour soutenir les villageois de Nabi Saleh, dans les territoires occupés Palestiniens…

P1050665Découvrez la vidéo de cet événement, qui n’aurait jamais pu avoir lieu sans l’implication de Audrey Decrock, Ingrid Law-Yu-Kuan et Alexandra Voisin : ce sont ces 3 étudiantes du Master « Communication des entreprises » qui ont monté le projet, et obtenu son financement par l’université (via le FSDIE, Fonds de Solidarité et de Développement de l’Initiative Étudiante), un grand merci à elles aussi !

Le 11 décembre à Paris 13, rencontre « Vietnam et Libertés »

décembre 6, 2013

affiche_Paris13 NguyenDans le cadre de l’opération « 10 jours pour signer », mobilisation mondiale en faveur de personnes dont les droits fondamentaux sont bafoués, l’Antenne-Jeunes d’Amnesty International à Paris 13 organise le mercredi 11 décembre à 13h en salle C 100 (UFR Communication) une rencontre avec un témoin intitulée « Vietnam et Libertés ».

Cet événement, ouvert à tous, sera l’occasion de dialoguer avec un jeune vietnamien dont le frère, Nguyen Tien Trung, blogueur engagé et fondateur de l’Assemblée des jeunes Vietnamiens pour la démocratie, a été emprisonné en raison de son activité militante. Nam viendra témoigner de la répression à l’encontre des dissidents politiques et des violations de droits fondamentaux tels que la liberté d’expression dans son pays.

L’arrestation de Nguyen Tien Trung s’est produite dans le cadre d’une vague de répression contre des blogueurs et dissidents politiques vietnamiens en 2009. En janvier 2010, trois ans après son retour au Viêt-Nam, il est condamné, après avoir été détenu au secret, à sept ans de prison et trois ans de résidence surveillée pour « tentative de renversement du gouvernement du peuple ». Via son blog, il n’a eu de cesse de dénoncer les violations des droits humains, l’absence de démocratie, les abus du parti unique au pouvoir, la corruption et la mauvaise gouvernance.

Amnesty International le considère comme un prisonier d’opinion et demande donc sa libération immédiate et inconditionnelle. Une pétition en sa faveur circulera pendant la rencontre, et il sera également possible de rédiger des messages de soutien sur des cartes prévues à cet effet.

Un grand événement Amnesty se prépare à Paris 13…

décembre 3, 2013

AMNESTY 2013Chaque année, autour de la journée des droits de l’Homme du 10 décembre, l’Antenne-Jeunes Amnesty International de l’université Paris 13 participe à la mobilisation mondiale organisée par l’ONG. Cette opération a changé de nom, le Marathon des signatures » devient « 10 jours pour signer«  mais l’objectif reste le même : dénoncer de graves violations des droits humains et convaincre les citoyens du monde entier, choqués par ces injustices, qu’ils peuvent faire une différence en agissant en faveur de personnes menacées.

On peut comme les années précédentes agir en ligne sur un site dédié www.10jourspoursigner.org et Paris 13 aussi en fera une intense promotion, mais comme tous les militants et sympathisants d’Amnesty International, nous aurons également à coeur d’aller à la rencontre du grand public à travers un événement qui conjugue engagement avec convivialité et créativité.

Nous sommes donc en pleine préparation d’un événement qui sera le fruit d’une collaboration originale : les membres de l’Antenne-Jeunes ont trouvé du renfort parmi les étudiants du Master « ONG et Coopération Internationale » et 3 étudiantes du Master « Communication des entreprises et des associations » – Audrey Decrock, Ingrid Law-Yu-Kuan et Alexandra Voisin – ont monté le projet et son financement par l’université. Cet événement se déroulera en deux temps, les 10 et 11 décembre.

Le mardi 10, à partir de 10h, une grande fresque des droits humains sera mise en place pour une création participative animée par l’artiste Isabelle Villanova, qui invitera les étudiants à apporter leur soutien symbolique à l’opération en apposant leur signature et en laissant l’empreinte de leur main ou tout autre dessin sur la toile. À 13h, le groupe de jeunes musiciens « Magic Fingers » ajoutera sa voix à cet engagement festif avec une prestation d’une trentaine de minutes. Pendant ce temps, nous accueillerons à notre stand les étudiants et personnels pour les informer sur des situations de violations dans 6 pays différents – Mexique, Russie, Vietnam, Nigéria, Tunisie, Israël et Territoires Occupés Palestiniens – tandis que des « tandems mobiles » iront recueillir tout autour du forum encore plus de signatures ou de messages de soutien aux personnes menacées.

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Trung VietnamLe 11 décembre à 13h, une rencontre intitulée Vietnam et libertés sera organisée avec un jeune vietnamien dont le frère, Nguyen Tien Trung, blogueur fondateur de l’Assemblée des jeunes Vietnamiens pour la démocratie, a été emprisonné en raison de son activité militante. Nam viendra témoigner de la répression à l’encontre des dissidents politiques et des violations de droits fondamentaux tels que la liberté d’expression dans son pays.

Deux dates à retenir donc, les 10 et 11 décembre, où tout le campus de Paris 13 pourra contribuer à sa manière à la grande cause des droits humains !