Archive for the ‘Discriminations’ Category

Conférence sur les Rohingyas avec « Amnesty à Paris 13 »

décembre 23, 2018

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Après un semestre chargé en événements, l’Antenne-Jeunes de Paris 13 a conclu l’année 2018 par une rencontre avec Morgane Eches, bénévole à Amnesty International France et spécialiste du Myanmar (Birmanie). Nous l’avons invitée sur le campus de Villetaneuse le jeudi 6 Décembre pour débattre avec les étudiants sur le thème « Les Rohingyas : crise humanitaire et violations des droits humains ». Cette minorité ethnique de confession musulmane est en effet persécutée dans un pays à majorité Bouddhiste. Après un pic de couverture médiatique l’année dernière, cette crise humanitaire ne fait plus l’actualité aujourd’hui. Pourtant, la situation des Rohingyas est toujours critique, et nous estimons qu’il est important de continuer à en parler.

L’une des causes historiques du rejet voire la haine dont font l’objet les Rohingyas est qu’ils ont soutenu les anglais à l’époque coloniale et ont obtenu de hauts postes dans l’administration. Peuple apatride depuis 1982 car ils ne font pas partie des ethnies reconnues en Birmanie, et ils vivent sous un régime d’apartheid. Aujourd’hui, ils sont considérés comme l’une des minorités les plus persécutées au monde. Leur persécution s’est intensifiée lorsque des groupes armés radicaux rohingyas ont attaqué des postes de police dans l’état du Rakhine en 2016. La réponse du pouvoir a été disproportionnée : des bataillons de l’armée Birmane ont brûlé les villages des Rohingyas, ont commis des violences terribles et les ont poussés à fuir le pays.

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Le plus fort de la crise des Rohingyas a eu lieu durant l’été 2017, avec environ deux mille personnes qui ont traversé la frontière avec le Bangladesh chaque jour. Ils sont aujourd’hui plus de 700 000 dans des camps, dont la moitié sont des enfants. N’ayant pas de statut de réfugié, ils vivent dans des conditions très inquiétantes : manque de structures de soins et de soutien médical ou psychologique, accouchements non-encadrés résultants de viols collectifs, phénomène de prostitution de mineures et de trafic humain… L’intervention des ONG humanitaires est très compliquée, surtout à cause du manque de moyens et du fait que beaucoup d’entre elles ne sont pas vues d’un bon œil au Bangladesh.

Il existe des alternatives à cette situation, mais elles montrent toutes des limites. Le Bangladesh a évoqué la possibilité de les héberger sur une île dans le golfe du Bengale, mais les ONG ont contesté ce choix car l’endroit est sujet à des vents de sable et les réfugiés seraient livrés à eux-mêmes, sans eau ni électricité. Le retour en Birmanie reste compliqué puisque les villages des Rohingyas ont été brûlés et parce qu’ils risqueraient d’être confrontés aux mêmes discriminations et persécutions : la campagne de violence contre eux n’est pas terminée, et il y a toujours des mines explosives et des soldats armés aux frontières. Une piste pour en finir avec les discriminations à l’encontre des Rohingyas serait de déclarer la constitution de la Birmanie comme nulle et non-avenue, comme cela a été fait en Afrique du Sud lorsque l’Apartheid y a été aboli. Mais il faut d’abord et avant tout que les militaires au pouvoir en Birmanie, responsables de la crise, soient destitués.

Après l’exposé de Morgane Eches, entrecoupé de vidéos, les étudiants ont eu l’occasion de poser leurs questions sur le sujet. Nous avons pu parler de l’opinion publique en Birmanie, qui est très défavorable à la reconnaissance des droits des Rohingyas, influencée par une campagne de propagande menée par des moines bouddhistes nationalistes et relayée en masse sur les réseaux sociaux. Nous avons aussi évoqué le rôle d’Aung San Suu Kyi et les raisons pour lesquelles elle a tant déçu. (Amnesty International lui a d’ailleurs retiré son prix d' »Ambassadeur de conscience » : https://www.amnesty.fr/conflits-armes-et-populations/actualites/aung-san-suu-kyi )

Le rôle de la communauté internationale a aussi été discuté. L’intervention de l’ONU s’est révélée compliquée car le Myanmar refusait l’entrée à des enquêteurs, mais la France a tout de même joué un rôle clé pour tenter de sortir de la crise et notamment en demandant des enquêtes internationales, une « mission d’établissement des faits ». Malheureusement, les médias n’en parlent qu’à des moments clés (la presse britannique plus que les autres en raison des liens historiques avec le pays), d’où la nécessité pour les ONG de continuer à se mobiliser.

Quant aux célébrités qui sont venues en aide aux réfugiés (La fameuse « Love Army » par exemple), ils n’ont pas souhaité travailler avec des ONG. Leur action, aussi louable soit-elle, a donc été teintée d’un certain amateurisme du fait de leur manque d’expertise en la matière.En conclusion, la solution idéale pour sortir de la crise reste le retour des Rohingyas en Birmanie dès que les conditions seront réunies, le départ des militaires au pouvoir et l’accès à la justice pour les victimes des crimes contre l’humanité commis par les militaires.

Cette rencontre à Paris 13 fut un moment fort d’éveil des consciences chez les étudiants, venus nombreux. Ils étaient manifestement très à l’aise pour poser des questions et les retours par la suite ont été très positifs. L’Antenne-Jeunes est extrêmement reconnaissante à Morgane Eches de s’être rendue disponible pour nous et de nous avoir si bien éclairés !

 

Anis Harbi et Cécile Coudriou

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L’homophobie, si on parlait avec Amnesty à Paris 13 ?

février 19, 2018

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L’antenne Jeunes d’Amnesty à Paris 13 s’est une nouvelle fois mobilisée à l’Université de Villetaneuse pour une action de sensibilisation. Cette fois-ci, ce sont les conséquences parfois dramatiques de l’homophobie que nous avons voulu mettre en avant.

Ainsi, le jeudi 2 février, les membres de l’antenne-jeunes ont mis en place plusieurs outils de communication et de sensibilisation sur le forum. En effet, nous avons habillé une partie du forum aux couleurs arc-en-ciel notamment avec une exposition d’Amnesty International illustrant les droits essentiels dont nombre de personnes sont encore privées. Par exemple, chacun a droit « à sa dignité et au libre développement de sa personnalité » (Article 22 DUDH), et « tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi » (Article 7). L’exposition rappelait également des cas de discrimination dans le monde en raison de l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

Nous avons également cherché à interpeller de manière ludique les étudiants de Paris 13 au moyen d’un quizz : des questions telles que « dans quels pays l’homosexualité est-elle passible de la peine de mort ? » ou « dans quel pays existe-t-il une loi contre la propagande homosexuelle ? »ont été posées aux étudiants passant par le forum. Pour information, les réponses à la 1ère question sont : Iran, Mauritanie, Arabie Saoudite, Soudan, Yémen et  Émirats Arabes Unis ; et la réponse à la seconde est la Russie. De nombreux étudiants se sont pris au jeu et sont restés un bon moment avec nous afin d’échanger et débattre sur les réponses à ces questions parfois surprenantes. Il est vrai que l’on ne se rend pas toujours compte des difficultés, voire des dangers, auxquels est confrontée une personne homosexuelle ou trans dans certains pays.

Afin de se rendre un peu plus compte encore des préjugés et discriminations dans la vie quotidienne, nous proposions un atelier participatif où l’on demandait aux participants d’imaginer être témoin d’une scène homophobe et de nous expliquer comment il réagirait face à une telle situation. Le but de cette action était avant tout d’instaurer un dialogue, même si nos idées divergeaient parfois sur la question, et de pouvoir débattre et échanger avec un public qui n’est pas forcément acquis à la cause.

« Alors que vous êtes invité à une soirée jeux chez des amis, une des personnes présentes (que vous connaissez peu) fait une blague homophobe. Elle fait bien rire ses deux amis qui l’écoutent : Vous réagissez ou vous ne faites rien ? »

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Enfin, nous avons participé à un « jeu de positionnement » : le but était de répondre à la question : « Si un membre de ma famille annonce son mariage avec quelqu’un du même sexe, comment j’imagine mon degré d’acceptation ou d’inconfort ? ». Nous devions répondre en nous positionnant sur une ligne imaginaire dont une extrémité signifiait « Pas de problème » et l’autre « fort sentiment d’inconfort » et ensuite expliquer aux autres ce positionnement. Cela a permis selon nous une certaine introspection qui est toujours nécessaire lorsqu’il est question d’homophobie car en effet, nous avons tous des préjugés sans même nous en rendre compte parfois. Le plus important est donc d’en prendre conscience et d’essayer de remettre en cause ses représentations et ses a priori.

Au-delà de notre action de sensibilisation qui a vraiment été pour les membres de l’antenne-jeune une expérience riche et très instructive sur la manière dont les jeunes peuvent percevoir les questions liées à l’homophobie, nous proposions bien sûr un moyen d’agir : nous avons fait signer 2 pétitions, l’une concernant l’impunité au Bangladesh suite au meurtre d’un militant homosexuel, l’autre sur le combat d’une personne finlandaise contre les obstacles au changement d’identité de genre. Vous pouvez aussi les signer en ligne ci-dessous :

Nous espérons avoir interpellé et fait bouger des lignes. Ceci dit, le simple fait d’avoir réussi à engager un dialogue sur cette thématique, ce qui est loin d’être facile avec certains étudiants, a été une belle réussite pour nous. C’est une action dont nous nous souviendrons !

Léa Antoni.

Performance en faveur des droits humains avec les étudiants de Paris 13

mars 25, 2017

Pour une fois, ce n’est pas nous qui étions aux commandes ! Le 24 mars, des étudiants de Licence 3 en Information et Communication ont organisé pour nous un événement : l’idée était de nous aider à accroître notre visibilité et de sensibiliser les étudiants à notre cause à travers un concept original : montrer la ligne de démarcation qui existe entre des pays où les droits humains sont respectés et ceux où au contraire ils sont bafoués au quotidien.

Pour illustrer cette situation, trois thématiques avaient été retenues : le mariage forcé, le mariage entre personne de même sexe, et les discriminations et violences policières.

L’approche était résolument participative : après avoir imaginé et mis en scène trois « tableaux vivants » où d’un côté, les personnes vivaient dans un respect des droits et de l’autre, elles étaient victimes de violations, les étudiants ou personnels qui passaient au forum étaient invités à jouer les mêmes rôles, afin de pouvoir prendre des photos des différentes situations :

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Puis nous avons réalisé une courte vidéo « mannequin challenge », reliant les trois thématiques autour de ce thème « effacez la ligne de démarcation, défendez les droits de tous, partout, avec Amnesty International ! »

Ce fut un réel plaisir de voir avec quelle spontanéité les gens ont accepté de se prêter au jeu, même si – soyons honnêtes – ils ont montré une plus grande facilité pour mettre en scène les violences policères ou du forcé que l’homosexualité…

Mais c’est justemet aussi cela l’intérêt de cette action, aller à la rencontre du grand public sur des thèmes moins « évidents » et amener à réfléchir et s’impliquer.

Un grand merci à la fois aux étudiants de Licence Infocom pour cette superbe collaboration et à tous ceux qui ont accepté notre offre de participation !

Avec « Pride », Amnesty à Paris 13 lutte contre l’homophobie (Léa Antoni)

février 15, 2016

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Le jeudi 4 Février, l’Antenne-Jeunes d’Amnesty International à Paris 13 a décidé d’utiliser le rire pour lutter contre l’homophobie. En effet, nous avons organisé une projection-débat autour de « Pride », une comédie inspirée d’une histoire vraie se déroulant dans les années 80 au Royaume-Uni. Lors de la Gay Pride à Londres, un groupe d’activistes gay et lesbien décide de récolter de l’argent pour venir en aide aux familles des mineurs en grève. Mais l’Union Nationale des Mineurs semble au départ embarrassée de recevoir leur aide. Au moment de se rencontrer les personnages sont nerveux, ne savent pas comment ils vont être reçus, et pourtant leur regard va changer…

Le film “Pride” met en évidence l’importance de la solidarité au-delà des différences qu’il peut y avoir, a priori, entre des groupes de personnes notamment, les mineurs et les gays. On a, à première vue, l’impression qu’ils sont différents, qu’ils ne font pas partie du même monde, et pourtant, des liens d’amitié vont se créer, cette expérience deviendra la plus belle expérience de leur vie.

L’homophobie est un sujet assez sensible et difficile à aborder dans notre université. Nous avons d’ailleurs vu certaines de nos affiches arrachées des murs de la fac. Le contexte était donc un peu tendu mais cela ne nous a pas découragés, bien au contraire. C’est justement lorsque le combat est difficile qu’il prend tout son sens et qu’il faut absolument agir, avec encore plus de vigueur.

Or, le point fort du film est qu’il ne tombe pas dans la dénonciation pure et simple de l’homophobie. C’est un film beau, drôle, émouvant et qui ne s’adresse pas qu’à un public déjà convaincu. En effet, il déconstruit de très nombreux préjugés homophobes, sans jamais tomber dans la haine ou la colère. Il met en lumière l’absurdité de certains comportements et réactions homophobes avec humour et pudeur, ce qui rend le message beaucoup plus audible et permet de mieux le recevoir. Car si la colère et l’indignation face à l’injustice sont des émotions que partage la plupart des militants qui souhaitent combattre les discriminations pour faire changer les mentalités, le rire semble un moyen plus efficace.

Personnellement, je n’ai pu m’empêcher d’admirer le personnage de Mark : Ce jeune homme ne peut rester inactif face aux injustices et discriminations dont sont victimes les mineurs, bien que ce ne soit a priori pas son combat. Il a lui-même vécu les mêmes souffrances parce que homosexuel. Au-delà de nos différences, nous sommes tous des êtres humains qui peuvent être touchés par une violation des droits humains même si cela se passe loin de nous. «Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice du monde entier» comme disait Martin Luther King. C’est exactement ce principe de la solidarité internationale qu’Amnesty International défend.

Un étudiant a d’ailleurs souligné pendant le débat, qu’il était dommage que les groupes victimes de discrimination ne s’entraident pas davantage et que ce soit parfois même le contraire.

On ressort de ce film à la fois ému par la beauté de certaines scènes mais également bouleversé par le message à la fois simple mais si essentiel. Ce n’est pas parce que nous sommes différents que nous ne pouvons pas nous entendre et qu’on ne doit pas être « fière » de ce que l’on est. Le film est un hymne à la tolérance, l’amour, à l’amitié. En d’autres termes, « Pride » fait appel à ce qu’il y a de plus beau en nous et c’est ce qui fait sa force.

Léa Antoni

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« Amnesty à Paris 13 » vous invite à une projection-débat sur l’homophobie

janvier 31, 2016

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Après la rencontre-débat sur la liberté d’expression jeudi dernier, l’Antenne-Jeunes d’Amnesty à Paris 13 et Cécile Coudriou vous proposent ce jeudi 4 Février (17h en salle C 102 UFR Communication) une projection gratuite de la comédie britannique « Pride », suivie d’un débat intitulé « le rire contre l’homophobie », qui sera aussi l’occasion e faire connaître l’action d’Amnesty International dans la lutte contre les discriminations des personnes LGBTI. (Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Transgenres et Intersexes)

Un goûter gratuit vous sera également proposé, pour pouvoir prolonger le débat dans la plus grande convivalité.

En attendant jeudi, découvrez le synopsis du film « Pride », ainsi que la vidéo de la bande-annonce :

Été 1984 – Alors que Margaret Thatcher est au pouvoir, le Syndicat National des Mineurs vote la grève. Lors de la Gay Pride à Londres, un groupe d’activistes gays et lesbiens décide de récolter de l’argent pour venir en aide aux familles des mineurs en grève. Mais l’Union Nationale des Mineurs semble embarrassée de recevoir leur aide. Le groupe d’activistes ne se décourage pas. Après avoir repéré un village minier au fin fond du Pays de Galles, ils embarquent à bord d’un minibus pour aller remettre l’argent aux ouvriers en mains propres.Ainsi débute l’histoire extraordinaire de deux communautés que tout oppose qui s’unissent pour défendre la même cause.

Amnesty International à la marche des fiertés, Paris 2015

juillet 1, 2015

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Amnesty International soutient les droits des personnes LGBTI – Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Transexuelles et Intersexes – et lutte contre les discriminations et parfois persécutions dont elles font l’objet dans bien des pays, encore ajourd’hui. Ses moyens d’action sont divers : plaidoyer, sensibilisation du grand public, mobilisation militante, pétitions, rassemblements… Amnesty participe chaque année à la Gay Pride, ou « Marche des fiertés », en France et en Europe, et elle apporte un soutien particulier aux Gay Prides organisées dans des pays tels que l’Ukraine,  la Slovaquie ou la Lettonie…, où cela reste très mal perçu, voire dangereux.

Pour l’édition 2015 de la Marche des Fiertés à Paris, le hasard du calendrier aurait pu jouer contre notre participation à l’événement, car à cette même date du 27 juin, se tenait l’Assemblée Générale Annuelle d’Amnesty International France. Sauf que ses organisateurs ont aménagé l’ordre du jour pour que cette Assemblée converge aussi vers la Marche, et pour que tous les membres présents puissent se joindre au cortège.

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Dès la première matinée de l’AG, la parole a été donnée à John Jeanette Sonstad, militante transgenre venue de Norvège : avec beaucoup de dignité, d’émotion, elle a expliqué son combat pour la liberté de choisir son identité de genre. Elle a aussi exprimé sa gratitude envers les militants d’Amnesty International France dont la forte mobilisation a contribué à faire aboutir son combat : une loi autorisant le changement de genre sans obliger à changer de sexe est en passe d’être adoptée par le Parlement norvégien. Enfin, elle nous a donné rendez-vous pour participer à la Marche l’après-midi, afin de soutenir ce même combat en France.

Tout un groupe de jeunes amnestiens de Paris-Ile de France, animé par Carmen, nouvelle relais jeune de la région, et Rémi Farge, salarié responsable de la visibilité militante, était mobilisé pour l’événement : ils avaient imaginé des slogans de soutien aux LGBTI, fabriqué des dizaines de pancartes, et construit un char magnifique (sur le concept du Rubik’s Cube, imaginé par une artiste, Emilie Benoist). Ils ont participé dès le début à la Marche, accompagnés d’une batucada, puis d’une fanfare au moment où tous les participants à l’AG les ont rejoints : ambiance garantie, dans cette impressionnante marée jaune et noire, aux couleurs d’Amnesty, dansant et marchant au rythme de la musique ! Jamais la présence d’Amnesty International à la Marche des Fiertés n’a été aussi massive et visible !

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L’événement festif et militant s’est clôturé par un rassemblement sur la place de la République, avec une alternance de musique et de discours sur le podium, devant une foule immense et enthousiaste. L’intervention de Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France et de Jeannette fut courte et « pêchue »,  adaptée à l’occasion et manifestement très appréciée ! Regardez cette vidéo de la Gay Pride 2015, et rejoignez-nous pour l’édition 2016 !

Cécile Coudriou

Amnesty International à Paris 13 se mobilise pour les droits des femmes en Egypte

avril 4, 2015

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Pour l’édition 2015 du « Printemps des Droits Humains », tous les jeunes d’Amesty International France relaient une campagne mondiale qui s’intitule « Mon corps, mes droits ». Il s’agit de sensibiliser le grand public à ce que l’on appelle les droits sexuels et reproductifs, c’est-à-dire la possibilité pour chacun de prendre des décisions éclairées et de faire librement des choix concernant sa santé, son corps, son identité de genre, sa vie sexuelle et procréative, sans discrimination, sans violence et sans crainte de poursuites judiciaires ; cela signifie notamment être à l’abri des violences sexuelles, des mutilations génitales féminines, des grossesses, avortements, stérilisations et mariages forcés.

Les jeunes d’Amnesty International à l’université Paris 13 ont choisi de se concentrer sur un volet particulier de cette campagne, et de mettre en avant le combat contre le cercle infernal de discrimination, violences et injustice auquel sont confrontées les femmes en Egypte.

L’action d’Amnesty International a deux objectifs :

  1. faire en sorte que les autorités égyptiennes s’engagent à élaborer et à mettre en œuvre une stratégie exhaustive de lutte contre les violences sexuelles et la discrimination, en étroite collaboration avec les groupes de défense des droits des femmes et le Conseil national pour les femmes
  2. que les autorités égyptiennes libèrent immédiatement et sans conditions tous les prisonniers d’opinion, c’est-à-dire toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux.

Comme toujours, pour atteindre ses objectifs, l’ONG combine l’approche plaidoyer auprès des autorités et la sensibilisation de l’opinion publique, pour inviter chacun à faire pression sur ces mêmes autorités grâce à la signature de pétitions : Dans ce cas précis, une pétition adressée au président Al-Sissi lui sera remise en Juin 2015. Pour accroître son impact, il est indispensable d’atteindre une « masse critique » de signatures : que chacun retrousse ses manches pour y contribuer !

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C’est pourquoi les jeunes d’Amnesty à Paris 13 ont tenu un stand information/pétition et sont allés à la rencontre de tous les étudiants et personnels qui passaient par le forum du campus de Villetaneuse : jusqu’ici, 502 signatures ont été récoltées et une centaine de brochures sur la campagne « Mon corps, mes droits » ont été distribuées. (Vous pouvez toujours signer cette pétition en ligne en cliquant sur ce lien : http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Mon-corps-mes-droits/Actions/Egypte-doit-mettre-fin-aux-violences-contre-les-femmes-14215)

Prochaine étape pour poursuivre la réflexion et l’échange, le 7 avril à 13h30 en salle C 101 de l’UFR Communication : une projection gratuite du film « Les Femmes du Bus 678 », suivie d’un débat sur les droits des femmes en Egypte. Ce film, réalisé en 2011 par Mohamed Diab, nous fait découvrir trois femmes d’aujourd’hui, Fayza, Seba et Nelly : elles ne sont pas issues du même milieu, leurs vies sont totalement différentes, mais elles vont néanmoins s’unir pour combattre le machisme et l’impunité qui sévissent partout au Caire, dans les rues, dans les bus et dans leurs maisons.  Comment réagira l’atypique inspecteur Essam lorsqu’il devra mener une enquête ? Qui sont ces mystérieuses femmes qui ébranlent une société basée sur la suprématie de l’homme ?

Pour le découvrir, et pour en savoir plus sur l’action que vous pouvez menez avec Amnesty International, venez nombreux à cette projection-débat mardi 7 avril !

Affiche Egypte

« La Parade » ou le rire contre l’homophobie (Cécile Coudriou)

janvier 28, 2014
Affiche "La Parade" Paris 13

Affiche « La Parade » Paris 13

Ce jeudi 30 janvier à 17h, « Amnesty International à Paris 13 » organise une projection du film « La Parade » suivie d’un débat sur le thème de l’homophobie à travers le monde.

En attendant cette rencontre, qui se tiendra en salle C 102 de l’UFR Communication à Villetaneuse, voici un article que j’avais rédigé à la sortie du film pour JOL Press. J’espère qu’il vous donnera envie de participer !

« La Parade » de Sdrjan Dragojevic, ou le rire contre l’homophobie

La haine de l’autre, la haine de tous les autres, la haine indifférente de toutes les différences… Avec « La Parade », Srdjan Dragojevic nous plonge, une fois de plus, dans la réalité contemporaine de l’ex-Yougoslavie, une triste réalité. Cécile Coudriou, vice-présidente d’Amnesty International France, a accepté d’évoquer pour JOL Press ce film et l’engagement d’Amnesty International contre toutes les homophobies et tous les nationalismes.

C’est en quelque sorte en « avant-avant-première » que j’ai eu l’occasion de découvrir le film « La Parade », dans le cadre du festival Cinéma et Droits humains à Paris, organisé par les militants d’Amnesty International en novembre dernier. Coup de projecteur sur toutes sortes d’injustices et de violations des droits fondamentaux à travers le monde, le festival est placé sous le signe de l’indignation et de l’engagement. Inutile de dire que l’on ne s’attend pas particulièrement à rire…

Caricature, dérision, burlesque, les armes redoutables de Srdjan Dragojevic

Et pourtant, un soir, changement d’ambiance avec La Parade ! Dès les premières minutes du film, une salle hilare, vibrant et réagissant à chacune des péripéties d’une improbable rencontre : celle d’un groupe LGBTI* serbe, bien déterminé à braver l’homophobie et à organiser une Gay Pride (« Parada ») à Belgrade, avec des individus plus que patibulaires, dont l’esprit est encore bien englué dans le conflit d’ex-Yougoslavie, mais qui seront amenés à assurer la sécurité de la marche.

La caricature, la dérision et le ressort burlesque s’avèrent des armes de dénonciation redoutables pour le réalisateur Srdjan Dragojevic. Sa « Parada » ne prêche pas que les convaincus et peut entraîner un large public à faire bouger les lignes : si même des gangsters à ce point pétris de préjugés peuvent être ébranlés dans leurs convictions homophobes, il y a de l’espoir ! Pour autant, le film sait s’écarter de la comédie et n’occulte en rien les ravages de l’homophobie dans cette région du monde et notamment les violences qui accompagnent encore aujourd’hui les « Marches des fiertés ».

La violence homophobe en Europe centrale et orientale

Cette violence homophobe évoquée dans le film m’a rappelé celle que j’ai personnellement vécue lorsque j’ai participé à la Bratislava Pride en Slovaquie. J’étais membre de l’une des délégations qu’Amnesty International envoie chaque année pour soutenir les marches dites « à risques ». Ces marches, exposées à des violences de la part de mouvements radicaux homophobes, lesbophobes ou transphobes, à des actes d’agressions et d’intimidations, nécessitent un dispositif de sécurité particulier qui n’est pas toujours pris en compte par les gouvernements… Dans les pays d’Europe centrale et orientale, il y a parfois plus d’opposants à une marche que de manifestants ! En Ukraine, Russie ou en Moldavie, par exemple, les « Marches des fiertés » ne peuvent pas avoir lieu parce que les autorités du pays les ont interdites sous prétexte que les risques de violences sont trop importants.

Ce soutien sur le terrain accompagne notre travail de plaidoyer auprès des institutions et les pétitions que nous appelons tous les citoyens à signer, pour lutter contre les discriminations homophobes et défendre la liberté d’expression et de réunion.

Face aux hordes de néo-nazis nationalistes

Je ne suis pas près d’oublier le millier de manifestants à Bratislava faisant face à des hordes de néo-nazis nationalistes, heureusement cette fois tenues à l’écart par des policiers deux fois plus nombreux qu’eux et accompagnés de chiens ; pas près d’oublier non plus l’obligation de respecter des consignes de sécurité très strictes et de cacher tout drapeau ou badge arc-en-ciel dès la fin d’un parcours totalement balisé, pour éviter une agression… Comme m’ont semblé loin les « Marches des fiertés », certes revendicatives mais malgré tout festives, de Paris ou d’Amsterdam !

Alors oui, vous allez rire avec La Parade, rire beaucoup même, mais sachez que vous serez également émus par ces héros ordinaires qui doivent risquer jusqu’à leur vie simplement pour réclamer le respect de la différence.

Et peut-être penserez-vous à eux lors de la prochaine Gay Pride dans votre ville, ou encore lorsque vous serez témoin d’actes d’homophobie en France… La vigilance est toujours de mise, ici et ailleurs, et la route est encore longue vers une véritable égalité des droits des LGBTI. La Parade est un film nécessaire, à voir d’urgence.

*LGBTI : Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Transgenres ou Intersexuées

Pour Noxolo, contre l’homophobie et l’impunité ! (Cécile Coudriou)

avril 24, 2013

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En ce lendemain d’une grande victoire pour l’égalité des droits en France, le vote solennel à l’Assemblée Nationale sur le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe, il faut aussi garder les yeux ouverts sur le reste du monde, et avoir à coeur d’exprimer une solidarité internationale envers des victimes d’homophobie, lesbophobie ou transphobie..

Ainsi, en Afrique du Sud, pourtant l’un des rares pays d’Afrique où l’homosexualité est légale, et le premier sur ce continent à avoir autorisé le mariage civil entre personnes de même sexe (en 2006), l’homophobie continue de faire des ravages, dans une impunité des plus choquantes.

C’est pourquoi Amnesty International France et les « Lesbiennes of Color » vous invitent à rendre hommage à Noxolo Nogwaza et à montrer votre soutien aux militantes lesbiennes sud-africaines qui luttent contre la violence des préjugés, l’indifférence et l’inaction de la police et de la justice.

Nous vous donnons rendez-vous à la Fontaine des Innocents (près des Halles à Paris) ce Mercredi 24 avril à 18 h, pour dire « Non à la lesbophobie ! Non à l’impunité ! »

2 ans déjà que cette jeune militante lesbienne sud-africaine de 24 ans, sortant d’une soirée chez des amis dans un township où elle vivait à l’est de Johannesburg, a été sauvagement battue, victime d’un viol dit correctif, et poignardée avant d’être jetée dans un fossé.

156759_South_Africa_LGBTI_rights_activist_with_rainbow_flagPourquoi un tel déchaînement de violence ? D’après les informations d’Amnesty International, Noxolo a été visée en raison de son orientation sexuelle et de son militantisme en faveur des des droits des personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexuées). Membre du Comité d’organisation de la marche des fiertés d’Ekurhuleni (EPOC), elle menait des actions éducatives et de sensibilisation, et cherchait à donner aux personnes LGBTI des moyens d’agir pour lutter contre les crimes de haine, le harcèlement et l’injustice. Elle était bien consciente des risques qu’elle prenait à vivre son homosexualité au grand jour à travers son activisme, mais elle ne voulait pas laisser ce climat d’homophobie et d’impunité l’empêcher d’être ce qu’elle était et de défendre ce en quoi elle croyait.

Depuis qu’elle a été tuée en avril 2011,  on ne peut pas dire que la police ait fait preuve de beacoup de zèle, ni même d’initiative… L’enquête n’a pas avancé et aucun responsable présumé n’a été traduit en justice. Cette indifférence ne fait qu’aggraver le climat d’homophobie déjà tellement présent dans la société et elle conduit aussi souvent les personnes LGBTI à hésiter à déposer plainte en cas d’agressions. Parfois, ce qui les attend est même pire que de l’indifférence: mépris, moqueries… une double peine, en somme. Depuis 2007, au moins dix cas de viols de lesbiennes suivis de meurtre ont été signalés dans des townships situés dans diverses parties du pays.

C’est pourquoi l’impunité de tels actes homophobes, lesbophobes ou transphobes doit être combattue avec la plus grande force, de l’intérieur du pays mais aussi grâce à une pression internationale. Nous devons montrer avec Amnesty International un soutien sans faille aux personnes, comme les « Lesbians of Color », qui ont le courage de défendre leurs droits dans un tel climat de haine et d’insécurité. Rendre hommage à Noxolo, c’est bien sûr dénoncer le viol et le meurtre dont elle a été victime à cause de l’homophobie, mais c’est aussi lancer un appel à la justice et la police sud-africaines pour exiger une condamnation publique de cette homophobie ainsi qu’une enquête digne de ce nom pour retrouver les coupables et les juger.

Alors, on compte sur vous pour participer nombreux à ce rassemblement en hommage à Noxolo ce soir à 18h à la Fontaine des Innocents !

« La Parade », ou le rire contre l’homophobie (Tribune de Cécile Coudriou)

janvier 17, 2013

La haine de l’autre, la haine de tous les autres, la haine indifférente de toutes les différences… Avec « La Parade », Srdjan Dragojevic nous plonge, une fois de plus, dans la réalité contemporaine de l’ex-Yougoslavie, une triste réalité. Cécile Coudriou, vice-présidente d’Amnesty International France, a accepté d’évoquer pour JOL Press ce film et l’engagement d’Amnesty International contre toutes les homophobies et tous les nationalismes.

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C’est en quelque sorte en « avant-avant-première » que j’ai eu l’occasion de découvrir le film « La Parade », dans le cadre du festival Cinéma et Droits humains à Paris, organisé par les militants d’Amnesty International en novembre dernier. Coup de projecteur sur toutes sortes d’injustices et de violations des droits fondamentaux à travers le monde, le festival est placé sous le signe de l’indignation et de l’engagement. Inutile de dire que l’on ne s’attend pas particulièrement à rire…

Caricature, dérision, burlesque, les armes redoutables de Srdjan Dragojevic

Et pourtant, un soir, changement d’ambiance avec La Parade ! Dès les premières minutes du film, une salle hilare, vibrant et réagissant à chacune des péripéties d’une improbable rencontre : celle d’un groupe LGBTI* serbe, bien déterminé à braver l’homophobie et à organiser une Gay Pride (« Parada ») à Belgrade, avec des individus plus que patibulaires, dont l’esprit est encore bien englué dans le conflit d’ex-Yougoslavie, mais qui seront amenés à assurer la sécurité de la marche.

La caricature, la dérision et le ressort burlesque s’avèrent des armes de dénonciation redoutables pour le réalisateur Srdjan Dragojevic. Sa « Parada » ne prêche pas que les convaincus et peut entraîner un large public à faire bouger les lignes : si même des gangsters à ce point pétris de préjugés peuvent être ébranlés dans leurs convictions homophobes, il y a de l’espoir ! Pour autant, le film sait s’écarter de la comédie et n’occulte en rien les ravages de l’homophobie dans cette région du monde et notamment les violences qui accompagnent encore aujourd’hui les « Marches des fiertés ».

La violence homophobe en Europe centrale et orientale

Cette violence homophobe évoquée dans le film m’a rappelé celle que j’ai personnellement vécue lorsque j’ai participé à la Bratislava Pride en Slovaquie. J’étais membre de l’une des délégations qu’Amnesty International envoie chaque année pour soutenir les marches dites « à risques ». Ces marches, exposées à des violences de la part de mouvements radicaux homophobes, lesbophobes ou transphobes, à des actes d’agressions et d’intimidations, nécessitent un dispositif de sécurité particulier qui n’est pas toujours pris en compte par les gouvernements… Dans les pays d’Europe centrale et orientale, il y a parfois plus d’opposants à une marche que de manifestants ! En Ukraine, Russie ou en Moldavie, par exemple, les « Marches des fiertés » ne peuvent pas avoir lieu parce que les autorités du pays les ont interdites sous prétexte que les risques de violences sont trop importants.

Ce soutien sur le terrain accompagne notre travail de plaidoyer auprès des institutions et les pétitions que nous appelons tous les citoyens à signer, pour lutter contre les discriminations homophobes et défendre la liberté d’expression et de réunion.

Face aux hordes de néo-nazis nationalistes

Je ne suis pas près d’oublier le millier de manifestants à Bratislava faisant face à des hordes de néo-nazis nationalistes, heureusement cette fois tenues à l’écart par des policiers deux fois plus nombreux qu’eux et accompagnés de chiens ; pas près d’oublier non plus l’obligation de respecter des consignes de sécurité très strictes et de cacher tout drapeau ou badge arc-en-ciel dès la fin d’un parcours totalement balisé, pour éviter une agression… Comme m’ont semblé loin les « Marches des fiertés », certes revendicatives mais malgré tout festives, de Paris ou d’Amsterdam !

Alors oui, vous allez rire avec La Parade, rire beaucoup même, mais sachez que vous serez également émus par ces héros ordinaires qui doivent risquer jusqu’à leur vie simplement pour réclamer le respect de la différence.

Et peut-être penserez-vous à eux lors de la prochaine Gay Pride dans votre ville, ou encore lorsque vous serez témoin d’actes d’homophobie en France… La vigilance est toujours de mise, ici et ailleurs, et la route est encore longue vers une véritable égalité des droits des LGBTI. La Parade est un film nécessaire, à voir d’urgence.

*LGBTI : Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Transgenres ou Intersexuées

(publié le 15/1/2013)