Archive for the ‘Armes et conflits armés’ Category

Conférence sur les Rohingyas avec « Amnesty à Paris 13 »

décembre 23, 2018

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Après un semestre chargé en événements, l’Antenne-Jeunes de Paris 13 a conclu l’année 2018 par une rencontre avec Morgane Eches, bénévole à Amnesty International France et spécialiste du Myanmar (Birmanie). Nous l’avons invitée sur le campus de Villetaneuse le jeudi 6 Décembre pour débattre avec les étudiants sur le thème « Les Rohingyas : crise humanitaire et violations des droits humains ». Cette minorité ethnique de confession musulmane est en effet persécutée dans un pays à majorité Bouddhiste. Après un pic de couverture médiatique l’année dernière, cette crise humanitaire ne fait plus l’actualité aujourd’hui. Pourtant, la situation des Rohingyas est toujours critique, et nous estimons qu’il est important de continuer à en parler.

L’une des causes historiques du rejet voire la haine dont font l’objet les Rohingyas est qu’ils ont soutenu les anglais à l’époque coloniale et ont obtenu de hauts postes dans l’administration. Peuple apatride depuis 1982 car ils ne font pas partie des ethnies reconnues en Birmanie, et ils vivent sous un régime d’apartheid. Aujourd’hui, ils sont considérés comme l’une des minorités les plus persécutées au monde. Leur persécution s’est intensifiée lorsque des groupes armés radicaux rohingyas ont attaqué des postes de police dans l’état du Rakhine en 2016. La réponse du pouvoir a été disproportionnée : des bataillons de l’armée Birmane ont brûlé les villages des Rohingyas, ont commis des violences terribles et les ont poussés à fuir le pays.

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Le plus fort de la crise des Rohingyas a eu lieu durant l’été 2017, avec environ deux mille personnes qui ont traversé la frontière avec le Bangladesh chaque jour. Ils sont aujourd’hui plus de 700 000 dans des camps, dont la moitié sont des enfants. N’ayant pas de statut de réfugié, ils vivent dans des conditions très inquiétantes : manque de structures de soins et de soutien médical ou psychologique, accouchements non-encadrés résultants de viols collectifs, phénomène de prostitution de mineures et de trafic humain… L’intervention des ONG humanitaires est très compliquée, surtout à cause du manque de moyens et du fait que beaucoup d’entre elles ne sont pas vues d’un bon œil au Bangladesh.

Il existe des alternatives à cette situation, mais elles montrent toutes des limites. Le Bangladesh a évoqué la possibilité de les héberger sur une île dans le golfe du Bengale, mais les ONG ont contesté ce choix car l’endroit est sujet à des vents de sable et les réfugiés seraient livrés à eux-mêmes, sans eau ni électricité. Le retour en Birmanie reste compliqué puisque les villages des Rohingyas ont été brûlés et parce qu’ils risqueraient d’être confrontés aux mêmes discriminations et persécutions : la campagne de violence contre eux n’est pas terminée, et il y a toujours des mines explosives et des soldats armés aux frontières. Une piste pour en finir avec les discriminations à l’encontre des Rohingyas serait de déclarer la constitution de la Birmanie comme nulle et non-avenue, comme cela a été fait en Afrique du Sud lorsque l’Apartheid y a été aboli. Mais il faut d’abord et avant tout que les militaires au pouvoir en Birmanie, responsables de la crise, soient destitués.

Après l’exposé de Morgane Eches, entrecoupé de vidéos, les étudiants ont eu l’occasion de poser leurs questions sur le sujet. Nous avons pu parler de l’opinion publique en Birmanie, qui est très défavorable à la reconnaissance des droits des Rohingyas, influencée par une campagne de propagande menée par des moines bouddhistes nationalistes et relayée en masse sur les réseaux sociaux. Nous avons aussi évoqué le rôle d’Aung San Suu Kyi et les raisons pour lesquelles elle a tant déçu. (Amnesty International lui a d’ailleurs retiré son prix d' »Ambassadeur de conscience » : https://www.amnesty.fr/conflits-armes-et-populations/actualites/aung-san-suu-kyi )

Le rôle de la communauté internationale a aussi été discuté. L’intervention de l’ONU s’est révélée compliquée car le Myanmar refusait l’entrée à des enquêteurs, mais la France a tout de même joué un rôle clé pour tenter de sortir de la crise et notamment en demandant des enquêtes internationales, une « mission d’établissement des faits ». Malheureusement, les médias n’en parlent qu’à des moments clés (la presse britannique plus que les autres en raison des liens historiques avec le pays), d’où la nécessité pour les ONG de continuer à se mobiliser.

Quant aux célébrités qui sont venues en aide aux réfugiés (La fameuse « Love Army » par exemple), ils n’ont pas souhaité travailler avec des ONG. Leur action, aussi louable soit-elle, a donc été teintée d’un certain amateurisme du fait de leur manque d’expertise en la matière.En conclusion, la solution idéale pour sortir de la crise reste le retour des Rohingyas en Birmanie dès que les conditions seront réunies, le départ des militaires au pouvoir et l’accès à la justice pour les victimes des crimes contre l’humanité commis par les militaires.

Cette rencontre à Paris 13 fut un moment fort d’éveil des consciences chez les étudiants, venus nombreux. Ils étaient manifestement très à l’aise pour poser des questions et les retours par la suite ont été très positifs. L’Antenne-Jeunes est extrêmement reconnaissante à Morgane Eches de s’être rendue disponible pour nous et de nous avoir si bien éclairés !

 

Anis Harbi et Cécile Coudriou

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Campagne « France, Destination impunité », comment ça se prépare avec Amnesty à Paris 13 ?

novembre 8, 2015

Lors de sa conférence « Pas de Paix sans Justice » le 12 Octobre dernier à Paris 13, Aymeric Elluin n’avait pas manqué d’évoquer la France, notre belle patrie des droits de l’homme, pourtant destination de vacances idéale pour les pires ciminels au monde, auteurs de génocide, crimes de guerre ou crime contre l’humanité. Cet incroyable paradoxe allait être dénoncé dans une nouvelle campagne d’Amnesty International, intitulée « France, destination impunité » et lancée le 21 octobre. 

IMG_7492Message reçu par notre groupe « Amnesty à Paris 13 » – groupe bien étoffé depuis l’arrivée d’étudiants en Master 2 Coopération internationale et ONG ! Nous avons donc choisi de relayer cette campagne et programmé une réunion de préparation à notre première « opération signatures », dont la date avait été fixée au jeudi 12 novembre entre 12h et 14h30. Pour lancer la discussion, quoi de mieux que cette vidéo, à la fois drôle, décapante et très pédagogique ?

Cette vidéo, ainsi que le matériel d’action qui l’accompagne, nous ont inspiré des échanges nourris sur la meilleure façon d’aborder le public avec un thème relativement compliqué : comment le rendre accessible en quelques minutes, sachant que lorsque nous aborderons les étudiants ou membres du personnel pendant la pause déjeuner au forum, on ne pourra pas leur prendre trop de temps… Jusqu’où aller dans la vulgarisation, tout en respectant la nécessité d’être précis et exacts dans nos informations ? Quels exemples trouver pour rendre plus concrète cette situation, aussi aberrante soit-elle ? Sans doute Bachar el Assad, ou Omar Al Bashir, ou encore Kim Jong-un (même si pour l’instant, ils ne sont jamais venus faire un séjour en France)… Et puis, par où commencer, comment « accrocher » ? Le plus simple semble être d’utiliser le fait qu’il s’agit de la France et que l’on s’adresse à des citoyens français, et de privilégier l’angle de la contradiction flagrante entre l’idée de patrie des droits de l’homme et une telle impunité pour les auteurs de crimes les plus horribles qui soient.

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IMG_7490Nous avons déployé, d’abord tous ensemble, l’argumentaire pour convaincre le public du bien-fondé d’une telle campagne : l’explication des failles dans la législation française, qui empêchent la compétence universelle de s’exercer et bloquent donc les poursuites de ces « crapules » (pour reprendre la terminologie de la vidéo) qui décideraient de passer leurs vacances chez nous ;  puis, nous nous sommes appropriés le texte de la pétition adressée à Manuel Valls, dans laquelle Amnesty International demande 2 choses :  premièrement de faire inscrire à l’assemblée nationale une loi qui pourrait déjà combler 3 de ces failles, la loi proposée par le sénateur Jean-Pierre Sueur et déjà votée au Sénat en 2013 ; et deuxièmement, que cette loi soit amendée pour remettre en cause le « monopole du Parquet », qui empêche les victimes de crimes internationaux de porter plainte elles-mêmes.

Une fois que nous nous sommes sentis plus en confiance, nous avons commencé à pratiquer des jeux de rôles, non seulement sur cette thématique particulière, mais aussi sur comment convaincre quelqu’un de signer une pétition en général. Malgré la gravité du sujet, ceci a été l’occasion de mettre une sacrée bonne ambiance dans le groupe et de bien rire aussi, comme en témoignent ces photos.

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Rendez-vous au forum du campus Villetaneuse ce jeudi 12 novembre à partir de midi, et faisons en sorte de ne revenir avec aucune feuille de pétition vide ! 🙂

IMG_7510Cécile Coudriou

Conférence « Pas de Paix sans Justice » avec « Amnesty à Paris 13 »

octobre 23, 2015

affiche-Le Lundi 12 Octobre se tenait, à l’université Paris 13 Villetaneuse, une conférence sur le thème de la Justice Internationale. Cet événement était organisé par l’Antenne-jeunes d’Amnesty International à Paris 13 et l’association des étudiants en Science Politique, spécialité « Études stratégiques », « Les Petits Stratèges » (http://www.petits-strateges.org/), dans le cadre des initiatives pour la paix et la non-violence du Conseil départemental de Seine Saint-Denis à l’occasion de la journée mondiale pour la paix.

Le titre, « Pas de Paix sans Justice », indiquait l’angle choisi pour cette conférence : le système de justice internationale comme facteur de paix, l’importance de  la lutte contre l’impunité, pour que soient jugés et punis les auteurs présumés des crimes les plus graves, crimes de guerre, crime contre l’humanité, génocide. Pour nous en parler, l’université de Paris 13 a accueilli Aymeric Elluin, chargé de campagne « Armes et Impunité » à Amnesty International France, ainsi qu’Alina Miron, maître de conférences en Droit International et avocate à la Cour Internationale de Justice.

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Nos deux intervenants ont souligné en quoi la lutte contre l’impunité était une condition indispensable au rétablissement d’une paix durable et solide. En effet, comment un peuple peut-il se reconstruire si les responsables des pires crimes sont toujours en liberté ? Nous avons évoqué par exemple le cas de l’Indonésie où les victimes côtoient tous les jours leurs anciens agresseurs et par conséquent continuent d’avoir peur de s’exprimer.

Nous avons vu également, à travers plusieurs exemples africains tels que la Côte d’Ivoire, le Rwanda, ou encore le Tchad avec le procès d’Issène Habré, à quel point le système de Justice Internationale était encore perfectible. C’est une construction au long cours, faite d’avancées, d’espoirs mais aussi de déceptions, et à chaque étape, depuis la mise en place de la Cour Pénale Internationale, en passant par les Tribunaux spéciaux internationaux et jusqu’à la création d’une juridiction panafricaine et ses CAE (Chambres africaines extraordinaires), des ONG telles qu’Amnesty International peuvent jouer un rôle pour contribuer à apporter des améliorations et rendre cette justice réellement efficace.

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Une bonne quarantaine d’étudiants ont assisté à cette conférence et ont participé activement au débat qui s’en est suivi. Des interrogations ont été soulevées, comme par exemple sur les risques d’instrumentalisation de la Cour Pénale Internationale ou sur le financement des Chambres Africaines Extraordinaires. D’autres questions ont été posées à nos deux intervenants sur le concept de « compétence universelle », le risque du « 2 poids, 2 mesures » entre l’Afrique et le reste du monde. Enfin, le débat a aussi porté sur le cas de la France qui laisse des criminels de guerre se promener librement sur son territoire sans que rien ne soit fait pour les arrêter. Comment est-ce possible ? À cause des 4 « verrous » qui bloquent le mécanisme de « compétence universelle » grâce auqiel on devrait pouvoir poursuivre ces criminels où qu’ils se trouvent. Ce sont ces verrous que la proposition de loi dite « Sueur », du nom du Sénateur Jean-Pierre Sueur, vise à faire sauter. Seulement voilà, cette loi n’est toujours pas inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale après avoir été adoptée au Sénat il y a deux ans déjà, et c’est d’ailleurs là tout l’enjeu de la campagne de rentrée d’Amnesty International France, « France, destination l’impunité » à laquelle participera très prochainement l’Antenne-jeunes d’Amnesty International à Paris 13.

Rendez-vous début novembre pour cette prochaine mobilisation ! En attendant, découvrez la vidéo de cette conférence et d’une partie du débat :

Léa Antoni et Cécile Coudriou

Victoire historique ! L’ONU adopte le traité sur le commerce des armes (Cécile Coudriou)

avril 4, 2013

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Mardi 2 avril 2013, les militants d’Amnesty International ne sont pas près d’oublier cette date historique, celle de l’adoption par les États membres des Nations unies d’un traité sur le commerce des armes (TCA) qui permettra d’interdire aux États de transférer des armes classiques dans d’autres pays lorsque celles-ci serviront à commettre ou à faciliter des génocides, des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre.

48089_10151396737957572_500416183_n20 ans que cette idée d’un Traité avait été lancée par Amnesty et d’autres ONG, puis 10 ans de campagne mondiale « Contrôlez les armes » et enfin, malgré la décision cynique de la Corée du Nord, de l’Iran et de la Syrie – trois pays qui bafouent les droits humains et sont sous le coup de diverses sanctions des Nations unies – de bloquer l’adoption par consensus de ce traité, 154 États ont voté en sa faveur dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies.

Certes, le traité tel qu’il a adopté ne répond pas à toutes les exigences que nous avions essayé de porter, comme le dit Brian Wood, responsable du programme « Contrôle des armes et droits humains » à Amnesty :

« Comme toujours dans ce type de négociations, nous n’avons pas obtenu tout ce que nous voulions. Par exemple, les munitions ne sont pas intégralement incluses dans toutes les dispositions du traité. Toutefois, comme ce traité peut être amendé et contient beaucoup de règles fortes, il fournit une base solide sur laquelle il sera possible de bâtir un système international visant à limiter l’approvisionnement en armes des auteurs d’atrocités, en temps de guerre comme en temps de paix ».

On peut se réjouir que le champ d’application du traité couvre les principales catégories d’armes classiques, dont les armes légères et de petit calibre, qui ont un lien direct avec le nombre de victimes civiles.

Ce qu’il ne faut surtout pas oublier, c’est que le combat est loin d’être achevé, car une fois adopté, un traité doit être signé puis surtout ratifié pour devenir contraignant et donc effectif. Il sera ouvert à signature et à ratification le 3 juin 2013 lors de l’Assemblée générale des Nations unies, et entrera en vigueur peu après avoir été ratifié par 50 États.

180999_10151297477977723_1957372220_nIl ne faut pas oublier non plus de dire MERCI ! Car cette victoire, même si elle n’est pas la dernière étape, n’aurait jamais été possible sans la mobilisation mondiale exemplaire de la société civile . C’est la preuve que lorsque des hommes et des femmes de bonne volonté rassemblent leur énergie ils peuvent réellement faire une différence. À tous ceux qui sont portés à croire que nous sommes de doux réveurs, des utopistes, j’ai envie de répondre que sans prétendre changer le monde, on peut essayer de l’améliorer et lutter de manière concrète et efficace contre des situations insupportables.

Une dernière note, plus personnelle : je ne suis pas près d’oublier non plus la mobilisation enthousiaste que j’ai eu le plaisir de partager avec les jeunes, en France avec l’Antenne-Jeunes de Paris 13, mais aussi aux USA, lorsqu’ai participé à l’événément devant la Maison Blanche. Je tiens donc à leur rendre hommage, avec cette vidéo :

Cécile Coudriou, Vice-présidente d’Amnesty International France

Retour sur la projection-débat « Lord of War »

mars 23, 2013

À l’occasion du début de la conférence à l’ONU sur le traité sur le commerce des armes le 18 mars, l’AJ d’Amnesty à Paris 13 organisait une projection-débat autour du film « Lord of War » (2005).

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Le film retrace de façon réaliste le parcours du trafiquant d’armes Yuri Orlov, interprété par Nicolas Cage, ainsi que les conséquences de l’effondrement du bloc de l’Est en 1991 et l’éparpillement de l’arsenal militaire soviétique dans les zones de conflit. La même année, Amnesty International réclamait déjà une réglementation internationale sur le commerce des armes. Inspiré notamment du parcours du trafiquant Viktor Bout, le personnage principal parcours les zones de guerre du monde entier, particulièrement en Afrique de l’Ouest. D’autres personnages sont aussi basés sur des personnes réelles, comme André Baptiste, inspiré en partie par Charles Taylor, ancien président du Liberia.

Nous étions une dizaine à participer à la discussion qui a suivie. Certains ont exprimé une gêne à propos du personnage : il est montré de manière à attirer, malgré tout, la sympathie. Cependant, le film réussit à éviter tout manichéisme. Il a été question de l’ambivalence de la psychologie du personnage du trafiquant. Il réussit à opérer une distanciation entre son travail et sa vie personnelle grâce aux arguments de l’intentionnalité : il n’est pas responsable de ce que font ses clients (argument également avancé par les Américains). Contrairement à son frère, profondément hanté par les massacres auxquels il assiste dans les conflits. Le personnage principal mobilise toute son intelligence et son cynisme à éviter les responsabilités des meurtres et violations de droits humains causées par les armes qu’il vend. Cela amène, en général, à la question de la responsabilité et renvoie à la règle d’or (possibilité de refuser des livraisons d’armes s’il y a risque qu’elles soient utilisées pour commettre des violations des droits humains) qu’Amnesty défend.

Le personnage principal échappe sans cesse à la justice, et notamment à un agent acharné d’Interpol (interprété par Ethan Hawke), en exploitant les failles juridiques. Il s’inscrit dans un système global hypocrite, où les trafiquants peuvent procéder dans la légalité et servent parfois des intérêts géopolitiques. Encore une fois, un traité sur le commerce des armes comblerait ce vide juridique mondial. Il n’empêchera pas le trafic, mais le rendra bien plus difficile. Le réalisateur Andrew Niccol rappelle à la fin du film que les plus gros vendeurs d’armes sont cependant les cinq États du conseil de sécurité de l’ONU, États-Unis en tête.

Camille Hervé

Projection-débat « Lord of War » à Paris 13, le 14 Mars

mars 11, 2013

L’Antenne-Jeunes « Amnesty à Paris 13  » a le plaisir de vous convier à la projection du film « Lord of War » (avec Nicolas Cage), le jeudi 14 mars à 17 h en salle C 102 (UFR Communication)

La projection sera suivie d’un débat, en présence de la vice-présidente d’Amnesty France, Cécile Coudriou. Ce sera l’occasion d’échanger sur les conséquences d’un commerce irresponsable des armes, de présenter la campagne mondiale « Contrôlez les armes » et notamment la façon dont chaque citoyen peut agir en faveur de l’adoption d’un Traité sur le commerce des armes fin Mars 2013 à l’ONU.

Ce sera également l’occasion de partager un moment de convivialité, avec gâteaux et boissons !

Alors, parlez-en autour de vous, et venez nombreux !

Affiche Lord of War

Traité sur le Commerce des armes : une 1ère occasion manquée mais une nécessité absolue

février 19, 2013

IMG_2133_2P1030193_2Photo du 02-10-12 à 16.59 #2 Lisa Vader, étudiante en Master 2 Coopération Internationale et ONG à Paris 13, et membre de l’Antenne-Jeunes, analyse les raisons pour lesquelles les négociations sur le Traité sur le Commerce des Armes (TCA) n’ont pas abouti lors de la première conférence à l’ONU en Juillet 2012, et explique également pourquoi ce Traité reste une nécessité et une urgence absolues. Mobilisation maximale attendue pour la « deuxième chance » en Mars 2013 !

Le projet d’un traité sur le commerce des armes dites classiques est en discussion au sein de la communauté internationale depuis 2006. Il a été initié par les Nation Unies en janvier 2010. L’Assemblée Générale des Nations Unies a convenu d’une conférence au sujet du Traité sur le commerce des armes (TCA) en 2012 en vue d’élaborer un instrument juridique contraignant concernant le transfert d’armes conventionnelles à l’échelle internationale. A l’issue de cette conférence, le 27 juillet derniers, les Etats réunis à New York ne parvinrent pas à un accord et l’élaboration du TCA fut reportée à Mars 2013.

La disponibilité des armes est l’une des principales causes de graves violations du Droit international humanitaire (DIH). Dans de nombreuses régions du monde, les armes sont si faciles à obtenir et la violence armée si prévalante, que même après un conflit, les civils sont confrontés aux mêmes dangers et menaces qu’ils l’étaient lors du déroulement des hostilités. Lors de la Guerre Froide, le contrôle des armes était considéré comme une totale utopie. A cette époque, les deux blocs utilisaient ce commerce comme un moyen de mettre en place des partenariats stratégiques. Le gain de nouveaux partenaires pour l’un représentait une perte pour l’autre. Mais la chute de l’URSS entraîna le déclin de cette concurrence, et depuis, les Etats-unis demeurent l’investisseur le plus important en matière d’armement.

Néanmoins, le commerce des armes reste un instrument stratégique de la politique étrangère des États. La menace de la part d’un État puissant d’aider ses alliés en leur fournissant des armes peut avoir un effet dissuasif sur les ennemis potentiels desdits États. Le commerce des armes est principalement caractérisé par son opacité et l’évaluer s’avère très difficile. Beaucoup de transferts d’armes ne sont ni enregistrés ni indexés. D’après Amnesty International, entre 2004 et 2008, huit sur dix des plus importants exportateurs d’armes (les Etats-Unis, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Italie, l’Espagne et la Suède) auraient à eux-seuls réalisé plus de 62% des échanges en matière d’armement. Mais ces statistiques restent incomplètes dans la mesure où elles n’incluent pas le transfert de munitions et d’équipements, ni le commerce des armes légères et de petit calibre.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a fortement soutenu l’adoption du TCA. Il a notamment souligné que l’objectif majeur d’un tel traité était de réduire le coût humain de la disponibilité des armes en mettant en place des normes claires concernant le transfert des armes conventionnelles. En effet la régulation du commerce des armes est la grande absente du DIH.

Les violations graves des Conventions de Genève de 1949 et de ses Protocoles additionnels de 1977 telles que les meurtres, la soumission à la torture ou à des traitements inhumains et dégradants, la prise d’otages ou la destruction massive de biens matériels sans but militaire légitime et commises en toute illégalité sont la conséquence directe de la disponibilité des armes.

C’est pourquoi le CICR proposa que tous les types de transferts d’armes classiques et de munitions devaient être inclus dans le traité. Il souligna également que les termes de «risques substantiel menaçant le respect des droits humains» et «armes classiques» ou «conventionnelles» devaient être clairement définis lors de l’élaboration du traité.

L’évaluation d’un risque au regard d’une potentielle utilisation d’armes qui serait contraire au DIH doit tenir compte du comportement passé de l’État importateur au regard du DIH, s’il a déjà utilisé de telles armes pour commettre des violations du DIH. Il est notamment très important de vérifier si en cas de violations du DIH des enquêtes indépendantes et impartiales sont menées et si les auteurs de telles violations sont poursuivis en justice.

Enfin un autre objectif du traité serait d’améliorer la transparence du commerce des armes, particulièrement en matière de stockage et d’enregistrement d’armements transférés d’un État à un autre. Les États auraient ainsi à déterminer au cas par cas si chacune de leurs exportations est conforme au normes du DIH.

Toutefois, le 27 juillet 2012, en raison des intérêts divergents des États présents, la communauté internationale n’est parvenue à aucun accord concernant le TCA. Tout d’abord, le premier jour des négociations, la présence de la Palestine en tant qu’observateur à la Conférence a occasionné des débats houleux opposant les États arabes à des États occidentaux et à Israël : certains ont voulu voir conférer à la Palestine, pendant la durée de la conférence, le pouvoir de négocier, alors que son statut ne le lui permettait pas.

Dans un second temps, ce ne fut pas la nécessité d’un traité sur le commerce des armes qui fut remise en cause. La plupart des État présent attestait de cette nécessité. C’est plutôt l’inclusion des munitions, des armes légères et de petit calibre dans le traité qui suscitait la polémique, notamment de la part des États-Unis et de la Chine. De plus, l’Inde, le Pakistan, l’Arabie Saoudite et le Japon avancèrent que les États devaient être autorisés à fournir leurs forces armées en armes au nom du principe de légitime défense.

De tels détails furent finalement trop importants pour que les États présents à New York parviennent à un accord. Il semble que plus de temps soit nécessaire pour que le commerce des armes soit régulé. Mais l’urgence est pourtant palpable car le commerce dont nous parlons est au final moins contrôlé que celui des bananes pour reprendre les mots de Christian Ouedraogo, représentant d’Amnesty International au Burkina Faso.

Des nouvelles de la campagne sur le commerce mondial des armes

novembre 2, 2012

Où en sommes nous dans ce combat mené conjointement par Amnesty International, Oxfam International et le Réseau d’action international sur les armes légères (RAIAL) contre le commerce irresponsable des armes, et toutes les atrocités qu’il entraîne ? Commençons par un petit récapitulatif en vidéo :

En juillet 2012, aux Nations Unies, à New York, se tenait une conférence diplomatique pour adopter un traité sur le commerce des armes, ou TCA. À l’issue des négociations les États-Unis, soutenus par la Russie, ont sollicité davantage de temps, au terme d’une ultime journée de négociations frénétiques. Ils ont brisé le consensus et ainsi stoppé le processus de finalisation des travaux en cours.

Le monde ne dispose donc toujours pas d’un traité garantissant un contrôle strict du commerce international des armes conventionnelles, et les gouvernements continuent d’accorder des autorisations pour des transferts d’armes qui alimentent violences et atrocités.

C’est pourquoi Amnesty International et ses partenaires restent extrêmement mobilisés sur le prochain enjeu, la mise en place d’un cycle final de négociations pour adopter un futur traité. Malgré ce coup de frein dans les négociations de juillet dernier, nous avons des raisons d’être optimistes car une large majorité de gouvernements a assuré qu’ils continueraient à œuvrer en faveur d’un texte solide qui protège les droits humains. À la fin de la conférence, plus de 90 pays ont signé une déclaration rappelant leur détermination à obtenir le plus tôt possible un traité sur le commerce des armes.

En septembre 2012, aux côtés d’une trentaine de pays, François Hollande a réaffirmé son engagement en faisant une intervention aux Nations Unies en faveur de l’adotion rapide d’un TCA. La pression sur la communauté internationale ne doit surtout pas faiblir, et pour cela, chacun peut participer à la campagne « Contrôlez les armes », qui propose diverses actions au fil du temps. Vous pouvez par exemple en ce moment signer en ligne cette pétition pour demander le rétablissement d’un état de droit en Egypte :

http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Armes-et-conflits-armes/Actions/Il-faut-retablir-l-etat-de-droit-en-Egypte-6216

Cécile Coudriou

Dernière ligne droite pour le Traité sur le Commerce des Armes !

juin 11, 2012

Le 26 Mars 2012, Amnesty International a lancé sa campagne mondiale des 100 jours d’action pour un Traité sur le Commerce des Armes. Nous arrivons à la dernière ligne droite avant l’ouverture des négociations à l’ONU du 2 au 27 juillet.

Combien d’atrocités, d’actes de torture, d’homicides ou de crimes de guerre à travers le monde sont directement liés à ce commerce moins régulé que celui des bananes ou des jouets pour enfants !

C’est pourquoi dès octobre 2003, Amnesty International aux côtés d’Oxfam  et du Réseau d’action internationale contre les armes légères a décidé de lancer la campagne Contrôlez les armes, pour faire accepter l’idée d’un Traité. Voici une vidéo qui résume cette campagne :


Aujourd’hui un outil solide et efficace est à portée de main pour empêcher que le commerce des armes classiques contribue à de graves atteintes aux droits humains, et permettre d’interrompre les exportations dès que le risque de violation s’avère substantiel.

Mais pour cela, il faut maintenir une pression constante sur la communauté internationale et notamment sur les pays les plus gros exportateurs d’ames qui  – comble d’ironie – sont aussi les membres du Conseil de Sécurité… La France fait partie des pays leaders et des Etats clés sur le TCA aux côtés des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine, du Royaume-Uni et de l’Allemagne. Ces pays représentent à eux seuls plus de 80% des exportations mondiales d’armements.

Que faire ?  Sensibilisation, Diffusion, Pétitions et « tweetothon » (ou marathon de tweets) :

Commencez par diffuser largement cette série de visuels pour participer à notre campagne de sensibilisation :

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Il est essentiel de susciter une prise de conscience et une mobilisation massive des citoyens du monde entier, afin qu’ils envoient à leur gouvernement respectif ce même message : pas d’armes pour des atrocités ! Pour cela, on vous propose de signer et partager notre pétition adressée au gouvernement français peut être signée en ligne en cliquant sur ce lien : http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Armes-et-conflits-armes/Actions/Plus-d-armes-pour-des-atrocites-agissez-maintenant-4959 ou la pétition internationale en cliquant sur celui-ci  : http://www.amnesty.org/fr/campaigns/control-arms

D’autre part, un marathon mondial de tweets sera lancé ce 11 juin à 17h30, et il s’agira d’envoyer le plus de tweets possible à @francediplo avec ce types de messages :

@francediplo La France doit soutenir un #ArmsTreaty qui protège les droits humains et le droit international humanitaire

@francediplo La France doit rester un pays leader pour un #ArmsTreaty ambitieux et historique qui couvre toutes les armes classiques

@francediplo François Hollande doit respecter ses engagements de campagne pour l’adoption d’un #ArmsTreaty qui protège les populations

@francediplo En Juillet 2012 la France a l’opportunité de rassembler la communauté internationale autour d’un #ArmsTreaty fort

@francediplo La France membre permanent du Conseil de sécurité doit oeuvrer pour un #ArmsTreaty qui permette la paix et la sécurité

@francediplo La France 4ème exportateur d’armements doit être exemplaire en concourant à l’adoption d’un #ArmsTreaty fort

@francediplo La France inaugure le salon de l’armement Eurosatory elle doit s’engager pour un #ArmsTreaty transparent sur les ventes d’armes

Alors à vos claviers, à vos smartphones, et faites tourner si vous voulez obtenir le meilleur TCA possible !

Cécile Coudriou

Retour en vidéo sur le Printemps des droits humains des Antennes-Jeunes de Paris et Ile-de France

avril 19, 2012