Un film à voir : Les Chats Persans

Ne ratez pas « Les Chats Persans »,  film choc qui fait exploser tous les clichés que l’on peut avoir sur l’Iran ! Le réalisateur, Bahman Ghobadi, nous fait découvrir son pays sous l’angle de sa jeunesse et au son de sa musique, si riche, créative et moderne. Cette jeunesse, qui n’en peut plus de la censure et du carcan religieux, ne survit que par la débrouille et cette flamme de résistance et de persévérance que rien ne semble pouvoir éteindre ; la musique de ces jeunes leur ressemble, plongeant dans les racines de la tradition iranienne sans craindre de s’ouvrir sur l’influence de l’occident, c’est une musique qui crie ou parfois murmure leur soif de liberté d’expression.

« Les Chats Persans » est également un film surprenant par son mélange des genres : mi-film, mi-documentaire, tourné « à l’arrache », caméra à l’épaule, sans acteurs professionnels, sans même vraiment prendre le temps de peaufiner un récit. Tour à tour burlesque ou sérieuse, drôle et émouvante, mais aussi tragique et politique, cette histoire nous laisse un peu sonnés. La bande son est une merveille, les personnages très attachants et on aimerait tant pouvoir les aider à accomplir leur rêve, si simple et accessible pour nous en occident : tout simplement partager la musique que l’on aime lors d’un concert…

Découvrons en images ce film, d’abord sélectionné dans la section « Un certain Regard » au festival de Cannes 2009, puis sorti en salles à Noël, et soutenu par Amnesty International :

L’HISTOIRE : A leur sortie de prison, Negar et Ashkan, deux jeunes musiciens iraniens, décident de monter un groupe underground. lassés de ne pas pouvoir s’exprimer librement dans leur pays, ils tentent par ailleurs de se procurer clandestinement des papiers pour rejoindre l’Europe.

Ils font la rencontre de Hamed, qui les accompagne dans leurs démarches, et parcourent avec lui Téhéran à la rencontre d’autres musiciens, essayant de les convaincre de quitter le pays avec eux et de monter un grand concert clandestin pour financer leur fuite.A présent donnons la parole au réalisateur.

POURQUOI AMNESTY INTERNATIONAL SOUTIENT CE FILM : (extrait du site amnesty.fr)

Liberté d’expression : Après ce film très fort, vous pouvez vous demander quel est le rapport avec Amnesty International, qui n’a pas l’habitude de présenter des films sur la musique. Le rapport est cependant direct : Amnesty international défend la liberté d’expression, l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme déclare « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions… » : cela concerne clairement les journalistes dont les journaux sont fermés ou qui sont empêchés de travailler, ou les restrictions d’accès à Internet, mais également la liberté d’expression artistique.

Les conditions de réalisation de ce film illustrent de manière très vivante la situation des droits de l’homme en Iran : voyons le réalisateur du film d’abord Bahman Ghobadi. Il est né dans la région kurde d’Iran. Il a beaucoup filmé dans cette région, et pour cela a été accusé par les autorités iraniennes d’être un séparatiste kurde, ce dont il se défend disant simplement qu’il voulait filmer dans des paysages de campagne. Il avait travaillé sur un projet de film pendant deux ans, mais n’avait pas obtenu l’autorisation pour son film. Il ne pouvait le réaliser sans autorisation, car le matériel cinématographique 35mm appartient à l’Etat qui le loue et pour cela il faut une autorisation des autorités iraniennes. Il était alors très déprimé et il raconte que c’est sa fiancée Roxana Saberi qui lui a conseillé de filmer ce qu’il vivait et comme alors il enregistrait clandestinement des chansons, il a rencontré alors des groupes de musique underground et les deux acteurs Ashkan et Nedar. Il a alors décidé de tourner avec une petite caméra en 3 semaines un film. Mais il a été arrêté deux fois par la police pendant le tournage et s’en est tiré un peu comme on voit dans le film en faisant des cadeaux de ses DVD aux policiers.

Le titre Les chats persans vient du fait qu’il est interdit de sortir avec un chien ou un chat. Pourtant les Iraniens aiment les chats persans que Bahman Ghobadi compare aux protagonistes de son film, sans liberté et obligés de se cacher pour jouer.

Roxana Saberi est co-scénariste de ce film et elle est bien connue d’Amnesty : elle avait été arrêtée le 31 janvier 2009 et a été considérée comme prisonnière d’opinion jusqu’à sa libération. Elle avait d’abord été accusée d’avoir acheté une bouteille de vin, puis des fonctionnaires iraniens ont ensuite dit que c’était pour « collecte illégale d’information » et que son cas était examiné par un tribunal révolutionnaire (qui ne traitent en principe que des affaires en relation avec la sécurité nationale). Dans la première action urgente à son sujet datant de mars 2009, Amnesty disait craindre que son arrestation ne soit liée à sa nationalité américaine.

Roxana est née aux Etats-Unis d’un père d’origine iranienne et d’une mère d’origine japonaise. Elle a été reporter pour la National Public Radio (NPR) – radio publique américaine qui diffuse des nouvelles et des émissions culturelles, pour la BBC et pour Fox News. Elle vivait depuis six ans en Iran où elle travaillait comme journaliste tout en faisant un master d’études iraniennes et de relations internationales. Elle avait pu joindre ses proches par deux fois en leur disant qu’elle n’était pas torturée mais que la prison était très dure et en leur demandant de ne pas faire d’interview sur son cas. Elle a finalement été libérée le 11 mai 2009 après avoir été accusée d’avoir continué sers activités de journaliste après que sa carte de presse ait été annulée. Elle avait été condamnée à huit ans de prison puis en appel à deux avec sursis avec interdiction d’exercer son métier de journaliste. Les autorités iraniennes ne veulent pas que l’on sache ce qui se passe en Iran, ni dans les prisons, le travail d’Amnesty international est au contraire de rendre ces informations publiques.

Avant l’élection du 12 juin déjà les journalistes, les universitaires, les défenseurs des droits humains et d’autres personnes qui, selon les autorités iraniennes, entretiennent des liens avec des pays étrangers ou qui ont participé à des activités visant à promouvoir la société civile en Iran étaient particulièrement visés, Les minorités étaient particulièrement menacées : Kurdes, arabes, azéris, balutch. Vous avez pu voir que Bahman Ghobadi est accusé de séparatisme kurde parce qu’il filme au Kurdistan.

La peine de mort est un fléau en Iran : c’est le deuxième pays pour le nombre d’exécutions dans le monde après la Chine Amnesty lutte systématiquement contre la peine de mort en général et particulièrement contre celle qui concerne les mineurs délinquants.

Depuis l’élection du président Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin 2009, la contestation de la légalité de cette élection a entraîné une violente répression. Amnesty International a publié le 12 décembre 2009 un rapport intitulé Election contested, repression compounded (Contestation des élections, aggravation de la répression) sur la répression des manifestations depuis les élections : il s’accompagne d’un communiqué de presse affirmant que La situation des droits humains est la pire qu’ait connue le pays depuis vingt ans. Il y a eu plus de 4 000 arrestations arbitraires (la plupart ont été libérés, mais 200 environ restent en détention), des dizaines de morts dans la rue ou en détention, beaucoup de torture et de mauvais traitements, en particulier ce qui est nouveau des viols d’hommes.

Amnesty demande :
· que les membres des milices et les représentants de l’Etat responsables de ces agissements rendent compte de leurs actes dans les meilleurs délais. Nous demandons au Guide suprême qu’il ordonne au Gouvernement d’autoriser la venue de deux experts des NU spécialisés dans les droits humains pour contribuer à la tenue d’une enquête (sur torture et arrestations arbitraires). En effet les investigations annoncées jusqu’à présent par les autorités iraniennes semblent plutôt avoir pour objectif de dissimuler les violations des DH que de faire éclater la vérité.

· de protéger toute personne arrêtée ou placée en détention contre la torture et les mauvais traitements, libérer les prisonniers d’opinion, remettre en liberté les personnes condamnées au terme de procès iniques, notamment de « procès pour l’exemple » qui n’étaient qu’une parodie de justice, ou réexaminer leurs dossiers. Il faut commuer toutes les condamnations à mort et juger les personnes qui n’ont pas encore comparu en justice dans le cadre de procès équitables. Nous espérons avec notre campagne contribuer à améliorer cette situation.

ENTRETIEN AVEC LE RÉALISATEUR, BHAMAN GHOBADI :

(Extrait du site : http://www.leschatspersans-lefilm.com/)

Comment est né ce film ?
Il y a deux-trois ans, j’ai voulu tourner un film intitulé 60 Seconds About Us. J’ai essayé d’obtenir les autorisations pendant trois ans et quand on me les a refusées, j’ai été très affecté moralement, si bien que j’ai voulu quitter l’Iran. Un de mes amis m’a alors conseillé d’enregistrer un album parce qu’il savait que j’étais très mélomane. Pour enregistrer l’album, il me fallait aussi une autorisation que je n’ai pas obtenue. Du coup, grâce à mes amis, je suis allé enregistrer cet album dans un studio de musique clandestin : on me voit d’ailleurs au tout début du film en train d’enregistrer mon disque. C’est à cette occasion que j’ai découvert des groupes de jeunes qui faisaient du rock dans la clandestinité : ils m’ont impressionné et je me suis demandé comment ils arrivaient à être aussi créatifs sans aucun moyen, ni autorisation. Leur courage et leur impertinence m’ont influencé et je me suis dit que je devais avoir le même courage de tourner un film clandestinement.

Comment s’est passée l’écriture du scénario ?
Quelques semaines avant le début du tournage, j’ai interviewé les groupes de jeunes musiciens qu’on voit dans le film. C’est là que j’ai rencontré Ashkan et Negar, les deux comédiens du film, et que j’ai pu, peu à peu, entrer dans leur vie et leur univers. À partir de leurs réponses, nous avons construit le scénario qui s’est exclusivement nourri de la vie de ces jeunes gens. Nous n’avons rien transformé. Toutes les scènes que l’on voit dans le film s’inspirent de leur réalité. Le cinéma iranien évite le plus souvent de fustiger ouvertement le régime et votre film semble être une exception à la règle.

Était-ce votre intention dès le départ ?
Absolument. Quand j’ai vu dans quelles conditions terribles ces jeunes musiciens travaillaient, sans moyen ni soutien, cela m’a beaucoup touché et j’ai compris pourquoi ils voulaient quitter le pays. Je me suis alors demandé pourquoi des jeunes aussi talentueux en étaient réduits à fuir l’Iran pour créer – pourquoi nous devions fuir – et c’est pour dénoncer cette situation terrible que j’ai voulu faire ce film.

Comment avez-vous réussi à échapper à la surveillance du régime ?
J’étais surveillé de toute façon, mais nous avons tourné en seulement 17 jours en travaillant aussi la nuit. Il y avait beaucoup de stress et d’inquiétude, mais cela a servi le film. Je suis heureux que ce sentiment d’angoisse se ressente dans le film. Quoi qu’il en soit, Negar et Ashkan devaient partir deux semaines après le début du tournage : il fallait à tout prix qu’on tourne le film en quinze jours. D’ailleurs, le soir même du dernier jour de tournage, ils ont pris l’avion pour l’Angleterre ! Pendant le tournage, la police nous a arrêtés à deux reprises, ce qui nous a fait perdre deux jours de tournage. Mais grâce à des cadeaux – comme des DVD de mes films précédents –, ils nous ont relâchés. Nous étions obligés de mentir. Nous leur disions par exemple que nous faisions un film sur la drogue.

Mais vous avez tourné dans la clandestinité.
Je savais que je n’obtiendrais pas d’autorisation. J’avais donc le choix soit de renoncer à mon film une fois encore, soit de le tourner quand même en sachant que je n’avais plus rien à perdre. Les repérages puis le tournage ont été faits sur deux ou trois motocyclettes et nous avons commencé à tourner sans réelle préparation. Les scènes devaient être tournées rapidement et dans l’urgence pour que la police ne puisse pas nous repérer. Pour d’autres scènes encore, comme celles avec les policiers, j’avais malgré tout besoin d’autorisations et j’en ai donc empruntées à des amis réalisateurs. Je leur ai même demandé de venir avec moi sur le tournage pour les quatre jours où ces autorisations étaient nécessaires. C’est comme cela qu’on a pu faire tourner des policiers : officiellement, il ne s’agissait pas de mon film, mais de celui de tel ou tel ami cinéaste. Et pour la scène de l’arrestation de David, nous avons dû transformer une voiture ordinaire en voiture de police, acheter des uniformes de policiers et les faire tailler sur mesure pour les comédiens.

Les groupes de musique qu’on voit dans le film ont-ils dû quitter le pays ?
Certains d’entre eux ont quitté le pays, mais pas définitivement. En fait, ils sont partis à l’étranger pour que leur créativité ne soit plus étouffée. Moi-même, je ne suis pas parti définitivement. Je reviendrai un jour car l’Iran reste mon pays avant tout.

Pourquoi n’avez-vous pas tourné un documentaire ?
Je suis resté fidèle à la réalité pour que le spectateur puisse entrer pleinement dans mon film. Il existe des tas de documentaires sur la musique iranienne que personne ne connaît ! Je ne suis pas Michael Moore et si j’avais réalisé un documentaire, personne ne l’aurait vu. Il fallait donc que je passe par la fiction, d’autant plus que les jeunes que j’ai rencontrés m’ont raconté des histoires dignes d’authentiques fictions. Quoi qu’il en soit, le style du film est directement influencé par la musique.

La diversité des genres de musique que l’on entend dans le film est extraordinaire.
J’avais déjà vu des films musicaux qui, en général, sont tournés dans les studios d’enregistrement des artistes. Les réalisateurs n’essaient pas de montrer d’autres images et de s’intéresser à d’autres genres que ceux qu’ils connaissent. Je tenais à trouver l’équivalent en images des paroles des chansons du film. Je ne voulais pas parler que d’un seul groupe, et je souhaitais montrer que des groupes extrêmement différents, de genres musicaux différents, existent en Iran.

Pourquoi avoir donné ce titre à votre film ?
Nous n’avons ni le droit de sortir avec un chat, ni avec un chien. Par contre, dans nos maisons, nous avons des chats, chers à nos yeux. Je les compare aux jeunes protagonistes de mon film, sans liberté, et obligés de se cacher pour jouer de la musique : alors que les chats persans sont les plus chers au monde, ils ne valent rien en Iran. De même, les jeunes musiciens du film ont une vraie valeur aux yeux de l’étranger, mais sont considérés comme des moins que rien dans leur propre pays. D’ailleurs, j’adore les animaux et c’est pour cela que je les utilise souvent dans mes films, mais en cherchant à leur donner un sens. Ils apparaissent aussi dans les titres de mes films. Ces derniers sont comme les noms de mes enfants : ils doivent être uniques et ne pas se perdre dans la masse de films produits chaque année dans le monde.

Malgré la tension, l’humour est souvent palpable.
J’utilise l’humour pour que la souffrance ne soit pas continue et ne devienne pas trop oppressante pour le spectateur. En fait, je cherche à exprimer ma douleur tout en suscitant le sourire. Il y a une expression en persan qui dit que l’on peut «couper la tête de quelqu’un avec une boule de coton.» En faisant sourire le spectateur, on peut réussir à le toucher. Pour autant, quand il sort du film, je ne voudrais pas que le public ne retienne que l’humour, mais qu’il se sente concerné par les personnages. Et pour qu’il s’attache à mes personnages, il faut qu’il ait perçu plusieurs facettes de leur vie.
Nous autres Iraniens sommes confrontés à des tas de problèmes, mais nous passons notre temps à rire, danser, écouter de la musique et raconter des blagues… Malheureusement, le pouvoir nous a confisqué les occasions de nous amuser. Depuis la révolution islamique, on a fermé tous les clubs et les bars où les jeunes aimaient se retrouver. Comment les jeunes peuvent-ils s’exprimer et dépenser leur énergie ? À croire que le régime a oublié que la population est majoritairement composée de moins de 30 ans !

La musique est donc un moyen de canaliser cette énergie dont vous parlez ?
La musique qu’on entend dans le film est d’ailleurs pleine d’énergie ! Et pourtant, au fond de cette musique, il y a une grande douleur et c’est en cela qu’elle se différencie des musiques occidentales. Les jeunes cherchent à exorciser leur souffrance à travers la musique. Et la meilleure manière de se libérer de cette souffrance, c’est de posséder un instrument de musique et d’en jouer chez soi – puisque ces jeunes n’ont ni le droit de jouer hors de chez eux, ni d’enregistrer des albums. Les jeunes Iraniens sont tellement désespérés que plusieurs d’entre eux finissent dans la drogue ou par se suicider.

Comment avez-vous choisi les interprètes ?
Quand j’ai rencontré les groupes avant le tournage, j’ai surtout été frappé par l’histoire de Negar et Ashkan qui jouent leurs propres rôles. Quant au personnage de Nader, il existe énormément de gens comme lui qui sont prêts à se sacrifier pour la créativité des autres. Il n’y a pas eu de casting au sens classique du terme : beaucoup des jeunes que j’ai rencontrés avaient peur de participer au film, et j’ai donc tourné avec ceux qui souhaitaient travailler avec moi. C’est pour cela que le film ressemble à un documentaire puisque tout le monde joue son propre rôle. Même Nader, sans doute le personnage qui se rapproche le plus de la fiction, faisait de la contrebande de DVD. Aujourd’hui, il est devenu chanteur au sein du groupe Darkoub. De même, le personnage du faussaire s’inspire des très nombreux faussaires que l’on rencontre en Iran. Comment avez-vous travaillé avec ces jeunes qui n’avaient pas d’expérience ? Je ne leur ai pas demandé de jouer car ils ont interprété leur propre histoire. Je considère que je n’ai contribué au film qu’à hauteur de 25%. Grâce à ma caméra, j’ai voulu faire connaître l’art de ces jeunes en Iran et hors du pays.

La situation des artistes a-t-elle évolué depuis les dernières élections ?
Ils continuent à travailler. Les jeunes du film n’ont rien fait qui mette leur vie en danger. Le gouvernement iranien sait où ils se trouvent et peut donc les localiser s’il le souhaite…

Selon vous, le film est-il annonciateur des manifestations qui ont eu lieu lors des élections ?
Cela fait deux ou trois ans que je me sentais comme les jeunes du film : j’en avais tellement assez que je voulais quitter le pays et que je voulais crier ma colère ! J’ai vu ces jeunes crier leur colère et, depuis les manifestations, j’ai compris que toute la société en a ras-le-bol et pas seulement les artistes. Même si ce sont avant tout les jeunes qui n’en peuvent plus. Le film évoque donc une réalité qui dépasse le seul milieu artistique. J’ai compris a posteriori que cela avait valu la peine de prendre autant de risques et que ce film était nécessaire.

Pensez-vous que l’exil aura des conséquences sur votre travail ?
Je retournerai un jour en Iran pour y travailler parce que c’est mon pays. Mais là-bas, ma créativité était en train de s’étioler et il fallait donc que je quitte le pays pour ne pas étouffer. Moi qui ne connais rien en dehors de l’Iran, j’ai beaucoup de mal à rester fidèle à moi-même. J’insiste sur le fait que je ne suis pas parti volontairement : tout comme moi, les jeunes du film ont été contraints de quitter le pays ! J’entends pas mal de gens, y compris des amis à moi, me dire que maintenant que j’ai quitté l’Iran, je vais perdre mon âme car je ne pourrai pas tourner de films ailleurs. J’ai deux projets qui ne pourront pas se monter en Iran et je suis condamné à les mener à bien puisque si je n’y arrive pas, cela signifiera que je me suis vraiment fourvoyé.

Comment envisagez-vous l’avenir ?
La musique m’a ouvert des portes. Je veux aujourd’hui prendre des cours de peinture car je souhaite me renouveler. Je souhaiterais à l’avenir expérimenter de nouvelles formes. Bien sûr, je reste un cinéaste avant tout, mais je voudrais intégrer la musique et la peinture dans mes films.

Publicités

Étiquettes : , ,

Une Réponse to “Un film à voir : Les Chats Persans”

  1. Isabelle Villanova Says:

    Merci pour cette critique personnelle et le complément d’informations. Cela donne vraiment envie de découvrir l’univers des « chats persans » et de saluer leur audace, leur courage!

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :